Chers usagers du
PReFeG, c’est aujourd’hui le printemps !
Pour célébrer ce solstice toujours très attendu après les rudesses hivernales, rien de tel qu’un bon cocktail propre à faire éclater un florilège de saveurs dans nos papilles intellectuelles. Nous vous proposons aujourd’hui, toujours en cliquant sur sa couverture ci-contre et en format epub, la toute première anthologie française traitant de science-fiction comme un genre à part entière : « Escales dans l’infini », n°26 de la collection « Le rayon fantastique », dont Georges H. Gallet,
l’anthologiste de ce volume, était aussi le co-directeur.
Nous reviendrons plus
avant sur cette prestigieuse collection trop tôt disparue. Penchons-nous tout
d’abord sur cette anthologie.
Sommaire
1 -
Georges H. GALLET, L'Aventure de la science, pages 7 à 9, préface
2 -
Stanley WEINBAUM, Odyssée martienne (A Martian Odyssey, 1934) , pages 11 à 41,
nouvelle, trad. Georges H. GALLET
3 -
John WYNDHAM, Touristes des temps futurs (Pauwley's Peepholes / Operation Peep,
1951) , pages 42 à 64, nouvelle, trad. Georges H. GALLET
4 -
Lyon Sprague DE CAMP, La Girafe bleue (The Blue Giraffe, 1939) , pages 65 à 93,
nouvelle, trad. Georges H. GALLET
5 - Catherine L. MOORE, Shambleau (Shambleau, 1933) , pages 94 à 122, nouvelle,
trad. Georges H. GALLET
6 -
John Ullrich GIESY, Colin-Maillard (Blind man's buff) , pages 123 à 141,
nouvelle, trad. Georges H. GALLET
7 -
Francis FLAGG, L'Homme-machine d'Ardathia (Machine-man of Ardathia, 1927) ,
pages 142 à 158, nouvelle, trad. Georges H. GALLET
8 -
Raymond Z. GALLUN, La Bête du vide (A Beast of the Void, 1936) , pages 159 à
180, nouvelle, trad. Georges H. GALLET
9 -
Abraham MERRITT, Trois lignes de vieux français (Three Lines of Old French,
1919) , pages 181 à 203, nouvelle, trad. Georges H. GALLET
10 -
Manly Wade WELLMAN, Station interplanétaire n° 1 (Space Station No. 1, 1936) ,
pages 204 à 219, nouvelle, trad. Georges H. GALLET
11 -
William Frederick TEMPLE, Le Sourire du sphinx (The Smile of the Sphinx, 1938)
, pages 220 à 253, nouvelle, trad. Georges H. GALLET
De ces nouvelles, six
n’ont encore à ce jour pas encore été rééditées (« La girafe bleue »
de Sprague De Camp, « Colin-Maillard »
de John Ullrich GIESY, « L'Homme-machine d'Ardathia » de Francis
FLAGG, « La Bête du vide » de Raymond Z. GALLUN, « Station
interplanétaire n° 1 » de Manly Wade WELLMAN, et « Le Sourire du
sphinx » de William Frederick TEMPLE.)
Rapport du PReFeG :
- Relecture, vérification orthographique et grammaticale
- Mise au propre et noms des fichiers html
- Mise à jour des métadonnées (auteurs, résumé, date
d'édition, série, collection, étiquettes.)
Comme pour « Germes
de vie » de John Taine,
le choix de faire entrer « Escales dans l’infini » dans l’espace du
PReFeG a été motivé par les recommandations fort élogieuses de la revue
Fiction.
Cet ouvrage nous fut
présenté, dans le n°7 daté de Juin 1954 (voir notre article). Nous reproduisons ici la critique plus détaillée
que ce même numéro proposait dans sa « Revue des livres » :
« Alors que la
première anthologie policière française, « La Douzaine du diable », a
paru avec plus d’un demi-siècle de retard sur les Anglo-Américains,
l’anticipation scientifique, elle, a plus de chance et « Escales dans l’infini », compilée par Georges H.
Gallet, vingt-quatrième volume du « Rayon Fantastique », que se
partagent les Ed. Hachette et les Ed. Gallimard, est publiée quatre ans
seulement après l’apparition de la « science-fiction » sur le marché
français.
C’est sous l’étiquette
Hachette que paraît ce recueil composé de dix nouvelles d’anticipation ou de
fantastique. Leur valeur est inégale et, à côté d’excellents récits, il y en a
de plus faibles. Mais l’ensemble est fort intéressant et le livre mérite toute
votre attention.
Une œuvre se détache
nettement des autres, œuvre classique qui a été reproduite plus d’une fois dans
les anthologies américaines : « Shambleau »,
de Catherine L. Moore, qui, malgré ses 21 ans d’âge, est plus remarquable, plus
terrifiante que jamais. Ce n’est pas seulement un magnifique conte d’horreur
fantastique mais une explication intelligente de la légende de la Gorgone. Même
si cette œuvre était la seule valable du recueil, elle en justifierait l’achat.
Oui, c’est un authentique chef-d’œuvre.
« Trois
lignes de vieux français »
(Three Lines of old French), d’A. Merritt, aurait pu figurer au sommaire de
n’importe quelle bonne anthologie fantastique. C’est en effet, une histoire
surnaturelle que celle de ce soldat britannique qui, accroché à sa tranchée, se
voit tout à coup transporté deux siècles en arrière. A-t-il rêvé ? On le croirait
presque. Et pourtant… Plein de mystère et de poésie.
Étant grand amateur de
chats, je n’ai pu m’empêcher d’aimer « Le
Sourire du Sphinx » (The Smile of the Sphinx), de William F. Temple,
qui, bien que vieux de quinze ans, est tout aussi frais que le jour où il fut
publié pour la première fois. (Le conte a d’ailleurs été rajeuni.) Imaginez
l’étonnement d’un citoyen qui, en rentrant dans sa ville, rencontre tout à coup
une armée de chats, des milliers, des dizaines de milliers de chats qui, en bon
ordre, évacuent la cité. L’étonnement dudit citoyen ne fait que croître
lorsque, peu après, tous les arsenaux du pays sautent un à un. Et c’est la stupéfaction
qui s’empare de lui quand un voisin vient le trouver et, tout en lui expliquant
les raisons de l’exode des félins, prétend lui démontrer celles de l’inimitié
traditionnelle entre minous et chiens. Si vous avez un chat, je parie que vous
le regarderez avec méfiance après avoir lu ce récit à la fois drôle et
angoissant.
« Touristes
des temps futurs »
(Pawley’s peepholes), de John Wyndham est une nouvelle carrément humoristique,
dont le titre indique bien le contenu. Il y a quelques petites longueurs, mais
le tout est fort drôle et la chute (psychologique) fort bien amenée.
« La
Bête du vide »
(A Beast of the Void), de Raymond Z. Gallun, est plus fantastique que
scientifique. Elle eût pu être écrite par Cyrano de Bergerac.
« Odyssée
martienne »
(A Martian Odissey), de Stanley Weinbaum, est curieuse à plus d’un titre. En
particulier, la faune et la flore de l’astre rouge y sont décrites avec
beaucoup d’ingéniosité. À signaler l’excellente chute qui survient au moment où
l’on ne s’y attend guère.
« L’Homme-machine
d’Ardathia »
(Machine-man of Ardathia), de Francis Flagg, autre classique de l’A.S. (c’est
le doyen du recueil – vingt-sept ans !), est un conte à tendances
philosophiques, de conception britannique. C’est, en fait, un dialogue entre un
homme des temps présents et un robot des temps futurs, et l’auteur en profite
pour égratigner un peu le règne de la technocratie.
« La
Girafe bleue »
(The Blue Giraffe), de L. Sprague de Camp, est un récit axé sur les effets de
la radioactivité.
« Station
interplanétaire n°1 »
(Space Station n°1), de Manly Wade Wellman, et « Colin-maillard » (Blind Man’s Buff), de J.U. Giesy,
sont les deux contes les plus faibles du recueil. Le premier est une espèce de
western, le second une variante vraiment un peu facile du thème de
« L’Homme invisible ». Nous eussions aimé que notre confrère Gallet
leur eût préféré deux récits d’auteurs français. »