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13 novembre, 2024

Fiction n°085 – Décembre 1960

Robert Heinlein à l'honneur, avec le début de la parution du "Jeune homme et l'espace" que Fiction publiera en trois parties, et un article de fond de Demètre Ioakimidis, dont on voit poindre le futur anthologiste. Arrivée de Roland Topor, accompagné dans ce numéro de son ami Jacques Sternberg avec qui il fondera le théâtre "panique".

Bon sang, il y a un clic droit dans le tuyau !

Sommaire du Numéro 85 :


NOUVELLES

 

1 - Robert HEINLEIN, Le Jeune homme et l'espace (I) (Have Space Suit — Will Travel, 1958), pages 3 à 51, roman, trad. Michel DEUTSCH

2 - Jacques STERNBERG, Nous deux..., pages 52 à 67, nouvelle

3 - James BLISH, Le Serment (The Oath, 1960), pages 68 à 87, nouvelle, trad. René LATHIÈRE *

4 - Roland TOPOR, L'Amour fou, pages 88 à 92, nouvelle

5 - SAKI, Tobermory (Tobermory, 1909), pages 93 à 99, nouvelle, trad. (non mentionné)

6 - Jean RAY, Le Miroir noir, pages 100 à 115, nouvelle

7 - BELEN, Le Jour du Saigneur, pages 115 à 115, nouvelle

8 - Thomas OWEN, La Princesse vous demande, pages 116 à 122, nouvelle

 

CHRONIQUES


9 - Demètre IOAKIMIDIS, Robert Heinlein, historien du futur, pages 123 à 130, article

10 - Alain DORÉMIEUX & Demètre IOAKIMIDIS & Martine THOMÉ, Ici, on désintègre !, pages 131 à 135, critique(s)

11 - Alain DORÉMIEUX, De l'absurde au fantastique, pages 137 à 141, article

12 - F. HODA, Le Frankenstein du pauvre, pages 141 à 142, article

13 - (non mentionné), Table des récits parus dans « Fiction » - 2ème semestre 1960, pages 143 à 144, index


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.

Première partie de "Le jeune homme et l'espace", où l'on retrouve le ton juvénile que Robert Heinlein adoptait déjà avec bonheur dans "Transfuge d'outre-ciel" ; ici dans une histoire de jeune aspirant à l'exploration spatiale à qui il ne manque que le costume : le scaphandre (ici appelé "vidoscaphe"). Puis l'histoire s'emballe avec un rapt propre aux histoires traditionnelles de pirates. On attendra la suite au prochain numéro.

Dans "Nous deux", qui n'est pas la fameuse revue, Jacques Sternberg nous livre, avec le ton désabusé qu'il affectionne, les impressions à chaud de qui traverse le vide spatial sans rien avoir à y faire. Moins naïf que d'autres nouvelles, mais l'on comprendra à sa lecture en quoi l'appel de l'espace fait chou blanc dans le caisson d'isolation du vaisseau spatial proposé ici.

Avec "Le serment", celui d'Hippocrate en l'occurrence, James Blish pose la question de la reconstruction, après la Bombe dans cette histoire, mais aussi après la guerre, toute guerre. Peu de survivants, d'où peu de gens spécialisés dans des fonctions "essentielles", comme ici la médecine. Accompagné d'un repli territorial de petites communautés, le médecin d'après-guerre, voire post-apo, est investi d'un grand pouvoir de vie et de mort sur ses pairs. Ainsi : un médecin "marron", non diplômé, et qui, même !, n'hésiterait pas à pratiquer un eugénisme discret à l'encontre de certains patients, doit-il être ignoré ou intégré à l'effort de reconstruction ? Sans apporter de réponse, Blish semble sous-entendre que la reconstruction est vaine si elle ne fait que reproduire le modèle détruit - mais que, toutefois, ce modèle d'Avant puisse servir de Chant des sirènes, de représentation séduisante, attirante, mobilisante, mais fallacieuse.

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Entrée du talentueux Roland Topor dans le panthéon du PReFeG - catégorie auteurs des auteurs des années 60. La valeur allégorique de "L'amour fou", histoire de mutation de l'espèce humaine, n'est pas sans rappeler Sternberg, que Topor aura déjà illustré ; ils feront tous deux d'ailleurs partie, avec Arrabal et Jodorowski, du mouvement poético-théâtral intitulé "Panique". Nous vous proposons en petit bonus son recueil de dessins "Les masochistes", recensé dans ce même numéro par Alain Dorémieux.




On se rappellera de "Langue de chat" de Reginald Bretnor (Fiction n°9), de "Un chat sachant chapitrer" de John Collier (Fiction n°62), ou encore de "Holopherne" de Bernard Guillemain (Galaxie 1S n° 28). Avec "Tobermory", plaisante histoire de chat à qui l'on a appris à parler, c'est la question de l'indésirable que pose Saki en brossant le portrait d'une société mondaine bien hypocrite et intolérante à la vérité sans fard. Saki va même plus loin en débusquant l'air de rien les mécanisme qui mènent au génocide. Brillant et - comme toujours avec Saki - d'un humour très subtil. 

"Le miroir noir" nous ferait presque croire à une histoire de Harry Dickson en l'absence de Harry Dickson, tant les crimes demeurent impunis mais rattrapent leurs coupables tout de même. Dans cette histoire basée sur un objet occulte ayant appartenu au célèbre John Dee, le lecteur doit lui-même mener l'enquête. Le style, comme toujours avec Jean Ray, est impeccable. 

Comme souvent avec les contes ultra brefs, "Le jour du saigneur" évoque la blague à chute plus que l'ambiance ou le propos. On aura lu meilleur Belen.

De l'ambiance cette fois-ci, dans "La princesse vous demande", mais qui repose plus sur une cruauté anecdotique plutôt que sur de l'inquiétante étrangeté ou de la difficulté d'être. Le choix de Thomas Owen de désaffecter le récit y est sans doute pour quelque chose, mais on peine un peu à s'identifier aux protagonistes. 

Du côté des rubriques, on notera des précisions sur "Le Grand Prix International du Roman de Science-Fiction", qui ne nous apprennent rien de plus en fait (voir Fiction n°82) ; une belle recension de l'ouvrage de Roland Topor "LES MASOCHISTES", par Alain Dorémieux dans son ton de Sainte Nitouche au second degré, ainsi que, par le même Dorémieux, un éloge au film de Louis Malle "Zazie dans le métro" (F. Hoda n'est plus seul !).

On appréciera surtout la notice bio-bibliographiqe de Demètre Ioakimidis sur Robert Heinlein, que nous reproduisons ici sur notre page dédiée.

23 octobre, 2024

Fiction n°082 – Septembre 1960

Jean-Claude Forest illustre avec bonheur "La nuit de la lumière" de Philip Jose Farmer dans sa version primitive, et l'on retrouve les patrouilleurs du temps de Poul Anderson dans un numéro qui fait la part belle aux récits longs et aux auteurs de grande qualité (Jean Ray, Poe, Saki). 

Un clic droit, c'est moins fatiguant...

Sommaire du Numéro 82 :

NOUVELLES

 

1 - Philip José FARMER, La Nuit de la lumière (The Night of Light, 1957), pages 2 à 56, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH *

2 - Poul ANDERSON, Échec aux mongols (The Only Game in Town, 1960), pages 57 à 87, nouvelle, trad. Roger DURAND

3 - Fernand FRANCOIS, Journal de Macha, pages 88 à 108, nouvelle *

4 - Gérard KLEIN, Cache-cache, pages 108 à 108, nouvelle

5 - Edgar Allan POE, Les Souvenirs de M. Auguste Bedloe (A Tale of the Ragged Mountains, 1844), pages 109 à 117, nouvelle, trad. Charles BAUDELAIRE

6 - SAKI, Sredni Vashtar (Sredni Vashtar, 1910), pages 118 à 122, nouvelle, trad. (non mentionné)

7 - Jean RAY, Le Cimetière de Marlyweck, pages 123 à 132, nouvelle

 

CHRONIQUES


8 - F. HODA, Sorties de vacances, pages 134 à 137, article

9 - Patrick SCHUPP, Lettre d'Amérique, pages 137 à 139, article

10 - COLLECTIF, Tribune libre, pages 141 à 143, article


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.

Comme dans le Fiction n°33, Philip Jose Farmer pousse à marquer des nouveautés en matière de politique éditoriale pour la publication cette fois-ci de la novella La Nuit de la Lumière. Jugez-en : " Malgré sa longueur, nous avons jugé préférable de publier ce récit sans le scinder, en un seul numéro. Nous nous excusons d'imposer un effort soutenu de lecture aux amateurs d'histoires brèves, mais nous pensons que l'œuvre le mérite. " Philip Jose Farmer creusera toute sa carrière d'auteur ce thème du dieu créateur et ce qui le distingue ou non du démiurge. Ici, c'est comme pour donner un peu plus d'épaisseur au personnage de John Carmody, créé dans de précédentes nouvelles (voir Fiction n°5), que Farmer lui invente les circonstances de son entrée en religion. Iconoclaste, celui qui deviendra le Père Carmody trouve ici une trajectoire d'exception. Cette novella sera encore un peu plus développée en 1966, formant un roman éponyme.

Poul Anderson peaufine son univers temporel avec Échec aux Mongols, riche en péripéties ; l'agent Manse Everard tente d'empêcher la colonisation de l'Amérique par des émissaires du grand Kublaï Khan - petit-fils de Gengis. Et l'on y évoque les Daneeliens, ces êtres d'un avenir ultime qui semblent veiller á ce que l'Histoire ne dérive pas d'un iota.

Le journal de Macha, écrit par l'ancien militaire Fernand François, propose un récit de guerre atomique entre l'Est et l'Ouest construit en deux mouvements : d'une part le récit froid et un peu rébarbatif des avancées du conflit, et d'autre part le journal intime d'une jeune femme enclavée dans un petit village coupé de tout - partie plus intéressante et touchante. 

Dans Cache-cache, Gérard Klein poursuit sa collection de petites blagues courtes sur les jeux d'enfants

Les souvenirs de M. Auguste Bedloe, par Edgar Allan Poe, est une nouvelle que l'on peut rapprocher à la dernière partie des "Aventures d'Arthur Gordon Pym" - son décor de canyons fantastiques et ses rapports ambigus entre l'être et le caractère… typographique.

Sredni Vashtar est un exemplaire travail de concision par Saki, un grand maître de la nouvelle et de l'humour noir. 

On retrouve Jean Ray et son ambiance si particulière de fantastique effroyable qui n'émeut pas ses protagonistes plus que leur morne vie quotidienne, dans Le cimetière de Marlyweck, avec des figures aux allures d'allégories mythologiques fort plaisantes.


Le PReFeG débusque un lièvre : "l'affaire" du Grand prix International du roman de science-fiction. Dans ce numéro 82, Fiction se fait l'émissaire de l'annonce que voici :

Un Grand prix International du roman de science-fiction.

La prochaine nuit de Noël (1960) sera décerné pour la première fois le « Grand prix international du roman d'anticipation et de science-fiction ». Ce prix couronnera un roman inédit, écrit dans l'une quelconque des principales langues en usage aujourd'hui dans le monde.

Ce premier « Grand prix » sera décerné à Lugano (Suisse). Puis, d'année en année, le Jury se réunira et attribuera le Prix, toujours dans la nuit de Noël, dans une ville différente d'Europe. 

Les manuscrits dactylographiés, en double exemplaire, destinés à ce premier Grand prix, devront parvenir, sous pli recommandé, au plus tard le 31 octobre 1960, au « Secrétariat général du Grand prix international du roman de science-fiction », Via Fratelli di Dio. 9. Novara (Italie).

En dehors de l'ouvrage qui remportera le Grand prix, le jury se réserve de sélectionner parmi les œuvres présentées, des romans qui bénéficieront aussi d'un lancement international.

Les lauréats seront annoncés ainsi dans le Fiction n°87 : 

LE PREMIER GRAND PRIX INTERNATIONAL DU ROMAN D'ANTICIPATION ET DE SCIENCE-FICTION.

Le 24 décembre, veille de Noël, s'est réuni à Lugano le jury du Grand Prix International du Roman d'Anticipation et de Science-Fiction, pour l'attribution du prix.

Le jury a enregistré, avec satisfaction, le succès exceptionnel remporté dans tous les pays par cette première manifestation littéraire internationales, puisque 253 auteurs y ont participé, pour un total de 255 romans écrits en français, italien, anglais, allemand et russe.

En quatre étapes de sélections successives, les romans sur lesquels le jury était appelé à statuer se sont réduits d'abord à 35, puis à 15.

D'autre part, le jury a dû constater qu'en réalité, sous l'appellation unique de science-fiction, coexistent des genres différents, et il a décidé par conséquent de scinder le Grand Prix en deux sections distinctes : anticipation et science-fiction.

Au troisième tour de scrutin, à l'unanimité, le jury a décerné le Grand Prix :

Pour l'anticipation, à José Van Den Esch, journaliste parisien, pour son roman « Janvier an 2.000 », vision d'un avenir très proche et qu'une certaine technocratie, s'appuyant sur les robots électroniques, édifie chaque jour sous nos yeux, œuvre dans la lignée d'Aldous Huxley. 

Pour la science-fiction, à notre ami et collaborateur Pierre Versins, pour son roman « La présence lointaine », œuvre pleine de hardiesse et de poésie, où la science-fiction rejoint la vraie littérature.

(...) 

Enfin, comme il avait été prévu au règlement du Grand Prix, le jury, à l'unanimité, a invité José Van Den Esch et Pierre Versins à se joindre à lui, dans l'avenir, et a décidé que le second grand prix serait décerné dans la nuit de Noël 1961, à Milan. 

Outre qu'il n'y aura pas d'édition 1961, on s'en consolerait à lire cette "Présence lointaine" de Pierre Versins. Toutefois, l'ouvrage est introuvable, non pas par manque de réédition, mais c'est tout simplement qu'il semble n'avoir jamais été édité. Voici une note rapportée sur l'encyclopédique site Noosfere à ce sujet :

Selon Radio-TV-Je vois tout du 19 janvier 1961, Versins a remporté le 1er Grand prix international du roman de science-fiction pour La présence lointaine. Mais ce roman n'a jamais été publié selon sa veuve Martine Thomé dans "Il venait de Céphée, il s'appelait Versins" (p. 137). A-t-il envoyé le manuscrit ? Et qui décernait ce "Grand prix international..." ?

Nous en savons un tout petit peu plus au regard de ces informations publiées dans Fiction. De plus, l'affaire du Grand Prix International rebondira de nouveau à la parution d'une note de Versins lui-même dans le Fiction n°95 d'octobre 1961.

Le roman de José Van Den Esch ne sera quant à lui publié en allemand chez Goldmann qu'en 1962, sous le titre "Januar im Jahr 2000".

13 septembre, 2023

Fiction n°047 – Octobre 1957

Première partie d’un roman, demeuré inédit depuis, de Robert Heinlein, et une novella de l’étonnant Charles Lewis Fontenay, on ne boude pas notre bonheur pour ce numéro de l’automne 1957 de Fiction.

Un clic droit, mais pas dans l’œil SVP !

Sommaire du Numéro 47 :


NOUVELLES

 

1 - Robert A. HEINLEIN, Transfuge d'outre-ciel (I) (Star Lummox, 1954), pages 3 à 71, roman, trad. Régine VIVIER

2 - Julia VERLANGER, La Fille de l'eau, pages 72 à 74, nouvelle

3 - SAKI, La Musique sur la colline (The music on the hill, 1911), pages 75 à 80, nouvelle, trad. Roger DURAND

4 - Howard RIGSBY, Revoir son ombre (One fine day, 1954), pages 81 à 83, nouvelle, trad. Roger DURAND *

5 - Jean DUZAL, L'Homme qui écoutait les murs, pages 84 à 88, nouvelle *

6 - R. V. CASSIL, La Salle d'attente (The waiting room, 1956), pages 89 à 97, nouvelle, trad. Roger DURAND *

7 - Catherine GRÉGOIRE, La Vengeance, pages 98 à 99, nouvelle *

8 - Charles Lewis FONTENAY, La Soie et la chanson (The Silk and the Song, 1956), pages 100 à 125, nouvelle, trad. Roger DURAND

 

CHRONIQUES


9 - Jacques VAN HERP, La S.F. dans l'oeuvre de Maurice Leblanc, pages 126 à 129, article

10 - Jean-Jacques BRIDENNE, Le Merveilleux scientifique chez Edmond About, pages 131 à 133, article

11 - Jacques BERGIER & Jacques BERGIER & Alain DORÉMIEUX & Igor B. MASLOWSKI, Ici, on désintègre !, pages 134 à 139, critique(s)

12 - Jean-Jacques BRIDENNE & Ralph MESSAC, A propos de l'affaire Renard-Matheson Enquête en forme de débat (suite), pages 141 à 141, notes

13 - (non mentionné), Service bibliographique étranger, pages 142 à 144, article

 

* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.

Ouverture sur la première partie d’un roman demeuré inédit de Robert Heinlein ; ça n’est pas si courant. Si Transfuge d'outre-ciel est récit un peu bavard qui aurait gagné à plus de concision par endroits, l'on sent toutefois une construction non-linéaire intéressante.

La fille de l’eau, par Julia Verlanger, est une courte nouvelle sur la peur du différent. Un peu court pour être percutant. On repensera à L'araignée d'eau de Marcel Béalu.

La musique sur la colline devait inaugurer, aux dires de la revue, une publication des nouvelles de Saki, auteur salué par ses pairs comme l’un des meilleurs novelliste. Las ! Il faudra attendre les années 80 avant de voir paraître de rares anthologies de Saki. Dans cette nouvelle courte et efficace, Saki se rapproche de Arthur Machen et de son paganisme littéraire.

Un beau récit, simple, qui nous rappelle qu'en ces années 50, les vieillards étaient nés au XIXème Siècle : Revoir son ombre, par Howard Rigsby, dessine aussi en creux tout ce que le lecteur possède d'imagerie de science-fiction, une culture qui déjà existe.

L'homme qui écoutait les murs, par Jean Duzal déjà publié dans Galaxie, aurait pu être imaginé par Marcel Aymé. Il y manque cependant un poil de panache et de style.

La salle d’attente, par R.V.Cassill, est un récit métaphorique à décrypter, à l'intrigue assez proche de celle d'un épisode de « La quatrième dimension » : « Image dans un miroir » (s1ep21 – sur un scénario Rod Sterling.)

La vengeance, court récit de la traductrice Catherine Grégoire, comme dans «Je suis d'ailleurs» de Lovecraft, nous propose la visite de l'indésirable vue de l'intérieur. Simple et efficace.

La véritable découverte de ce numéro n’est pas Robert Heinlein, ni Howard Rigsby, malgré leurs qualités respectives. Avec La soie et la chanson, de Charles Lewis Fontenay, on pensera à « Oms en série » de Stefan Wul (sur le point de paraître en cet automne 1957) Nous avons là une bonne novella, efficace dans sa concision et au scénario habile, qui laisse prétendre à une suite possible. On retrouvera assez régulièrement Fontenay, touche à tout d’origine brésilienne, dans les pages de Fiction jusqu’en 1961, date à laquelle cet auteur, qui peut rappeler le ton désespérément humaniste de Walter Michael Miller, cessera malheureusement d’écrire – du moins d’être publié. Daniel Walther publiera en France dans la collection « Le cabinet noir » aux éditions Les belles lettres, un recueil de ces nouvelles en 1999, sous ce titre de « La soie et la chanson ».

On pourra lire par ailleurs cette note biographique sur Fontenay :

FONTENAY (Charles Lewis). - Né en 1917 au Brésil, mobilisé dans l’aviation des États-Unis en 1942-1943, Charles L. Fontenay étudia à la Vanderbilt University de Nashville avant de se lancer dans le journalisme. Il fut en particulier chroniqueur sportif et rédacteur en chef de divers journaux du Tennessee. Il a écrit de la science-fiction pendant une dizaine d’années, entre 1954 et 1964, préférant de son propre aveu le récit d’aventures à la nouvelle sociologique ou à message. Il est l’auteur de quelques romans assez conventionnels, et de nouvelles parmi lesquelles Pretty Quadroon (1957) se fonde sur des corrections apportées à l’Histoire en vue d’éviter une sécession dans les Etats-Unis du proche avenir. (in « Histoires de paradoxes » Anthologie – Livre de poche, 1984).



Vous rappelez-vus de la librairie La Balance ? Cet endroit, dont Philippe Curval était le secrétaire, avait accueilli l’exposition « Présence du futur » en plein essor de la mode SF en France. Quelques années plus tard, voici ce qu’on peut lire dans Fiction :

 

« La Balance » est morte… vive « L'Atome » !

 

Mme Valérie Schmidt, ancienne gérante de la Librairie « La Balance » qui a maintenant fermé ses portes, nous fait savoir qu'elle a ouvert au 37, rue de Seine, à Paris, une nouvelle librairie spécialisée dans la science-fiction et le fantastique, à l'enseigne de « l'Atome ».

Pour terminer, au détour d’une revue de livre, citons Gérard Klein à propos de « Colères » de Vercors fraîchement paru en 1957 (et devenu introuvable.)

« (…) le problème de nos civilisations c'est précisément d'être consciemment et volontairement collectives. Celles qui forcent les hommes à l'isolement, qui n'est pas solitude, et l'individualité, qui n'est pas la personnalité, sont bien près de se condamner à mort ; le cancer n'est pas seulement une dégénérescence biologique : sur un autre plan, il peut être sociologique. » 

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