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24 juin, 2026

Galaxie (2eme série) n°021 – Janvier 1966

Voici 1966, année de grands bouleversements aux éditions Opta, et incidemment pour les revues que sont Fiction et Galaxie - nous revenons sur la nouvelle direction en fin d'article. Pour l'heure, ce numéro s'équilibre fort bien avec deux nouvelles traitant du collectif dans la société, l'une moqueuse et sarcastique de Robert Sheckley, et l'autre utopique et tendrement grinçante de Theodore Sturgeon. Des trois autres nouvelles, on appréciera celles des assez méconnus Lloyd Jr. Biggle et Gordon R. Dickson, respectivement traitant du conditionnement collectif qu'est a justice, et de la représentation du collectif qu'est la classe politique.

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Sommaire du Numéro 21 :


1 - Robert SHECKLEY, La Mission du Quedak (Meeting of the Minds, 1960), pages 5 à 41, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH

2 - Lloyd Jr BIGGLE, La Planète des réprouvés (The Perfect Punishment / Pariah Planet, 1965), pages 42 à 76, nouvelle, trad. René LATHIÈRE, illustré par John GIUNTA *

3 - Algis BUDRYS, Meurs, car tu n'es qu'une Ombre ! (Die, Shadow!, 1963), pages 78 à 97, nouvelle, trad. Paul ALPÉRINE, illustré par Virgil FINLAY *

4 - Theodore STURGEON, Les Talents de Xanadu (The Skills of Xanadu, 1956), pages 98 à 127, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH, illustré par Virgil FINLAY

5 - Gordon R. DICKSON, La Wilf fidèle (The Faithful Wilf, 1963), pages 128 à 148, nouvelle, trad. Marcel BATTIN & Martine CHRISTIAENS, illustré par Virgil FINLAY *

6 - (non mentionné) , Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 150 à 151, bibliographie 


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.



La mission du Quedak est celle d'un robot organique : amener les êtres vivants à le rejoindre dans ses perceptions collectives. Il vient de Mars d'où a disparu toute vie… Robert Sheckley se méfie de cette mission qui sous des aspects collectivistes, cache la profonde tyrannie du vampirisme.

Mohrlock (dont on appréciera le patronyme hérité de la Machine à explorer le temps de H.G. Wells) a commis un meurtre par accident et en état de légitime défense. Pour sanction, il est envoyé dans une ville prison sur La planète des réprouvés, où les citoyens sont sommés de commettre leur quota de délits hebdomadaires, ou sinon… Une très bonne nouvelle de Lloyd Jr. Biggle, d'un humour à la Sheckley, où est surtout questionné le conditionnement inhérent à toute société pour faire fonctionner ses lois et la justice qu'elle fait appliquer pour le bien de la collectivité.


En parcourant Meurs, car tu n'es qu'une Ombre!, on croirait lire du Edgar Riee Burroughs et ses aventures martiennes de John Carter, mais venant de Algis Budrys, l'exercice donne un arrière-goût suranné. Passable.


10 ans après sa première traduction, on retrouve reformulée la nouvelle Les talents de Xanadu, de Theodore Sturgeon, avec laquelle Galaxie poursuit sa politique de réhabilitation des traductions discutables (et des coupes drastiques) effectuées pour la première série de la revue - la nouvelle passe d'ailleurs de 24 à 30 pages.

A l'occasion de notre billet sur le Galaxie n°35 d'Octobre 1956, nous avions relevé une citation, que voici, d'un traducteur non-crédité :

Depuis qu’il y a des êtres humains, l’homme a toujours été en conflit avec ses propres machines. Ou c’est lui qui les dominera, ou elles le domineront. Il est difficile de prédire quelle est l’éventualité la plus terrifiante. Mais toute civilisation formée essentiellement d’hommes doit en détruire une autre où les machines dominent, sous peine d’être elle-même anéantie. Il en a toujours été ainsi.

Voici maintenant, pour le même passage, la traduction de Michel Deutsch proposée dans ce numéro :

Depuis qu'il y a des êtres humains, il y a eu conflit entre l'Homme et ses machines. Ou c'est l'Homme qui domine les machines, ou ce sont les machines qui dominent l'Homme : il est difficile de dire lequel des deux termes de ce dilemme est le moins désastreux. Mais une culture fondamentalement composée d'hommes doit détruire la culture où les machines ont la primauté, sous peine d'être détruite par elle. Il en a toujours été ainsi. 

On voit que Deutsch abandonne l'aspect "prédiction" pour en faire une vérité générale, ce qui correspond davantage à la version originale. Qu'en conclure ? Que la SF, dans les années 50 en France, était encore un genre qui cherchait à s'imposer, et à s'imposer par sa faculté d'anticipation, et donc à se positionner par rapport au futur. Dix ans plus tard, les machines sont effectivement entrées dans les vies quotidiennes, et il n'est donc plus tant question d'anticipation que de réflexions sur la technique.

Répondant au Quedak de Sheckley, le Xanadu de Sturgeon mise sur la culture, la pratique des arts, une concentration pour sentir les choses et les gestes à faire pour s'exercer, pour développer collectivement la liberté des peuples. Bien entendu, pour que cela reste de la fiction, le tout repose ici aussi sur une symbiose avec une autre forme de vie. Une nouvelle très inspirante quoi qu'il en soit.

La wilf fidèle se révèle être une histoire sympathique, qui moque au passage et allègrement les néologismes coutumiers de la SF, et qui rappellera un peu l'humour de Fritz Leiber et le sens de l'aventure de Jack Vance. Mais c'est bien dans le second degré de ses dialogues et l'ironie de ses personnages que l'on retrouve tout le talent de Gordon R. Dickson. On notera aussi les magnifiques illustrations de Virgil Finlay, à l'honneur dans l'ensemble de ce numéro.



Un mot à présent sur la mention d'un nouveau directeur de publication : Daniel Domange. On se souvient que le directeur jusqu'en décembre 1965, Maurice Renault, n'était pas à proprement parler un érudit ou un amateur en matière de SF, lui préférant de loin le roman policier, mais on lui doit tout de même la naissance de Fiction en 1953, ainsi que la reprise de Galaxie dès 1964.

Voici ce que Galaxie publiera dans son numéro 22 de février 1966 :

À NOS LECTEURS 
Il y a dix-huit ans, Maurice Renault fondait les Éditions OPTA, en lançant en France Mystère-Magazine. C'était un acte de courage et d'audace que d'introduire sur le marché une revue comme celle-ci, alors unique en son genre. Mais Maurice Renault tint le pari, et le gagna ; Mystère-Magazine fut un succès.
Très vite, il sut lui imprimer une personnalité. Spécialiste éclairé du policier, infatigable chercheur, il fit de la revue un carrefour de toutes les tendances, un reflet fidèle de l'évolution du genre, tout en lui communiquant un dynamisme propre.
Puis, en 1953, sentant que la littérature d'évasion était à un nouveau tournant, il tenta un second pari, plus risqué encore que le premier : ce fut le lancement de Fiction, la première revue française de S.F. Là aussi, sa politique de « personnalisation » du magazine eut les plus heureux effets et, rapidement, le succès de Fiction s'affirma, dans le sillage de sa sœur aînée. En 1957, Maurice Renault créait le Club du Livre Policier, autre idée neuve, dont la popularité ne s'est pas démentie depuis. Hitchcock Magazine et Galaxie virent également le jour sous son impulsion. Enfin, l'an passé, il présida aux débuts du Club du Livre d'Anticipation.
Depuis deux ans, Maurice Renault avait également une activité secondaire d'agent littéraire. L'extension croissante de son agence le conduit désormais à se consacrer uniquement à celle-ci et à la direction littéraire du Club du Livre Policier.
Tous nos lecteurs, nous en sommes sûrs, le remercieront avec la rédaction pour l'action qu'il a menée avec tant de succès afin de faire des Éditions OPTA les plus grands spécialistes français du policier et de l'anticipation.
GALAXIE

On connait mieux, à travers quelques témoignages, les circonstances de cette passation de pouvoir. Voyons à titre d'exemple ceux de Jacques Sadoul tout d'abord, dans le n°12 de la revue Univers (mars 1978), et de Jean-Pierre Andrevon dans sa préface au Livre d'Or de la SF consacré à Alain Dorémieux (décembre 1979).

Jacques Sadoul, tout d'abord, déclare :

" Pendant des années, Maurice Renault se contenta de publier deux revues : Mystère Magazine et Fiction, avec l’aide de collaborateurs tels que Jacques Bergier, Igor B. Maslowski et Alain Dorémieux. En 1958, il créa le Club du Livre Policier qui donna une dimension nouvelle aux Éditions Opta. En 1964, Maurice Renault racheta les droits de Galaxie dont la précédente édition française avait fait faillite. Avec Hitchcock Magazine, précédemment publié, cela portait à quatre le nombre des revues de la maison. C’est cette même année que j’y entrais à mon tour, d’abord pour m’occuper des magazines policiers. Je proposais bientôt la création d’un Club du Livre d’Anticipation, sur le modèle du Club du Livre Policier. Parvenir à décider Renault et ses associés fut un travail d’Hercule et, je crois, mon plus grand titre de gloire dans tout ce que j’ai pu faire pour la science-fiction. Le Club débuta fin 1965, Dorémieux en étant le codirecteur. Nous rééditâmes d’abord la trilogie Fondation d’Isaac Asimov et le succès fut immédiat.

L’avenir d’Opta semblait alors assuré lorsque Maurice Renault, qui avait toujours su diriger sa maison avec intelligence et habileté, dut en quitter la direction à la suite d’un changement de majorité des actionnaires. Je ne tardais pas à quitter à mon tour le navire et rejoignis J’ai Lu. Le nouveau patron, M. Daniel Domange, était un publicitaire cent pour cent qui ignorait tout de l’édition. Une politique promotionnelle nulle, jointe à la publication de petits ouvrages aberrants, avait déjà grandement entamé l’équilibre financier de la maison lorsque M. Domange mourut accidentellement. Opta fut alors repris en main par un groupe d’éditions provenant de la Société Encyclopédique Française de Philippe Daudy ; sa fille, Martine Castaing, prenant la direction effective de la maison. Michel Demuth qui était entré dans la maison en 1966, époque où j’en étais encore le directeur littéraire, avait succédé à Dorémieux, lors de la démission de celui-ci survenue un an après mon propre départ (1968-1969).

Jean-Pierre Andrevon, ensuite :

OPTA reste une boîte de publicité, dont la branche édition n’est qu’un rameau de piètre importance, surtout que Maurice Renault a dû prendre sa retraite en 1965, remplacé par Daniel Domange, qui ne connaissait certes rien à la S.-F. mais était conscient de l’essor du genre. Malgré la venue d’un troisième larron, Michel Demuth, Lyonnais, nouvelliste, traducteur, que Dorémieux intègre en 1966 à l’équipe embryonnaire, OPTA reste « une maison de fous », au fonctionnement artisanal, où les trois hommes doivent, avec l’aide d’une seule secrétaire [deux tout de même à partir de 1967], tout faire, de la sélection des textes à la relecture des épreuves.

Dorémieux, qui reste fondamentalement un homme fragile, rêveur, « mal dans sa peau », subit de plus en plus difficilement cet emballement qui court à la rupture. Sa position, il l’occupe sans jamais l’avoir vraiment voulu : pour lui, tout a été le fait de hasards successifs, d’un enchaînement de situations qui l’a porté vers un sommet dont il mesure maintenant la vanité, propices aux vertiges. Les années 1965-1966 sont celles aussi où son mariage, du fait de l’instabilité mentale de sa femme, le précipite dans les méandres bien connus de l’enfer conjugal. Rien ne va plus : Dorémieux ne s’entend pas avec Sadoul, qui doit démissionner début 1968. Et en 1969 c’est une nouvelle crise, qui éclate cette fois entre Dorémieux/Demuth et Daniel Domange. Elle se résout par la démission des deux amis.

Michel Demuth, seul, va finalement réintégrer OPTA, pour sauver les meubles. Il hérite du titre de directeur littéraire, qu’avait endossé Dorémieux depuis le départ de Jacques Sadoul.

Dorémieux garde toutefois la direction de Fiction, qu’il assume de l’extérieur, au milieu de sa débâcle personnelle : en 1969, son mariage se désagrège définitivement. Il n’a plus qu’un but en tête : la fuite. Il quittera Paris fin 1970, en compagnie de Michèle, assistante de rédaction à OPTA, qui deviendra sa seconde femme.

… et plus loin :

Le directeur des éditions OPTA, Daniel Domange, s’est tué dans un accident d’avion le 31 mai 1971 ; après un interrègne de Mme Domange, la société OPTA revient en 1973 à Philippe Daudy, qui nomme peu après sa fille, Martine Castaing, directrice des publications. C’est une époque de surcompression où OPTA, pour échapper aux créanciers voraces, se lance dans la politique bien connue de la « fuite en avant » : naissent la collection « Anti-Mondes » et le trimestriel « Marginal », tous deux dirigés par l’increvable Michel Demuth et, hors S.-F., une floraison de titres incongrus, comme la revue intello-porno Emmanuelle ou la série OK Docteur

Un accident d'avion ! L'érudit Alain Villemur dans le n°13 d'Univers précise :

C’est au tour du destin de frapper Opta. Le 30 mai 1971, Daniel Domange trouve la mort aux commandes de son avion de tourisme. Dans cet accident périt également un de ses amis, un banquier qui était le principal soutien financier de la société Opta. On continue cependant sous la direction de Mme Domange et Michel Demuth crée, à la fin de la même année, la collection « Anti-Mondes », consacrée aux jeunes auteurs anglo-saxons. « Anti-mondes » débute par la réédition de L’île des morts de Zelazny (publié quelques mois plus tôt en G-Bis) et la publication de La tour de verre de Silverberg.

Nous le voyons, avec 1966, voici l'aube d'une nouvelle période pour les revues Fiction et Galaxie. Les fondations vacillent chez OPTA, les collections concurrentes vont se multiplier par ailleurs (et demain), les coups de poignard dans le dos et les scandales littéraires aussi.

03 septembre, 2025

Fiction n°125 – Avril 1964

Quelque comètes américaines passent dans le ciel de Fiction, et notamment Ray Nelson, connu en France pour avoir co-rédigé avec Philip K. Dick "Les machines à illusions" ; on le découvre ici avec sa seule nouvelle publiée en français, d'une excellente qualité, mais qui ne sera curieusement jamais reprise dans un recueil ultérieur. Michel Demuth toujours en grande forme propose deux nouvelles (dont une sous pseudonyme pour faire taire les mauvaises langues), et puis, à l'aube du second jour de Galaxie - repris par les éditions Opta - Demètre Ioakimidis signe un article sur Clifford D. Simak qui sera la vedette des premiers numéros de la revue sœur qui renait de ses cendres le mois suivant.

En sortant de l'école, nous avons rencontré...


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Sommaire du Numéro 125 :


1 - (non mentionné), Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 4 à 4, bibliographie

NOUVELLES


2 - Michel DEMUTH, Nocturne pour démons, pages 5 à 25, nouvelle

3 - Ray NELSON, Les Fascinateurs (Eight o'clock in the morning, 1963), pages 26 à 30, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH *

4 - Avram DAVIDSON, Panne sèche (The Grantha Sighting, 1958), pages 31 à 40, nouvelle, trad. René LATHIÈRE *

5 - Jean-Michel FERRER, Céphéide, pages 41 à 47, nouvelle

6 - Lloyd Jr BIGGLE, La Musique de la Terre (Wings of Song, 1963), pages 48 à 62, nouvelle, trad. Michèle SANTOIRE

7 - Paul Jay ROBBINS, Gare au garou ! (Sweets to the sweet, 1963), pages 63 à 75, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH *

8 - Sasha GILIEN, Deux têtes sous le même bonnet (Two's a crowd, 1962), pages 76 à 84, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH *

9 - Henry SLESAR, Changements à vue (The Self-Improvement of Salvadore Ross, 1961), pages 85 à 96, nouvelle, trad. Arlette ROSENBLUM *

10 - Kit REED, Depuis qu'est tombé l'ange... (Two in Homage, 1960), pages 97 à 113, nouvelle, trad. René LATHIÈRE *

11 - Fritz LEIBER, La Multiplication des pères (237 Talking Statues, Etc., 1963), pages 114 à 122, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH

 

CHRONIQUES


12 - Demètre IOAKIMIDIS, Clifford D. SIMAK, l'humaniste de la science-fiction, pages 124 à 137, article

13 - COLLECTIF, Ici, on désintègre !, pages 139 à 149, critique(s)

14 - Jacques GOIMARD, Au fil des revues, pages 151 à 152, article

15 - Anne TRONCHE, Topor: Époque panique, pages 153 à 154, article

16 - COLLECTIF, Tribune libre, pages 154 à 155, courrier


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


Pour commencer, un petit erratum débusqué par NooSFere : la couverture est créditée de Jean-Claude Forest ; elle est en réalité de Pierre Bassard (qui avait déjà réalisé la couverture du numéro 119).


Un mercenaire fraîchement recruté par une ligue mafieuse doit exécuter sa première mission : pénétrer dans un "Haut Château" et y pourfendre un démon.

Nocturne pour démons est d'une trame sensiblement similaire aux nouvelles de Curval et de Ferrer (qui est aussi Michel Demuth) qui paraissent ce même mois d'avril 64 dans le Fiction Spécial n°5. C'est à se demander jusqu'à quel point la composition ne résulte pas d'un défi littéraire. Bien que le contexte narratif soit assez bien ficelé, il y a - une fois n'est pas coutume chez Demuth- quelque chose de moins abouti et d'un peu hâtif dans la résolution.


La nouvelle Les Fascinateurs est excellente, tant par son thème, la lecture allégorique et même marxiste qui en est possible, que par sa concision. On peut aussi s'amuser à y retrouver les germes des séquences que John Carpenter utilisera pour le magnifique film qu'il en tirera "They live" ("Invasion Los Angeles" en VF). Assurément cette nouvelle est un sommet de la collection, mais est très étonnamment demeurée impublié ailleurs depuis.

Nous évoquions l'auteur dans le paragraphe d'introduction ; illustrateur et auteur, Ray Nelson est par exemple l'inventeur de la casquette à hélice. On lui doit "Les machines à illusions" coécrit avec Philip K. Dick.


Panne sèche est un récit d'Avram Davidson qui exprime bien comment naissent les légendes urbaines, sur un terreau véridique mais décevant de banalité, à quoi vient s'ajouter des éléments inventés pour rendre le récit plus extraordinaire.


Si le temps est relatif, l'évolution de la vie pourrait suivre une échelle tout à fait différente, où nos millions d'années deviennent des heures. Quel destin, alors, pour nos espèces lentes à l'extrême, si cette vie se met à conquérir l'espace ? Céphéide est une nouvelle bien concise de Jean-Michel Ferrer (Michel Demuth), qui pourra rappeler certains faits jupitériens de "2010 - Odyssée 2" de Arthur C. Clarke - dont Demuth traduira le célèbre premier volume "2001- L'odyssée de l'espace" en 1968.


Au temps du dernier arbre dans toute la Galaxie, on a oublié ce qu'est le bois, comme toute une catégorie d'objets, dont les instruments de musique. La découverte d'un violon chez un antiquaire par un riche collectionneur va impulser la tentative de retrouver ce qu'est La musique de la Terre. Une belle nouvelle un brin nostalgique de Lloyd Biggle Jr. .


Moins communes que les histoires de vampires, celles de loups-garous sont souvent sauvages, pleines de sensations exacerbées et pétries d'un érotisme brutal et flagrant. Dans Gare au garou !, on y retrouve ces codes et ces formes, transposées dans la médiocrité banale de "l'american way of life", non sans une bonne dose d'humour et de sarcasmes, composé par Paul Jay Robbins dans un style bien étudié (on y relèvera l'anaphore "Vous voyez le genre." qui rappelle beaucoup les effets de style qu'adoptera plus tard Kurt Vonnegut, ou la très jolie formulation "l’écume dyspepsique collée à la paroi de ce verre d’eau qu’était sa vie ").


Une fois passé le développement de l'idée première - la destinée des nouveaux nés gérée par une bureaucratie de l'au-delà - la nouvelle Deux têtes sous le même bonnet se déroule un peu en ronronnant. Dommage pour Sasha Gilien.


Avoir le pouvoir d'échanger tout et n'importe quoi, même la jeunesse… Le protagoniste de Changements à vue est doué de ce pouvoir, mais jusqu'où pourra-t-il aller ? Une bonne petite nouvelle à chute de Henry Slesar.


On retrouve encore, dans Depuis qu’est tombé l’ange, chez Kit Reed, ce goût pour les mythes antiques, celui-ci pouvant rappeler les sacrifices des crétois faits au Minotaure. Sans doute peut-on chercher plus loin encore, mais aussi se laisser guider par un récit simple et assez intriguant.


Hormis la question autobiographique, Fritz Leiber livre avec La multiplication des pères une nouvelle un peu falote comparé à ce qu'il est capable de produire autrement. Les 237 représentations d'un père acteur demandant l'oubli à son fils inhibé tournent un peu court.




Présentant l'article de fond sur Clifford D. Simak (que nous vous proposons de retrouver ICI dans sa page dédiée) Fiction justifie ce choix par la parution du roman dudit auteur "Au carrefour des étoiles", dans le numéro 1 de la nouvelle série de Galaxie en passe de parution, en ces termes : "Demètre Ioakimidis examine à cette occasion l’œuvre du plus « civilisé » des auteurs de science-fiction américains."

Nous constatons que les deux revues sont encore très liées, Galaxie étant comme une extension de Fiction. Les quelques années à venir passant, on assistera peu à peu à une rivalité éditoriale croissante.



Pour terminer pour ce numéro 125, après la parution de l'annonce de Jacqueline H. Osterrath dans le numéro précédent, on peut lire dans la rubrique "Entre lecteurs" :

AUTEURS ! Qui enverra des récits fantastiques pour le fanzine Atlanta à Michel GRAYN, Poste Restante, CIPLET (Belgique) ? Maximum 10 pages dactylographiées double interligne.

Ce fanzine mené par le belge Michel Grayn fera l'objet d'un peu plus d'une petite dizaine de numéros entre 1964 et 1965, et publiera des auteurs comme John Flanders, Michel Demuth, Claude Seignolle, ou des notes de lectures de Albert Van Hageland, puis publiera trois recueils  : "La griffe du diable" de John Flanders, "Le village assassin" de Raoul De Warren, et "Comme une odeur de soufre" de Michel Grayn, entre 1966 et 1967.

27 mars, 2024

Galaxie (1ère série) n°060 – Novembre 1958

Un record : de toutes les nouvelles de ce numéro, seule celles de Julia Verlanger et d'Isaac Asimov seront rééditées en français par la suite. Un festival de raretés, donc, dont deux nouvelles de Frederik Pohl, et une du nouvel arrivé Daniel Keyes, entre autres...

Clic droit qui tranche !

Sommaire du Numéro 60 :


1 - Paul FLEHR, Défense de tuer sur Vénus (Seven Deadly Virtues, 1958), pages 2 à 29, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Wallace (Wally) WOOD *

2 - Isaac ASIMOV, L'Enfant recréé (Lastborn, 1958), pages 30 à 56, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Wallace (Wally) WOOD

3 - Daniel KEYES, Ce diabolique Elmo (The Trouble with Elmo, 1958), pages 57 à 71, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par MARTINEZ *

4 - Rosel George BROWN, Le Censeur invisible (From an unseen censor, 1958), pages 72 à 88, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par DILLON *

5 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 89 à 90, courrier

6 - Charles SATTERFIELD, Troisième délit (Third offense, 1958), pages 91 à 100, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par MARTINEZ *

7 - Willy LEY, Circulation planétaire, pages 101 à 106, article, trad. (non mentionné)

8 - Jean LEC, Ma poule et moi, pages 107 à 110, nouvelle *

9 - Julia VERLANGER, Match contre Vénus, pages 111 à 115, nouvelle

10 - Lloyd Jr BIGGLE, Copie intégrale (On the Double, 1958), pages 116 à 126, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS *

11 - L.-J. Jr STECHER, Dilemme (Man in a quandary, 1958), pages 127 à 135, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par MARTINEZ *

12 - Léopold MASSIÉRA, Les Prisonniers du docteur Holmberg, pages 136 à 138, nouvelle *

13 - Maurice-Bernard ENDRÈBE, Livres d'aujourd'hui et de demain, pages 139 à 140, notes

14 - Jimmy GUIEU, La Rubrique de l'étrange, pages 141 à 143, chronique


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.

Défense de tuer sur Vénus, par Paul Flehr (pseudonyme de Frederik Pohl) est un bon petit récit sur les systèmes sociaux relatifs à la colonisation des exoplanètes ; ici, le conditionnement (qui rappelle la méthode Ludovico de "Orange mécanique" d'Anthony Burgess) que doivent subir les colons de Vénus, et qui leur interdit tout acte violent.

L'enfant recréé propose un Isaac Asimov plus tendre qu'à son habitude, et un nouveau type de voyage dans le temps : amener comme à la pêche au filet des matières, des choses, des animaux ou des gens depuis le passé, à condition qu'ils ne sortent pas d'un certain périmètre appelé "Statis". Ici s'agit-il surtout d'un bébé Neandertal qui va être élevé comme un enfant moderne sous cloche… On pensera au roman postérieur de Ian Watson : "L'enchassement".

Daniel Keyes, l'auteur de "Des fleurs pour Algernon", qui paraitra dans Fiction n°69, (prix Hugo de la nouvelle 1960), est publié pour la première fois en France avec Ce diabolique Elmo. C'est avec beaucoup d'humour que Keyes pose le problème du point de singularité, à savoir celui où une intelligence artificielle prend conscience de sa place dominante. On pensera au roman "Colossus" (1966) de D. F. Jones, beaucoup moins humoristique celui-là.

"RIEN n’est plus fatigant que la lecture d’un volume antique. Il est impossible d’en projeter les pages sur un écran ou de les faire passer devant une cellule lectrice tandis qu’on se détend. Il faut le tenir, ce qui fatigue le bras. Si on le pose sur une table, on se tord le cou à force de rester penché !"

Ce point de vue parlera aux lecteurs du numérique. Il est extrait de Le censeur invisible, par Rosel George Brown, une sympathique histoire de chasse au trésor mâtinée de l'empreinte de Lewis Carroll. Exotique et surréaliste - bref : extraterrestre.

Charles Satterfield - soit le 2ème pseudonyme de Frederik Pohl pour ce numéro - signe Troisième délit. Un peu rapide en besogne, cette histoire de châtiment virtuel tourne malheureusement un peu court, malgré une bonne idée de base.

Ma poule et moi, par Jean Lec, est une petite nouvelle sympathique et sans prétention ; on sent bien l'influence de Marcel Aymé dans ce récit de métempsychose symbiotique.

L'enfer de Vénus - bien souvent imaginé dans la SF de cette époque comme une sorte de jungle préhistorique et tropicale - ne déroge pas dans Match contre Vénus, par Julia Verlanger. En effet, il garde ses lois éternelles : on n'en réchappe pas.

Copie intégrale, par Lloyd Biggle Jr., dévoile la logique d'un plan d'espionnage presque parfait, avec une autre vue sur Vénus, et sa civilisation technologiquement avancée, mais qui n'avait aucune conscience qu'il existât un univers au-delà de sa couverture nuageuse éternelle.

Dans Dilemne, par L. J. Stecher Jr., on pourrait imaginer avec cette histoire d'homme augmenté que la première machine à être considérée comme intelligente sera de cette espèce. Quoi qu'il en soit, et malgré un bon sujet qui rappellera le remarquable "Limbo" de Bernard Wolfe, Stecher finit un peu abruptement avec une chute qui n'en est pas une.

On se demande bien comment Les prisonniers du Docteur Holmberg, par Léopold Massiéraait pu retenir l'attention d'un éditeur. Heureusement qu'elle est courte.

Dans La rubrique de l'étrange, Jimmy Guieu n'a plus rien à dire que de justifier ses fictions par des théories fumeuses. Pauvre sacré Jimmy !

06 mars, 2024

Galaxie (1ère série) n°057 – Août 1958

Une nouvelle de Frederik Pohl, restée non publiée depuis, ainsi qu’une nouvelle de très bonne qualité de William Tenn. Les français ne sont pas en reste avec le météore Bernard Devaux. 

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Sommaire du Numéro 57 :

 

1 - Frederik POHL, Jeux sur Vénus (The Gentlest Unpeople, 1958), pages 2 à 18, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Wallace (Wally) WOOD *

2 - Fritz LEIBER, La Dernière lettre (The Last Letter, 1958), pages 19 à 28, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par DILLON

3 - L.-J. Jr STECHER, Revoir la Terre ! (Garth and the visitor, 1958), pages 29 à 36, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS *

4 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 37 à 38, courrier

5 - William TENN, Droit d'asile (Sanctuary, 1957), pages 39 à 49, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par MARTINEZ

6 - Francis GOUDEAU, Le Soleil photographié à haute altitude, pages 51 à 53, article

7 - Lloyd Jr BIGGLE, Essai partiel (Bridle Shower, 1958), pages 54 à 68, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par DILLON *

8 - Bernard DEVAUX, Hypnose musicale, pages 69 à 73, nouvelle *

9 - Alfred BESTER, Jusqu'aux étoiles (2ème partie) (The Stars My Destination, 1957), pages 74 à 105, roman, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

10 - Richard E. SMITH, Pêcheur de crimes (Pick a crime, 1958), pages 106 à 117, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS *

11 - (non mentionné), Saviez-vous que..., pages 118 à 118, notes

12 - Vargo STATTEN, Le Pilote d'outre-tombe (The Mental Gangster, 1942), pages 119 à 142, nouvelle, trad. (non mentionné)

13 - Claude VAUZIÈRE, Livres d'aujourd'hui et de demain, pages 143 à 144, notes 


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.

Jeux sur Vénus,  par Frederik Pohl, est une petite pochade sans prétention sur l'arrogance des explorateurs quand, de colons, ils passent à pillards.

Un peu de légèreté chez Fritz Leiber, malgré un contexte de civilisation humaine sous forme de ruche gérée par les machines. Comment y serait traitée une lettre d'amour ? C’est La dernière lettre.

Revoir la terre ! par L.-J. Stecher (auteur dont nous n’avons pas pu glaner d’éléments biographiques), avec une bonne situation de base, des propos qu'on pourrait prêter aux politiques de décolonisation des années à venir... voit sa chute est peu abrupte.

Dans Droit d’asile, une très bonne nouvelle de William Tenn, l’auteur invente les Ambassades temporelles, soient des représentants de l'avenir dans un siècle précédent - et tout ce que cela implique pourrait être décliné encore et encore.

L'Essai partiel de Lloyds Biggle Jr. est une cocasse tentative d'invasion extraterrestre par le démantèlement des échanges du Capital, principalement en éradiquant l'usure et l'obsolescence. Pas aussi simple à faire quand veillent les impôts...

A l'heure actuelle où composer des petites musiques pré formatées est rendu possible et automatique, Hypnose musicale met l'accent sur ce qu'on voyait peu venir encore à l'époque : le rapport direct au "client" individualisé en masse (le "dividu" de Deleuze). Une bien bonne nouvelle par Bernard Devaux, un auteur qui ne signera que deux autres nouvelles en parution dans la revue Satellite.

On déplorera le digest de Jusqu’aux étoiles, de Alfred Bester, inspiré de loin par le Comte de Monte-Cristo. Pour les thèmes que Bester utilise, la téléportation individuelle sans l'aide d'une machine, mais conçu comme une faculté -le "jaunting" - est l’argument principal de ce roman, sans être réellement central. La métamorphose de la société est bien timide (il continue d'exister des villes, par exemple, là où le jaunting rend obsolète toute concentration territoriale...), et le digest de Galaxie édulcore toutes les péripéties d'ambiance, où pourtant Bester est sans doute le meilleur.

Pêcheur de crimes, par Richard E. Smith, nous propose de suivre de près une grande révolution cognitive :

Imagination ou non, l’A.P.C. se trouvait presque partout. Vingt-quatre heures par jour, des millions de microphones se dissimulaient dans les tavernes, ruelles, restaurants, métros et tous les endroits imaginables. Tout ce qu’ils enregistraient était transmis au cerveau A.P.C., un monstrueux calculateur électronique. Si les mots : « Allons au cinéma ! » étaient captés par le Cerveau, ils étaient éliminés. Mais s’il recevait la phrase : « Roulons ce gars ! », le message s’inscrivait, et un hélicoptère de la police gagnait l’endroit en deux minutes. La ville n’était pas seulement parsemée de micros cachés, mais de caméras de télévision clandestines, qui apportaient des messages visuels au Cerveau, et de machines invisibles capables de découvrir à quarante mètres un couteau ou un revolver dans une poche.

Chaque établissement, de la plus grande banque à la plus petite épicerie, était absolument inviolable. Personne n’avait jamais essayé d’y commettre un vol depuis des années.

Les détecteurs de chaleur, qui décelaient, par radar, toute élévation de température au-dessus de celle provoquée par une cigarette allumée, rendaient l’incendie volontaire presque impossible. Les recherches chimiques prévenaient tout empoisonnement. Aucune drogue ne contenait plus de poison et, tandis qu’un insecticide tuait les fourmis, sa dose la plus concentrée restait inoffensive pour un humain.

Le F.B.I. restait une puissante organisation, mais, sous la supervision de l’A.P.C., il devenait un colosse scientifique, et la seule idée d’enlever quelqu’un ou de trafiquer des stupéfiants devenait inepte. Une carrière de faussaire ne durait pas : chaque lieu de travail et des millions d’individus possédaient de petits détecteurs qui repéraient les faux et les signalaient directement au cerveau.

Le pourcentage de crimes avait baissé davantage encore avec l’apparition des officiers de police robots. Jadis, de nombreux criminels se targuaient d’abattre les agents lancés à leur poursuite. Mais les robots n’étaient pas de chair et de sang. Les balles rebondissaient sur eux, et leur tir était infaillible.

La domestication de l’énorme énergie atomique fournissait à tout le pays une puissance électrique illimitée, à des prix ridiculement bas. Le fonctionnement des appareils d’A.P.C. coûtait à chaque contribuable une moyenne de quatre dollars par an, bien que leur création, développement et fabrication revinssent à moins.

L’A.P.C. avait attaqué le crime au cœur même de la société. Dans chaque ville, des enseignes subliminales au néon transmettaient dans leurs clignotements l’inscription :

« Le crime est une souillure ». Partout, en ville et à la campagne, s’étalaient d’innombrables affiches subliminales répétant la même formule, et chaque revue ou journal contenait, en filigrane, la sentence : « Le crime est une souillure ».

Après un moment, on voyait et entendait les mots sans y penser. Ils s’imprimaient ainsi dans le subconscient, année après année…

On pensera sans doute à « L'orange mécanique » de Anthony Burgess à la lecture de cette nouvelle, traitant de la prévention du crime par traitement chimique. Une singulière dystopie où tout le monde est heureux...

Malheureux titre que Le pilote d’outre-tombe, qui divulgache un peu l’intrigue de Vargo Statten. Une bonne ambiance de huis-clos pour des bagnards évadés d'au-delà de Pluton, pris au piège d'un point d'arrêt spatial - convergences de gravités croisées qui stoppe tout mouvement. Hélas, la plupart des éléments de l'intrigue finissent... dans le sas d'évacuation.

Nous en citerons cet extrait, qui résonne étrangement avec le roman de Bester dans le même numéro :

Le signal clignotait, maintenant de plus belle. Cela signifiait qu’il avait capté un appel de détresse.

— Évitez-le ! insista Blackie. Nous n’avons pas à nous préoccuper des autres. Compris ?

— Franchement, non, je ne comprends pas ! répondit Coward, en jetant autour de lui un regard égaré. C’est une règle absolue : le code de l’Espace doit être observé en toute circonstance ; et rien ne s’y oppose dans notre cas.

On a connu en France au cours de ces 30 dernières années un retour au tramway. On aurait pu avoir autre chose !

SAVIEZ-VOUS QUE…

…la voiture de l’avenir glisserait sur un matelas d’air comprimé ?

Ce véhicule révolutionnaire reposerait sur des pieds de métal extrêmement plats et dotés d’ouvertures par lesquelles jaillirait de l’air comprimé. C’est sur la couche gazeuse ainsi formée que la voiture prendrait appui. En cas de baisse de pression, même à grande vitesse, elle redescendrait sans dommage sur ses patins métalliques.

L’appareil expérimental, appelé Glide Air, et mis au point par les ingénieurs des usines Ford, à Détroit, ressemble plutôt à un scooter, mais le vice-président des recherches de la firme, André Kucher, a déjà construit un modèle réduit d’auto doté d’un moteur à turbo-réaction capable de lui faire atteindre 800 kilomètres-heure sur un rail.

Les inventeurs estiment que la circulation sans roue, peut-être sur un réseau de monorails, deviendra une réalité avant l’an 2 000.

Bien la peine de s’être débarrassé des rails de trams !…

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