18 janvier, 2023

Galaxie (1ère série) n°028 – Mars 1956

Tout en collant de près sa publication native américaine, ce numéro 28 de Galaxie nous propose quelques notules françaises.

 

Clic droit sans sommation pour votre epub !


Sommaire du Numéro 28 :


1 - Daniel F. GALOUYE, L'Antre de Satan (Satan's Shrine, 1954), pages 2 à 18, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par BATH

2 - Floyd L. WALLACE, La Bête de Bolden (Bolden's Pet, 1955), pages 19 à 32, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par DIEHL

3 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 33 à 35, courrier

4 - Robert SHECKLEY, Un billet pour Tranaï (A Ticket to Tranai, 1955), pages 36 à 58, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par CAVAT

5 - Theodore STURGEON, Étincelle (Twink, 1955), pages 59 à 73, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par ASHMAN

6 - Manly BANISTER, Un cadeau de la Terre (A Gift from Earth, 1955), pages 75 à 88, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par KOSSIN

7 - Bernard GUILLEMAIN, Holopherne, pages 89 à 103, nouvelle

8 - J. T. McINTOSH, L'Espion (Spy, 1954), pages 104 à 128, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par SENTZ

9 - William TENN, La Gloire de Morniel Mathaway (The Discovery of Morniel Mathaway, 1955), pages 129 à 140, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par SMITH

10 - Jean LEC, Grains de sable, pages 141 à 144, nouvelle

L'Adversaire et la douloureuse nécessité de son existence ; c’est « L’antre de Satan » par D.-F. GALOUYE. On notera qu’au passage Galouye invente l'escape game.

« La bête de Bolden » par F.-L. WALLACE traite de thérapeutique extra-terrestre. Un sujet original et traité avec sensibilité.

L'utopie est définitivement hors de portée pour l'étranger dans « Un billet pour Tranaï » par ROBERT SCHECKLEY, ou : de la difficulté d'apprécier les mœurs immuables. (Cette nouvelle est étonnamment non citée dans l’Encyclopédie des Utopies de Versins, qui dresse pourtant tout un article sur Sheckley.)

« Etincelle » par THEODORE STURGEON est une belle nouvelle, menée avec brio par un Sturgeon maître de ses effets et de ses thèmes.

« Un cadeau de la Terre » par MANLY BANISTER est une bonne nouvelle sur la colonisation lente par le dit "progrès", en réalité par le système d'endettement de la société de consommation à crédit. On y retrouve tout le faste illusoire des années 50.

« Holopherne » par BERNARD GUILLEMAIN, second lauréat du concours de nouvelles de Galaxie après Michel Lacre le mois précédent, est une amusante histoire de parole animale. Qu'est-ce qui nous distinguerait de l'animal si nous perdions ce monopole ?

« L’espion » par J. T. McINTOSH, avec toujours chez cet auteur ce penchant pour la psychologie des personnages, et de la quête d'identité. Une bonne nouvelle.

Au passage, on y trouvera une petite présentation de la science (nouvelle à cette époque) des sondages, qui vaut par sa candeur :

— Le reportage-enquête est une chose assez nouvelle (...) Vous vous rappelez les analyses de l’opinion publique, les questionnaires adressés au hasard, et le reste ? J’obtiens les mêmes résultats en procédant différemment et avec bien moins de frais.

— Vous voulez dire que vous devinez ?

— Pas exactement. Mais on a fini par penser que si, en interrogeant seulement dix personnes judicieusement choisies, on pouvait avoir l’opinion de la masse des gens dont on désirait connaître l’avis, ce serait une méthode bien plus avantageuse.

« La gloire de Morniel Mathaway » par WILLIAM TENN nous suggère une petite entourloupe sur le paradoxe temporel d'un artiste confronté à la somme de son travail à venir : qui en est réellement l'auteur ? Tenn relève le défi de répondre à la question de la poule et de l'oeuf.

Pour terminer, dans la série : « faut-il explorer seul les exoplanètes ? », voici « Grains de sable » par Jean LEC.


Galaxie ne brille pas à cette époque par la profondeur de ses réflexions périphériques (et malgré la présence épisodique du pertinent Willy Ley dans ses pages). C’est toutefois dans le plébéien de ses vulgarisations que des pages comme nous en propose la rubrique « Saviez-vous que » est souvent édifiant pour les lecteurs de notre début de XXIème Siècle.

...SAVIEZ-VOUS QUE…

…la grande centrale atomique des États-Unis commencera à fonctionner au début de 1957 ?

 

ELLE comporte, notamment, un « cœur » nucléaire, fait de 12 tonnes d’uranium naturel et de 52 kilos d’uranium enrichi. L’eau qui circule, sous pression de 136 atm. autour de ce « cœur », atteindra à sa sortie du réacteur la température de 300 degrés.

Cédée à un autre circuit d’eau, sous pression normale, cette chaleur produira la vapeur nécessaire pour alimenter un turbo-générateur électrique produisant une puissance de 100.000 kw.

Le cœur nucléaire est contenu dans une sphère d’acier de 11 mètres de diamètre, conçue de manière à écarter tout péril grave dû à un excès de pression ou à une rupture de canalisation.

Outre ses applications pratiques immédiates, la nouvelle centrale sera ouverte aux savants du monde entier.

Une centrale « ouverte aux savants du monde entier », apte de surcroît à « écarter tout péril grave », nous sommes en pleine science-fiction, comme dirait Gotlib ! Mais voilà bien l’enthousiasme et l’optimisme qui accompagnait à cette époque la production d’énergie nucléaire. Pourtant, en cette même année 1956, Lester Del Rey publiait son roman « Nerves » (« Crise » en VF – Ailleurs et Demain 1978) traitant des causes inattendues d’un accident nucléaire. Les impératifs de la reconstruction d’après-guerre auront su une fois de plus faire taire les Cassandres…

Un autre aperçu sur l’étendue des connaissances de l’époque :

...SAVIEZ-VOUS QUE…

…il y a des virus qui se transmettent par hérédité ?

 

C’EST l’étude d’une maladie des végétaux, la « mosaïque du tabac », qui a permis de découvrir le mécanisme de la transmission des virus. Entre autres travaux, ceux du professeur Lhéritier, qui dirige, à Gif-sur-Yvette, un laboratoire de génétique, ont pu ainsi établir qu’un virus se transmet, de génération en génération, par de petites mouches : les drosophiles.

En injectant à des mouches saines des extraits de mouches infectées, il les a infectées à leur tour, le virus devenant ainsi partie intégrante de leur patrimoine héréditaire. Il en a déduit que le virus est une particule génétique à l’état pur, un fragment du noyau de la cellule.

Travaux d’autant plus intéressants que, du point de vue biologique, les virus se situent exactement à la limite de la matière chimique et de la matière vivante. L’observation des petites mouches drosophiles va-t-elle nous faire faire un nouveau progrès vers la découverte du secret de la vie ?


Dans un autre registre, un lecteur interroge la revue sur les prix attribués aux romans de science-fiction. Sans doute que la publication du « Grand prix du roman d’Anticipation » attribué au mystérieux Edson McCann (en réalité Frederik Pohl et Lester Del Rey), ainsi que la nouvelle de Michel Lacre parue dans le numéro précédent aura motivé des velléités d’écriture. Le constat de Galaxie est assez évocateur :

…Quels sont les récompenses, les prix étrangers ou français attribués aux meilleurs romans d’anticipation ou de science-fiction ?

 

M. ESCOUBÉ, Tulle.

 

EN ce qui concerne les prix et récompenses, il ne faut pas oublier que la science-fiction, en tant que genre littéraire bien établi, avec ses normes et ses moyens propres, en est encore à ses débuts, du moins en France.

Le pays d’élection de la science-fiction est l’Amérique, d’où nous arrivent couramment des revues et romans spécialisés, du plus grand intérêt. La proportion nous en est indiquée par le seul fait qu’il existe aux États-Unis une bonne trentaine de magazines de science-fiction largement diffusés, alors que nous n’en avons encore que deux en France.

Aux États-Unis, un grand prix de 6.500 dollars a été attribué, l’an passé, au roman d’anticipation Preferred Risk, d’Edson McCann. Il est évident qu’il s’agit là d’une somme importante, et nous ne savons encore si cette récompense sera attribuée annuellement.

Ce roman a paru, ces mois derniers, dans notre magazine GALAXIE, sous le titre : Assurances sur l’Éternité.

En France, le Grand Prix du roman de Science-Fiction a été décerné en 1955 à Jean-Gaston Vandel, pour son roman très original : Bureau de l’Invisible.

Rappelons également que, récemment, GALAXIE a organisé un concours de nouvelles et que le premier prix a été décerné à un amateur, M. Michel Lacre, dont la nouvelle, intitulée Les Larmes, a paru le mois dernier dans notre publication.

Quant aux auteurs les plus connus en France et à l’étranger, il est impossible de les énumérer tous. Néanmoins, les auteurs américains dont les noms figurent régulièrement dans notre magazine comptent parmi les plus fameux, non seulement dans leur propre pays, mais dans le monde entier.

En France, on ne doit pas oublier de mentionner Léon Groc, qui a fait figure de pionnier ; René Barjavel, qui nous a fait passer des heures angoissantes et agréables à la fois en une période mouvementée ; Jacques Spitz ; Michel Lecler ; G.-M. Dumoulin ; Paul Hébert ; Jean-Gaston Vandel, tous auteurs de romans passionnants de science-fiction.

Après l’unique Prix Rosny-aîné du roman d’Anticipation, monté par Jean Birgé et ses éditions Métal en vue d’une auto promotion (voir ICI), Galaxie fait donc mention d’un « Grand Prix du roman de Science-Fiction ». Il s’agit en réalité d’une autre promotion interne, celle des Editions Fleuve Noir ; ce prix aura récompensé quatre de ses auteurs « maison » entre 1954 et 1957 (Jimmy Giueu, J.G. Vandel, Stefan Wul et M.A Rayjean).

Difficile de prendre au sérieux des prix ainsi distribués, comme des éditeurs qui semblent « jouer à la dînette ». Ces Prix de complaisance auront peut-être causés plus de tort que de promotion à la S.F. en France.

11 janvier, 2023

Galaxie (1ère série) n°027 – Février 1956

Après avoir changé de dénomination (Galaxie Anticipation remplaçant Galaxie Science-Fiction dès son n°25), il semble que la revue lorgne encore davantage sur le fond de commerce de sa « rivale » Fiction, avec plusieurs nouvelles à teneur fantastique, et plusieurs auteurs français !

 

Cliquez-moi bien dans les yeux !


Sommaire du Numéro 27 :

1 - William TENN, Le Monstre aux yeux plats (The Flat-Eyed Monster, 1955), pages 2 à 28, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par ASHMAN

2 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 29 à 31, courrier

3 - Michel LACRE, Les Larmes, pages 32 à 46, nouvelle, illustré par Henri GRÉLARDON

4 - Jack McKENTY, Les Feux d'artifice de Mars ($1,000 a plate, 1954), pages 47 à 54, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par BECK

5 - Frederik POHL, Grand-père le diable (Grandy Devil, 1955), pages 55 à 60, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par ASHMAN

6 - Evelyn E. SMITH, Destinée inutile (Jack of No Trades, 1955), pages 61 à 71, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par CAVAT

7 - Edson McCANN, Assurances sur l'éternité (3ème partie) (Preferred risk, 1955), pages 72 à 104, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par KOSSIN

8 - Léon GROC, Le Suprême exode, pages 105 à 115, nouvelle

9 - Stephen TALL, Lueurs sur la montagne (The lights on Precipice Peak, 1955), pages 117 à 128, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par NEWMANN

10 - Willy LEY, Voyage à travers la galaxie avec Walt Disney, pages 129 à 136, article, trad. (non mentionné)

11 - (non mentionné), Saviez-vous que..., pages 137 à 137, notes

12 - Jean LEC, Les Cinq étoiles, pages 139 à 144, nouvelle

Le monstre et son point de vue : avec « Le monstre aux yeux plats », par William Tenn, nous trouvons de l'humour, certes, toutefois avec moins de style que Sheckley, par exemple. Les E.T. rappellent les Yithians de « Dans l'abîme du temps » de Lovecraft.

« Les larmes » par Michel Lacre est une très belle nouvelle, dont le sujet rappelle « Le jour des fous » d'Edmund Cooper - mais ici le parti-pris de la folie est beaucoup mieux rendu. Michel Lacre est le lauréat prometteur du concours de nouvelles lancé par l’édition française de Galaxie. On se rappelle avec quelle acrimonie Fiction avait évoqué ce concours dans son numéro 28 de Mars 1956. Fiction récupèrera malgré cela la seconde nouvelle de Michel Lacre dans son numéro 43, mais cela ne suffira malheureusement pas à lui ouvrir une carrière d’écrivain de science-fiction.

« Les feux d’artifice de Mars » par Jack McKenty est une bonne nouvelle qui sensibilise déjà sur la pollution lumineuse.

« Grand-père le Diable », par Frederik Pohl est une sympathique petite histoire fantastique.

Dans un monde de mutants aux super-pouvoirs, il n'est pas simple de se faire une place... C’est « Destinée inutile » par Evelyn E. Smith.

Fin du roman demeuré inédit ensuite de Frederik Pohl et Lester Del Rey, « Assurances sur l'Eternité », par Edson McCann. Dans l'action et dans un espoir de reconstruction possible, le roman demeure une vision somme toute assez américaine de la Révolution.

Un exemple de SF à l'ancienne, pétrie de références bibliques : « Le suprême exode » par Léon Groc, une nouvelle inédite, pour les collectionneurs de merveilleux scientifique à la française.

Rencontre du 3eme type en haute altitude avec « Lueurs sur la montagne » par Stephen Tall.

« Voyage à travers la galaxie avec Walt Disney » est un très lucide article de Willy Ley sur la fabrication d’un film à caractère éducatif… et ses limites spéculatives.

On pourra apprécier ce film d'animation en VO ici :

 

... ainsi qu'une version (inédite !) sous-titrée chez nos amis de l'UFSF ICI !!!
 

« Les cinq étoiles » par Jean Lec, demeure une nouvelle fantastique sur la métempsychose, empreinte d’un argot bien fleuri. Jean Lec sera maintes fois publié dans Galaxie les mois suivants. On aurait pu imaginer qu’une prometteuse carrière d’auteur de science-fiction commence ici – très malheureusement, Jean Lec sera victime d’un accident vasculaire cérébral en 1958, qui le laissera paralysé jusqu’à sa mort en 1964.

Jean Lec est surtout connu en sa qualité de chansonnier, et de producteur d’une des toutes premières émissions satyriques de la télévision française : « Le grenier de Montmartre ». Les lecteurs de science-fiction auront pu apprécier dans la série 2000 des Éditions Métal deux romans : « L’être multiple » et « La machine à franchir la mort ». A l’origine peintre et illustrateur, directeur avant-guerre d’une agence de publicité, ce touche-à-tout était surtout un anarchiste convaincu et généreux.

Un roman érotique de sa plume, « Mine de rien », porte en couverture une illustration dont le style rappelle fortement celui du mystérieux L.G. Keller, illustrateur de l’édition de luxe de « La tentation cosmique » du non moins mystérieux Roger Sorez dans la sus-citée Série 2000. Lec (Fernand Henri François Gustave Lecoublet) serait-il L.G. Keller sous pseudonyme ? A détailler le style fleuri de Lec, on y retrouve même un peu celui de Sorez. Le PReFeG est sur la piste…

Mise à jour de février 2023 : Galaxie se fendra même pour Jean Lec d'un texte de présentation de l'auteur dans son numéro 31, ce qui rapproche davantage encore  cette revue de la politique éditoriale de Fiction.


Dans la rubrique Votre courrier, deux questions, peut-être anodines, vont parler à nos contemporains du début de ces années 2020 :

…Qu’est-ce, exactement, qu’un virus ? En quoi diffère-t-il des bactéries ? Les virus sont-ils des êtres vivants comme le donnent à penser de nombreuses études ? (Mme FOSTER, Aubenas.)

 

LES bactéries sont des micro-organismes à cellule unique qui se développent dans les tissus animaux et végétaux et sont parfois les agents de maladies.

Il y a longtemps déjà que les savants ont pu observer les bactéries au microscope, et l’avis général était qu’on se trouvait en présence de la forme la plus élémentaire de la vie. Toutefois, un certain nombre de maladies – la grippe chez l’homme, par exemple, et ce qu’on appelle la mosaïque du tabac, chez les végétaux – se manifestaient sans qu’il fût possible de découvrir au microscope une bactérie quelconque qui en fût responsable.

Des développements scientifiques nouveaux, le microscope électronique entre autres, ont permis de découvrir enfin les virus et d’en étudier l’aspect.

Les virus semblent être des gènes à l’état libre, c’est-à-dire sans matière cellulaire autour d’eux. Ils se présentent sous l’aspect d’amas innombrables de particules toutes semblables pour un virus donné, de taille considérablement plus faible que les bactéries.

Il est incontestable que les virus sont des êtres vivants, puisqu’ils se reproduisent par dédoublement, qu’ils ne se multiplient que dans le protoplasme « nutritif » d’autres organismes, qu’ils sont sujets à des mutations et qu’ils transmettent à leurs descendants leurs caractéristiques.

Néanmoins, les virus se comportent également comme des composés chimiques et sont capables de se grouper en amas de cristaux quand ils se trouvent hors d’un milieu favorable. Ils reprennent d’ailleurs leur « vie » dès qu’on les replace dans un milieu nutritif favorable.

Nous nous trouvons donc, avec les virus, en présence de particules qui semblent marquer la transition entre la matière et la vie.

 

…On constate chaque jour que les matières plastiques jouent un rôle de plus en plus important dans la vie des hommes. Il me semble que cette industrie est assez récente. À quelle date est-elle née ? Comment s’est-elle développée ? Mme Hélène GIRARD (Etampes).

 

EN réalité, il y a certaines substances plastiques naturelles qui sont utilisées depuis toujours, par exemple l’ivoire, la corne, l’ambre. Mais leur emploi fut longtemps très limité. C’est seulement depuis que l’on fabrique des matières plastiques artificielles que cette industrie a pris une énorme extension.

La première matière plastique fabriquée fut le celluloïd, il ne date pas précisément d’hier, il naquit en 1869 aux U.S.A. Sa première forme fut sphérique. Parce que l'ivoire était rare et cher aux États-Unis, les fabricants de boules de billard américains offrirent un prix de 10.000 dollars à qui découvrirait un produit de remplacement. Le prix fut gagné… par un imprimeur. Celui-ci, qui était à Albany (État de New-York), trouva la bonne formule : nitrate de cellulose et camphre.

Il monta une petite usine et l’usage du celluloïd se répandit dans le monde entier, en s’étendant à de nombreux objets. Il avait un grave inconvénient : il était très inflammable. Cependant, à un certain moment, vers 1930, la production mondiale en fut de 40.000 tonnes.

Vint ensuite la bakélite, du nom de son inventeur, le Belge Baekeland, qui le fabriqua en 1909. Ce produit prit une extension rapide, en raison de son application aux isolants réclamés par les industries électriques. Puis, ce fut le tour de la caséine, dont on fit la galalithe (pierre de lait).

Mais la grande époque des matières plastiques commença réellement au cours de la guerre de 1914-18, avec l’acétate de cellulose. La rayonne naquit. On plaisanta, tout d’abord : « Toutes les femmes, disait-on, ont des jambes de bois ! » Mais l’essor du nouveau produit devait être foudroyant.

Les plastiques, cette fois, avaient définitivement gagné la partie. Les différents types pullulèrent. Sans prétendre les énumérer tous, on peut en citer quelques-uns : plexiglas, nylon, caoutchouc synthétique, etc. La liste n’est pas près d’être close. On en est actuellement à utiliser, pour leur fabrication, les radiations à grande énergie des piles atomiques. Et la production mondiale approche de 2 millions de tonnes, les deux tiers en provenance des États-Unis.

 

Dans « Saviez-vous que… », nous voyons que la technologie miniature des années n’a rien à envier à nos montres connectées :

Saviez-vous que …un ingénieur américain a conçu et mis au point un poste de radio réellement minuscule ?

CE poste, tout ensemble émetteur et récepteur, est si petit qu’il peut être porté au poignet, à la manière d’une montre-bracelet. Il comporterait une membrane très sensible, impressionnée par les vibrations mêmes de la voix, produisant ainsi l’énergie nécessaire au fonctionnement du poste.

Les applications d’un tel appareil semblent devoir être nombreuses. En voyage, par exemple, l’homme qui le porterait au poignet, qu’il se trouve en auto, en chemin de fer, en bateau, en sous-marin, en avion, ne perdrait le contact ni avec sa famille, ni avec ses relations d’affaires. Et cela sans se trouver encombré par des engins pesants et de dimensions gênantes !

Notons qu’un appareil de ce genre était décrit dans un roman de science-fiction, qui parut voici quelques années : « Le Maître du Soleil », par Léon Groc.

05 janvier, 2023

Galaxie (1ère série) n°026 – Janvier 1956

Un numéro plein de têtes de proue pour ce numéro de Galaxie ! Pohl, Sheckley, McIntosh, Morrison, Smith… Les poids lourds se sont donné rendez-vous.

 

L’image dans l’image…

Et l’ombre d’un clic !

Sommaire du Numéro 26 :

1 - Edson McCANN, Assurances sur l'éternité (Preferred risk, 1955), pages 2 à 42, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par KOSSIN

2 - William MORRISON, Amoureux d'une image (Picture Bride, 1955), pages 43 à 48, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

3 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 49 à 51, courrier

4 - Evelyn E. SMITH, La Princesse et le physicien (The Princess and the Physicist, 1955), pages 52 à 74, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par KOSSIN

5 - Richard WILSON, Reportage martien (Inside Story, 1955), pages 75 à 93, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Mel HUNTER

6 - Robert SHECKLEY, S'il vous plaît, Machine ! (The Necessary Thing, 1955), pages 95 à 105, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

7 - J. T. McINTOSH, Les Mirages de l'espace (Hallucination Orbit, 1952), pages 106 à 120, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Don SIBLEY

8 - Frederik POHL, Gouverneur et bourreau (The Candle Lighter, 1955), pages 123 à 134, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

9 - William MORRISON (crédité W. M.), Les Envoûtés (The Addicts, 1952), pages 135 à 141, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed. ALEXANDER

10 - René-Charles REY (non crédité), Les Immortels, pages 142 à 144, nouvelle

 

" Rena prétendait que s’il n’y avait plus aucun danger de désastre, les gens n’auraient plus payé leurs primes. Il était évident que la Compagnie ne pouvait pas souhaiter cela, mais pourquoi ne l’avais-je pas compris plus tôt ? Des « échantillons » de guerre, des « échantillons » de maladie, la Compagnie en avait besoin. Et personne – moi, notamment – ne se souciait de ce que pouvaient éprouver les victimes de ces « échantillonnages »."

2ème épisode de Assurances sur l’Éternité, par EDSON McCANN, c'est-à-dire Lester Del Rey et Frederik Pohl, auteurs de ce roman dont les intrigues s'emboîtent avec maestria. Après la mainmise des Assurances sur la vie sociale, on passe des suspensions "volontaires " de vie à la Bombe définitive - un thème cher à Del Rey.

Une petite romance temporelle, avec Amoureux d’une image par WILLIAM MORRISON.

Dans La princesse et le physicien, on retrouve le ton léger de E. E. SMITH pour une nouvelle mêlant science et fantasy (et l’on notera au passage que bien souvent c’est l’évocation du thème du dieu et de la magie qui fait passer d'un genre à l'autre.)

Reportage martien, par RICHARD WILSON, est une nouvelle au ton sympathique, qui rappellera "Les clans de la Lune Alphane" de Dick sur les phénomènes d'ostracisme. On retrouve aussi le thème de l'invasion des esprits d'une précédente nouvelle de Wilson.

On retrouve le tandem Cergue et Arnaud dans S’il vous plaît, machine !… par ROBERT SHECKLEY - un bijou d'humour absurde.

Une petite leçon d'ethnologie appliquée aux us et coutumes de Mars : Gouverneur et bourreau par FREDERIK POHL, ou « A Rome, fait comme les romains... »

Les mirages de l’espace par J.T. MAC INTOSH, fait penser à Solaris, de Stanislas Lem, ici sur le thème quasi philosophique du gardien de phare.

Une autre histoire de gardien de phare, celle-ci liée plus à l'autonomie de jugement plutôt qu'à la solitude, avec Les envoûtés par le mystérieux W. M. (tel que crédité dans le sommaire). Il s’agit en réalité de WILIAM MORRISON, qui signe sa deuxième nouvelle dans ce numéro (tout comme Frederik Pohl…)

Les Immortels, pour sa part, est une courte nouvelle qui manque un peu de développement. L’auteur qui n’est même pas crédité, évoqué, ou masqué derrière un pseudonyme, est le jeune René Charles Rey, qui fera carrière dans le polar plusieurs années plus tard…


Bien qu’en 1956, quitter la stratosphère était encore un sujet d’anticipation, voici un exemple de la compétition qui sévissait déjà entre les « blocs » soviétiques et américains.

SAVIEZ-VOUS QUE…

…selon les savants soviétiques, un voyage dans la lune serait dès maintenant réalisable ?

 

LE président de l’Académie des Sciences de l’U.R.S.S. vient de le proclamer. Les futurs astronautes russes, groupés dans un club, se préparent déjà au voyage : une traversée de 380.000 kilomètres ! Leurs premiers travaux les ont surtout persuadés qu’il y a lieu de réaliser, avant l’embarquement, bien des préparatifs et bien des observations.

 

En particulier, ils sont d’accord pour envisager un premier essai, qui serait exécuté par une sorte de cobaye-robot : en l’espèce, un engin téléguidé, conçu pour renseigner les passagers du grand voyage sur ce qui les attend chez les « Sélénites »… Cet engin téléguidé pourrait être une fusée, dirigée par radio vers la lune, et qui emporterait une chenillette, également téléguidée. La chenillette d’avant-garde serait équipée d’une caméra analogue à celles que l’on emploie pour la télévision, ce qui permettrait aux Terriens de connaître les détails de la surface lunaire, par la transmission des images observées et des mesures prises.

 

Les savants russes estiment, non sans raison, qu’il est infiniment plus facile, pour cette avant-première, d’envoyer dans l’espace une chenillette que des êtres vivants, soumis aux terribles dangers dus à l’accélération, à la température, à la pression, sans compter le risque de collision avec des météorites.

 

Ce voyage faciliterait grandement les suivants (ceux qui emporteraient des hommes) en permettant le choix préalable d’une aire d’atterrissage (ou « alunissage »), ou des fusées de transport de matériel pourraient, avant l’envol des astronautes, déposer des réserves de carburant, des éléments de réparations éventuelles, des installations diverses…

 

Les savants russes estiment qu’il ne faudrait que deux ans d’écart entre le voyage de la chenillette et celui des humains.

01 janvier, 2023

Cadeau bonus : « Ombres sur le Soleil » - Chad Oliver 1954 (VF 1956)

Pour fêter cette nouvelle année 2023 (l’ancienne année 2023 ayant été reléguée au rang des avenirs parallèles…), le PReFeG vous propose de découvrir un ouvrage paru en 1956 parmi les tous premiers titres (n°12) de la célèbre et prestigieuse collection « Présence du futur », aux éditions Denoël : « Ombres sur le Soleil », par Chad Oliver, et traduit par Claude Elsen (le traducteur de Matheson chez Denoël). Nous tenons aussi à préciser que le scan d’origine et la numérisation a été assurée par « Purple Ed », dont nous tenons à saluer l’excellent travail.

Le quatrième de couverture de l’(unique) édition de 1956 :

Jefferson Springs (Texas) : 6.000 habitants, une grande-rue calme, une école, un cinéma, un café, un hebdomadaire consacré surtout aux nouvelles locales : en somme, la petite — ville — américaine — type. C'est pourquoi Paul Ellery, jeune anthropologue, qui veut étudier les caractères de la communauté moyenne, l'a choisie. Après avoir appliqué les méthodes scientifiques apprises à l'Université, il constate qu'il a découvert une sorte d'exemple parfait — trop parfait...

     Aucun des habitants n'est fixé dans le pays depuis plus de quinze ans. En province, les gens sont généralement paisibles, mais ici, après neuf heures du soir, jamais une fenêtre illuminée ; seule filtre, à travers les volets clos de certaines maisons, une étrange lumière bleuâtre. De temps à autre aussi, il semble que la population entière se déplace vers un lointain endroit.

     Esprit scientifique, Paul Ellery essaye d'analyser son trouble, il essaye de comprendre, de savoir... Mais les découvertes qu'il fait dépassent son imagination. La rencontre avec la séduisante Cynthia ajoute au mirage. Qui l'emportera, elle ou la sage Anne, la fiancée de Paul ? Et qu'est-ce que Jefferson Springs pour le jeune savant : une simple étape ou le début d'un voyage dans un monde inconnu ?

     Un roman de « science-fiction » où l'humour et la psychologie ont une large place.

Chad Oliver, anthropologue de formation, figure parmi les auteurs peu diffusé en France, et qui aurait sans doute mérité une plus grande notoriété, du fait principalement de sa justesse de ton et du caractère adulte de ses considérations. Outre une vingtaine de nouvelles (la plupart parues dans Fiction), deux de ses romans seulement ont été traduits en France, « Ombres sur le Soleil », donc, et « Les vents du temps » (1957, VF 1978, dans la série Galaxie Bis).

« Ombres sur le Soleil » est un très bon roman non seulement sur le développement de quelques grands thèmes de la S.F., mais aussi en ce qui concerne l’humanité, la défense d’une paix durable et la lutte contre les hypocrisies des politiques coloniales qui agissent sous couvert d’être « civilisatrices ».

Il a été question d’Ombres sur le Soleil dans la Revue des livres du n°30 de Fiction, mais aussi de Chad Oliver dans d’autres numéros de Fiction. Voyons ainsi, par exemple :

En moins de cinq ans, Chad Oliver est devenu un des plus originaux créateurs de S.F. et de fantastique aux États-Unis. La principale raison de son succès a été son refus d’écrire des récits qui fussent la réplique de ses précédents, son dédain pour les veines à exploiter, son éclectisme soigneusement préservé. Aucune des histoires d’Oliver ne ressemble à n’importe laquelle des autres ! (Fiction n°23)

En présentant dans notre numéro 23 « Les habitants de la ville jouet », nous souhaitions principalement voir paraître en France le roman de Chad Oliver « Shadows in the sun ». C'est maintenant chose faite, puisqu'il vient de sortir à « Présence du Futur » sous le titre « Ombres sur le soleil ». Nous sommes heureux de cette consécration d'un auteur que nous avons révélé et que nous continuerons à « suivre » dans l'avenir.

Nous vous avons déjà dit que les histoires de Chad Oliver provenaient de veines délibérément diverses. Après une aventure interplanétaire satirique (« Le conseiller technique », n° 15) et une insolite évocation fantastique (« Les habitants de la ville jouet », n°23), il nous donne avec « L'objet » un récit réaliste à l'ambiance troublante.

Chose curieuse, la SF a négligé en général un des plus passionnants aspects de la science en elle-même : le pur frisson, aussi bien intellectuel qu'émotionnel, de la recherche – la lente découverte de la vérité, plus fertile à la longue en tension que les plus vastes mystères de la galaxie. Chad Oliver, dont l'originalité est d'avoir, le premier, apporté à la SF le point de vue de l'anthropologue ou de l'archéologue (voir notamment son roman), a choisi d'illustrer cet aspect à la lumière de ses disciplines favorites. (Fiction n°29)

 

Je vous recommande également« Ombres sur le soleil » (Shadows in the sun), de Chad Oliver (Ed. Denoël), antithèse exacte de l’œuvre d’Asimov – non pour cette raison (en fait je suis totalement en désaccord avec l’auteur sur sa conclusion), mais parce que c’est également un ouvrage intéressant, remarquablement pensé, bâti et écrit. L’action se déroule dans une petite ville du Texas, Jefferson Springs, où un jeune anthropologue, Paul Ellery, est venu étudier les mœurs des autochtones. Au bout de quelques semaines, il s’aperçoit avec étonnement qu’aucun des 6.000 habitants n’est fixé dans la localité depuis plus de quinze ans. En outre, il est témoin de certains phénomènes pour le moins curieux – descentes de mystérieuses sphères dans les fermes voisines, étrange lumière bleue à certaines fenêtres. La population de Jefferson Springs est-elle composée d’hommes normaux ? Sont-ce, au contraire, des êtres venus d’une autre planète ? Ellery percera le mystère et aura l’occasion de faire un choix capital. Je ne vous révélerai ni l’un ni l’autre, me contentant de réaffirmer que la réaction du héros d’Oliver, bien que susceptible d’être approuvée par un grand nombre de gens, ne l’a guère été par votre serviteur. (Revue des livres – Fiction n°30)

 

Pour vous permettre de juger plus avant des qualités de ce roman, nous vous en proposons cet extrait :

« LES jours s’écoulaient rapidement. Ce fut bientôt le 31 décembre. À minuit, une nouvelle année commencerait sur la Terre. À une heure du matin, l’astronef du Centre prendrait son vol – et, à son bord, il y avait une place prévue pour Paul Ellery…

Tout ce qu’il avait à faire, c’était de monter dans le navire de l’Espace. De dire adieu à la Terre.

Il regarda dehors par la fenêtre de sa cuisine. C’était un jour gris et maussade. Le soleil était pâle et lointain. Une bise aigre soufflait.

Dire adieu à la Terre…

Cela serait-il vraiment si difficile ? Bien sûr, il était toujours pénible de s’en aller – pénible, mais non impossible. Il suffisait de penser à la hideuse fleur d’hydrogène, prête à fleurir sur chaque colline, et à d’autres floraisons du même genre : celle du cobalt aux feuilles grises, celle de la modeste plante du gaz paralysant… Ellery avait vu la guerre de près. Il était né dans un siècle belliqueux. L’odeur puante de la guerre était familière à ses narines. Hiroshima et Nagasaki avaient inauguré une nouvelle technologie, rendant désuètes les anciennes méthodes guerrières, et les trous creusés par la bombe H dans cet océan si curieusement appelé « Pacifique » avaient parachevé la leçon. La Terre devait réviser sa notion de la civilisation, et elle le ferait. Mais le ferait-elle à temps ?

Il avait si souvent entendu des voix qui disaient : « Bombardons ces salauds tant que nous avons la chance d’être plus fort qu’eux… Il faut frapper les premiers pour ne pas être frappés… Peut-être sauterons-nous, mais ils sauteront avec nous… »

La guerre n’était pas une solution. C’était une forme de suicide. Mais les gens ne le savaient pas. Leurs réactions n’avaient pas changé. Personne ne leur avait dit que tout le reste avait changé, depuis vingt ans. Personne.

Et que leur dire, d’ailleurs ? Ils n’avaient pas confiance. Ils ne croyaient plus à la bonne foi. Ils avaient appris le cynisme à une rude école. Ils ne savaient pas non plus ce qu’était vraiment la science : une méthodologie. Ils ne voyaient en elle que des machines, des autos, des appareils de télévision, et des bombes. Et comment en eût-il été autrement ? Les savants ne se souciaient guère de les éclairer.

Les savants étaient « humains », eux aussi. Ce n’étaient pas seulement des savants. Ils s’appelaient Frank, Sam, Heinrich ou Luigi. Ils n’étaient jamais d’accord sur rien et y mettaient leur point d’honneur. Ils discuteraient toujours leurs opinions respectives le jour où le monde sauterait.

Il y avait les hommes, les femmes et les enfants. Chacun avait ses problèmes propres, ses rêves, ses craintes. Chacun estimait avoir raison. Chacun s’agitait, travaillait, courait en tout sens. Des fourmis dans une fourmilière, ignorant le baquet d’eau bouillante suspendu au-dessus de leur tête… »

 

·         Autres ouvrages de Chad OLIVER

o   Les Vents du temps (roman, science-fiction) The Winds of Time, 1957, OPTA, Galaxie Bis n°61, 1979 / J’ai Lu Science-Fiction n°116, 1980, réédition en 1992.

·         Nouvelles de Chad OLIVER parues dans Fiction

o   Le Conseiller technique   (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, février 1953) Technical Advisor, 1953

in Fiction n° 15, OPTA 2/1955

o   Les Habitants de la ville jouet   (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, novembre 1954) Transformer, 1954

in Fiction n° 23, OPTA 10/1955

in Fiction spécial n° 23 : Futurs d'Antan, OPTA 11/1974

o   L'Objet   (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, juin 1955) Artifact, 1955

in Fiction n° 29, OPTA 4/1956

o   Claude à travers le temps  (avec Charles BEAUMONT)   (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, avril 1955) The Last Word, 1955

in Fiction n° 33, OPTA 8/1956

o   Claude l'invincible  (avec Charles BEAUMONT)   (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, février 1956) I, Claude, 1956

in Fiction n° 34, OPTA 9/1956

o   Le Vent du nord   (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, mars 1956) North Wind, 1956

in Fiction n° 36, OPTA 11/1956

o   Départ en beauté   (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, avril 1957) Didn't He Ramble, 1957

in Fiction n° 56, OPTA 7/1958

o   Paternité   (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, septembre 1957) Rewrite Man, 1957

in Fiction n° 61, OPTA 12/1958

o   Culbute dans le temps   (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, février 1958) Pilgrimage, 1958

in Fiction n° 65, OPTA 4/1959

o   Le Vent souffle où il veut   (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, juillet 1957) The Wind Blows Free, 1957

in Fiction n° 68, OPTA 7/1959

o   Entre le tonnerre et le soleil   (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, mai 1957) Between the Thunder and the Sun, 1957

in Fiction n° 94, OPTA 9/1961

o   La Fin du voyage   (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, janvier 1965) End of the Line, 1965

in Fiction n° 140, OPTA 7/1965

o   L'Esprit gardien   (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, avril 1958) Guardian Spirit, 1958

in Fiction n° 143, OPTA 10/1965

o   Corps de rechange   (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, août 1965) A Stick for Harry Eddington, 1965

in Fiction n° 150, OPTA 5/1966

o   Rite de passage   (Nouvelle, Astounding Science Fiction, avril 1954) Rite of passage, 1954

in Fiction n° 193, OPTA 1/1970

o   Une maison pour vivre   (Nouvelle, Universe Science Fiction, mars 1954) Let Me Live in a House, 1954

in Fiction spécial n° 16 : Grands classiques de la science-fiction (1ère série), OPTA 4/1970 

o   Méthode scientifique   (Nouvelle, Science-Fiction Plus, août 1953) Scientific Method, 1953

in Fiction n° 212, OPTA 8/1971

o   Bien sûr   (Nouvelle, Astounding Science Fiction, mai 1954) Of Course, 1954

in Fiction n° 292, OPTA 7/1978

 


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