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14 janvier, 2026

Fiction n°133 – Décembre 1964

1964 touche à sa fin, ainsi que la première moitié des années 60, avec cette publication bien équilibrée entre textes français et anglo-saxons. On appréciera vraiment le texte mis en vedette de Theodore Sturgeon, auteur toujours aussi étonnant dans son traitement si personnel du genre science-fiction. Les autres textes, quasiment tous des raretés, maintiennent un bon niveau d'ensemble. Mais notons surtout - signe d'une époque qui cherche sans doute à se renouveler - que c'est aussi le dernier numéro à publier des auteurs, parmi nos baroudeurs et baroudeuses, tels que Jacques Sternberg, avec des textes brefs restés en majorité inédits depuis, Maurice Renard, avec une somptueuse œuvre de jeunesse, et Jane Roberts la grinçante mais méconnue de notre côté européen de l'Atlantique.


Charmante miniature de Philippe Jean

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Sommaire du Numéro 133 :


1 - (non mentionné), Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 6 à 7, bibliographie


NOUVELLES


2 - Theodore STURGEON, L'Amour et la mort (When you care, when you love, 1962), pages 8 à 46, nouvelle, trad. P. J. IZABELLE

3 - Gilbert ATLANTE, Cauchemar vert, pages 47 à 52, nouvelle

4 - Avram DAVIDSON, L'Évasion (The Certificate, 1959), pages 53 à 57, nouvelle, trad. Paul ALPÉRINE *

5 - Pierre VERSINS, Lionel Storm, pages 58 à 60, nouvelle *

6 - Jane ROBERTS, Nettoyage en profondeur (Three Times Around, 1964), pages 61 à 66, nouvelle, trad. Christine RENARD *

7 - Roland TOPOR, Preuve par l'absurde, pages 67 à 71, nouvelle *

8 - Jacques STERNBERG, La Géométrie dans l'impensable, pages 72 à 78, nouvelle *

9 - Kit REED, Le Tigre automate (Automatic Tiger, 1964), pages 79 à 92, nouvelle, trad. Pierre BILLON *

10 - Maurice RENARD, Le Lapidaire, pages 93 à 127, nouvelle


CHRONIQUES


11 - COLLECTIF, Ici, on désintègre !, pages 128 à 135, critique(s)

12 - (non mentionné), Biblio-bref / Le rayon des nouveautés, pages 136 à 137, article

13 - COLLECTIF, Le Conseil des spécialistes, pages 138 à 139, critique(s)

14 - Bertrand TAVERNIER, Monsters, Chillers et Spookatons, pages 141 à 145, article

15 - Alain DORÉMIEUX & Jacques GOIMARD, Deux héros retrouvés : Mandrake et Flash Gordon, pages 147 à 158, critique(s)

16 - (non mentionné), Table des récits parus dans « Fiction » : deuxième semestre 1964, pages 159 à 160, index


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


Immanquablement, ce serait déflorer le sel de cette belle nouvelle que de dire que L'amour et la mort pourrait être la source d'inspiration de (spoiler) ces films que sont The Truman Show ou Synecdoche New-York. Les va-et-vient de l'intrigue pour présenter les différents protagonistes de l'histoire nous rappelleront quant à eux le style de Kurt Vonnegut, ainsi que la famille Wyke si proche dans sa folie douce et sa mégalomanie de la famille Rumfoord des Sirènes de Titan (1959) du même Vonnegut. Et doit-on rappeler que l'alter ego de Vonnegut, son "moi en mieux", se nomme Kilgore Trout (truite) et qu'il aurait été inspiré à Vonnegut par Sturgeon (esturgeon) ? Quoi qu'il en soit, voilà une fois encore une magnifique nouvelle de Theodore Sturgeon.

A noter qu'Alain Dorémieux en proposera une nouvelle traduction dans son anthologie "Symboles secrets" consacrée à Theodore Sturgeon (Casterman, 1980, repris en Omnibus, 2005).


Ce même Alain Dorémieux qui avoue revisiter dans Cauchemar vert la Shambleau de Catherine L. Moore. En effet, mais c'est aussi une planète piège qu'il évoque, tandis que nous retrouvons, malgré le couvert du pseudonyme de Gilbert Atlante, cette obsession des rapports des hommes avec des femmes toujours un peu mantes religieuses.


L'envahisseur qui a asservi l'humanité ne peut que se conduire en nazi… ou en bureaucrate. Avram Davidson fait état d'une existence d'esclave privée de sens, des corps machine et des esprits inhibés par la peur; mais où subsiste encore un désir : L'évasion. Mais pour aller où ?

 

Lionel Storm est une petite nouvelle sur une spéculation scientifique, comme Pierre Versins sait si bien les faire. Ici : magnétisme et décollage vers l'espace.



Tout comme dans la nouvelle précédente de Avram Davidson, la modernité peut révéler quelque motivation terrifiante dans ses aspirations à l'efficacité, à l'échelon industriel de ses capacités, à la mécanisation de ses compétences, ou à ses velléités de pureté. Jane Roberts - le devinera-t-on  en révélant le titre : Nettoyage en profondeur ? - évoque ici l'enfer des … laveries automatiques.


Dans Preuve par l'absurde, qui témoigne d'une certaine vie parisienne, Roland Topor se moque gentiment des occultistes à la petite semaine qui se nourrissent d'explications tautologiques et sont "abonnés à Planète" - la revue ésotérico scientifique de Pauwels et Bergier fondée après le succès controversé de leur essai Le matin des magiciens. Il faut dire aussi que le mouvement Panique de Topor, Arrabal, Sternberg et Jodorowsky aurait lui plutôt tendance à provoquer du scandale plutôt que de créer du mystère.


On continue avec les "paniques" : les "textes brefs" de Jacques Sternberg  (comme la rédaction de Fiction nommait depuis plusieurs mois leur parution annoncée) jouent sur une idée souvent métaphysique et distille l'essence d'une angoisse sourde et qui ne se révèle jamais jusqu'au bout, laissant le lecteur se dépatouiller avec une délicieuse étrangeté. La géométrie dans l'impensable tient bien cette promesse. On savait que l'auteur se faisait rares dans les pages de Fiction, que ses appétits le menaient vers d'autres formes et d'autres univers littéraires. Ces textes brefs de La géométrie dans l'impensable seront les derniers publiés dans la revue, bien que Sternberg ne quittât pas pour autant la science-fiction ni le fantastique par la suite.

Notons que parmi ces textes brefs, seule "La créature" sera reprise dans son recueil "Univers zéro" (Marabout, 1970).


Celui qui possède le tigre détient le pouvoir, mais seul le tigre est puissant. Voilà en substance le contenu de Le tigre automate, fable morale de Kit Reed un peu cousue de fil blanc mais fort agréable à suivre dans l'évolution des sensations qu'elle procure.


Côté "Classiques", on notera que le fantastique n'intervient qu'à la toute fin de Le lapidaire, nouvelle au style chatoyant et finement ciselé. Certes, l'enjeu est ténu et les circonstances longuement détaillées, mais le verbe de Maurice Renard (c'est l'une de ses primes histoires parues en 1905 sous le pseudonyme de Vincent Saint-Vincent) sait déjà illuminer et charmer.



Dans la rubrique des films, Bertrand Tavernier ouvre son compte-rendu sur le cinéma de SF aux USA  par un bon instantané de l'époque. : 

Monsters, Chillers et Spookatons

La science-fiction enterrée ? Le fantastique en voie de disparition ? Allons donc ! Il suffit de faire un petit tour du côté de New York ou de Los Angeles pour s'apercevoir de la fausseté de ces affirmations. 

Ces deux genres, au contraire, sont en train de reconquérir un vaste public, tant par le biais des livres et des revues que des films et de la télévision. Il est vrai que l'Américain moyen est déjà conditionné par le contexte dans lequel il vit, extraordinaire tremplin pour l'imagination : villes aux constructions fabuleuses, mythiques, qui sans arrêt se transforment, changent de visage. En quelques mois, nous affirmait Roger Corman, des immeubles entiers disparaissent, sans cesse remplacés. Il n'est pas rare de voir des gens errer à la recherche d'un pâté de maisons qui n'existe plus ou qui s'est transformé en gratte-ciel futuriste… Asimov n'est pas si loin.

Le public, on essaye de le prendre maintenant dès le plus jeune âge, en lui donnant, à la place des panoplies d'indiens, des scaphandres et des armes atomiques lui permettant d'affronter – frisson nouveau – des monstres mécaniques tenant le milieu entre Godzilla et Dinosaurus : un tour de clé et les voilà qui saccagent une ville miniature ou des rampes de fusées, détruisent le train électrique avant de se heurter au cosmonaute qui les stoppe grâce à son armement ultra-moderne.

07 janvier, 2026

Fiction n°132 – Novembre 1964

Une fois encore, les textes des auteurs anglo-saxons de ce numéro, et bien qu'ils soient de bonne qualité, resteront sans publication ultérieure, que ce soit en recueils ou en anthologies ; à l'exception de celui de Leiber,  repris récemment dans une intégrale concernant "La Guerre Uchronique" chez Mnemos (2020). Côté francophonie, Alain Dorémieux camoufle son privilège d'éditeur sous le masque jetable d'un pseudonyme qui ne lui servira que deux fois. Bref, encore un numéro de raretés pour collectionneurs aguerris !


Qui vous a dit que le schmilblick était un œuf ?

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Sommaire du Numéro 132 :


1 - (non mentionné), Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 8 à 8, bibliographie

NOUVELLES


2 - J. T. McINTOSH, La Planète pauvre (Poor Planet, 1964), pages 9 à 40, nouvelle, trad. Christine RENARD *

3 - Fritz LEIBER, Les Vents de Mars (When the Change-Winds Blow, 1964), pages 41 à 50, nouvelle, trad. Christine RENARD

4 - Edward JESBY, L'Homme de la mer (Sea Wrack, 1964), pages 51 à 68, nouvelle, trad. Christine RENARD *

5 - Allen Kim LANG, Le Loup dans la bergerie (Thaw and Serve, 1964), pages 69 à 77, nouvelle, trad. (non mentionné) *

6 - Paul GREGOR, La Vallée des monstres, pages 78 à 84, nouvelle *

7 - Doris Pitkin BUCK, Naissance d'un jardinier (Birth of a Gardener, 1961), pages 85 à 95, nouvelle, trad. Michèle SANTOIRE *

8 - Gilbert ATLANTE, Chère Salamandre !, pages 96 à 101, nouvelle

9 - J. P. SELLERS, Un message urgent pour Mr. Prosser ( Urgent Message for Mr. Prosser, 1964), pages 102 à 110, nouvelle, trad. Pierre BILLON *

10 - Rudyard KIPLING, Eux (They, 1904), pages 111 à 134, nouvelle, trad. Arthur AUSTIN-JACKSON & Louis FABULET 

CHRONIQUES


11 - (non mentionné), Mort de Jean Ray, pages 134 à 135, article

12 - COLLECTIF, Ici, on désintègre !, pages 136 à 146, critique(s)

13 - Alain DORÉMIEUX, Jean Ray défiguré, pages 147 à 149, article

14 - Jacques GOIMARD, Notules, pages 149 à 153, article

15 - Jacques SADOUL, Les Comics de science-fiction, pages 154 à 160, article


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


On aurait pu croire que J. T. McIntosh ne se contente que de maquiller en SF une histoire d'espionnage classique ; mais ce serait oublier qu'il s'agit d'un vieux routard qui maîtrise les ficelles du métier. L'idée principale de La planète pauvre est bien de l'ordre de la science-fiction (même si en l'exprimant ainsi : "n'est pauvre que celui qui ne peut pas épargner", rien ne nous le laisse présager). On se croirait un peu en virée en Corée du Nord. On pourrait peut-être reprocher à McIntosh la condescendance paternaliste de son héros, qu'on pourrait imaginer comme étant celle d'un McIntosh devant ses jeunes pairs. Une nouvelle efficace quoi qu'il en soit.


Les vents de Mars de Fritz Leiber soufflent une poésie en prose post-apocalyptique dans la solitude du sol martien, et diffusent des mirages.


L'homme de la mer de l'inconnu Edward Jesby est un récit proche de ceux de Poul Anderson, sur les peuples des temps de la reconstruction d'après la guerre nucléaire. Le ton y est plus poétique, mais plus évasif aussi, ce qui rend les enjeux un peu flous.


Allen Kim Lang travaille son sujet avec cruauté, et nous rappelle dans Le loup dans la bergerie qu'une utopie - ici celle d'un avenir où les rivages d'une paix universelle sont enfin atteints - ne saurait se maintenir en y agglomérant des éléments étrangers - ici celui d'un criminel de notre temps (ou presque) et condamné à une cryogénisation longue et au réveil dans un avenir incertain. On repensera au film Demolition man, mais vécu du point de vue du "méchant", ou encore à Idiocracy, dans une moindre mesure.


La vallée des monstres est perdue aux fins fonds de la jungle amazonienne, et des êtres y sont condamnés à y vivre une vie éternelle. Le voyageur égaré s'y échouant n'emportera que du mystère.

A propos de l'auteur : Paul Sebescen (1909-1988), dit Paul Gregor, s'était fait connaître dans les milieux ésotériques français par la publication en 1964 d'un étonnant témoignage sur la sorcellerie brésilienne, à savoir la macumba. Il avait été initié dans sa branche dite kwimbanda, celle considérée comme la plus «noire». Une sorcellerie étrange, à mille lieues des conceptions de la modernité occidentale. Né en Yougoslavie en 1909, Paul Gregor a toujours fait preuve d'un éclectisme pour le moins surprenant. D'abord juge d'instruction à Belgrade, il a été imprimeur, professionnel de tennis, chercheur de pierres précieuses, directeur de théâtre, producteur de films, éditeur, attaché de presse auprès de la légation yougoslave à Rio de Janeiro, explorateur, journaliste, camionneur, écrivain, dramaturge, cinéaste, etc. (source : http://bibliomane.free.fr/rec.php?aut=greg1)


Le brillant savant et sa jolie femme un peu simple d'esprit - voilà le cliché que Doris Pitkin Buck nous propose de déconstruire allègrement dans Naissance d'un jardinier, qui emprunte autant au fantastique qu'à la science-fiction, et autant à la sagesse orientale qu'au cartésianisme occidental. 


Chère salamandre ! est une charmante petite fable signée Alain Dorémieux sous le pseudonyme de Gilbert Atlante. On y retrouve l'axolotl, cet animal si étrange déjà célébré par Robert Abernathy (in Fiction n°13) et par Julio Cortazar (in Fiction n°114).

Bien mené, ce témoignage d'un gardien de nuit faisant l'objet de Un message urgent pour Mr. Prosser n'est qu'à peine fantastique et aurait plutôt sa place dans Mystère magazine (bien que Fiction place la nouvelle dans son fourre-tout "Insolite"). Mais on pourra l'apprécier tout de même, par sa vivacité de ton et son sens de l'énigme.


Circonvolutions autour du sens encore, mais cette fois-ci à la façon d'un Henry James, sans secret ni damnation néanmoins, bien que la même circonspection sur les propos rapportés par le narrateur y soient recommandés. Le thème classiquement fantastique de Eux (on se doutera bien vite de leur nature) ne sera jamais nommé, et Rudyard Kipling saura l'orner d'un style charmant et délicat.


Côté rubriques : en plein second souffle dans sa carrière, Jean Ray vient de rendre le dernier. Le précédent numéro de Fiction faisait encore état de sa nouvelle publication, mais la nouvelle tombe comme un couperet. Une note en fait état :

MORT DE JEAN RAY

Nous ne pensions pas, en présentant en mai 1964 notre numéro spécial Jean Ray, que ce serait là un des derniers hommages que celui-ci recevrait de son vivant. Son cœur déjà donnait depuis longtemps des inquiétudes à son entourage, et à plusieurs reprises des crises alarmantes l'avaient frappé. Ces derniers mois, cependant, son état s'était amélioré et ses amis reprenaient espoir. Il eut la très grande joie de tenir entre les mains le numéro que nous lui avons consacré. Il n'aura pas eu celle de voir le film qu'Alain Resnais compte toujours tirer un jour des Aventures d'Harry Dickson. Il s'est éteint doucement, le 16 septembre, dans sa maison de Gand. Il était âgé de 77 ans. Avec lui disparaît une grande figure : sans doute celle du plus grand auteur fantastique européen vivant. Il avait récemment reçu dans notre pays une consécration méritée de longue date. Les éditions Marabout, puis Robert Laffont, avaient entrepris des rééditions dont chaque nouveau titre augmente une liste déjà importante.

 

La place accordée par la presse française à sa mort montre qu'il « existait », désormais, aux yeux des critiques. On regrette qu'il ait dû attendre si tard pour que son talent s'impose en France. D'autant que nous avions été les premiers (dès 1951 dans Mystère-Magazine et 1954 dans Fiction) à le révéler.

 

Nous avions à maintes reprises souligné son importance. Rappelons l'article de Jacques Van Herp dans notre numéro 38 : Jean Ray ou le combat avec les fantômes, ainsi que la liste de ses nouvelles dans les deux revues : 

 

Mystère-Magazine

n° 41 La main de Goetz von Berlichingen

n° 57 Le dernier voyageur

n° 116 Dents d'or

n° 135 Mr. Gless change de direction

n° 142 Je cherche Mr. Pilgrim

 

Fiction

n° 9 La ruelle ténébreuse

n° 18 Le « Psautier de Mayence »

n° 38 Le Grand Nocturne

n° 48 Maison à vendre

n° 51 La choucroute

n° 82 Le cimetière de Marlyweck

n° 85 Le miroir noir

n° 99 Monsieur Wohlmut et Franz Benschneider

n° 100 Dürer, l'idiot

n° 102 La nuit de Pentonville

n° 105 Les noces de Mlle Bonvoisin

n° 108 Irish Whisky

n° 109 Josuah Güllick, prêteur sur gages

n° 110 Les étranges études du Dr. Paukenschläger

n° 126 Bonjour, Mr. Jones !

n° 126 Croquemitaine n'est plus

n° 126 Tête-de-lune

Et invitons nos lecteurs à se reporter à notre numéro spécial de mai dernier, qui contient la meilleure source de renseignements que l'on puisse trouver sur la vie de Jean Ray et son œuvre.

Frédéric de Towarnicki (à gauche) et une rencontre
entre Henri Vernes, Alain Resnais et Jean Ray (à droite).
Deux petites précisions s'imposent ; d'une part les indices biographiques rapportés dans les articles en question se révèleront en grande partie fictionnels (le chercheur flamand Geert Vandamme parle même de "rayalité" pour dénommer ces éléments biographiques imaginés et rapportés par Ray lui-même), d'autre part le film d'Alain Resnais adaptant Harry Dickson pour le cinéma ne verra jamais le jour. Un ouvrage, toutefois, relatant les repérages et les essais scénaristiques en fait état : Le scenario de Frédéric de Towarnicki pour un film (non réalisé) par Alain Resnais (Capricci - 2007). 

Dans ce même numéro de Fiction, on pourra lire la critique très acerbe que Alain Dorémieux fait du film de Jean-Pierre Mocky, La grande frousse, adaptation co-signée par Mocky et Gérard Klein de "La cité de l'indicible peur". Resnais, qui sait, aurait peut-être été plus inspiré, du moins aux yeux de Dorémieux, qui n'en est pas là à sa première séance gentiment pugilistique avec Klein (que, poliment, Dorémieux évite de nommer).



Le fait notable de la publication de la Chronique Les Comics de science-fiction n'est pas qu'elle aurait pu marquer les débuts d'une rubrique plus régulière, mais bien la trace assez rare de son auteur, qui vient à peine d'entrer dans l'équipe des Editions Opta : Jacques Sadoul. Nous reviendrons plus longuement sur cette signature - importante dans le monde de l'édition de la SF en France des années à venir - à l'occasion du Galaxie n°12 et de la publication du premier volume au "Club du Livre d'Anticipation" (CLA) des Editions OPTA.

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