Affichage des articles dont le libellé est Winston K. Marks. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Winston K. Marks. Afficher tous les articles

24 janvier, 2024

Fiction n°056 – Juillet 1958

Baroudeurs et piliers de la galaxie, français comme étrangers, font honneur à ce numéro de l’été 1958, dont on appréciera l’étude sur l’œuvre en cours d’Arthur C. Clarke, signée Gérard Klein.

Clic-clic sur le petit chariot dans la tête !

Sommaire du Numéro 56 :


NOUVELLES

 

1 - Charles HENNEBERG, Les Non-humains, pages 3 à 18, nouvelle

2 - Jane ROBERTS, Le Chariot rouge (The red wagon, 1956), pages 19 à 26, nouvelle, trad. Bruno MARTIN *

3 - Chad OLIVER, Départ en beauté (Didn't He Ramble, 1957), pages 27 à 37, nouvelle, trad. Bruno MARTIN *

4 - Jay WILLIAMS, Un dieu en boîte (Little Tin God, 1958), pages 38 à 46, nouvelle, trad. Arlette ROSENBLUM *

5 - Bernard MANIER, La Carte, pages 47 à 50, nouvelle *

6 - Winston K. MARKS, Conférence préliminaire (Call Me Adam, 1954), pages 51 à 65, nouvelle, trad. Yves RIVIÈRE *

7 - Theodore STURGEON, Un rien d'étrange (A touch of strange, 1958), pages 66 à 77, nouvelle, trad. Bruno MARTIN

8 - Francis CARSAC, L'Homme qui parlait aux Martiens, pages 78 à 81, nouvelle

9 - Douglas ANGUS, Rage de dents (About time to go south, 1957), pages 82 à 88, nouvelle, trad. Suzanne RONDARD *

10 - Bob OTTUM, Programme secret (The Girls on Channel N, 1957), pages 89 à 96, nouvelle, trad. Roger DURAND *

11 - Poul ANDERSON, Souvenir lointain (The Long Remembering, 1957), pages 97 à 107, nouvelle, trad. Francis CARSAC

12 - Mack REYNOLDS, L'Ère du Gladiateur (Gladiator, 1958), pages 108 à 121, nouvelle, trad. Arlette ROSENBLUM *

CHRONIQUES


13 - Gérard KLEIN, La Lyre électronique d'Arthur C. Clarke, pages 122 à 131, article *

14 - Jacques BERGIER & Alain DORÉMIEUX & Gérard KLEIN, Ici, on désintègre !, pages 133 à 139, critique(s)

15 - Jacques BERGIER, Deux réactions russes à la science-fiction américaine, pages 140 à 141, article

16 - F. HODA, Un fantastique intellectuel, pages 142 à 143, article 


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.

Les non-humains, en plus de nous présenter un protagoniste appelé Al-Hazreh (et le rapprochement avec le Al-Azred de Lovecraft n’est certainement pas fortuit), propose dans un style épique et foisonnant d'images une très belle nouvelle située à la lisière du fantastique et de la science-fiction. Bref : Nathalie Henneberg (toujours sous le nom de son mari) est très en forme, malgré une chute un peu attendue.

Comme emprisonné en un autre - voilà le ressenti des âmes réincarnées dans Le chariot rouge, par Jane Roberts. Bien mené.

On n'ose imaginer le prix d'une prestation comme celle-ci: un microcosme à usage privé donnant l'illusion de se plonger (jusqu’à la mort !) dans un espace et un temps choisis. Chad Oliver fait de ces "terres truquées" des hommages au jazz new orleans et à des mœurs révolues (pour le pire et le meilleur...) dans Départ en beauté.

Un dieu en boite, par Jay Williams, est une très bonne nouvelle avec un effet de chute bien amenée, sur l'exploitation animale - qu'elle soit extraterrestre ou pas ; cela réjouira particulièrement les lecteurs végans (pas ceux de Véga...).

Confondre La carte et le territoire... À ses dépends. Une nouvelle de Bernard Manier qui n'apporte pas grand chose.

Conférence préliminaire, au contraire, est un excellent récit de la genèse d'un individu à partir de l'état d'amibe cellulaire, qui ne manque pas d'humour, ni d'acidité de la part de son auteur, Winston K . Marks.

Theodore Sturgeon propose une romance qui parle surtout de l'insatisfaction qui peut traverser le commun des mortels - surtout lorsqu'il a été enchanté par Un rien d'étrange qui décale à tout jamais la vision du monde et sa façon d'y être.

L'homme qui parlait aux Martiens est une nouvelle un peu légère de Francis Carsac, qui a le mérite d'être courte et d'un style oral dynamique.

Rage de dents, par Douglas Angus, nous présente un aspect quotidien de l'adversité dans un contexte post apocalyptique. On appréciera surtout d'avoir encore notre confort actuel...

Bob Ottum, journaliste sportif, fait ici une unique apparition dans les pages de Fiction, avec Programme secret. On appréciera son ton humoristique, et sa propension à se moquer gentiment des clichés de la SF comme le ferait un Fredric Brown ; ici : la soi-disant supériorité technologique des espèces d'outre-monde, qu'elles soient d'un autre temps, d'une autre planète ou d'un monde parallèle.

Souvenir lointain propose une nouvelle façon d'explorer le temps, par un Poul Anderson, spécialiste de la chose.

L'ère du gladiateur, c’est remplacer la guerre par le sport. Si le vœu pieu pourrait être honorable, la confusion des enjeux est terrifiante. Mack Reynolds, avec finesse et malice, démonte ainsi le cliché du sport comme résolution de tous les conflits.

On appréciera pour finir La lyre électronique d’Arthur C. Clarke, article de Gérard Klein que vous pouvez retrouver sur notre page dédiée à l’auteur britannique, ici.

02 août, 2023

Galaxie (1ère série) n°041 – Avril 1957

Un récit inédit de Frederik Pohl, ça n’est pas si courant ! Plusieurs autres sont restés sans publication depuis, malgré leurs bonnes qualités.

 

Livraison de symboles phalliques Poil au clic !

Sommaire du Numéro 41 :
 

1 - Jimmy GUIEU, Vacances spatiales, pages 3 à 28, nouvelle

2 - Katherine MacLEAN, Contagion (Contagion, 1950), pages 29 à 41, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par (non mentionné)

3 - Arthur SELLINGS, Accord verbal (Verbal Agreement, 1956), pages 42 à 57, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS *

4 - Winston K. MARKS, Mariage en deux temps (Mate in Two Moves, 1954), pages 58 à 70, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par ASHMAN *

5 - Jimmy GUIEU, Les Soucoupes volantes, pages 71 à 73, chronique

6 - Frederik POHL, La Dame aux manches vertes (My Lady Greensleeves, 1957), pages 75 à 100, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Jack GAUGHAN *

7 - Richard DEMING, La Vie future de Reilly (The afterlife of Reilly, 1954), pages 101 à 114, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS *

8 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 115 à 116, courrier

9 - William TENN, Le Choix d'un monde (It Ends with a Flicker / Of All Possible Worlds, 1956), pages 117 à 128, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Jack GAUGHAN *

10 - Robert SHECKLEY, Tout ce que nous sommes (All the Things You Are, 1956), pages 129 à 138, nouvelle, trad. (non mentionné)

11 - (non mentionné), Saviez-vous que..., pages 139 à 139, notes

12 - Willy LEY, Si la Terre chavirait..., pages 141 à 144, article, trad. (non mentionné)

 * Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


Vacances spatiales, de Jimmy Guieu, ouvre ce numéro. Guieu est bon dans la péripétie et l'aventure, et cette nouvelle ne pourra pas prétendre aller plus loin. Pour illustrer nos retenues, on pourra y lire par exemple :

 

On quittait la Terre le samedi à 14 heures et l’on se posait, vers 14 h 30, sur Mars ou sur le « Continent Rouge » de Jupiter, d’où l’on repartait le dimanche soir ou le lundi matin, afin d’être rentré à temps pour reprendre ses occupations.

Guieu fait ici la démonstration involontaire de ce que les théoriciens universitaires de la S.F. appellent la "bulle de présent", à savoir la limite de l'imagination à penser les changements profonds et radicaux des temps à venir. Ici, par exemple, il serait inconcevable de se figurer une société organisée dans une géographie urbaine ou concentrée de la société humaine quand la notion même de territoire ou de zone de circulation est à ce point étendu et le temps de déplacement réduit à l'extrême. Bien entendu, il est aisé pour le lecteur du 21eme siècle de détecter de tels bulles de présent dans la littérature des années 50. Mais tout de même, il est un peu infantile de poser des postulats aussi révolutionnaires que le voyage à la vitesse de la lumière et de n'en faire qu'une possibilité d’escapade touristique. Allez, ça n'est pas grave Jimmy. Sans rancune !

 

Dans Contagion, de Katherine MacLean, On retrouve bien formulé le débat pantropie / terraformation (voir Fiction n°45) :

 

Alexandre Mead, le chef de notre famille, était un biologiste de grande valeur et, par ailleurs, un personnage avec lequel il valait mieux ne pas discuter. Il s’opposait à ce que nous changions complètement la face de Minos en y introduisant nos propres cultures. Il préférait modifier nos propres gènes pour sauvegarder l’équilibre de la planète ; et c’est ce qu’il fit.

 

On verra comment la pantropie s’impose pour cette planète piège. Une bonne nouvelle.

 

Accord verbal, de Arthur Sellings, est une belle nouvelle qui décrit les carences langagières des sociétés de télépathes… Et le triomphe de Calliope.

 

Et si l'amour était épidémique ? Mariage en deux temps, par Winston K. Marks, est une bluette dont le titre prend tout son sens à la chute, mais Marks aurait eu là matière à développer davantage les effets sociaux, voire moraux. Sympathique au demeurant.

 

Aujourd’hui, c’est la saint Jimmy ! Dans sa chroniques Les soucoupes volantes, Jimmy Guieu pose une étape de plus dans l’élaboration de son complotisme : nommer pour faire communauté. (Ouraniens : nom générique donné par la C.I.E.O. aux occupants des S.V.). Une fois n’est pas coutume, reconnaissons-lui le mérite de savoir inventer de bons scénarii :

 

« (…) nous pensons que les Ouraniens sont susceptibles de reculer la prise de contact jusqu’à ce que les Terriens aient mis au point et lancé leurs premiers astronefs à destination de la Lune. À ce moment, l’homo sapiens, ouvrant l’ère de l’Astronautique, sera « mûr » pour être contacté par ceux qui, depuis des siècles ou des millénaires, l’ont devancé sur les voies de l’espace cosmique… »

 

Oui, c'est bien l'idée qui sera reprise par A. C. Clarke dix ans plus tars dans sa nouvelle "La sentinelle", qui deviendra "2001 l'Odyssée de l'espace" (le livre ET le film).

 

Pour La dame aux manches vertes, une nouvelle inédite de Frederik Pohl, rappelons que le contexte de ségrégation aux USA est encore bien prégnant en 1957 (les ségrégations entre blancs et noirs dans les bus n’ont été levées qu’en novembre 1956). Décaler celui-ci sur les différences de classe, et plus encore de métiers, prouve bien par l’absurde son illégitimité sociale. Du Pohl un peu léger littérairement, mais bien mené au niveau des péripéties.

 

La vie future de Reilly, par Richard Deming, est une bonne nouvelle qui joue habilement sur la duperie. La chute est très bien amenée.

 

 

Les classiques ingrédients de Le Choix D’un Monde : paradoxe temporel et peur de la bombe ; William Tenn s'en tire avec son humour sardonique habituel.

 

Une bonne nouvelle d'un Robert Sheckley presque tendre cette fois-ci, sur les difficultés des premiers contacts interespèces : Tout ce que nous sommes.

 


 

Pour l’énergie atomique encore en balbutiements quant à son développement, on connaissait déjà en 1957 les risques avant même de les avoir créés... En témoigne cet extrait de la rubrique Saviez-vous que :

 

SAVIEZ-VOUS QUE… l’utilisation de l’énergie atomique à des fins industrielles pose un grave problème quant à l’enlèvement des déchets radioactifs.

 

ON compte qu’il faudra stocker ces déchets en lieu sûr pendant une période de dix à vingt ans avant de les noyer dans les grands fonds océaniques. Ce n’est qu’ainsi qu’on s’assurera de leur dispersion – de même que de l’affaiblissement de leur activité – sans risque de contamination excessive de l’eau des mers. En tout cas, la transformation de l’industrie ne se fera pas d’un seul coup, et les sources d’énergie « traditionnelles » – eau, charbon et pétrole – joueront encore pendant longtemps un rôle essentiel dans l’économie mondiale.

09 novembre, 2022

Galaxie (1ère série) n°023 – Octobre 1955

Beaucoup de nouveaux auteurs pour ce numéro 23, et pas des moindres ! Jack Vance, Bernard Wolfe, Gérard Klein…

 

Chaud devant ! On clique pour son epub !

Sommaire du Numéro 23 :

1 - Winston K. MARKS, Le Parfait domestique (Backlash, 1954), pages 2 à 23, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Don SIBLEY

2 - Robert SHECKLEY, Le Cambrioleur du futur (A Thief in Time, 1954), pages 24 à 46, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par BECK

3 - Laura Ruth WAINWRIGHT, Avec une verdeur nouvelle (Green Grew the Lasses, 1953), pages 47 à 56, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

4 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 57 à 59, courrier

5 - Charles DYE, Le Sang de la mort (Syndrome Johnny, 1951), pages 60 à 68, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

6 - John D. MacDONALD, Sans guerres et sans fous (Common Denominator, 1951), pages 69 à 74, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Don HUNTER

7 - Jack VANCE, Une conquête abandonnée (Winner Lose All / The Visitors, 1951), pages 75 à 87, nouvelle, trad. (non mentionné)

8 - Bernard WOLFE, Portrait de l'auteur (Self Portrait, 1951), pages 89 à 107, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Martin SCHNEIDER

9 - (non mentionné), Saviez-vous que..., pages 108 à 110, notes

10 - Theodore R. COGSWELL, La Condamnation minimum (Minimum Sentence, 1953), pages 111 à 116, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

11 - Gérard KLEIN, Une place au balcon, pages 117 à 123, nouvelle

12 - Theodore STURGEON, Le Vol du dossier justice (When You're Smiling, 1955), pages 124 à 144, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par David STONE

 

Le sang de la mort, par Charles Dye, pose une réflexion sur les épidémies considérées comme agents d'évolution des espèces. Le développement y reste un peu simpliste, toutefois.

Sans guerres et sans fous, par John D. Mac Donald, entre dans la grande famille des récits d'utopies. La nouvelle s'arrête là où pourrait commencer tout un roman, et inquiète dans son exposition de la stabilité d'une civilisation en usant d'eugénisme individuel et consenti.

Débuts (dans l'édition francophone) de Jack Vance, un peu bavard dans cette première nouvelle, avec Une conquête abandonnée, au ton très proche des nouvelles de Morrison. Jack Vance trouvera par la suite ses terrains de prédilection, dans une production impressionnante.

Débuts aussi d'un tout jeune auteur français (18 ans en 1955 !), qui marquera durablement, comme Alain Dorémieux aux éditions Opta, l'histoire de l'édition de la S.F. en France : Gérard Klein. Auteur prolifique, anthologiste, il dirigera l'excellente collection "Ailleurs et demain" chez Robert Laffont. Une place au balcon, cette première nouvelle, publiée dans Galaxie - ce qui est rare pour des auteurs français - est un récit fantastique dans un décor S.F. Klein sera par la suite publié dans la revue Fiction.

Bernard Wolfe fera partie de ces auteurs préfacés et édités par Gérard Klein. Si sa bibliographie est laconique et éparse, elle frappe par la grande qualité de ses récits et de ses réflexions. D'une modernité saisissante, qui aborde avec une lucidité presque effrayante les possibilités de la cybernétique, son roman principal, "Limbo" (1952), est une œuvre méconnue et cependant incontournable que nous ne pouvons que conseiller à toutes et à tous. Le numéro 28 de Fiction de Mars 1956 fera la recension de ce roman sans égal. En attendant, Portrait de l’auteur  est une nouvelle d'importance dans l'œuvre de Wolfe, car c'est ici une esquisse thématique de tous ses thèmes à venir.

Ce numéro 23 de Galaxie nous propose aussi ses presque inévitables auteurs phares : Sheckley et Sturgeon.

Une histoire de voyage temporel sans paradoxe... car pour Le cambrioleur du futur, par Robert Sheckley, la trame du temps est d'une pièce.

Theodore Sturgeon dans son thème de prédilection : les mutants, avec Le vol du dossier justice, et un rebondissement à la clé.

Les piliers de Galaxie que sont Sheckley ou Sturgeon en sont pas en reste, escortés par Winston Marks et Theodore Cogswell.

Avec Le parfait domestique, Winston Marks rejoint les problématiques générales d'Asimov sur les robots, ou celles de la nouvelle de Simak "Plus besoin d'hommes" (in Galaxie n°17). Toutefois, le débat scientifique et social est ici court-circuité par un jeu de dupes qui rappellera la technique du Cheval de Troie.

Une petite pochade sur les malentendus inter espèces, c'est La condamnation minimum, par Theodore R. Cogswell.


On apprécie souvent le charme naïf des anticipations qu'a rêvées notre passé. Monades urbaines ou conquête de la Lune, en voici deux exemples, issus de la rubrique "Saviez-vous que…"

SAVIEZ-VOUS QUE… l’on parle d’édifier « une ville dans le ciel » haute de 11 000 mètres ?

 

M. Morris Berman, président de l’Association des Ingénieurs de New-York, vient de terminer – sur sa planche à dessin – le plan de la plus haute tour du monde. Un projet « galaxiste » dont l’auteur, auraient dit les anciens, avait, sans aucun doute, passé un pacte avec Satan. M. Berman, en effet, ne rêve pas moins que de faire élever, non loin de la statue de la Liberté, une tour de 11 000 mètres de haut.

Onze kilomètres… 37 fois la hauteur de la Tour Eiffel.

Le dessein audacieux ne vise pas à détrôner la construction réalisée en 1889 sur le Champ de Mars. La tour Berman, dont la base aura une superficie de 1 500 m2, sera une « ville dans le ciel ». Tout y est prévu. D’innombrables ascenseurs permettent aux locataires, employés, visiteurs d’atteindre le local de leur choix à 60 km/heure. Neuf minutes 30 secondes et l’on est au point culminant. Dans les différentes plateformes sont installés des hôtels, des magasins, des sanatoriums. Une grande place est réservée au domaine scientifique.

Plusieurs milliers de malades pourront suivre dans cette ville céleste leurs cures, leurs traitements, loin des microbes, des fumées, des poussières terrestres. Les docteurs traitants n’auront qu’à indiquer l’altitude favorable. La médecine ne sera pas seule à bénéficier de ces hauteurs. La météorologie pourra, pour la première fois, travailler dans la stratosphère. De leurs recherches découleront, certainement, des prévisions moins fantaisistes que celles dont ils nous abreuvent aujourd’hui. Quant aux astrologues, grâce à des télescopes géants, ils pourront étudier les astres comme jamais aucun œil humain n’a pu le faire.

Oh trouvera également une station-radar d’une puissance telle que l’Amérique pourra communiquer avec l’Europe en dépit des perturbations atmosphériques les plus graves. Le côté touristique n’est pas oublié. Sans doute M. Berman a-t-il en mémoire le succès de la Tour Eiffel, qui reste après le Musée Grévin, le monument de Paris le plus visité. Donc, au rez-de-chaussée, il y aura une agence pour les voyages stratosphériques. Chaque amateur, avant de s’embarquer au-dessus des nuages, tout en ayant le pied sur un sol ferme, recevra l’équipement nécessaire à son ascension.

Enfin, le progrès n’étant pas encore uniquement au service de la paix, la dernière plate-forme, celle qui coiffera la tour, sera une base aérienne. Un aérodrome d’une superficie impressionnante puisqu’il pourra recevoir une escadrille de chasseurs à réaction. Sur la plate-forme inférieure se trouvera une station ultra-moderne de télévision.

Persuadé que son projet retiendra l’attention des autorités américaines, M. Morris Berman a songé aux matériaux et au prix de revient. La matière première la plus employée sera l’acier utilisé pour les cordes de piano. « Il est si dur, affirme l’ingénieur, qu’on pourrait l’utiliser pour une construction haute de 30 000 mètres. »

Pour ce qui est du prix, il est évalué à 200 milliards de francs. Un capital de poids, certes, mais que rembourseraient rapidement les futurs locataires mi-terrestres, mi-aériens. Les plus gros loyers étant payés par l’armée de l’air, la T.V., les hôtels de luxe, les hôpitaux et les commerçants. Dans ses calculs, M. Berman attend aussi une grosse participation des touristes. Il n’a pas tort. La Tour Eiffel, dont la construction et les bénéfices avaient été très discutés, devait confondre tous ses détracteurs. En effet, rappelons, pour mémoire, que dès la fin de l’Exposition Universelle, les fonds investis étaient remboursés.

La durée des travaux serait de deux ans. À quand la pose de la première corde de piano en acier ? Pour bientôt, pense-t-on, car la « ville dans le ciel » offre trop d’avantages et d’espoirs sérieux pour ne pas convaincre les plus sceptiques.

 

* DEUX TRILLIONS POUR ALLER DANS LA LUNE

Avant vingt-cinq ans, l’homme se posera sur la Lune et explorera, enfin, la planète éloignée de la nôtre de 384 000 kilomètres. Si l’on en croit l’ingénieur allemand Werner von Braun, spécialiste des fusées à réaction, qui vit aux États-Unis, le premier voyage aurait lieu en 1977.

Cette expédition partira d’une plate-forme installée à 1 500 ou 2 000 kilomètres de la Terre. C’est là que seront montées les trois fusées du voyage interplanétaire. Deux des engins seront occupés par 50 hommes. Le troisième contiendra le ravitaillement et les appareils. Von Braun prévoit un séjour lunaire de six semaines. Quant à son adjoint, le Dr Whipple, de l’Université de Harvard, il estime que le trajet Terre-Lune se fera en cinq jours.

20 avril, 2022

Galaxie (1ère série) n°009 – Août 1954

Petites vacances d’été pour ce numéro de Galaxie rempli d’articles scientifiques (on retrouve Willy Ley), mais aussi quelques auteurs de qualité comme Damon KNIGHT ou J. T. McINTOSH, sans omettre l’inénarrable Robert SHECKLEY.

Nous rapportons aussi les coquilles rapportées par le site NooSFere : « Murray Leinster est ici orthographié Murray Leinsteiner. "Mystérieux mammifère africain" est attribué dans le sommaire à L.D. Douglas et en en-tête de l'article à L.D. Williams. ». Ajoutons-y que H. Chandler ELLIOT y est « acronymé » M. Chandler ELLIOT.

L’ensemble donne en effet l’impression d’un relâchement éditorial, malgré une profusion de textes (le numéro précédent était à l’inverse plus frugal). L’ensemble des nouvelles est toutefois de très bonne facture (avec une mention toute spéciale à « Tu brûles » de Robert SHECKLEY, qui nous donne un aperçu de l’intérieur de ce que pourrait donner une décompensation psychotique.)

Lequel de ces homuncules réagira à la souris ?

Clic-cliquez sur l’image pour obtenir votre epub !

Sommaire du Numéro 9 :

NOUVELLES & CHRONIQUES

 1 - (non mentionné), Quels sont les plus anciens fossiles connus, pages 3 à 4, notes

2 - (non mentionné), Les Volcans sont encore en éruption dans la lune, pages 4 à 4, notes

3 - H. Chandler ELLIOT, Révolte de l'inanimé (Inanimate Objection, 1954) , pages 5 à 21, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par (non mentionné)

4 - Willy LEY, Qu'appelle-t-on "Nébuleuse" ?, pages 22 à 22, article, trad. (non mentionné)

5 - Murray LEINSTER, L'Autre à-présent (The Other Now, 1951) , pages 23 à 34, nouvelle, trad. (non mentionné)

6 - Arthur SELLINGS, Les Gars d'Algol (The Boys from Vespis, 1954) , pages 35 à 43, nouvelle, trad. (non mentionné)

7 - Robert SHECKLEY, "Tu brûles" (Warm, 1953) , pages 44 à 51, nouvelle, trad. (non mentionné)

8 - J. T. McINTOSH, "Têtus comme des ânes rouges" (Men Like Mules, 1954) , pages 52 à 83, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

9 - Willy LEY, L'Intraitable nombre premier, pages 84 à 89, article, trad. (non mentionné)

10 - Willy LEY, La Vie artificielle est-elle possible ?, pages 89 à 93, article, trad. (non mentionné)

11 - Willy LEY, Les Planètes Troyennes, pages 94 à 95, article, trad. (non mentionné)

12 - Willy LEY, Des êtres vivants sur Vénus ?, pages 95 à 95, article, trad. (non mentionné)

13 - Winston K. MARKS, Le Mangeur d'eau (The Water Eater, 1953) , pages 96 à 104, nouvelle, trad. (non mentionné)

14 - L.D. WILLIAMS, Mystérieux mammifère africain, pages 105 à 108, article, trad. (non mentionné)

15 - Damon KNIGHT, Un accouchement pas comme les autres (Special Delivery, 1954) , pages 109 à 116, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par (non mentionné)

16 - Kenneth HARMON, La Passagère (The Passenger, 1954) , pages 117 à 128, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par CONNELL

Illustration de couverture de Ed EMSH.

 

Rapport du PReFeG :

  • Corrections orthographiques et grammaticales
  • Mise au propre et noms des fichiers html
  • Vérification et mise à jour des liens internes
  • Mise à jour de la Table des matières
  • Vérification des casses et remise en forme des pages de titre
  • Ajout de la note [1] 
  • Mise à jour des métadonnées (auteurs, résumé, série, date d'édition)

En extrait de ce numéro 9, nous vous proposons cette petite note savoureuse sur une dynamique que l’on prêtait à la Lune, alors l’astre de toutes les convoitises spatiales…

Les volcans sont encore en éruption sur la Lune

Paris, 7. – L’astronome soviétique Barachev, selon Radio-Moscou, a récemment fait maintes intéressantes observations concernant la Lune, Mars et Vénus. « Notamment, indique la radio soviétique, Barachev a démoli de fond en comble la théorie des savants bourgeois selon laquelle la luminosité de cet astre est plus ou moins intense, selon qu’il s’agit des régions volcaniques ou désertiques. » L’astronome russe estime d’autre part que certains volcans lunaires sont encore en activité.

Pour Vénus, Barachev a étudié en particulier la pénétration des rayons rouges à travers l’atmosphère, très dense, de cette planète. Il a démontré – toujours d’après Radio-Moscou – que Vénus se trouve actuellement à la période carbonifère, où se trouvait la Terre voici quelque 300 millions d’années. Ce qui laisse supposer, selon lui, que la vie « humaine » ne tardera pas à y faire son apparition.

06 avril, 2022

Galaxie (1ère série) n°007 – Juin 1954

La vie, la vie, la vie, « plutôt la vie » comme disait André Breton. Voilà ce qui ressort de la lecture de ce numéro 07 de Galaxie 1ère série. Un vétérinaire à l’esprit très ouvert sur la vie voit sa tolérance récompensée (‘Une sacrée veine » de Roger DEE, qui voit une autre de ses nouvelles publiée le même mois dans le numéro 7 de Fiction (« Un nouveau départ ») ; la fin d’un monde scindé en deux avec d’un côté les technocrates aseptisés d’une New-York devenue forteresse et de l’autre les « culs-terreux » (« A l’état de nature », une novella de Damon KNIGHT) ; les chemins de la vie suivant des voies jugées impénétrables – sans être celles du seigneur (« Parthénogenèse » de Winston MARKS) ; et la suite du polar robotique d'Asimov « Les villes d’acier » qui continue de questionner sur ce qui nous fait juger vivant un sujet pensant…

 

Il fait chaud tout d’un coup !

Cliquez sur l’hélico pour obtenir votre epub…

 

Sommaire du Numéro 7 :

NOUVELLES

1 - Roger DEE, Une sacrée veine (Clean Break, 1953) , pages 3 à 17, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par CONNELL

2 - Damon KNIGHT, À l'état de nature (Natural State, 1954) , pages 18 à 79, novella, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

3 - Winston K. MARKS, Parthénogenèse (Unbegotten Child, 1953) , pages 80 à 88, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par VIDMER

4 - Isaac ASIMOV, Les Villes d'acier (2ème partie) (The Caves of Steel, 1953) , pages 89 à 127, roman, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

Rapport du PReFeG :

  • Corrections orthographiques et grammaticales
  • Mise au propre et noms des fichiers html
  • Vérification et mise à jour des liens internes
  • Mise à jour de la Table des matières
  • Vérification des casses et remise en forme des pages de titre
  • Mise à jour des métadonnées (auteurs, résumé, série, date d'édition)

 

Le PReFeG vous propose également