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08 décembre, 2025

Cadeau Bonus : 20 Fictions disparues - Le PReFeG a quatre ans !!!!

Proxima du Centaure, notre voisine de palier :
sa lumière met quatre ans à nous parvenir…
Quatre ans, et plus de 100 000 vues, ça y est ! Bon dieu de bois, notre messager venu du Centaure arrive à point nommé pour fêter ça ! Nous voyons déjà Ses yeux clignoter de plaisir, de cette façon si étrange qui n'appartient qu'à Lui, et qui à la fois nous inquiète et nous rassure : c'est Lui, par le ciel, c'est bien Lui !

Mais baste !

Le PReFeG est très heureux de fêter ses quatre ans d'existence en vous proposant un nouveau bonus exclusif : "20 Fictions disparues - domaine anglo-saxon", qui regroupe vingt nouvelles datées pour leurs publications américaines de la décade 1954-1963, et parues en France pour la majorité dans "Fiction" (une seule, la première, provient de "Galaxie - 1ère série"). Hormis l'une d'elle (de John Novotny dont nous n'avons pas désiré amputer le corpus francophone), ces nouvelles ont toutes en commun de n'avoir jamais été reprises ensuite ni en recueils, ni en anthologies.
Elles témoignent pourtant de la qualité de leurs auteurs, peu connus finalement en France, et souvent après un passage éclair ou disparate dans les pages de "Fiction". Nous vous proposons ici de les découvrir, ou de les retrouver si vous êtes déjà un lecteur assidu, ancien ou nouveau, de ces publications. Et comme toujours, vous pouvez télécharger le recueil concocté pour l'occasion au format epub en cliquant directement sur l'image de couverture.

20 Fictions disparues - domaine anglo-saxon

AU SOMMAIRE :

Un clic droit sur la couverture,
puis "enregistrer sous"
pour télécharger votre epub 
Franklin ABEL

1 - Omission capitale , 1956  (Nouvelle, Galaxy Science Fiction, mai 1952) Freudian slip, 1952 (paru dans Galaxie (1ère série) n° 29, NUIT ET JOUR 4/1956).

Omission capitale, par Franklin Abel, détonne par son aspect presque surréaliste et dans l'inventivité brillante de ses descriptions.


Charles G. FINNEY

Charles Finney, surtout connu en France pour son roman "Le cirque du Docteur Lao" (adapté au cinéma par Georges Pal en 1964).

2 - Le Vieil homme et le désert (Nouvelle, Harper's Magazine, juillet 1958) The Iowan's Curse, 1958 (paru dans Fiction n° 70, OPTA 9/1959).

Ambiance de voisinage hypocrite et d'Amérique un brin attardée, mâtinée de superstitions malsaines, dans Le vieil homme et le désert, par Charles G. Finney. Ici, c'est le désert de la Sonora et la frontière mexicaine qui lui sert de décor.

3 - Le Grand chien noir (Nouvelle, F&SF, octobre 1958) The Black Retriever, 1958 (paru dans Fiction n° 63, OPTA 2/1959).

Traduction par Alain Dorémieux sous pseudo et ambiance de voisinage pour Le grand chien noir, petite allégorie du danger pulsionnel qui menace les petites communautés paisibles.

4 - Les Petits monstres (Nouvelle, F&SF, octobre 1959) The Gilashrikes, 1959 (paru dans Fiction n° 96, OPTA 11/1961).

Les expérimentations animales qu'imagine Charles Finney dans Les petits monstres trouvent encore leur cadre dans une vie de quartier, comme dans "Le grand chien noir". Mais ici, l'animal n'est plus l'allégorie de la pulsion, mais bien plutôt celle d'un surmoi qui surveille et punit.

5 - Captivité (Nouvelle, F&SF, octobre 1961) The Captivity, 1961 (paru dans Fiction n° 103, OPTA 6/1962).

Là encore une histoire allégorique avec Captivité, de Charles Finney (dont ce sera la dernière publication dans Fiction). Un camp de prisonniers sans autres entraves qu'une haute barrière pour les empêcher de fuir. Pas d'autre privation ni de carence. Puis la captivité prend fin. On s'interroge sans cesse sur la nature réelle de ce camp, des pistes sont évoquées pour être abandonnées ensuite… Bien mené.



John NOVOTNY


6 - Transports de colère !(Nouvelle) The angry Peter Brindle, 1954 (paru dans Fiction n° 24, OPTA 11/1955).


Une nouvelle jugée loufoque mais qui ne l'est pas plus que ce qu'écrirait Fredric Brown : Transports de colère ! expose le thème du "télétransport", rappelant encore Alfred Bester et son roman "Terminus les étoiles" ; on pourra aussi se reporter à "L'homme qui se téléportait" de Joseph Satin (in Galaxie n°030).

7 - Un lac de whisky (Nouvelle) The Bourbon lake, 1954 (paru dans Fiction n° 105, OPTA 8/1962).


Bien que sans plus d'intérêt qu'une bonne blague, l'histoire divulgâchée par son titre se lit avec un plaisir un peu tourbe... euhh...hips.... Un peu trouble. Santé !


8 - L'Auréole de la vertu (Nouvelle) The tin halo, 1955 (paru dans Fiction n° 30, OPTA 5/1956).


Avec L’auréole de la vertu, le barbare devient le tentateur. Mais le civilisé vit-il de justes valeurs ? Une charmante nouvelle, qui rappelle un conte de Marcel Aymé.

9 - Le Second lot (Nouvelle) Second prize, 1957 (paru dans Fiction n° 80, OPTA 7/1960).


Des soldats antiques surnommés Toto et Doigts de Fer, tels les compagnons de Dorothy dans "Le magicien d'Oz" apportent Le second lot. Une histoire cocasse qui ravira les maris affublés d'une femme jalouse.


10 - A malin, malin et demi (Nouvelle) A trick or two, 1957 (paru dans Fiction n° 104, OPTA 7/1962).


Une autre potacherie, celle-ci traduite par Alain Dorémieux sous pseudonyme ; un poil machiste, si l'on ose le dire ainsi, mais l'honneur est sauf, dans À malin, malin et demi. Cette nouvelle sera la seule de John Novotny reprise dans une anthologie ("Histoires parapsychiques" - de la série de la Grande Anthologie de la Science-Fiction, volume sous la direction de Demètre Ioakimidis).




Jay WILLIAMS

Un auteur qui n'a cessé de se bonifier avec le temps.


11 - La Plaie de Mars (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, juin 1956) The Asa Rule, 1956 (paru dans Fiction n° 42, OPTA 5/1957).


La plaie de Mars est une charmante chronique martienne anthropologique, à la façon d'un Chad Oliver.


12 - Guerre froide (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, octobre 1956) Mr. Guthrie's Cold War, 1956 (paru dans Fiction n° 50, OPTA 1/1958).


Guerre froide est une petite histoire de sorcellerie sympathique, un peu creuse mais agréable à parcourir.


13 - Un dieu en boîte (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, janvier 1958) Little Tin God, 1958 (paru dans Fiction n° 56, OPTA 7/1958).


Un dieu en boite est une très bonne nouvelle avec un effet de chute bien amenée, sur l'exploitation animale - qu'elle soit extraterrestre ou pas ; cela réjouira particulièrement les lecteurs végans (pas ceux de Véga...).


14 - Le Moindre mal (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, août 1959) Operation Ladybird, 1959 (paru dans Fiction n° 73, OPTA 12/1959).


Jusqu'où doit-on respecter le vivant ? Jay Williams propose avec Le moindre mal une nouvelle assez trépidante, qui aurait même pu être développée davantage.


15 - Le Hanneton (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, mars 1961)The Beetle, 1961 (paru dans Fiction n° 93, OPTA 8/1961).


Le hanneton est une petite histoire de justice post-mortem comme on peut en trouver dans Mystère Magazine. Jay Williams a du métier et avance ses éléments sur un tempo croissant, et bien qu'on le sente venir, on s'y laisse prendre.


16 - Compagnon de jeu (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, mai 1961)Somebody to Play With 1961 (paru dans Fiction n° 98, OPTA 1/1962).


Le discours de fond de Compagnon de jeu est on ne peut plus clair. En témoigne cet extrait :


« Il se peut que la vraie raison de ce qui est arrivé à notre planète réside dans l'écologie, » avait-il déclaré, plutôt tristement. « Vous comprenez bien, mes enfants, que je parle de la planète Terre, non de cette planète-ci. L'humanité est une force explosive. Quand elle est menacée, elle éclate dans toutes les directions. Au fur et à mesure que ses structures sociales devenaient plus complexe, il lui est devenu impossible de coexister avec les prédateurs – ces animaux de proie qui menaçaient son cheptel. Il lui fallut détruire ces bêtes de proie. Puis vint le tour de tout ce qui avait des dents pointues, suspectes par conséquent. Le coyote, par exemple, capable éventuellement de manger un mouton, devait être éliminé, bien que les écologistes eussent montré que le coyote valait son poids d'or pour les fermiers, parce qu'il aidait la nature à conserver son équilibre naturel en mangeant les souris qui auraient pullulé autrement. Bien, entendu, une fois les coyotes disparus, les souris se multiplièrent. Cela conduisit à mener de grandes campagnes pour l'empoisonnement des rongeurs avec un bon petit poison non sélectif nommé le 1080, pour lequel il n'existait pas d'antidote. Beaucoup de souris périrent, et aussi beaucoup d'oiseaux qui se nourrissaient de souris, et puis tous les animaux – chats ou chiens – qui mangèrent les souris empoisonnées, et puis le gibier qui s'était nourri d'appâts empoisonnés, et même quelques hommes qui avaient mangé de ce gibier.

» L'humanité créa ainsi autour d'elle des cercles mortels. La crainte, la haine, un désir psychopathique de sécurité – comme si la sécurité faisait le bonheur – firent naître autour d'elle des zones dévastées, toujours plus étendues. Et cela se produisit aussi entre un groupe d'hommes et un autre groupe. Que l'on aperçut des dents trop pointues, et l'on croyait ne pouvoir se défendre que par des campagnes de destruction, par des massacres de plus en plus importants, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Tout ça, au nom de la sacro-sainte sécurité ! »

Ecologie et sécurité, ou quand la considération de l'une devient le problème de l'autre. Nous avons là une bonne nouvelle concise et éloquente de Jay Williams, avec une belle traduction de surcroît.


17 - Les Présents des dieux (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, avril 1962)Gifts of the Gods, 1962 (paru dans Fiction n° 106, OPTA 9/1962).


Les présents des dieux est présentée ainsi : " le thème (...) des premiers extra-terrestres débarquant sur Terre (...) pour jeter les bases de quelque union galactique (...) est une des mamelles de la science-fiction. " La proposition est faite sur un plan plutôt "sociologique", voire anthropologique, comme en témoignent ces citation de la délégation extra-terrestre :

« Je crains, » dit le porte-parole, « que vous ne confondiez progrès avec changement. Il est exact que vous vivez dans une communauté sociale qui a changé profondément au cours des cent dernières années. Mais avez-vous progressé ? Vos citoyens sont-ils tous heureux, entièrement développés, intellectuellement mûrs ? » (...) « Vous estimez que le progrès consiste en procédés perfectionnés pour congeler les aliments, en moyens de transport plus confortables ou en méthodes nouvelles pour lutter contre les maladies. Ce n'est pas cela le progrès. Le progrès, c'est ce que vous faites avec les gens guéris, et où vous allez avec vos moyens de transport améliorés, et pourquoi vous y allez. Le progrès, c'est ce qui se passe dans votre cœur. La plupart d'entre vous sont bons, mais vous n'avez pas progressé d'un iota en cinq cents ans, ni même en mille. Si vous avez l'occasion d'un profit personnel, il n'y a pas un seul d'entre vous qui hésiterait à raser des forêts, à détruire toute vie sauvage, à tuer un millier d'autres êtres humains et à tourner le dos pour ne pas voir les souffrances de ses concitoyens. » 

En fait, un peu à la manière d'Howard Fast, Jay Williams interroge la notion de progrès à travers cette délégation extraterrestre censée apporter bienfaits et alliance.




John Womack VANDERCOOK
Un auteur rare, mais néanmoins excellent !

18 - La Masse (Nouvelle) The challenge, 1956 (paru dans Fiction n° 94, OPTA 9/1961).

La Masse, initialement parue dans le Mystère-Magazine » n°71 de décembre 1953, est une histoire de force invisible, mais qui ne se contente pas d'être un conte d'épouvante et s'affirme aussi dans sa vertu d'allégorie. L'ensemble est brillamment mené conjointement sur ces deux niveaux de lecture par John Womack Vandercook.

19 - Rencontre avec la peur (Nouvelle) Funk, 1960 (paru dans Fiction n° 109, OPTA 12/1962).

Rencontre avec la peur, et même la peur de la peur, qui rôde et qui tue… sans rien faire d'autre qu'être évoquée. Avec ce récit qui prend bien le temps de poser décor et caractères, dans la région colonisée du Nigéria, on retrouve les racines d'un sentiment qui "dépasse en âpreté toutes les autres épreuves" comme l'écrivait Montaigne. John W. Vandercoock signe ici sa deuxième et dernière contribution à Fiction. Dommage, on aurait aimé découvrir davantage de cet auteur fin et étonnant.


Ray NELSON

Illustrateur et auteur, Ray Nelson est par exemple l'inventeur de la casquette à hélice. On lui doit "Les machines à illusions" coécrit avec Philip K. Dick. Pour cette anthologie : un unique récit, mais quel chef-d'œuvre !

20 - Les Fascinateurs (Nouvelle) Eight o'clock in the morning, 1963 (paru dans Fiction n° 125, OPTA 4/1964).

La nouvelle Les Fascinateurs est excellente, tant par son thème, la lecture allégorique et même marxiste qui en est possible, que par sa concision. On peut aussi s'amuser à y retrouver les germes des séquences que John Carpenter utilisera pour le magnifique film qu'il en tirera "They live" ("Invasion Los Angeles" en VF). Assurément cette nouvelle est un sommet de la collection, mais est très étonnamment demeurée impubliée ailleurs depuis.


25 janvier, 2023

Galaxie (1ère série) n°029 – Avril 1956

Tout est affaire de terrain pour ce numéro 29 de Galaxie, avec Robert Sheckley, Theodore Sturgeon, Daniel F. Galouye et Lester Del Rey au sommaire.

Allô chef ? On fait quoi après le clic droit sur la couverture ?

lien epub

 Sommaire du Numéro 29 :

1 - Richard E. SMITH, Le Piège (The snare, 1956), pages 2 à 12, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par WEISS

2 - Jacques DROIT, Malheureux Ulysse, pages 13 à 33, nouvelle

3 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 35 à 37, courrier

4 - James E. GUNN, L'Androïde sentimental (Little Orphan Android, 1955), pages 38 à 59, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

5 - Robert SHECKLEY, Une chasse difficile (Hunting Problem, 1955), pages 61 à 71, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Mel HUNTER

6 - Daniel F. GALOUYE, Un monde parfait (Country Estate, 1955), pages 72 à 91, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Irv DOCKTOR

7 - Floyd L. WALLACE, Amour et Cie (The Man Who Was Six, 1954), pages 92 à 110, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par ASHMAN

8 - Franklin ABEL, Omission capitale (Freudian slip, 1952), pages 111 à 120, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par HARRINGTON

9 - Theodore STURGEON, Précieuse et le cerf-volant (Talent, 1953), pages 121 à 127, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ernie BARTH

10 - Lester DEL REY, Les Ans s'écoulent quand même (The Dwindling Years, 1956), pages 128 à 138, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par JOHNS

11 - Alan ARKIN, Le Coupeur de dimensions (Whiskaboom, 1955), pages 139 à 144, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par DIEHL

 

Terrains en tous genres, donc. Terrains de chasse (Le piège, par Richard E. Smith ; Une chasse difficile, par le régulier Robert Sheckley ; Précieuse et le cerf-volant par Théodore Sturgeon), terrains physiologiques (L'androïde sentimental, par James E. Gunn ; Amour et Cie, par F. L. Wallace) ou des lois de la physique (Omission capitale, par Franklin Abel ; Le coupeur de dimension, par Alan Arkin), de l'espace (Les ans s'écoulent quand-même, par Lester Del Rey) et du temps (Malheureux Ulysse, par Jacques Droit – lauréat du troisième Prix du concours de nouvelles lancé par Galaxie). L'ensemble de ces terrains demeurant à conquérir... encore faudrait-il déjà les comprendre ! (Un monde parfait, par Daniel F. Galouye).

Pour approfondir un tantinet le survol des nouvelles de ce numéro : Le piège, par Richard E. Smith, rappelle non seulement Trafalmadore, la planète récurrente dans l’œuvre de Vonnegut dont les habitants marquent un peu trop une tendance à prendre l’univers pour leur laboratoire privé, mais aussi le principe de "La sentinelle", la nouvelle d’Arthur C. Clarke à la base du remarquable film « 2001, l’odyssée de l’espace. »

Malheureux Ulysse, par Jacques Droit, est une belle et audacieuse leçon d'uchronie, qui place déjà les bases du multivers.

Un monde parfait, par Daniel F. Galouye, est une intéressante utopie qui questionne la notion de "civilisation" qu'on met au centre de notre vision de société...

Amour et Cie, par un F. L. Wallace non crédité dans l’epub d’origine (nous n’avons pas eu accès à l’édition papier pour vérifier cette information), traite de la même problématique que "Les mains d'Orlac" de Maurice Renard, à savoir : la survivance de l'identité du donneur dans une greffe sur autrui ; l’ensemble est ici traité cependant avec humour (quand il s’agissait d’épouvante chez Renard).

Omission capitale, par Franklin Abel, détonne par son aspect presque surréaliste et dans l'inventivité brillante de ses descriptions.


Une lettre questionnant la vitesse ultime de la lumière ouvre sur d’intéressantes spéculations scientifiques :

...Peut-on concevoir des vitesses supérieures à celle de la lumière ? Dans les récits de science-fiction, les auteurs ne se privent pas d’inventer des super-moteurs ou des utilisations de champs cosmiques. Basent-ils ces « fictions » sur des faits scientifiques ou, plus simplement, escamotent-ils la difficulté ? (Mme DETAPE, Vire.)

 

LA vitesse de la lumière n’est qu’une limite imposée par la relativité aux corps doués de masse, tout au moins à la surface de la terre.

On peut toujours concevoir des vitesses supérieures, par exemple, celle de la pensée, qui peut nous transporter en imagination à n’importe quelle distance de notre Galaxie, et immédiatement. Certaines œuvres de science-fiction sont d’ailleurs fondées sur cette rapidité extrême de la pensée. Toutefois, ce n’est pas encore un mode de propulsion utilisable pour des corps matériels…

D’autre part, si l’on admet les théories de l’univers en expansion, selon lesquelles les galaxies s’éloignent d’un centre commun – comme toutes les parties de l’enveloppe d’un ballon que l’on gonflerait démesurément s’éloigneraient rapidement de son centre, tout en conservant des vitesses plus raisonnables les unes par rapport aux autres à la surface de l’enveloppe – on est forcé d’admettre par le calcul que les masses galactiques situées à l’opposé de la nôtre s’en éloignent à des vitesses bien supérieures à celle de la lumière.

Ici intervient un paradoxe : tout en admettant l’existence de ces galaxies diamétralement opposées à la nôtre sur le « ballon » de l’univers, nous ne pourrions les voir, puisque leur lumière ne nous parviendrait plus.

En réalité, le « truc » des romanciers spécialisés consiste à imaginer des passages successifs de notre « dimension » dans une autre où la relativité joue à une échelle infiniment supérieure, ce qui n’est encore qu’un concept de l’esprit, mais n’a rien d’impossible. Il se peut qu’une seconde de notre univers représente une pleine année dans un monde infiniment plus petit, ou qu’une de nos années soit comme une seconde dans une autre dimension, gigantesque par rapport à nous. Les voyages interstellaires deviennent alors « possibles » par le passage d’un temps dans un autre, au cours même d’une vie humaine.

Dans la réalité, nous en sommes encore très loin.

 

Un autre extrait nous présente les derniers progrès en matière de soins contre les affections respiratoires (n’oublions pas qu’en 1956, la tuberculose était une maladie encore assez répandue, et tragique.) C’est dans l’aspect « simulacre » que la description vaut le détour (ceux qui se rappellent la fin du film « Soleil vert » comprendront le sinistre de l’allusion).

...SAVIEZ-VOUS QUE

il est désormais possible de s’offrir sans déplacement et sans perte de temps l’équivalent d’une cure à la mer ou à la montagne ?

 

C’EST ce que permettrait le Centre d’Oxygénation qui vient d’être créé à Paris et qui est le premier en Europe.

On y traitera, notamment, la nervosité et le surmenage, les trachéites, sinusites, bronchites, grippes, rhino-pharyngites, et certaines maladies infantiles telles que la coqueluche, la diphtérie, la broncho-pneumonie.

Le procédé est des plus simples : on place le malade sous une tente transparente en nylon, et l’air salutaire, dûment dosé en oxygène, est répandu, sous surveillance médicale, dans cet abri. Le sujet éprouve des sensations variant selon la température de l’air qui lui est diffusé. À 20°, c’est l’impression de fraîcheur de la campagne ; plus frais, c’est l’évocation de la brise marine ou du vent vif des cimes.

Le cadre change selon le genre de villégiature ordonné à chaque patient. C’est ainsi que les cures maritimes s’effectuent dans une chambre bleue. Une chambre verte recrée le calme de la campagne, tandis qu’une chambre rouge correspond à l’atmosphère vivifiante de la haute montagne. Pour compléter l’illusion, d’immenses photographies de paysages correspondant à chaque climat s’encadrent dans des fenêtres postiches.

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