25 février, 2026

Galaxie (2eme série) n°015 – Juillt 1965

Une nouvelle restée inédite depuis de Frederik Pohl, une novella de Keith Laumer toute aussi rare, et les valeurs sûres que représentent William Tenn, Robert Sheckley, Robert F. Young, et l'incontournable Cordwainer Smith, on aurait du mal à bouder notre plaisir pour ce numéro de juillet 1965.


L'art de coincer sa bulle
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Sommaire du Numéro 15 :


1 - Keith LAUMER, La Nuit des Trolls (The Night of the Trolls, 1963), pages 5 à 53, nouvelle, trad. Michel DEMUTH, illustré par Norman NODEL *

2 - Frederik POHL, Le Semeur de discorde (I Plinglot — Who You?, 1959), pages 54 à 77, nouvelle, trad. Michel DEMUTH, illustré par Wallace (Wally) WOOD *

3 - William TENN, Le Tout et la partie (Party of the Two Parts, 1954), pages 78 à 100, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH

4 - Robert SHECKLEY, La Septième victime (Seventh Victim, 1953), pages 101 à 115, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH

5 - Robert F. YOUNG, Les Mangeurs de voitures (Sweet Tooth, 1963), pages 116 à 128, nouvelle, trad. Pierre BILLON

6 - Cordwainer SMITH, La Dame aux étoiles (The Lady who Sailed the Soul, 1960), pages 129 à 150, nouvelle, trad. Michel DEMUTH

7 - (non mentionné) , Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 152 à 153, bibliographie

8 - COLLECTIF, Courrier des lecteurs, pages 154 à 155, courrier

9 - (non mentionné) , Table des récits parus dans « Galaxie » : janvier-juin 1965, pages 159 à 159, index (manquant dans cet epub)

* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.



Un réveil post-hibernation, une mission d'exploration spatiale avortée, et... des trolls ; ainsi que les appellent les survivants abêtis d'un conflit nucléaire, alors que ces trolls ne sont que des machines de défense. Ce que Keith Laumer invente un peu dans La nuit des Trolls, ce sont ces machines pareilles à des tanks anthropomorphisés, qui nous rappellerons nos Goldorak, Mazinger et autres Transformers. Par ailleurs, la novella hésite à élire un vrai sujet et en mixe plusieurs sans vraiment harmoniser l'impression d'ensemble.


Toujours aussi sarcastique avec les clichés de la bureaucratie, Frederick Pohl nous surprend toutefois avec Le semeur de discorde, où le narrateur s'amuse méchamment à se moquer de l'espèce humaine… Jusqu'à la revanche.


Là où un Philip José Farmer explore les possibles érotismes de relations interespèces, William Tenn pose, dans Le tout et la partie, la question de ce qui est pornographique et le demeure ou non d'une espèce à l'autre. Bien entendu, nous avons là encore à faire avec un extraterrestre roublard et bien déterminé à pousser dans ses retranchements le Droit Intergalactique. Et tout cela ne se fait pas sans humour.

Dans La septième victime, Robert Sheckley imagine comment mettre fin à la guerre, qui devient si fatalement périlleuse à mesure de l'efficacité des armes de destruction, et ce non pas en éradiquant la violence et le meurtre, mais en les légiférant comme un jeu mortel. Alors Chasseurs et Victimes s'adonnent à un jeu de cache-cache dialectique. Une belle concision pour une nouvelle qui inspirera d'autres situations du même genre à l'auteur, notamment dans Le prix du danger qu'il publiera cinq ans après celle-ci.


Pour le plaisir de s'en prendre aux voitures, semble-t-il, Robert F. Young nous déploie une petite histoire sans moralité, ni dénouement. Gratuit, en somme ; avec une fois encore des extraterrestres sans scrupule ni altruisme ; mais très gourmands… puisqu'ils sont Les mangeurs de voiture !

Cordwainer Smith extrapole sur les conditions de travail des premiers "astrogateurs" au long cours et en solitaire, avec leurs cargaisons de colons congelés : et bien sûr, toujours en mêlant aux spéculations scientifiques un profond goût pour l'humanisme, avec La dame aux étoiles. On y notera le qualificatif "Les Instruments" qui sera retraduit par la suite par "L'Instrumentalité".

On retrouvera dans Le courrier des lecteurs l'homonyme (?) du célèbre poète Henri Michaux, qui défendra Cordwainer Smith, mais on y trouvera surtout l'annonce officielle de la création de la collection Galaxie Bis dont nous traitions dans nos précédents billets.

" La parution d'un numéro spécial de Galaxie, vers la fin de l'année, est d'ores et déjà décidée, et sans doute présentera-t-il un roman inédit du tandem Frederik Pohl-C.M. Kornbluth. La question est : devons-nous pour cela renoncer à la publication de romans à suivre dans les numéros normaux ? "
Sans doute cela préservera-t-il de bévue éditoriale dont la rédaction fait part avec cette allusion à la publication du roman de Fritz Leiber : Nous ne nous consolons pas d'avoir passé Guerre dans le néant en deux fois ! Qu'en pensent nos autres lecteurs ?

18 février, 2026

Galaxie (2eme série) n°014 – Juin 1965

Féodalité de l'Heroic Fantasy naissante pour ce numéro, largement occupé par une novella de Jack Vance, et allègrement servi par de plus courtes nouvelles de très bonne qualité, dont la dernière parution en revue de Allen Kim Lang qui aura su se faire remarquer en seulement trois récits.

Clique droit, Jaggernaud ! Droit !

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Sommaire du Numéro 14 :


1 - Robert SILVERBERG, Les Voisins (Neighbor, 1964), pages 6 à 21, nouvelle, trad. Pierre BILLON, illustré par Norman NODEL

2 - Jack VANCE, Les Maîtres des dragons (The Dragon Masters, 1962), pages 22 à 112, roman, trad. Michel DEUTSCH, illustré par Jack GAUGHAN

3 - Daniel F. GALOUYE, Le Meilleur des équipages (Homey Atmosphere, 1961), pages 113 à 126, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH

4 - Allen Kim LANG, Cuisine spatiale (Gourmet, 1962), pages 127 à 139, nouvelle, trad. Pierre BILLON *

5 - Margaret SAINT-CLAIR, La Mézon de l'orreure (Horrer Howce, 1956), pages 140 à 152, nouvelle, trad. Pierre BILLON, illustré par SMITH

6 - (non mentionné) , Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 155 à 155, bibliographie

7 - COLLECTIF, Courrier des lecteurs, pages 157 à 158, courrier


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.



Les maîtres des dragons, Prix Hugo de la nouvelle en 1963, sera étoffé ensuite (parution en France en 1979 chez Pocket) dans une traduction révisée par Alain Garsault (qui rejoindra l'écurie Opta dans quelques années). Avec un souffle épique qu'on prêtera plus tard à l'Heroic Fantasy, Jack Vancedécrit l'un des derniers vestiges d'une diaspora humaine galactique, en proie aux agissements belliqueux d'une race extraterrestre, reptilienne et esclavagiste, issue du même patrimoine génétique que les dragons, que ces derniers hommes ont aussi asservis de leur côté. Avec ses personnages tout d'une pièce, Vance nous embarque au milieu des Maîtres des dragons, en un mélange de SF et de féodalité toute médiévale. Maintes fois copié, son style ne défend rien d'autre qu'un souffle qui rappellera aux joueurs de "Warhammer 40 000" leurs plus belles soirées. 

Très bonne côte pour Robert Silverberg, qui voit une autre de ses nouvelles paraitre ce même mois de juin 1965 dans Fiction. Dans un contexte là encore suant de féodalité, deux Seigneurs mitoyens se vouent une détestation de toujours. Le pouvoir et une longévité exceptionnelle leur sont à chacun assurés - mais quoi d'autre… Sans trace d'amitié, sans avoir développé d'amour, le seul altruisme possible n'est que haine. Les voisins est une nouvelle simple mais savamment orchestrée par le jeune Silverberg en passe de devenir un des auteurs phare de son époque. 


Le meilleur des équipages est formé par des comportements de synthèse somme toute fascinants d'humanité et de servitude, et deux astronautes se retrouvent livrés au dilemme de périr dans leur vaisseau en perdition ou de quitter dans la nacelle de secours cet équipage si absurdement attachant. Daniel F. Galouye manie bien ses effets ; sans rien en dire de plus, HAL n'est pas loin… 


Le cuisinier du bord, l’homme qui accomplit le miracle quotidien de transformer en nourriture présentable les déchets de toutes sortes est, sous bien des aspects, celui dont l’importance est la plus vitale à bord d’un astronef. Il peut soutenir le moral ou déclencher une mutinerie. 
Très intéressante problématique resituée dans son contexte, avec Cuisine spatiale : comment nourrir des voyageurs au long cours quand on est limité dans la variété des ingrédients et par leur encombrement. Et si "on est ce que l'on mange", que deviennent les astrogateurs faisant route vers Mars après des mois de nourriture hydroponique. Entre récit intelligemment mené, problématique vitale et culturelle, et récit à chute, voici encore un très bon récit de Allen Kim Lang dont on déplorera qu'il soit le dernier paru (dans Fiction et Galaxie), tant il est un auteur appréciable et d'une intelligence scientifique et humaine certaine. Les amateurs pourront le retrouver dans les recueil "Histoires angoissantes", "Histoires riches en surprises", de la série d'anthologies "Hitchcock présente" (Livre de Poche), et "Histoires à claquer des dents" dans la même série version Bibliothèque Verte (Hachette).


Comme le précise la rédaction de Galaxie (et nous voyons émerger ici la "rubrique" Un classique en reprise, La méson de l'orreure avait initialement été publiée dans le Galaxie n°44 (1ère série - Juillet 1957). Dans les parcs d'attractions, nous sommes prêts à affronter des sensations fortes - et impensables autrement - car nous savons que nous en sortirons intacts. Mais ici, Margaret Saint-Clair nous emmène visiter des prototypes. Sommes-nous toujours bien sûrs que tout s'y passera bien ? Sinistre lisière de "l'orreure" consentie... 



On ne saurait dire si le Courrier des Lecteurs a l'honneur de publier la lettre d'un poète fort renommé, Henri Michaux, ou s'il s'agit d'un homonyme. Toujours est-il que la rédaction semble continuer de provoquer l'émergence de la série Galaxie Bis (dont nous traitions dans notre précédent billet).

Ayant suivi depuis le n° 1 votre revue, je tiens à vous dire que j’y constate un progrès constant. Dans les derniers numéros, en particulier, aucun texte ne m’a déçu. Progrès également sur les couvertures, avec un sommet : celle du n° 10 (illustrant Le Prince des Étoiles), à la fois inquiétante et belle. Emsh me semble être le meilleur dessinateur avec Finlay. Parmi vos auteurs, à part les grands noms, j’apprécie particulièrement Keith Laumer et Jack Sharkey, qui me semblent être les deux révélations les plus intéressantes de votre nouvelle édition, et dont j’espère que vous continuerez à les publier régulièrement. Le Prince des Étoiles de Vance m’a paru moins percutant que Les Récifs de l’Espace, mais il contient quand même tous les ingrédients propres à satisfaire l’amateur de science-fiction, et j’ai été heureux de les y retrouver. Pour terminer, je voudrais davantage de Sheckley, si du moins il écrit toujours, et j’espère que vous n’abandonnerez pas votre formule de romans à suivre. La paresse des éditeurs est telle que l’état de famine de l’amateur de SF est en train de le faire complètement dépérir. Il faut donc bien que, grâce à vous, on ait au moins un bon roman de temps en temps à se mettre sous la dent. Mais qu’attendez-vous pour lancer aussi des romans complets en numéros spéciaux ?

Monsieur Henri MICHAUX

VERSAILLES

11 février, 2026

Galaxie (2eme série) n°013 – Mai 1965

Galaxie entend poursuivre ses parutions dans une démarche plus large que celle d'une simple revue, d'une part en publiant des (presque) romans, ici une novella plutôt romantique, et d'autre part en réhabilitant des nouvelles qui avaient été coupées et desservies par des traduction approximatives lors de leur précédentes parution quelques années plus tôt. Après Floyd L. Wallace, et avant Margaret Saint-Clair, Robert Sheckley ou Theodore Sturgeon (et même plus tard Mark Clifton, James E. Gunn, Christopher Grimm, Walter Michael Miller ou Theodore R. Cogswell), c'est Richard Matheson qui bénéficie d'une remise à neuf pour ce numéro 13.

Traces de scotch à gauche, traces de clic à droite !

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Sommaire du Numéro 13 :


1 - Christopher GRIMM, L'Ombre gardienne (Someone to Watch Over Me, 1959), pages 6 à 65, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH, illustré par Dick FRANCIS *

2 - Jack SHARKEY, Les Trois vies d'Arcturus (Arcturus Times Three, 1961), pages 67 à 99, nouvelle, trad. Michel DEMUTH, illustré par George SCHELLING *

3 - Daniel F. GALOUYE, Les Chasseurs (The Chasers, 1961), pages 101 à 113, nouvelle, trad. Michel DEMUTH

4 - Richard MATHESON, Une maison dernier cri (Shipshape Home, 1952), pages 114 à 133, nouvelle, trad. Pierre BILLON

5 - Philip K. DICK, Jeu de guerre (War Game, 1959), pages 134 à 153, nouvelle, trad. Pierre BILLON, illustré par Wallace (Wally) WOOD

6 - (non mentionné) , Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 155 à 155, bibliographie

7 - COLLECTIF, Courrier des lecteurs, pages 157 à 157, courrier 


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


Bien que la novella soit un peu sans surprise, mais tout de même de bonne qualité, le reste des nouvelles est d'un très bon niveau - même si un peu daté.

" ... tu ne t’es pas contenté de faire du commerce avec les hyperspatiens ! Tu es leur associé – et ils sont encore pire que les extra-terrestres parce qu’ils sont tellement plus… extra-terrestres ! "
L'ombre gardienne est une romance qui prend forme dans un dilemme : l'hyperespace par lequel passent les vaisseaux pour aller d'une planète à l'autre n'est pas un espace où l'on se déplace plus rapidement, mais un espace parallèle qui fait courir le risque à celui qui s'y arrête d'être confronté à son antimatière, et donc de se dissoudre, voire de créer une brèche qui dissoudrait les univers… Mis à part ça, cet enjeu écarté par l'audace ou la manipulation, le récit ressemble plus à une aventure romantique qu'à de la SF, et l'on y voit bien que, sous son pseudonyme de Christopher Grimm,  H. L. Gold - fondateur et éditeur originel de Galaxy (jusqu'en 1959) - commence, en 1965, à faire partie d'une arrière-garde. Mais il est vrai que la novella date en réalité de 1959.
Notons aussi que "Someone to watch over me", le titre de la version originale de cette novella, fait référence à celui d'une chanson de George et Ira Gerschwin composée pour la comédie musicale "Oh Kay !" (1926) et immortalisée par Ella Fitzgerald.

Après un "Avant-propos" intitulé "Zoologie 2097" (et que l'Encyclopédie en ligne NooSFere a identifié comme une nouvelle à part entière sans nom d'auteur), qui explicite le rôle essentiel des xenobiologistes du récit, Les trois vies d'Arcturus composées par Jack Sharkey développent - comme dans les précédentes nouvelles des aventures du xenobiologiste Jerry Norcriss - trois exemples de métabolismes extraterrestres, avec les doutes et les questionnements de rigueur. Et Sharkey de rappeler que le but de tout ceci demeure la colonisation - et sans doute l'extermination d'espèces jugées dangereuses ou indésirables. Vertige de celui qui respecte la vie pour la comprendre mais qui se soumet à celui qui lui permet techniquement cette connaissance, mais qui place cette connaissance au-dessus du respect de la vie.


Les chasseurs ne sont jamais ceux que l'on croit, surtout sur une planète piège sans autre péril que la tentation de plaisirs ineptes. Daniel F. Galouye nous interroge ici sur notre intelligence, notre technologie et notre désir de nous élever au-dessus de l'instinct somme toute animal.


Galaxie poursuit sa "retraduction" des nouvelles de la 1ère série : une précédente traduction de Une maison dernier cri était antérieurement parue dans l’ancienne édition de GALAXIE (n° 12, novembre 1954), sous le titre Le bon marché coûte cher. L'histoire de Richard Matheson passe tout de même de 16 à 20 pages, et bénéficie de quelques précisions (comme celle concernant l'illustrateur Chas Addams, le créateur de la célèbre famille du même nom, et qui avait été renommé Charles dans la précédente traduction). On appréciera tout autant cette bonne histoire qui frise le sentiment complotiste, et pourra même rappeler certains passages de Un bébé pour Rosemary de Ira Levin, ainsi que dans une moindre mesure le thème du Péril Bleu de Maurice Renard.


Pour terminer : Philip K. Dick nous allèche avec son goût pour les jeux - ici Jeu de guerre - pour les "games" dont les règles se substituent à celle de la réalité, souvent dans un but éducatif. Ici, le jeu provient d'une colonie étrangère soupçonnée de n'être pas aussi commerçante qu'elle s'accorde à le dire. Car une chose n'est jamais à sous-estimer en matière d'importations, c'est qu'il s'agit toujours, au fond, de guerre économique. On repensera à Raymond F. Jones et à ses Imaginox, et avec cette nouvelle écrite en 1959, l'on attendra patiemment que Dick compose (en 1963) sa nouvelle "Au temps de Poupée Pat" (si chère à notre centaurien) qui lui fera marquer un cran supplémentaire dans l'adversité paranoïde à l'œuvre dans l'ensemble de ses récits.


Galaxie s'adonne au plaisir du Courrier des lecteurs, et la première lettre de ce numéro est sans doute de la plume d'un "érudit" :

J’ai lu avec quelque méfiance les premiers numéros de Galaxie, nouvelle série : la façon quelque peu bruyante dont la nouvelle rédaction, dans sa publicité, se comparaît à l’ancienne, m’avait fait craindre – à tort, je dois le dire – quelque mauvais goût de sa part.

La revue sollicitant des avis, j’aimerais en donner brièvement quelques-uns. Par exemple : les feuilletons sont à ne découper en tranches que si, d’un mois à l’autre, on peut se souvenir de la trame de l’histoire ; donc il faut un space opéra plutôt qu’un roman du type Guerre dans le néant de Leiber, qui nécessitait une attention soutenue et dont la mise en tranches a été un vrai massacre. Ou faut-il mettre Galaxie 3 mois sous son matelas avant de la lire ?

J’aimerais terminer sur une remarqua générale. Il y avait 3 collections de S.F. : l’une étant un peu Tintin et Milou dans l’espace, l’autre éditant trop souvent des recueils de nouvelles, la troisième désintégrée. [Note du PReFeG : l'auteur de la lettre fait sans doute respectivement référence au Fleuve Noir - Anticipation, à Présence du Futur, et au Rayon Fantastique.] Il est donc indispensable que Galaxie continue de publier des romans, bien que ce ne soit guère la vocation d’une revue. Mais sinon, où les lirait-on ? Peut-être même serait il possible de « mettre aux voix » par référendum (la Constitution le permet) un certain nombre de romans à éditer en numéros spéciaux ?
Docteur André BARDIN
DIJON

Bien que l'on sache que la majorité des lettres publiées par les revues sont souvent des "faux" écrit par les équipes même de leurs rédactions, on ne peut que saluer l'intuition du bon Docteur Bardin qui prévoit les "numéros spéciaux" de Galaxie à venir, qui prendront la forme d'une collection de romans intitulée : "Galaxie-Bis" (cette dénomination ne sera définitivement adoptée qu'à partir de son numéro 5), au format poche, six mois en avant dans le temps, soit dès novembre 1965. Le numéro Spécial 1- ou numéro 20 bis, sera "L'Ere des gladiateurs" de Frederik Pohl et Cyril M. Kornbluth, que nous vous proposons en Bonus en cliquant sur la couverture ci-contre (avec six mois d'avance sur les lecteurs de Mai 1965, petits veinards de futuriens !)







04 février, 2026

Galaxie (2eme série) n°012 – Avril 1965

Devant un choix éditorial très ouvert, on sent cette fois encore que la rédaction de Galaxie conçoit ses numéros comme des petites anthologies sur des thèmes qui se recoupent. On pourrait y redouter l'inconvénient de ne lire que des variations sur un même thème, mais l'ensemble donne tout au contraire l'impression d'un univers de l'avenir cohérent. Pour ce qui est des thèmes ici développés, l'oubli, bienheureux ou non, et le chemin vers la reconstruction du souvenir, voire la réminiscence de sciences qu'on ne pensait pas avoir encore découvertes.

Vision passée d'un futur pas encore paru...
La roue tourne...

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Sommaire du Numéro 12 :


1 - Christopher ANVIL, Piège mental (Mind Partner, 1960), pages 6 à 38, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH, illustré par HEEKS

2 - Keith LAUMER, Les Filous de la galaxie (The Star-Sent Knaves, 1963), pages 39 à 71, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH, illustré par Jack GAUGHAN *

3 - Cordwainer SMITH, La Planète Shayol (A Planet Named Shayol, 1961), pages 72 à 109, nouvelle, trad. Michel DEMUTH, illustré par Virgil FINLAY

4 - Robert SHECKLEY, Projet Éternité (Forever, 1959), pages 110 à 119, nouvelle, trad. Michel DEMUTH

5 - Floyd L. WALLACE, L'Homme sans mémoire (Forget Me Nearly, 1954), pages 120 à 160, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH, illustré par Ed EMSH * 


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.



Christopher Anvil compose avec Piège mental un récit qui répond aux codes des histoires d'espionnage, qui nous fait nous intéresser à la cause d'une épidémie de folie qui frappe les habitants d'une résidence. C'est du moins le début d'une intrigue qui rebondit régulièrement, et qui joue sur les effets de condensation du récit inhérents à la nouvelle, en dilatant et contractant les temps dudit récit. On repensera à la nouvelle de Dick "Au temps de Poupée Pat" (1963), ou encore à "Spectacle d'ombres" de Clifford D. Simak (in Fiction n° 22), ou encore à "Un soupçon de néant" de Phillipe Curval (in Fiction Spécial 4).
 

A force de vouloir faire rebondir son récit humoristique Les filous de la Galaxie, Keith Laumer dribble un peu trop et plus rien ne s'installe vraiment. S'ensuit une parodie de SF un peu creuse et compliquée inutilement. Dommage pour cet auteur qu'on apprécie généralement...

Dans La Planète Shayol, la cruauté et l’aberration prennent des dimensions épiques, et les évocations qui en découlent ont plus de correspondance avec les cauchemars d’un Jérôme Bosch qu’avec un quelconque prolongement de nos mœurs contemporaines. (Alain Dorémieux in Histoires fantastiques de demain - Casterman, 1966)

Ainsi Alain Dorémieux présente-t-il ce récit de Cordwainer Smith qui trouvera sa place dans une belle anthologie. Cette nouvelle dessine en creux le projet de l'Instrumentalité, organisation cherchant après des millénaires obscurantistes d'impérialisme galactique, à rendre à l'humanité ce qu'elle a de plus noble : la culture, la miséricorde, la volonté de réparer ses errements et ses cruautés passées, pour faire advenir un âge d'or de la conscience. On notera que le témoin de cette histoire porte le même nom, Mercer, que le prophète que Dick imaginera dans "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques / Blade runner" qu'il écrira pour sa part en 1968.


— « Voyez-vous, le sérum d’immortalité apporte une solution au problème de la puissance politique. Une élite permanente et éclairée est de loin la meilleure forme de gouvernement, infiniment meilleure que l’inefficience incohérente des régimes démocratiques. Mais à travers l’histoire, cette élite, qu’elle fût monarchie, oligarchie, dictature ou junte, a toujours été incapable de se perpétuer. Les leaders meurent, les partisans luttent pour le pouvoir et le chaos revient. Avec l’immortalité, cet ultime défaut sera corrigé. Il n’y aura plus de discontinuité dans la direction car les leaders seront toujours là. »
— « Une dictature permanente, » dit Dennison.
— « Oui. Un gouvernement permanent, bienfaisant, choisi soigneusement parmi l’élite et basé sur la possession unique et exclusive de l’immortalité. Historiquement, c’est inéluctable. La seule question est : qui doit prendre le contrôle ? »
Le pouvoir, tel est le désir du Projet éternité, le vœu enfoui sous le rêve d'immortalité selon Robert Sheckley. Et bien entendu, et non sans humour, dispenser une telle immortalité pour toute l'espèce humaine demeurera un vœu pieu, vite chassé par l'appât d'un tel pouvoir. 
 

Un peu à la façon d'un Alfred Bester et son homme démoli, Floyd L. Wallace déploie une histoire policière dans une société future qui ne connait plus la criminalité. Demeure l'escroquerie, l'usurpation d'identité et les inventions technologiques qui se révèlent,comme dans la nouvelle de Sheckley, d'indésirables trouvailles. Déjà publiée sous le titre Le châtiment rédempteur dans le Galaxie 1ère série n°18 dix ans auparavant, il est à noter qu'en bénéficiant d'une nouvelle traduction pour cette nouvelle publication, la nouvelle L'homme sans mémoire n'a pas seulement changé de titre, mais est passée de 28 à 40 pages. On est tout de même un peu surpris par le choix de cette nouvelle en tant que texte "réhabilité".


On notera, dans la revue ainsi qu'en 4ème de couverture, l'annonce suivante :

ENFIN, TOUT “FONDATION” !

 

La célèbre trilogie d’Isaac Asimov était depuis neuf ans restée incomplète en France, seule la première partie ayant paru autrefois au Rayon Fantastique. Aujourd’hui, vous allez enfin pouvoir en connaître la suite !

 

Nous avons en effet décidé, pour répondre aux désirs de la majorité des amateurs, d’éditer, en un seul volume, les trois romans qui composent ce chef-d’œuvre de la science-fiction.

 

Le tableau de la décadence et de la chute de l’Empire Galactique, esquissé dans Fondation, trouve son épanouissement et son dénouement dans les deux titres suivants : Fondation et Empire et Seconde Fondation, le tout au fil d’une action passionnante, constituant l’une des plus gigantesques constructions qu’ait édifié la science-fiction.


Les éditions Opta ne pensent pas si bien faire en choisissant "Fondation" pour ce tirage limité. Car il s'agit des tout débuts d'une collection qui sera longtemps prestigieuse : le Club du Livre d'Anticipation, plus souvent dénommée "CLA". Pendant plus de 20 ans, de Mai 1965 à Mai 1987, cette collection permettra de publier pour leur première traduction en France des auteurs comme Asimov, Van Vogt, Catherine L. Moore, Robert Heinlein, des anciens comme Edgar Rice Burroughs, mais aussi C. S. Lewis, Philip K. Dick, Philip José Farmer, John Brunner, Michael Moorcock … Forte de sa centaine et quelques de titres, d'une facture de qualité, aux illustrations magnifiques (on retrouve Druillet, Moebius, Moro, mais aussi plus tard Florence Magnin, pour ne citer que les plus connus…), cette collection fait aujourd'hui les choux gras tant des collectionneurs que des amateurs du genre.

Nous devons cette initiative conjointement à Monsieur "science-fiction" chez Opta, à savoir l'infatigable Alain Dorémieux, et à un nouveau venu, qui avait tenté de faire son trou en tant qu'auteur quelques années auparavant, mais qui a fini par regagner l'écurie Opta sous le parrainage de Jacques Bergier, à savoir : Jacques Sadoul.

Pour ceux qui n'en ont jamais entendu parler, Jacques Sadoul est surtout connu pour avoir été le fondateur (encore une fondation, donc) de la très célèbre collection "J'ai Lu - science-fiction" en 1970. Son trait de génie, alors, fut de ne pas préciser sur les couvertures qu'il s'agissait de SF, et donc d'attirer des lecteurs qui auraient pu avoir des à-prioris sur le genre.

Laissons-lui la parole, à travers son autobiographie "C'est dans la poche", au sujet de ses début chez Opta et de cette collection CLA :

Tout avait commencé avec un télégramme en provenance des éditions Opta arrivé à Roques en avril 1964. Il était signé Maurice Renault et non Emile Opta car ce dernier n’a jamais existé. Ce fut une invention tardive pour donner une personnalité au sigle OPTA qui signifiait Office de Publicité Technique et Artistique, une entreprise fondée par Renault. Le roman policier était le péché mignon de ce publicitaire au point qu’il était devenu l’ami d’Ellery Queen. Or, depuis les années 1940, Queen était le principal auteur du genre aux États-Unis. (...) 

Tout naturellement Ellery Queen demanda à son ami Maurice Renault de publier en France une traduction de sa revue, ce fut Mystère Magazine dont le premier numéro parut en janvier 1948. La firme qui l’éditait aux États-Unis lança ensuite The Magazine of Fantasy and Science-Fiction et le proposa à Renault qui le publia, sous le titre Fiction, à partir d’octobre 1953, donnant ainsi un premier élan à la SF française, puis ce furent Suspense en avril 1956 et Alfred Hitchcock Magazine en mai 1961. Le télégramme me proposait de devenir secrétaire de rédaction de Mystère Magazine et Hitchcock car le rédacteur en chef, Alain Dorémieux, n’avait plus le temps de s’en occuper. La maison venait en effet de racheter les droits de la revue Galaxie, abandonnée par ses premiers éditeurs. Pourquoi moi ? Simplement parce que, suite à une critique de La Passion selon Satan, parue dans Fiction, Renault avait eu la curiosité de me rencontrer et que je lui avais fait part de mon désir de travailler dans l’édition. On m’avait effectivement imprimé de belles cartes de visite !

(...)

Si Maurice Renault était un grand amateur de romans policiers, il ne s’intéressait nullement à la SF. Néanmoins il tint à faire inclure dans le contrat signé avec l’édition américaine de Fiction une clause qui permettait de publier des textes d’auteurs français. Il fut d’abord aidé dans cette tâche par Jacques Bergier puis, à partir de novembre 1957, il engagea comme secrétaire de rédaction Dorémieux, un des traducteurs et critiques de la revue. C’était un amateur de polars et de fantastique littéraire qui ne tarda pas à devenir un passionné de SF, donna leur première chance à de nombreux jeunes auteurs français et développa considérablement la partie critique du magazine. Malheureusement, ensuite, peut-être trop exigeant, il les décourageait et plus d’un auteur m’a avoué son intention d’aller se jeter dans la Seine en quittant son bureau. Aucun ne le fit, heureusement.

Après avoir observé quelques mois la maison et constaté que le Club du Livre Policier créé par Maurice Renault avait un public fidèle, je proposai de lancer son équivalent en science-fiction. Convaincre Renault n’alla pas sans mal, il n’y croyait pas, n’aimait toujours pas la SF et le mot lui faisait peur. J’insistai longuement malgré le scepticisme de Dorémieux : « C’est inutile, j’ai déjà essayé », me répétait-il. Pourtant, à force, Renault finit par accepter un essai unique et il choisit d’annoncer un Club du Livre d’Anticipation, mais surtout pas de SF. J’acquis alors les droits de la trilogie Fondation d’Isaac Asimov car seul le premier titre était paru au Rayon Fantastique et les deux suites étaient restées inédites en France. Renault décida de prévendre le volume à la fois par un bulletin de commande imprimé dans Fiction et dans Galaxie, et par une souscription organisée auprès des adhérents du CLP. Le tirage fut fixé à 3800 exemplaires vendus au prix de 25 francs jusqu’à parution, puis 30 ensuite. La présentation (reliure, fers et papier) était très inférieure à celle des ouvrages du Club du Livre Policier tant Maurice Renault s’attendait à un coûteux échec ; il avait d’ailleurs parié avec moi qu’il ne s’en vendrait pas mille. En fait ce fut un raz-de-marée et il ne fut pas possible de satisfaire toutes les commandes, d’autant que l’imprimeur commit une erreur et livra deux cents exemplaires de moins que prévu. L’édition de Fondation du CLA est aujourd’hui très recherchée des collectionneurs et j’en ai récemment vu un exemplaire proposé à 150 euros sur la liste d’un bouquiniste spécialisé dans les romans populaires rares.

La légitimité du Club du Livre d’Anticipation n’étant plus mise en doute, je fus autorisé à acheter de nouveaux titres et reçus le titre de directeur littéraire du club, Dorémieux en étant le codirecteur afin de rassurer les lecteurs de Fiction qui ne me connaissaient pas. Je proposai une liste d’une dizaine de volumes et, parallèlement, une consultation fut organisée auprès des lecteurs de Fiction et Galaxie pour leur demander quels titres ils désiraient voir paraître au CLA. Les huit premiers des deux listes furent identiques, toutefois le volume consacré à Theodore Sturgeon (Cristal qui songe, suivi de Les Plus qu’humains) parut beaucoup plus tard, l’auteur étant injoignable (« Il est en vadrouille quelque part le long de la côte Ouest », nous écrivit son agent). Pour second volume, j’avais choisi Les Armureries d’Isher, suivi des Fabricants d’armes de A. E. van Vogt. Là encore, seul le premier volume était paru au Rayon Fantastique et pas le second alors que l’ensemble formait un tout indissociable. Cette fois la présentation était identique à celle du Club du Livre Policier, soit un volume relié toile, sous jaquette rhodoïd, avec fers dorés, pages de garde illustrées et signet. Il parut en novembre 1965, soit avec un décalage de plus de six mois avec Fondation, mais le succès fut identique et les quatre mille exemplaires tirés furent rapidement souscrits.

(...) le Club du Livre d’Anticipation et les éditions Opta semblaient promis à un bel avenir quand une révolution de palais provoqua le départ de Maurice Renault au début de 1966. Tous les protagonistes en sont morts aujourd’hui et je ne m’étendrai pas là-dessus, qu’il me soit seulement permis de dire que Renault était un homme qui savait lire et que son successeur fut un publicitaire qui savait compter. Je fus promu rédacteur en chef de Mystère Magazine, en revanche, par sotte coquetterie, je refusai que mon nom figure sur Hitchcock dont le niveau des textes était plus faible, et je restai en charge du CLA même si Dorémieux en était théoriquement le codirecteur. En revanche Fiction, Galaxie et Galaxie-bis demeuraient de sa seule compétence. Le Club du Livre d’Anticipation était désormais le plus gros succès de la maison, et, pour la première fois, les écrivains américains s’intéressaient à une édition française de leurs œuvres car rien de comparable n’existait aux États-Unis. Chaque volume comportait deux romans, aussi, désireux de rééditer Les Rois des étoiles, le space opera classique d’Edmond Hamilton, j’écrivis à l’auteur pour lui demander s’il existait une suite. Il me répondit que seule la moitié du roman Retour aux étoiles avait été écrite. Pour le décider à s’y remettre je lui envoyai le volume du CLA consacré à C. L. Moore et je reçus, par retour du courrier, la lettre suivante, datée du 24 décembre 1966 : « Cher M. Sadoul. Grand merci pour le livre contenant les deux romans de C. L. Moore. C’est un très beau livre et je serai assurément heureux de voir Les Rois des étoiles et sa suite publiés dans une aussi belle présentation. Soyez assuré que je ferai tout mon possible pour vous fournir les textes manquants dans les meilleurs délais. » Quelques mois plus tard je reçus une copie dactylographiée des deux dernières parties de Retour aux étoiles qui parut ainsi en France en février 1968, avant sa publication outre-Atlantique. Nous échangeâmes ensuite quelques lettres jusqu’à sa mort, survenue en 1977. Il m’apprit ainsi que Jack Williamson et lui, influencés à leur début par Abraham Merritt, avaient eu le privilège d’être reçus et encouragés par cet auteur lors d’un voyage que les deux amis firent à New York au début des années 1930. Cela les décida à aller passer leurs vacances, en campant et à dos de mulet, dans les montagnes du Yukon où Merritt avait situé l’action de sa célèbre nouvelle, Les Êtres de l’abîme. La randonnée eut lieu, mais Hamilton ne me précisa pas s’ils avaient découvert le cratère au fond duquel gîtaient ses monstrueux habitants.

Lors d’une Convention mondiale de SF tenue aux États-Unis en 1973, les éditions Opta reçurent un prix spécial pour l’exceptionnelle qualité des volumes du CLA. Ironie du sort, c’est à moi qu’il fut remis en l’absence de tout représentant d’Opta alors que j’avais quitté la maison depuis mars 1968.

(Jacques Sadoul : "C'est dans la poche !" - Bragelonne 2006, extrait) 

Nous reviendrons bien entendu sur les agissements éditoriaux de Jacques Sadoul ; on peut toutefois noter qu'en cette année 1965, est déjà en train de se dessiner l'avenir du genre en France, et que, déjà, de nouvelles têtes viennent à pousser.

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