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10 janvier, 2024

Galaxie (1ère série) n°054 – Mai 1958

Galaxie poursuit sa quête du nombre en publiant beaucoup de récits très courts, qui comptent parmi les meilleurs du numéro (Richard Matheson, Lloyd Biggle, Evelyn E. Smith, et un français nouveau venu qui signe Allan George).

Cliquez droit dans l’espace courbe.

Sommaire du Numéro 54 :

1 - Henry BEAM PIPER, Le Cimetière des rêves (Graveyard of Dreams, 1958), pages 2 à 28, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par DILLON *

2 - Clifford Donald SIMAK, Le Secret des sitters (The Sitters, 1958), pages 29 à 46, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Wallace (Wally) WOOD

3 - Volsted GRIDBAN, La Pierre de soleil (Alice, Where Art Thou?, 1954), pages 47 à 60, nouvelle, trad. (non mentionné)

4 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 61 à 62, courrier

5 - Fritz LEIBER, Amoureuse de son bourreau (Coming Attraction, 1950), pages 63 à 72, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par René CAILLÉ

6 - Richard MATHESON, Deux planètes trop semblables... (Third from the Sun, 1950), pages 73 à 75, nouvelle, trad. (non mentionné)

7 - Frederik POHL, Mon ami Arthur (The Knights of Arthur, 1958), pages 76 à 96, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Don MARTIN *

8 - Allan GEORGE, ...et la forme se perd, pages 97 à 106, nouvelle *

9 - Lloyd Jr BIGGLE, Une profitable comédie (Leading Man, 1957), pages 107 à 114, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par PETERFIELD

10 - Frank Malcolm ROBINSON, Les Belles vacances ! (Two Weeks in August, 1951), pages 115 à 122, nouvelle, trad. (non mentionné) *

11 - Jimmy GUIEU, Les Soucoupes volantes, pages 123 à 124, chronique

12 - Evelyn E. SMITH, Un monde décevant (Tea Tray in the Sky, 1952), pages 125 à 132, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par ASHMAN *

13 - Willy LEY, Le Futur satellite "Vanguard", pages 133 à 138, article, trad. (non mentionné)

14 - Jean DUZAL, « Grilling » à bord, pages 139 à 144, nouvelle *

 

* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.

Commençons par un point de vue que l'on devrait se remémorer plus souvent :

— Que dis-tu là, papa ! Intelligents, les computeurs ? Pas le moins du monde ! Les savants qui les conçoivent, les techniciens qui les construisent sont intelligents. Mais eux… Certes, les computeurs font parfaitement, et mieux que les hommes, ce pour quoi ils sont faits. Ils peuvent enregistrer plus de données que n’en a jamais contenu cerveau humain, et s’en servir, au moment voulu, sans la moindre erreur. Ils peuvent combiner, calculer plus vite que l’homme, et avec une infaillible rigueur mathématique. Ils peuvent – ce qui est interdit à l’homme – travailler jour et nuit, car, ignorant la fatigue, ils n’ont pas besoin de repos. Mais ils sont incapables d’imaginer, de créer. En résumé, ils ne peuvent rien faire qui dépasse les possibilités de l’esprit humain. (Le cimetière des rêves – H. Beam Piper – extrait)

On a la sensation d'un premier chapitre à la lecture de Le cimetière des rêves, une bonne nouvelle de pure anticipation sur l'évolution d'un empire galactique d'origine terrestre. Curieusement ici, le "computeur" semble être le nec plus ultra d'une technologie qui a déjà acquis le vol et l'expansion interplanétaire. H. Beam Piper n'imaginait sans doute pas à quel point l'électronique et les calculatrices géantes que sont nos ordinateurs allaient envahir bien vite notre quotidien...

Une belle problématique que pose Clifford D. Simak à propos de l'éducation et de ce qu'elle consomme d'enfance, d'ignorance, d'insouciance et d'innocence, dans Le secret des sitters. Que perd-on de soi en devenant un adulte responsable et accompli ? Peut-être la capacité à jouer et à s'émerveiller.

La femme qui rétrécit, avec son homonyme du pays des merveilles qui elle aussi change de taille, dans un récit désespéré et impuissant : La pierre de Soleil. Une explication scientifique du phénomène fait basculer du fantastique du type "objet maudit" à de la SF. Mais tout y est un peu vain. L'auteur, qui signe ici Volsted Gridban, n’est autre que John Fearn, alias Vargo Statten, bien que ce pseudonyme de Grinsbad a aussi été utilisé par E. C. Tubb.

Les rapports hommes-femmes compliqués, l'érotisme déplacé dans un jeu sado-masochiste ou un déplacement des atouts de la séduction, une population humaine qui peine à se reconstruire après la 3eme Guerre Mondiale... Il y a certes des éléments intéressants dans Amoureuse de son bourreau de Fritz Leiber, mais quelque chose ne décolle pas.

Un auteur qui a le vent en poupe en ce mois de mai 1958, avec deux nouvelles publiées , l'une dans Galaxie et l'autre dans Fiction ("Jours disparus" dans le Fiction n°54). Deux planètes trop semblables… est une très concise nouvelle, avec cet habituel et virtuose dénouement propre à Richard Matheson. Elle sera adaptée dans la série La Quatrième Dimension (Saison 1 - Episode 14 : Troisième à partir du soleil ) , en 1960, par Richard L. Bare,

Mon ami Arthur est une nouvelle au ton léger malgré un contexte post apocalyptique, qui malgré ses péripéties nombreuses ne nous emmène pas plus loin qu'au large , comme s'il s'agissait des premiers chapitres d'un roman. On a connu Frederik Pohl plus inspiré.

… Et la forme se perd  pourrait être la suite lointaine de celle de Pohl, post apocalyptique elle aussi, mais d'un ton plus grave semblable à celui d'un Ward Moore ou d'un Fritz Leiber, avec une pensée pour des formes de vie très différentes de celle que nous imaginons par anthropocentrisme : des vies minérales. Quant à l'auteur, Allan George est le pseudonyme du français Marcel Alain Hilleret ; il publiera dans les années 60 quelques nouvelles dans Fiction sous le pseudonyme d'Arcadius. Celle-ci est sa première histoire publiée.

Une profitable comédie est une fantaisie de Lloyd Biggle Jr, qui aurait pu inspirer Pierre Christin pour le scénario de "Sur les terres truquées", bande-dessinée de la série Valérian.

Les belles vacances ! est une sympathique nouvelle de Frank M. Robinson qui part d'une blague de bureau.

Dans sa rubrique Les soucoupes volantes, ce sacré Jimmy Guieu, plutôt qu'admettre que l'existence des "S.V." puisse être sujette à caution, boude un peu et met dans le même panier les incrédules et ceux qui ne croient pas en la conquête spatiale. A noter une référence à la British Interplanetary Society, dont Arthur C. Clarke a été un temps le président. On sent bien que Jimmy Guieu arrive un peu au bout de son matériel éditorial, et qu'il doit quitter sa verve un peu acide pour rester un tant soi peu crédible. Ce sera la dernière parution de cette rubrique dans Galaxie, qui laissera la place (pour quelques mois encore) à une "Rubrique de l'étrange". 

Aplanir les distinctions pour abolir les conflits, voilà qui risque bien de devenir une nécessité dans une civilisation à l'échelle galactique. Mais plutôt qu'égaliser les droits, les communautés distinctes peuvent faire augmenter l'intolérance et durcir les lois. Seuls le libéralisme publicitaire semble y tirer son épingle du jeu. Un monde décevant , par Evelyn E. Smith, est une très bonne nouvelle sur un problème philosophique, économique, politique et social, et ce que Bradbury appelait déjà dans "Fahrenheit 451" les "minorités agissantes".

Grilling a bord, de Jean Duzal, est un peu inutilement embrouillé, et pourra rappeler "L'homme démoli" d'Alfred Bester, dans sa problématique de parvenir à cacher des pensées et des projets criminels quand la technologie permet de lire dans les pensées.

Dans la série "La tentation cosmique", ou "la laine des mutants, c'est nous qui la faisainnes", un extrait de la rubrique « Votre courrier » :

Un de mes amis prétend que les Américains doivent leur dynamisme à une radio-activité plus forte régnant dans leur pays. Est-ce plausible ?

M. SOPICO, Rome.

 

IL est fort possible que la radio-activité soit plus intense dans certaines régions de l’Amérique du Nord, où abondent les roches éruptives. Il ressort, en effet, des études menées dans le cadre de l’Année Géophysique que le granit est une source non négligeable de rayonnements et que les radiations sont plus puissantes dans les régions granitiques que sur les terrains calcaires.

On sait déjà que certains pays sont plus radifères que d’autres : par exemple, la Suède l’est presque deux fois plus que la Grande-Bretagne, et de nombreuses plages de l’Inde et du Brésil présentent une radio-activité naturelle bien supérieure à celle détectée sur d’autres rivages.

Quant à l’influence qu’un tel état de choses peut exercer sur l’homme, on n’en connaît pas encore la portée.

Depuis que l’humanité existe, elle subit à la fois les radiations venues du sol et le bombardement continu des rayons cosmiques, sans pouvoir exercer le moindre contrôle sur ces rayonnements, ni soupçonner les perturbations qu’ils peuvent causer à son organisme.

Nul doute que les recherches entreprises dans ce domaine nous réservent de surprenantes révélations.


Un ancêtre de Wikipedia, dans la rubrique « Saviez-vous que… » :

 

SAVIEZ-VOUS QUE…

…l’on pouvait, à l’exposition de Bruxelles, obtenir communication en 2/3 de seconde, de n’importe quelle période de l’histoire du monde ?

 

L’APPAREIL électronique qui permet de se documenter ainsi est l’un des clous de la section américaine. Il contient une colonne de disques sur lesquels est enregistré un résumé des principaux événements qui se sont produits sur notre planète entre l’an IV avant Jésus-Christ et 1958.

Il suffit d’appuyer sur le bouton correspondant à l’année désirée pour mettre en action un sélecteur qui, en 2/3 de seconde, déclenche le disque correspondant et transcrit ses indications en dix langues, au choix.

La machine rêvée pour les écoliers aux veilles d’examen !

Toujours dans la même rubrique, des prévisions de progrès techniques à la lisière du fantasme :

SAVIEZ-VOUS QUE…

… par la fusion du deutérium ou hydrogène lourd, on pouvait tirer 100 litres d’essence d’un litre d’eau de mer ?

CE miracle est accompli, par Z.E.T.A. (Zéro Energie Thermonuclear Apparatus), sorte d’usine atomique en miniature qui fonctionne au centre d’Harwell.

L’élément essentiel de l’appareil est une immense cuve à parois de verre nommée. « doughnut » (pet-de-nonne) dans laquelle s’opère continuellement la fusion des noyaux de deutérium. Cette fusion s’effectue pour chaque noyau en une infinitésimale partie de seconde et produit un éclair presque invisible – tant il est éphémère – auquel on a donné l’appellation de « lumière du nouvel univers ».

En somme, « doughnut » représente une bombe H à explosion contrôlée. Par lui, les savants sont parvenus à atteindre des températures de 5 millions de degrés, c’est-à-dire cent fois la chaleur régnant à la surface solaire. Ils espèrent arriver à 100 millions de degrés, soit la température du soleil à son centre.

Ces recherches, qui n’en sont qu’au premier stade, sont appelées à détrôner les actuelles centrales atomiques.

Voici sans doute ici le prototype des chambres de confinement qui continuent à notre époque de poser de nombreux problèmes techniques pour parvenir à leur concrétisation. 

22 mars, 2023

Galaxie (1ère série) n°032 – Juillet 1956

De très belles nouvelles d’auteurs rares ou inconnus en côtoient d’autres d’un niveau plus inférieur, pourtant d’auteurs plus prolifiques, dans ce numéro d’été de Galaxie.
 

Sommaire du Numéro 32 : 

1 - Maurice LIMAT, La Croisière du néant, pages 3 à 13, nouvelle
2 - Roger DEE, L'Oiseau de printemps (The Springbird, 1953), pages 15 à 28, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ernie BARTH
3 - Max TADLOCK, L'Homme qui mourut deux fois (Cause of death, 1955), pages 29 à 35, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par JOHNS
4 - Lyon Sprague DE CAMP, Ne chasse pas qui veut le dinosaure (A Gun for Dinosaur, 1956), pages 36 à 58, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH
5 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 59 à 60, courrier
6 - Phyllis Sterling SMITH, Connaissez-vous Posat ? (What is Posat?, 1951), pages 61 à 73, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed. ALEXANDER
7 - Frank Malcolm ROBINSON, Les Filles de la Terre (The Girls from Earth, 1952), pages 74 à 88, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH
8 - Edward W(illiam) LUDWIG, Un cercueil pour Jacob (A Coffin for Jacob, 1956), pages 89 à 118, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH
9 - Jimmy GUIEU, Les Soucoupes volantes, pages 119 à 121, chronique
10 - Jack McKENTY, Dormez tranquille, Dr Brinton ! (Wait for weight, 1952), pages 125 à 132, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Don SIBLEY
11 - Robert BLOCH, Vivre avec son temps (Dead-End Doctor, 1956), pages 133 à 140, nouvelle, trad. (non mentionné)
12 - Jean LEC, Une journée sur Deû, pages 141 à 144, nouvelle

Illustration de MIXI-BÉREL

 « La croisière du néant », par Maurice Limat, ressemble à une introduction de roman fleuve, avec son lot d'eau de rose et de traitre potentiel. Pas du plus bel effet, alors que le sujet - la recherche sur la téléportation - pourrait ouvrir le champ à bien des spéculations et des prospectives.

« L’oiseau de printemps », par Roger Dee, est une nouvelle fantastique, délicate et pleine d'apaisement, sur un printemps qui s'attarde.

Seule nouvelle connue en France de Max Tadlock, et c’est bien dommage, « L’homme qui mourut deux fois » nous rapporte une terrible expérience dont on ne revient pas...

« Ne chasse pas qui veut le dinosaure », par Lyon Sprague De Camp, est un bon récit de chasse, notamment dans ses descriptions de l'environnement préhistorique qui prennent un air joliment extraterrestre.

On aurait presque souhaité lire une suite à « Connaissez-vous Posat ? », par Phyllis Sterling Smith, pour voir jusqu'où cela mènerait. La nouvelle commence sur une accroche de type « Dianétique » à la Van Vogt pour finir par rappeler les Ingénieurs de la Paix du roman de Jones "Les survivants de l'infini".

Un peu inepte, et étonnant de la part de Frank M. Robinson, on aurait pu prendre « Les filles de la terre » pour une critique des arguments coloniaux – c’est en fin de compte un éloge à se laisser gouverner une vie médiocre par des gens sans scrupule.

Tout comme la nouvelle précédente, « Un cercueil pour Jacob », par Edward W. Ludwig, est une histoire de recrutement forcé, mais ce procédé est ici rendu avec plus de nuances. Et puisqu'il s'agit de navigation spatiale, que seraient ces histoires sans son lot de piraterie ? Remords et espoirs se disputent la vedette dans cette belle histoire de marginaux.

En 1956, on était encore loin d'imaginer que le premier vol habité vers la Lune serait aussi une grande cérémonie médiatique. C’est ce que montre bien (en creux) « Dormez tranquille, Dr Brinton ! », par Jack McKenty, une nouvelle toutefois de peu d'intérêt, hormis son ton humoristique.

Que faire quand on est le dernier psychanalyste en exercice et quand l'humanité se porte enfin bien ?... C’est un drôle de recyclage que nous propose Robert Bloch – dont nous saluons l’entrée au Panthéon du PReFeG - avec « Vivre avec son temps », où l’on retrouve une problématique keynesienne similaire à celle de "Plus besoin d'homme" de Clifford D. Simak (in Galaxie n°17). En voici un extrait :

« (Les robots) seront capables de fabriquer eux-mêmes des robots et de les diriger. Plus besoin, alors, d’ouvriers, d’inventeurs, comme déjà on n’a plus besoin de psychiatres, de soldats, de mineurs. Les robots seront les maîtres. Et que feront-ils des humains ? Peut-être les garderont-ils pour leur agrément, comme nous conservons certains animaux familiers. »

Pour finir, une habile et courte nouvelle qui nous rappelle la relativité de tout exotisme : « Une journée sur Deû », par le régulier Jean Lec.

01 février, 2023

Galaxie (1ère série) n°030 – Mai 1956

Des textes sur l'identité, posant la question d'où elle réside. Sheckley et Matheson sont au rendez-vous, ainsi que F. L. Wallace pour la troisième fois consécutive, et deux auteurs français : Michel Lecler (aka le scénariste Michel Lebrun) et Jimmy Guieu (au seuil de son Ufologie).

 

Un clic droit vaut tous les efforts mentaux.

Sommaire du Numéro 30 :

1 - Michel LECLER, Téléchrone, pages 3 à 16, nouvelle

2 - Alan E. NOURSE, La Rôtissoire de Mercure (Brightside Crossing, 1956), pages 17 à 34, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Mel HUNTER

3 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 35 à 36, courrier

4 - Floyd L. WALLACE, Le Grand jour (End as a World, 1955), pages 37 à 43, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par DIEHL

5 - (non mentionné), Saviez-vous que..., pages 44 à 44, notes

6 - Joseph SATIN, L'Homme qui se téléportait (The man who got around, 1954), pages 45 à 63, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par BATH

7 - Jimmy GUIEU, La Fin des hommes, pages 65 à 78, nouvelle

8 - Robert ZACKS, Fichu métier (The freelancer, 1955), pages 79 à 90, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par ASHMAN

9 - Richard MATHESON, L'Éponge humaine (One for the Books, 1955), pages 91 à 99, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

10 - Frank Malcolm ROBINSON, Le Glaive de feu (The Fire and the Sword, 1951), pages 100 à 117, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

11 - Christopher GRIMM, Garde du corps (Bodyguard, 1956), pages 118 à 140, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par CAVAT

12 - Robert SHECKLEY, Métamorphose de Meyer (The Body, 1956), pages 141 à 144, nouvelle, trad. (non mentionné)

Les corps sont-ils interchangeables ? (Garde du corps, par Christopher Grimm, en réalité un pseudonyme de Horace L. Gold, éditeur de la revue américaine Galaxy Science Fiction - voir Galaxie n°5.)

Conserve-t-on alors son intégrité ? (Métamorphose de Meyer, par le toujours fidèle Robert Sheckley).

L'esprit peut-il être réduit à une somme de connaissance ? (L'éponge humaine, par Richard Matheson ; le lecteur pourra être intéressé par cet homme qui se réveille en sachant parler l’anglais… qu’il ne connaissait pas. Dans la version originale, l’homme se réveille en sachant parler… français !)

Un corps qui s'affranchit des lois de l'espace devient-il pur esprit ? (L'homme qui se téléportait, par Joseph Satin ; une nouvelle qui rappelle, bien entendu, "Terminus les étoiles" de Alfred Bester (1956 – VF 1958), et sa séquence drolatique de l'incendie de paillasson ; ou encore « Transport de colère » de John Novotny, parue dans le Fiction n°24).

Deux esprits jugés identiques réagissent-ils de même ? (Le glaive de feu, par Frank M. Robinson, une belle utopie paradisiaque et sa défense contre l'intrusion d'un modèle étranger.)

Le double d'un individu dans un monde parallèle est-il identique ? (Téléchrone, par Michel Lecler, alors auteur de la Série 2000, mais qui sera ensuite plus connu comme scénariste, traducteur et grand spécialiste de littérature policière sous le nom de Michel Lebrun. Téléchrone rappellera Malheureux Ulysse parue dans le Galaxie précédent.)

Le monde lui-même demeure-t-il identique à mesure qu'on l'explore ? (Le grand jour, par F. L. Wallace ; ou encore La rôtissoire de Mercure, par Alan E. Nourse).

Hors de ce sujet de l’identité (encore que l’on y cherche à identifier les auteurs de phrases toutes faites), Fichu métier, par Robert Zacks, est une bien drôle nouvelle où les clichés du langage sont soumis aux droits d'auteurs. La vision de la machine portable qui contrôle tout cela est éminemment visionnaire.

On n’insistera pas sur la nouvelle de Jimmy Guieu : La fin des hommes, nouvelle malgré tout phallocrate dans un style plat et maladroit.


Des lunes manufacturées - l’expression n’est-elle pas éminemment poétique ? Il s’agit plus simplement de ce que nous appellerons par la suite des « satellites artificiels ».

SAVIEZ-VOUS QUE…

… l’année géophysique internationale 1957-1958 verra le lancement, non pas d’une unique lune artificielle, comme on le pensait, mais d’une dizaine de satellites artificiels ?

 

POURQUOI cette multiplication de lunes « manufacturées » ? Parce que, étant donné les dimensions et le poids forcément réduits des sphères prévues, on doit en augmenter le nombre si l’on veut y installer tous les instruments de mesure indispensables à l’étude des phénomènes atmosphériques, stratosphériques et spatiaux.

Les spécialistes estiment que les petits satellites pourront parcourir leur orbite légèrement elliptique (à 400 kms d’altitude environ) autour de la Terre en 90 minutes, et resteront vraisemblablement « en l’air » pendant plusieurs jours avant de retomber ou de se désagréger.

On continue dans notre série sur les inquiétudes relatives à l’énergie atomique émergente dans la rubrique « Votre courrier » :

… J’ai lu dans un journal anglais que le gouvernement britannique envisageait de doter chacun de ses ressortissants d’un « livret atomique » où seraient consignées les doses de radioactivité reçues pendant les traitements médicaux. Une telle surveillance serait-elle donc nécessaire pour d’autres que les techniciens de centrales nucléaires ou d’installations de radiologie ?

J. DÉRIVÉ, Périgueux.

 

Le contrôle dont vous parlez peut devenir rapidement d’un intérêt général, au fur et à mesure de la multiplication des usines atomiques. Chaque individu se trouvera exposé, dans un avenir peut-être très proche, à recevoir des radiations émanant de centrales nucléaires ou de parcelles radio-actives en suspension dans l’atmosphère, sans parler des rayonnements cosmiques. Or, ces expositions (souvent inconscientes) à la radio-activité ont, sur l’organisme humain, des effets qui s’additionnent. Il sera donc important de connaître la charge déjà « emmagasinée » par un sujet avant de le soumettre à certains traitements radiologiques ou de lui faire absorber des isotopes radio-actifs.

On pourra dépister ainsi les risques de tares héréditaires ou de maladies radio-actives.

Hé bé ! On a eu chaud !

22 juin, 2022

Galaxie (1ère série) n°011 – Octobre 1954

Des pièges, encore des pièges, pour ce numéro 11 de la revue Galaxie, qui introduit de nouveaux auteurs américains sur la scène éditoriale francophone.

Un clic sur l'image suffit pour un epub immersif !

 

Sommaire du Numéro 11 :

NOUVELLES

 

1 - James E. GUNN, Tu ne m'échapperas pas ! (1ère partie) (The Reluctant Witch/ Wherever You May Be, 1953), pages 2 à 32, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Mel HUNTER

2 - Frank Malcolm ROBINSON, Héros malgré eux (The Reluctant Heroes, 1951), pages 33 à 49, nouvelle, trad. (non mentionné)

3 - Robert SHECKLEY, Quelque chose pour rien (Something for Nothing, 1954), pages 50 à 62, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

4 - Willy LEY, Saviez-vous que ?, pages 63 à 65, article, trad. (non mentionné)

5 - Richard WILSON, Dis-moi qui tu hantes... (The Inhabited, 1953), pages 66 à 83, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par ASHMAN

6 - William MORRISON, Le Docteur fait du charme (Bedside Manner, 1954), pages 84 à 99, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par VIDMER

7 - Raymond Z. GALLUN, « A manipuler avec précaution » (Stamped Caution, 1953), pages 100 à 126, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par KOSSIN

 

Rapport du PreFeG (Juin 2022)

  • Relecture
  • Corrections orthographiques et grammaticales
  • Vérification des casses et remise en forme des pages de titre 
  • Note (1) ajoutée.
  • Vérification et mise à jour des liens internes
  • Mise au propre et noms des fichiers html
  • Mise à jour de la Table des matières
  • Mise à jour des métadonnées (auteurs, résumé, date d'édition, série, collection, étiquettes)

Premier piège, dans la série "cherchez la femme", dans la première partie d'une novella signée James E. Gunn (Monsieur Star Trek, rebaptisé James A. Gunn dans la revue), avec "Tu ne m'échapperas pas !". 

Piège encore, et cruauté de forcer un homme mettre ses aspirations privées de côté pour l'obliger à exercer ses compétences, dans "Héros malgré eux", signé Frank Malcolm Robinson. On avait pu découvrir cet auteur comme chef de file d'un genre nouveau que Boris Vian et Stephen Spriel (aka. Michel Pilotin) tentaient de définir dans leur article (historique) "Un nouveau genre littéraire : la science-fiction", dans la revue "Les temps modernes" d'Octobre 1951. 

Autre piège : Une machine à sou... haits ; l'inévitable Robert Sheckley nous régale encore de son humour sardonique dans "Quelque chose pour rien". 

Et puis... le piège ultime pour l'esprit invasif venu d'une autre dimension : l'esprit d'un fou. Très fine nouvelle de Richard Wilson : "Dis-moi qui tu hantes".

On retrouve William Morrison, et ses confrontations d'échelles avec "Le docteur fait du charme", ici l'on interroge ce qui est normal, ce qui est souhaitable, ce qui est envisageable, et ce qui est - tout simplement - et l'ordre de leurs priorités, dans une histoire où un être humain "augmenté" malgré lui doit puiser la force de refuser les améliorations de son être.

Enfin, on assiste aux débuts prudents des relations terriens - martiens avec "Manipuler avec précaution" du rare Raymond Z. Gallun (que le public francophone a déjà pu découvrir dans l'Anthologie "Escales dans l'infini" en Mars 1954).

Un article de fond de Willy Ley sur les travaux de Einstein agrémente le tout.

Le PReFeG vous propose également