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Sommaire du Numéro 142 :
1 - Simon Sigvart JOHNSON, La Maison près du pommier sauvage (The House by the Crab Apple Tree, 1964), pages 5 à 31, nouvelle, trad. Claude CARME *
2 - Jane BEAUCLERCK, Nous servons l'Astre de Liberté (We Serve the Star of Freedom, 1964), pages 32 à 50, nouvelle, trad. Paul ALPÉRINE *
3 - Jon DeCLES, Cantilène (Cantabile, 1964), pages 51 à 62, nouvelle, trad. Paul ALPÉRINE *
4 - Frank A. JAVOR, Le Triomphe de Pégase (The Triumph of Pegasus, 1964), pages 63 à 92, nouvelle, trad. Denise HERSANT *
5 - Roland TOPOR, Une fée pas comme les autres, pages 93 à 97, nouvelle
6 - Jean-Michel FERRER, Miracle d'une nuit d'été, pages 98 à 100, nouvelle *
7 - Bruce BURN & Maxim JAKUBOWSKI, J'ai besoin de toi, pages 101 à 109, nouvelle *
8 - Joseph WHITEHILL, L'Autre (In the House, Another, 1960), pages 110 à 113, nouvelle, trad. Arlette ROSENBLUM *
9 - Michel MARDORE, Histoire du boucher, pages 114 à 125, nouvelle *
10 - COLLECTIF, Faut-il brûler les anthologies Planète ?, pages 126 à 131, article
11 - COLLECTIF, Courrier des lecteurs, pages 133 à 135, courrier
12 - COLLECTIF, L'Écran à quatre dimensions, pages 137 à 145, article
13 - (non mentionné) , En bref, pages 146 à 146, article
14 - Pierre VERSINS, Une porte peut être ouverte et fermée (suite et fin), pages 147 à 159, article *
* Nouvelle / article resté/e sans publication ultérieure à ce numéro.
Il y a quelque temps, nous nous étions juré de ne plus admettre d'histoire d'humanité retournée à un état semi-primitif, après une dévastation atomique. Un tel thème est en effet en voie de prendre place au rang des plus grands poncifs actuels de la science-fiction. Si nous faisons aujourd'hui une dérogation en faveur de ce récit, ce n'est pas qu'il en renouvelle le fond ; c'est que, tout simplement, il témoigne d'une vérité d'évidence : le fait que son auteur est de la race des vrais écrivains.
Un langage ritualisé qui évoque le conte, des stades technologiques qui se confrontent, une civilisation proche des phalanstères de Fourier où chaque passion trouve son territoire d'élection, tout est charmant dans Nous servons l'Astre de Liberté. La fin, un peu abrupte, nous invite à en souhaiter des suites. Son autrice, Jane Beauclerck, est plus connue sous son nom de poétesse M. J. Engh, surtout pour son roman allégorique Arslan (1976, VF Coll. Lunes d'encre - Denoël 2016).
Dans Cantilène, là encore une ambiance de conte, et pour le cas il s'agit là d'une reprise de La Belle et la Bête, avec quelques éléments science-fictionnels qui ne font office que de décor. Mais le style de Jon DeCles y est agréable.
| Le Pégase en VO par Emsh. |
Bien qu'un peu bavarde, Le triomphe de Pégase pourra rappeler le ton des péripéties de Cergue et Arnaud, les deux compères de l'impossible créé par Sheckley. Même sens du défi à la logique, même mouvements inattendus qui finalement rendront service à deux attachants galériens... Plaisante démonstration de F. A. Javor qu'un mythe ne saurait être le creuset d'inventions, mais bien l'expression d'un sublime impossible.
Cruauté quand tu nous tiens, Roland Topor n'est pas très loin… On ricane à ce "coup des trois vœux" d'Une fée pas comme les autres que n'aurait pas renié Pierre Gripari.
Fiction rapproche Miracle d'une nuit d'été à L'appel des sirènes de Avram Davidson et Randall Garrett (in Fiction n°140). Nous n'en dirons pas plus pour ne pas déflorer cette nouvelle à chute, mais Jean-Michel Ferrer y affirme ses formes courtes et vite brossées. Efficace, toutefois.
J'ai besoin de toi, signé du franco-britannique Maxim Jakubowski, et de Bruce Burn, néo-zélandais très actif dans le "fandom" ("ParaFANalia", "Meet", "Sizar"), témoigne d'un style très soigné et d'une construction narrative intelligente pour une histoire érotique de lycanthropie. On sent la cruauté latente d'un fatum farceur, et les proies sont plus nombreuses et ambigües qu'on ne le pourrait croire.
L'autre, de Joseph Whitehill, est une nouvelle à chute qui repose sur une astuce, mais guère plus.
L'histoire du boucher, en revanche, manie aussi des effets, mais sans viser la chute. Car tout est déjà dit dès le début, "le pire a déjà eu lieu", et c'est l'intuition d'un malheur, et l'imagination paranoïaque qui l'accompagne, qui en fait tout le sel. Et puis le malheur arrive, comme un ultime jalon sur le chemin de l'effroi que nous fait emprunter Michel Mardore. Un bon moment, l'air de rien.
Entre Fiction, fondée en 1953 grâce au concours de Jacques Bergier, et Planète, revue fourre-tout d'ésotérisme et de littérature de l'étrange fondée par ce même Bergier et Louis Pauwels en 1961, la guerre est déclarée ! C'est Jacques Sternberg qui en fera les frais le premier, en sa qualité d'anthologiste d'occasion. Nous vous proposons l'intégralité d'un article bien cinglant qui occupe dans ce numéro la place allouée d'habitude à la Revue des livres :
Faut-il brûler les anthologies Planète ?Les chefs d'œuvre mutiléspar BRUNO WAUTERS
Disons-le tout net, la dernière née des Anthologies Planète, Les chefs-d'œuvre de l'épouvante, est une assez belle imposture. Et nous craignons qu'il ne faille appliquer cette même épithète aux trois recueils antérieurement « fabriqués » par le brain trust qui nous donne le présent ouvrage [ Il s'agit des Chefs-d'œuvre du crime ; de ceux du Sourire ; de ceux, enfin, de l'Érotisme.]
Expliquons-nous : une vingtaine des récits qui le composent – soit le tiers de l'ensemble – sont abominablement tronqués. Pour certains, on peut même parler de massacre tant les coupures y abondent. Ce sont par exemple : L'araignée de Hans Heinz Ewers ; La chambre n° 13 de Montague R. James ; L'araignée crabe d'Erckmann-Chatrian ; La chambre dans la tour de E.F. Benson ; Qu'était ce ? de Fitz James O'Brien. Pour ne rien dire de La Vierge de fer de Bram Stoker dont on a supprimé, entre autres, l'épisode qui donne son titre à l'original anglais – The squaw – et qui préfigure, qui explique surtout, l'horrifique vengeance d'une chatte autour de quoi s'articule la nouvelle.
D'autres récits ont sensiblement moins souffert, mais sont toutefois inutilement mutilés. Cela va de quelques lignes coupées ici et là à d'entiers paragraphes escamotés ; le tout cisaillé au petit bonheur la chance. Citons : Le train de minuit d'Alfred Noyes ; La présence désolée de Thomas Owen ; La spécialité de la maison de Stanley Ellin ; La nuit face au ciel de Julio Cortazar ; Tranche de nuit de Poul Anderson ; Le masque d'argent de Hugh Walpole ; Véra de Villiers de l'Isle-Adam, et, tout particulièrement, La marée monte de Carl Stephenson.
Par ailleurs, les compilateurs ont cru devoir débaptiser, à leur habitude, plusieurs des textes publiés. Chose plus grave encore, ils ont purement et simplement supprimé trois des quatre notes qui accompagnent ordinairement La bibliothèque de Babel, lesquelles – comme toujours chez Borges – sont parties intégrantes du récit. Notons aussi qu'on a omis de citer les traducteurs des divers textes étrangers ; qu'on attribue Là-bas et ailleurs – recueil de Charles Beaumont – à Clifford Simak ; que les copyrights sont assez souvent fantaisistes. Quant au Dictionnaire des auteurs, par quoi s'achève le volume, il est visiblement bâclé et aurait gagné à plus de précision, plus d'objectivité : Benson s'y voit gratifié d'initiales erronées – H.F. au lieu de E.F. ; O'Brien, prénommé James Fitz – au lieu de Fitz James ; et le nom de Buzzati, orthographié Buzatti.
Mais on se doute bien que tout cela a été fait par-dessous la jambe ; avec cette suffisance, cette désinvolture chères aux « surhommes » de Planète et qui ne sont, peut-être, que quelques-unes des qualités requises pour accéder à cette « Seconde Renaissance » dont ils nous rebattent les oreilles.
Nous allions oublier la préface. Jacques Bergier (qui omet, pour une fois, de nous parler de sa correspondance avec Lovecraft) y étale – un peu confusément, il faut bien le dire – ses connaissances encyclopédiques. Nous ne doutons point de l'infaillibilité de son omniscience ; encore qu'il écrive Robert Lewis Stevenson pour Robert Louis. Mais nous sommes bien obligés de lui faire remarquer que lorsqu'il écrit : « Elle (l'anthologie) est cependant unique en langue française », il doit avoir un trou de mémoire. En fait, nous connaissons au moins trois autres ouvrages français similaires et antérieurs aux Chefs-d'œuvre de l'épouvante : Les maîtres de la peur d'André de Lorde et Albert Dubeux (1927) ; Les plus belles histoires de peur, recueillies par Marcel Berger (1942) ; et, surtout, la très importante Anthologie du Fantastique de Roger Caillois (1958), dont un sous-titre précise qu'on y trouve « soixante récits de terreur », et qui témoigne, elle, en même temps que d'un grand respect des auteurs et de leurs œuvres, d'une indiscutable probité intellectuelle. [ Gallimard en donnera prochainement une nouvelle édition augmentée, qui comportera deux volumes. ]
Pour Jacques Sternberg, principal responsable de ces Chefs-d'œuvre de l'épouvante, nous avons eu tort de lui accorder, des années durant, trop d'importance et de le prendre au sérieux. Décidément, nous l'aimions mieux autrefois ; alors que venant d'arriver à Paris, il mettait, modestement, la dernière main au premier numéro du Petit Silence Illustré.
Portons cependant au crédit de son entreprise un choix qui serait presque constamment excellent si les textes qui le composent n'étaient aussi scandaleusement tronqués. Disons tout de même qu'exception faite d'une assez belle histoire de Theodore Sturgeon, Les mains de Bianca, on ne trouve guère là d'inédits et que c'est bien dommage. Disons aussi que La musiqued'Erich Zann n'est pas l'une des meilleures nouvelles de Lovecraft ; que nous aurions préféré lire Le comte Magnus de Montague R. James, plus parfait, plus impressionnant encore que sa Chambre n° 13 ; que Le couloir de Marina de Gerg nous a semblé passablement ennuyeux ; et qu'il doit bien exister d'autres auteurs français contemporains au moins aussi « épouvantables » que le sont ici les seuls Roland Topor et André Ruellan. Mentionnons, enfin, les très nombreuses illustrations – peintures et dessins – lesquelles, comme il est de règle pour les anthologies Planète, sont presque toutes de premier ordre. Nous avons particulièrement apprécié celles qu'ont signées Paul Delvaux, Remedios Varo, Claude Serre, Roland Cat, François Béalu, Isabelle Drouin, Claude Joubert, Mignard, et Gourmelin à qui l'on doit aussi, en plus de l'inquiétante couverture, les pages de garde et les frontispices qui ne sont pas les moins réussis.
Tout cela, qui ne fait malheureusement pas des Chefs-d'œuvre de l'épouvante l'ouvrage de base qu'on aurait aimé conserver dans sa bibliothèque, n'en constitue pas moins un fort beau volume, un livre-objet infiniment agréable à regarder. Et nous ne doutons point que les précieuses de l'effroi, celles-là mêmes qui se pressaient, il y a six mois, au cinéma « Le Dragon » afin d'y assister au « Congrès International de l'Abominable », nous ne doutons point qu'elles ne se l'arrachent pour le laisser ostensiblement traîner sur la table basse de leur boudoir…
Mais peut-être bien les compilateurs n'avaient-ils pas d'autre ambition.
Bruno WAUTERS
Les chefs-d'œuvre de l'épouvante, rassemblés et présentés par Jacques Sternberg, Alex Grall et Jacques Bergier : Anthologie Planète, diffusion Denoël.
La réponse deJACQUES STERNBERG1° Aucune coupure n'a été opérée dans les nouvelles suivantes que Wauters prétend tronquées ou mutilées :
— Le train de minuit par Noyes.
— La présence désolée par Thomas Owen.
— La nuit face au ciel par Julio Cortazar.
— Le masque d'argent par Hugh Walpole.
— Véra par Villiers de l'Isle Adam. Sur ce point, l'affirmation de Wauters est pure calomnie.
2° Les coupures opérées dans les nouvelles
— La chambre dans la tour par E.F. Benson
— La spécialité de la maison par Stanley Ellin
— Tranche de nuit par Poul Anderson
— Qu'était-ce ? par Fitz James O'Brien se limitent à quelques répétitions et une ligne par ci par là. J'admire le planning de Wauters qui a vraiment du temps à perdre : il a dû consacrer bien des heures à repérer les quelques coupures.
3° Seules les nouvelles suivantes ont fait l'objet de coupures proprement dites :
— La vierge de fer par Bram Stoker.
— La chambre n° 13 par M.R. James.
— L'araignée-crabe par Erckmann-Chatrian.
Sans la moindre prétention, je puis affirmer que ces trois nouvelles qui sont longues et fort mal traduites ont gagné à être coupées. Cela ne les mutile pas, cela les bonifie. On sait depuis longtemps que les écrivains devraient se méfier de leur amour des phrases, des digressions et des mots. À vrai dire, il y aurait même eu avantage, non pas à opérer quelques coupures dans ces textes-là, mais à les retraduire ou les rewriter de fond en comble. Quant à la nouvelle de Chatrian – la plus faible de l'anthologie placée en dernière minute pour remplacer un texte – moins il en reste, mieux cela vaut.
4° Nous sommes, que je sache, absolument libres de donner à une nouvelle inédite en français le titre que nous voulons. Cela se fait sans arrêt dans Fiction et partout ailleurs.
Je n'ai débaptisé que deux nouvelles à part cela Le plus dangereux des gibiers par Connell et Aux yeux de l'enfant par Charles Fritch.
Ce n'est pas un grand crime de lèse-auteur à mon sens.
5° Mea culpa pour Buzzati. Quoique je sois un des premiers lecteurs du Désert des Tartares du même Buzzati – à une époque ou Wauters lisait peut-être Mauriac – j'ai toujours cru que son nom s'écrivait Buzatti. Cela peut arriver. On a de ces images fausses dans l'œil, parfois. Une erreur anodine n'est pas une accablante preuve d'inculture.
D'ailleurs, Buzzati lui-même est moins royaliste que M. Wauters. Il a simplement été heureux de se voir publier dans une anthologie de l'épouvante et n'a piqué aucune crise de nerfs en voyant son nom mal orthographié. Mais on sait que les critiques sont plus chatouilleux que les auteurs. C'est leur impuissance qui veut cela.
6° Mea culpa également pour avoir confondu un ouvrage de Charles Beaumont avec le recueil de Clifford Simak. Mais cela cause tellement de plaisir aux criticaillons de relever de petites erreurs de se genre… On aurait presque tort de s'en priver. Il faut bien qu'ils vivent, eux aussi.
Point finalpar ALAIN DORÉMIEUXBruno Wauters accuse ; Jacques Sternberg – au nom de Planète – conteste. Le mieux dans ce cas est encore de laisser parler les chiffres. Ceux-ci sont d'ailleurs éloquents.
1° Il y a bien eu des coupures dans les nouvelles « calomniées ». Dans Véra, dix lignes ont sauté à la dernière page ; dans La présence désolée, sept lignes à la première page. Dans les autres, quelques lignes éparses. Coupures minimes, certes, mais Wauters n'a jamais prétendu autre chose, puisqu'il citait ces textes comme étant les moins maltraités.
2° Les nouvelles où Sternberg admet « quelques coupures » ont été soumises à un pointage minutieux par rapport au texte original. En voici les résultats :
— Tranche de nuit : 22 lignes coupées.
— La chambre dans la tour : 99 lignes coupées.
— La spécialité de la maison : 107 lignes coupées.
— Qu'était-ce ? 188 lignes coupées.
Est-ce là ce qui s'appelle supprimer « quelques répétitions et une ligne par ci par là ? »
3° En ce qui concerne Stoker, James et Erckmann-Chatrian, nul doute que leur style ait vieilli. Est-ce une raison pour les mutiler ? Il semble au contraire que, dans tous les cas, le respect d'une œuvre sous sa forme véritable devrait s'imposer. Ou alors il n'y a qu'à ne pas la sélectionner.
Pour Erckmann-Chatrian, l'argument avancé fait sourire. Si ce récit est si mauvais (ce qui est d'ailleurs vrai !) il était encore préférable de ne pas le publier. Même « en dernière minute », il y aurait eu d'autres choses à choisir.
Mais cela n'est pas tout. Car il y a encore dans le volume d'autres nouvelles non moins raccourcies, et que Wauters n'avait pas mentionnées.
Citons notamment :
— Le père truqué de Philip K. Dick (82 lignes coupées).
— Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes (223 lignes coupées).
— Bonne nuit, Mr. James de Clifford Simak (231 lignes coupées).
Il y en a certainement d'autres, que nous n'avons pas recherchées. Comme dit Sternberg, il faut avoir du temps à perdre.
Bruno Wauters se demande si les précédentes anthologies Planète n'ont pas souffert des mêmes procédés. On peut effectivement le craindre. Un seul exemple nous avons constaté que Shambleau, l'inoubliable Shambleau, avait été massacré dans Les chefs-d'œuvre de l'érotisme. Le texte a été amputé de plus du quart. Au total, 209 lignes ont été supprimées. Des passages allant jusqu'à trois quarts de page ont sauté !
À ce degré, cette manie des coupures semble avoir quelque chose de maladif.
Pourtant, elles doivent bien avoir un but : par exemple, « faire tenir » dans les pages le plus grand nombre de titres possible. Cela permet évidemment de somptueuses affiches, de flatteurs alignements de noms. Le lecteur a l'impression d'en avoir pour son argent. Mais si ce même lecteur est lucide et cultivé, il peut aussi penser qu'on se moque de lui. Il serait plus honnête de présenter moins de récits, mais qu'au moins ceux-ci soient intégraux !
Il existait jadis une revue (l'ancienne édition de Galaxie) où l'irrespect des textes était une perpétuelle insulte au public. Ce qu'on pardonnait difficilement à une revue est encore moins admissible avec des livres de ce prix et de cette ambition.
En bref, le rôle des anthologies Planète est-il d'être une succursale du Reader's Digest ?
Dans ce numéro, nous pouvons lire la dernière partie de l'article conséquent sur le thème du Temps dans la littérature de SF, Une porte peut être ouverte et fermée, par Pierre Versins. On y notera cette petite remarque :
" (...) cet assemblage hétéroclite, « quatrième dimension », est fascinant et (il) appartient à ce petit ensemble de mots-clefs dont la science-fiction a fait un usage intensif (cosmique, hyper-espace, temporel, anti-matière…). Mais nous n'en parlerons que peu, car dans la majorité des cas il s'agira tout simplement d'utopies caractérisées, dont l'histoire viendra dans un chapitre ultérieur. "
Mieux qu'un chapitre ultérieur, nous devons reconnaître que c'est toute l'Encyclopédie de l'Utopie, des voyages extraordinaires et de la science-fiction qui se dessine ici. Curieusement, cet article ne fera pas le corps de propos de l'article "Temps" de cette monumentale Encyclopédie ; mais vous trouverez la globalité de l'article prochainement sur sa page dédiée.



