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03 janvier, 2024

Galaxie (1ère série) n°053 – Avril 1958

Galaxie change de maquette pour ses couvertures, et mise sur la quantité d’auteurs et de nouvelles. On trouvera dans ce numéro 53 une flopée de raretés, dont une nouvelle de Robert Sheckley et une de Frederic Pohl, toutes deux sous pseudonymes, sans compter J. T. McIntosh, le remarqué Lloyd Biggle ou encore William Morrison, et quelques productions françaises.

Clic droit sur la nouvelle maquette !

Sommaire du Numéro 53 :


1 - Lloyd Jr BIGGLE, Les Leçons du robot (Spare the Rod, 1958), pages 2 à 22, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Wallace (Wally) WOOD *

2 - Finn O'DONNEVAN, Idylles sur commande (Grey flannel armor, 1957), pages 23 à 31, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par DILLON *

3 - Walter S. TEVIS, La Balle choisit la liberté (The Big Bounce, 1958), pages 33 à 40, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par JOHNSON

4 - Vargo STATTEN, Marche arrière (Reverse Action, 1954), pages 41 à 55, nouvelle, trad. (non mentionné)

5 - William MORRISON, Glissoire transtemporelle (The Sly Bungerhop, 1957), pages 56 à 68, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Don MARTIN

6 - Maurice LIMAT, La Colère des Martiens, pages 69 à 74, nouvelle

7 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 75 à 76, courrier

8 - Michael SHAARA, Un maillon de la chaîne (Wainer, 1954), pages 77 à 84, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par ASHMAN *

9 - Jeannine RAYLAMBERT, Le Partage de minuit, pages 85 à 98, nouvelle *

10 - Jim HARMON, Contempteur du progrès (Confidence game, 1957), pages 99 à 108, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par EPSTEIN *

11 - Jimmy GUIEU, Les Soucoupes volantes, pages 109 à 110, chronique

12 - J. T. McINTOSH, Voyage sans retour (You Were Right, Joe, 1957), pages 111 à 118, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS *

13 - Roger DEE, Sur une île perdue (Traders Risk, 1958), pages 119 à 128, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Don MARTIN

14 - Paul FLEHR, Compagnons de la haine (The Hated, 1958), pages 129 à 136, nouvelle, trad. (non mentionné) *

15 - John BOLAND, L'Ère chicha (Doat age, 1957), pages 137 à 144, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Peter BOWMAN *

 

* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.

Kurt Vonnegut, dans Le pianiste déchaîné, rapportait une anecdote similaire avec une machine à jouer aux dames. Dans Les leçons du robot, Lloyd Biggle confond sciemment enseignement technique et étayage mécanique, confusion d'autant plus flagrante qu'il s'agit d'un enseignement artistique, impossible à réduire à une simple action mécanique.

Robert Sheckley sous le pseudonyme de Finn O’Donnevan, poursuit son étude du sentiment amoureux dans Idylles sur commande, en imaginant un mélange de ce que nous appellerons plus tard "site de rencontre" et "flash mob". L'idée de jeunes gens en déroute prêts à se laisser scénariser leurs vies est toutefois grinçante.

Comme dans sa nouvelle précédemment publiée (« L'ixe de l'i grec », in Galaxie n°51), Walter S. Tevis imagine des inventeurs dépassés par leur trouvaille. Bien que La balle choisit la liberté s'arrête là où elle pourrait commencer, elle ne manque pas de rebonds à défaut de rebondissements.

Marche arrière,  par Vargo Statten, possède un rythme trépidant, une ambiance de huis-clos policier, et des trouvailles d'auteur, mais ce récit tourne court. Dommage...

Glissoire transtemporelle met en scène le monde éditorial des revues et des collections, et sur un accès provisoire au futur. On a connu meilleur William Morrison, mais ici tout est décrit dans un flou artistique qui parlera aux plus myopes d'entre nous. De fait, plutôt que décrire visuellement un monde futuriste, Morrison concentre ses efforts sur les sonorités, et donc le langage, et compose une langue future comme le fera plus tard Daniel Drode dans "Surface de la planète".

Quand les auteurs parlent d'eux-mêmes et "s'auto-fictionnent" : dans La colère des Martiens, Maurice Limat livre un récit un peu facile et ficelé à la hâte. Max Milton, Yves d’Anvers, Peter Sisney… auteurs inventés respectivement de Tempête sur Mars, Les révoltés de l’autre monde, et L’étoile sanglante, pourraient évoquer les compagnons du Fleuve Noir de Maurice Limat : Max-André Rayjean et Peter Randa, ou peut-être encore Yves Dermèze (?). Quoi qu’il en soit, on sait que les auteurs de SF n’étaient pas avares d’imagination en matière de pseudonymes. Quoi qu’il en soit, ce récit évoque sans le savoir la crise à venir de la science-fiction française : déperdition éditoriale, manque d'auteurs français en quantité et de qualité, obsolescence des thèmes de l'âge d'or de la SF à l'américaine…

Dans Un maillon de la chaîne, Michael Shaara fait confiance, plutôt qu'à la pantropie, en une évolution naturelle de l'espèce qui la mènera vers l'espace. Mais il s’agit ici d’une mutation individuelle, et qui ferait donc d'un seul mutant le père de toute la "race" suivante. Un point de vue un peu paternaliste.

Le partage de minuit, par Jeannine Raylambert, s’amorce avec une bonne trouvaille, même si elle demande une forte suspension de l'incrédulité, dans un style très français, parfois même un peu mièvre, sur notre planète littéralement coupée en deux.

Très bonne ambiance un peu post-apocalyptique pour deux vagabonds qui ne paient pas de mine, mais qui pourtant sont prêts à diffuser un savoir interdit de longue date... ou pas. Contempteur du progrès, de Jim Harmon, tourne malheureusement un peu court (au point de se demander s’il a été coupé pour sa publication). On notera des références à des livres maudits lovecraftiens, qui pourraient faire entrer cette nouvelle dans les apocryphes du Mythe de Cthulhu, même de façon quasi-parodique.

Dans sa rubrique Les soucoupes volantes, ce sacré Jimmy Guieu laisse la parole à un témoin "digne de foi" : un journaliste. Avec une occurrence répétée à « Pamplemousse », nous avons à notre tour poursuivi notre enquête entamée avec le numéro 52 : « Pamplemousse » est le nom moqueur donné au premier essai de lancement d'un satellite orbital américain en décembre 1957 - essai raté et aussi qualifié de "flopnik". 

Pour tout vous dire, nous étions de nombreux limiers sur la piste du Pamplemousse ; l'un de nos lecteurs (appelé Vanguard pour protéger l'intégrité de son identité, comme dirait ce sacré Jimmy) nous rapporte des éclaircissements en commentaire du Galaxie 52, avec un lien en prime : https://air-cosmos.com/article/il-y-a-65-ans-vanguard-1-le-deuxieme-satellite-artificiel-americain-64574. Merci Vanguard ! On pourra également trouver dans le numéro 54 de Galaxie un article de Willy Ley au sujet de "Vanguard" (le satellite, pas le contributeur…)

Sans transition (quoique...), Voyage sans retour est une petite nouvelle intrigante, qui elle aussi donne la sensation d'avoir été coupée. J.T McIntosh y évoque les voyages dans le temps, avec le non-dit d'un tabou à ne pas franchir.

Productions monopolisées par la planète colonisatrice, espèces sauvages déportées d'un monde à l'autre, et extraterrestres d'un niveau technologique supérieur qui voit les autres en barbares... Dans Sur une île perdue, Roger Dee aligne les clichés pour un récit qui distrait mais qui n'instruit pas. On y notera la présence d’un consul Satterfield, nom qui a aussi servi de pseudonyme à Frederik Pohl.

Paul Flehr est aussi un pseudonyme de Frederik Pohl. Dans Compagnons de la haine, il soulève la problématique du voyage interplanétaire vécu comme un trauma, et générateur d'une haine tenace envers les coéquipiers.

Pour terminer, avec L’ère chicha de John Boland, chien et chat sont réunis en « chicha » de synthèse ; on croirait à un beau rêve - si ce n'était la sempiternelle leçon qu'il est périlleux de faire intervenir soudainement une nouvelle espèce dans un milieu naturel sans qu'elle ne devienne invasive.


Un lancer de nain... dans l'espace ! Et on ne s’arrête pas là dans l’outrance, avec une condescendance envers les pygmées en prime.

SAVIEZ-VOUS QUE…

…les spécialistes de voyages interplanétaires préconisaient d’utiliser des naines comme astronautes ?

 

Des psychologues américains récemment réunis à New York pour étudier les conditions des futurs voyages interplanétaires sont arrivés à la conclusion que le poids et le volume du « matériel humain » devrait être limité à bord des astronefs, tout comme celui de l’équipement.

L’idéal, selon le docteur Pepinsky, serait une naine, ingénieur, physicienne, et assez nerveuse pour apprécier l’isolement dans l’espace…

Les Russes feraient, actuellement, des expériences dans ce sens, mais ils pensent que chacun des sexes possédant ses talents propres, il serait préférable d’utiliser des couples plutôt que des équipes composées de deux hommes ou de deux femmes.

À ce compte, les Pygmées paraissent bien placés pour devenir les conquérants des planètes voisines… à condition, bien entendu, qu’ils soient capables d’assimiler les connaissances techniques nécessaires pour tenter l’aventure.

Un « pseudo-scientifique », c'est-à-dire un penseur de génie qui n’est pas à même de pouvoir expérimenter ses théories, ni les démontrer concrètement, fait-il la différence avec un auteur de Science-Fiction ? Il n’y a que le pas de la crédulité qui coûte… En voici un exemple :

SAVIEZ-VOUS QUE…

…il se pourrait qu’un super-spoutnik allemand mû par l’énergie solaire fût lancé prochainement pour un voyage Terre-Lune aller et retour en quatorze heures ?

 

L’engin a été conçu par un jeune physicien allemand autodidacte, grand invalide (aveugle, privé des deux mains et presque sourd) nommé Burkhard Heim, qui, au cours d’un récent congrès de physique astrale, à Francfort-sur-le-Mein, a déclaré que l’emploi des fusées pour les explorations interplanétaires se révélerait toujours insuffisant, faute d’une énergie propulsive assez puissante. Celle-ci doit être trouvée dans l’espace, et ne peut être que celle de la lumière.

 

Burkhard Heim affirme qu’il a résolu théoriquement le problème et qu’il est sur le point de le résoudre pratiquement. Il a ajouté que sa théorie ne connaît pas seulement quatre dimensions, comme dans Einstein et Planck, mais six et même huit !

 

Le modèle de son navire interplanétaire à propulsion solaire ressemble à un casque médiéval (dit « salade ») à double visière. Mais le moyen de captation de l’énergie solaire et de sa transformation en énergie propulsive, n’a pas été révélé.

 

Toutefois, on sait que l’engin devrait se soulever du sol comme un ballon, et atteindre la Lune en sept heures. 

05 juillet, 2023

Galaxie (1ère série) n°040 – Mars 1957

Entre les piliers de ce Galaxie du Printemps 1957 se rendent visibles de nombreux textes qui resteront sans publication ultérieure. De bonnes occasions de les (re)découvrir.

 

On ne sait plus où donner du clic, mais qu’importe !

 Sommaire du Numéro 40 :


1 - Isaac ASIMOV, Sept hommes dans l'espace (The C-Chute, 1951), pages 2 à 35, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

2 - Kris Ottman NEVILLE, De bonne guerre* (Moral Equivalent, 1957), pages 36 à 56, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

3 - Dean EVANS, Partout, rien que des morts !* (Not a Creature Was Stirring, 1951), pages 57 à 63, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par David STONE

4 - Robert SHECKLEY, Rien n'est simple dans la galaxie ! (Milk Run, 1954), pages 65 à 79, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

5 - Donald KEITH, Trafic d'esclaves* (Butterfly 9, 1957), pages 81 à 100, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Jack GAUGHAN

6 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 101 à 102, courrier

7 - Jeannine RAYLAMBERT, Les Sept couleurs de son âme*, pages 103 à 115, nouvelle

8 - (non mentionné), Saviez-vous que..., pages 116 à 116, notes

9 - Jimmy GUIEU, Les Soucoupes volantes, pages 117 à 119, chronique

10 - Richard MATHESON, « Allô, miss Eva !... » (Sorry, Right Number, 1953), pages 120 à 128, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par SOSSMAN (ou SUSSMAN)

11 - Ross ROCKLYNNE, Passagère clandestine pour la Lune* (Jaywalker, 1950), pages 129 à 138, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Don SIBLEY

12 - Michael SHAARA, Un homme distingué* (Man of Distinction, 1956), pages 139 à 144, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


Un bon récit sur l'héroïsme et ses motivations qu’est Sept hommes dans l’espace, par Isaac Asimov. Un peu bavard au début, comme souvent chez Asimov, mais agréablement contrebalancé ensuite par une phase d'action pleine de suspens.

De bonne guerre, par Kris Neville est une nouvelle qui porte bien son titre... Un peu "mégalanthropique" toutefois.

"Je suis vivant et vous êtes morts" écrira Philip K. Dick dans son futur "Ubik". Partout, rien que des morts !, par Dean Evans, au ton très "Twillight zone" illustre bien ce point de vue. On pensera également à "L'invention de Morel" de Bioy Casares.

Le retour de Cergue et Arnaud, les « décontaminateurs » de monde, et leurs casse-têtes habituels, avec Rien n’est simple dans la Galaxie !, par Robert Sheckley. Une nouvelle drôle et légère.

Trafic d’esclaves, par Donald Keith, est une bonne nouvelle assez trépidante et qui nous offre un bel exposé sur les lois temporelles. Sous ce nom d’auteur se cachent le doublon Donald et Keith Monroe, qui se feront connaître aux Etats Unis avec leur série « Time Machine » dans les années soixante.

Dans Les sept couleurs de son âme, par Jeannine Raylambert, un savant est confronté scientifiquement à toutes ses vies antérieures. Un peu bavard.

"Allô, miss Eva !…" , par Richard Matheson, fera penser au "Témoignage de Randolph Carter" de Lovecraft ; mais ici Matheson traite surtout de l'ennui de la fin de vie. Une adaptation télévisuelle dans la série Twillight zone (La quatrième dimension)  est consultable en ligne ICI (grâce aux bons soins de nos infatigables archivistes de l’UFSF). On y remarquera une extension scénaristique plus cruelle que la nouvelle d’origine.


Passagère clandestine pour la Lune, par Ross Rocklynne est une bluette un peu mièvre et légèrement sexiste. On y notera toutefois un exposé qui explicite ce que la nouvelle de Sheckley évoquait, et l'expression "chute libre", employée en aéronautique, à laquelle on préférera plus tard le terme d’"apesanteur". 

Dans Un homme distingué, par Michael Shaara, on retrouve le projet utopique des mormons d'établir le preuve impossible d'un couple adamique originel, et on y notera une bien curieuse spéculation sur la "désolation originelle de l’Allemagne du Nord." Bref : un fatras de phallocratie adamique qu’on oubliera.

Nos avancées technologiques d'aujourd'hui ne sont qu'une mise à disposition publique des trouvailles d'hier. Voici pour exemple un extrait de la rubrique « SAVIEZ-VOUS QUE… ».

SAVIEZ-VOUS QUE…

…Un cerveau électronique avait composé un quatuor ?

Avec, comme éléments, les régies de composition de base, traduites en symboles mathématiques, le cerveau électronique Illiac a écrit une « suite » en trois mouvements pour instruments à corde. Quatre musiciens, humains ceux-ci, l’ont exécutée devant un auditoire de deux cents personnes, en Illinois.

 

Il parait que le résultat n’a pas fait oublier Beethoven, ni Mozart…

07 juin, 2023

Galaxie n°036 – Novembre 1956

Une belle brochette de « Fivers » sur cette magnifique couverture de Virgil Finlay illustrant Simak, deux nouvelles de Sheckley (dont une sous pseudonyme demeurée inédite depuis) et une de Sturgeon : Galaxie mise sur ses solides piliers en cet automne 56.

 

C’est ça ! Moquez vous ! Nous, on clique !



Sommaire du Numéro 36 :


1 - Clifford Donald SIMAK, Honorable adversaire (Honorable Opponent, 1956), pages 3 à 13, nouvelle, trad. (non mentionné)

2 - Robert SHECKLEY, La Dernière découverte du professeur Sliggert (Early Model, 1956), pages 14 à 38, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

3 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 39 à 40, courrier

4 - Roger DEE, Problème sur Balak (Problem on Balak, 1953), pages 41 à 57, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

5 - Michael SHAARA, L'Ennemi frappera ce soir... (Soldier Boy, 1953), pages 58 à 78, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

6 - Jimmy GUIEU, Les Soucoupes volantes, pages 79 à 81, chronique

7 - Theodore STURGEON, Retour à l'espace (The Claustrophile, 1956), pages 82 à 102, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par CAVAT

8 - Finn O'DONNEVAN, Erreur de traitement (Bad medicine, 1956), pages 103 à 120, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par CAVAT

9 - James McCONNELL, Toi tout entier (All of You, 1953), pages 121 à 128, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par BALBALIS

10 - James BLISH, L'Écriture des rats (Writing of the rat, 1956), pages 129 à 144, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par RAY

Où l'on imagine la guerre comme jeu sans victime ni destruction, comme au jeu de dames, Honorable adversaire par un Clifford D. Simak tendre et aussi candide qu’un enfant qu'on souhaiterait croire.

On lui préfèrera peut-être la dérision de Robert Sheckley qui fait mouche une fois de plus, dans La dernière découverte du professeur Sliggert, où être protégé malgré soi, et par une décision mécanique de surcroît, promet un beau calvaire !

On notera au passage que la petite chronique « Saviez-vous que » qui suit immédiatement la nouvelle de Sheckley traite des dispositifs de sécurité déployés dans les centrales atomiques, et se place en totale contradiction avec la démonstration de la nouvelle.

Problème sur Balak, par Roger Dee, est une nouvelle un peu bavarde mais au scénario toutefois original, où des astronautes sont confrontés à un homme " made in Balak".

On passe sur L’ennemi frappera ce soir, par Michael Shaara, un récit de guerre miniature, un tantinet militariste, qui n'a de SF que la présence d'astronefs.

On aurait aimé passer aussi sous silence le sempiternel Jimmy Guieu, mais on doit bien avouer que sa rubrique Les soucoupes volantes est un bon témoin de l’évolution des grands thèmes de ce que deviendra plus tard l’Ufologie. Dans ce numéro de Novembre 1956, ce sont les « hommes en noir » qui font leur entrée dans le scénario paranoïde de Guieu, qui s’amuse toujours avec autant de sérieux à jouer aux agents secrets, ainsi qu’en témoigne cette note placée en toute fin de numéro (et non dans sa rubrique…), comme pour manifester l’urgence :

« Xyphal »-XP 14 est prié de vouloir bien communiquer, de toute urgence, son adresse à Jimmy Guieu, que sa lettre du 11 octobre a vivement intéressé.

Illustration de CAVAT
Pas du meilleur Theodore Sturgeon avec Retour à l'espace, même si l'on y a à faire avec son sujet de prédilection : l'apprentissage de sa supériorité par un inadapté. La nouvelle est un peu bourrée de clichés maladroits. La faute en est peut-être à la traduction. Dans son Anthologie « Symboles secrets » (Casterman 1980), Alain Dorémieux précise :

Encore un texte qui fut massacré, amputé, défiguré et laminé dans l'ancien Galaxie (où il parut en 1956 sous le titre Retour à l'espace) et qui se trouve ici restitué dans son intégralité.

On pourra en effet subodorer des libertés de traduction, très à la mode à cette époque, avec son lot de francisation des patronymes. Pour témoin, ce passage :

— D’où venez-vous, Gerda ?

— D’un petit coin nommé Port-Louis. Pas très loin d’ici. Port-Louis, Morbihan.

… qui, traduit par Dorémieux, donne :

« Gerda, d'où venez-vous ? »

Elle se leva et s'étira en un mouvement spectaculaire. « D'un coin nommé Port Elizabeth, » répondit-elle. « Pas très loin d'ici, dans le New Jersey. »

Sans rancune, amis bretons. Kenavo !

Ils pensèrent à la maison de correction de la General Motors, près de Détroit, où ceux qui avaient commis des fautes envers la Compagnie passaient leurs jours dans un triste silence, à dessiner des microcircuits pour des téléviseurs de poche. 

Illustration de CAVAT

La justice rendue par des instances privées et industrielles, on pourrait croire à du Frederic Pohl. Erreur de traitement, signée par Finn O’Donnevan, est en réalité écrite par Robert Sheckley (encore lui), dont on reconnait parfaitement le style et l’esprit, où sous couvert de ridiculiser la société de progrès assuré par les machines domestiques (on ne parle pas encore d'électro-ménager), il invente le concept de mécanothérapie - une psychanalyse accélérée par un robot. Tout un programme !

Cette mécanothérapie aurait pu avoir de quoi séduire James McConnell, l’auteur de Toi tout entier. Psychologue et biologiste, il est parmi les chercheurs qui tentaient de comprendre les « mécanismes » cognitifs, comme la mémorisation. Encore faudrait-il qu’il y ait un mécanisme commun à l’espèce humaine… L'un de ses propos les plus célèbres dit en substance qu'à l'avenir, les drogues programmeront l'esprit des humains, et qu'il préfèrerait dans ce contexte être parmi les programmeurs plutôt que les programmés. Le terroriste "Unabomber" lui enverra un colis piégé en 1985.

Quoi qu’il en soit, Toi tout entier possède un ton original pour un récit d'accouplement interespèces que ne renierait pas P. J. Farmer.

On pourra garder les pincettes de rigueur pour apprécier la nouvelle de James Blish, L’écriture des rats, sur un sujet un peu délicat à traiter : l'origine de la vie sur Terre... En effet, le fantasme de faire de l'être humain un apport extérieur à la Terre implique encore ici un complexe de supériorité très discutable, et souvent suprématiste.

13 avril, 2022

Galaxie (1ère série) n°008 – Juillet 1954

Printemps perpétuel, pouvoir perpétuel, savoir perpétuel… la recherche d’éternité, thème ô combien humain, trouve dans la Science-Fiction son terrain d’expression d’élection. Trois nouvelles traversant ce sujet accompagnent la fin du roman d’Isaac Asimov, Les villes d’acier, en ce mois de Juillet 1954.

Perpétuelle nourriture que la nourriture culturelle !

Cliquez sur vos pousses préférées pour vous régaler…

 

Sommaire du Numéro 8 :

NOUVELLES

 1 - Georges-Louis LASSIAZ, C'est demain le 21 mars, pages 3 à 36, nouvelle

2 - Stephen ARR, Monsieur le Président (Mr. President, 1953) , pages 37 à 46, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

3 - Michael SHAARA, Le Livre (The Book, 1953) , pages 47 à 67, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Mel HUNTER

4 - Isaac ASIMOV, Les Villes d'acier (3ème partie) (The Caves of Steel, 1953) , pages 68 à 128, roman, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

Couverture de EMSH : CHAMBRES HYDROPONIQUES

Rapport du PReFeG :

  • Corrections orthographiques et grammaticales 
  • Mise au propre et noms des fichiers html
  • Vérification et mise à jour des liens internes
  • Mise à jour de la Table des matières
  • Vérification des casses et remise en forme des pages de titre
  • Mise à jour des métadonnées (auteurs, résumé, série, date d'édition)

On notera la concurrence autour des auteurs que peuvent parfois se livrer les revues « Fiction » et « Galaxie » : ce mois de Juillet 1954 voit paraître une nouvelle de Michael SHAARA dans chacune d’elles. (voir Fiction n°8).

Nous n’avons rien découvert sur Georges-Louis LASSIAZ. Sa nouvelle dénote pourtant un certain talent. S’agirait-il d’un pseudonyme ? Peu connu est aussi Stephen ARR.

09 mars, 2022

Fiction n°008 – Juillet 1954

Malgré un nombre record d'auteurs (une douzaine), ou la présence de B. R. BRUSS, plus romancier que nouvelliste, beaucoup moins d’auteurs français dans ce numéro, qui renoue d’avantage avec la version américaine, et des auteurs dits « mineurs », principalement. 

Retenons, dans la série : « faut-il explorer seul les exoplanètes », La planète des tumulus par IDRIS SEABRIGHT ; une nouvelle Steampunk avant l’heure avec Pour agrandir le domaine par DAVID GRINNELL (pseudonyme de Donald A. WOLLHEIM), Mission, nouvelle un peu bavarde par KRIS NEVILLE qui commence à être un habitué de la maison ; ou encore Les conséquences d’un savon par ALAN NELSON, qui - par-delà la puissance atomique et l'électronique naissante - s'abreuve à une autre source d'inspiration spéculative de ces années 50, : la publicité de masses et ses conséquences dans la vie quotidienne. Pohl et Kornbluth ne sont pas loin…

Un clic délicat sans abimer les combinaisons s’il vous plait…


Sommaire du Numéro 8 :


NOUVELLES

 1 - Idris SEABRIGHT, La Planète des tumulus (Judgment Planet, 1953) , pages 3 à 16, nouvelle, trad. (non mentionné)

 2 - David GRINNELL, Pour agrandir le domaine (Extending the Holdings, 1951) , pages 17 à 20, nouvelle, trad. (non mentionné)

 3 - Henri MONTOCCHIO, La Chambre au portrait, pages 21 à 27, nouvelle

 4 - Michael SHAARA, La Planète Grenville (Grenville's Planet, 1952) , pages 28 à 39, nouvelle, trad. (non mentionné)

 5 - Daniel DEFOE, Le Spectre amical (The friendly demon, 1726) , pages 40 à 43, nouvelle, trad. (non mentionné)

 6 - Bill BROWN, Couvée astrale (The Star Ducks, 1950) , pages 44 à 51, nouvelle, trad. (non mentionné)

 7 - Kris Ottman NEVILLE, Mission (Mission, 1953) , pages 52 à 72, nouvelle, trad. (non mentionné)

 8 - Lyon Sprague DE CAMP & Fletcher PRATT, Le Bar de Gavagan - Elephas frumenti (Elephas Frumenti, 1950) , pages 73 à 79, nouvelle

 9 - Lyon Sprague DE CAMP & Fletcher PRATT, Le Bar de Gavagan - Un don de Dieu (The Gift of God, 1950) , pages 79 à 84, nouvelle, trad. (non mentionné)

 10 - B.R. BRUSS, La Bataille Noire, pages 85 à 100, nouvelle

 11 - Alan NELSON, Les Conséquences d'un savon (Soap opera, 1953) , pages 101 à 112, nouvelle, trad. (non mentionné)

 

CHRONIQUES

12 - Jean-Jacques BRIDENNE, Jules Verne, père de la science-fiction ? / III. Edgar Poe et Jules Verne, pages 113 à 117, article

 13 - Jacques BERGIER & Igor B. MASLOWSKI, Ici, on désintègre !, pages 118 à 120, critique(s)

 14 - F. HODA, Parodie de l'épouvante, pages 121 à 123, article

 15 - COLLECTIF, Courrier des lecteurs, pages 125 à 125, courrier 

 Photo-montage de couverture de Jean MAROQUÈNE illustrant la nouvelle « La planète Grenville ».

 

Rapport du PReFeG :

  • Relecture, vérification orthographique et grammaticale
  • Mise au propre et noms des fichiers html
  • Vérification et mise à jour des liens internes
  • Vérification des casses et remise en forme des pages de titre
  • Mise en gras les titres in Revue des Livres
  • Mise à jour de la Table des matières
  • Mise à jour des métadonnées (auteurs, résumé, date d'édition, série, collection, étiquettes)

Pour ce numéro, nous vous proposons ce petit avant-goût : la jeunesse toujours cible privilégiée des promoteurs en « progrès » en tout genre… Aujourd’hui : le mobil-phone de 1954 !

Jouets de l’espace.

Les jouets d’enfants inspirés par la « science-fiction », qui sont depuis longtemps à la mode en Amérique, commencent maintenant à apparaître en France. Dans un article de l’édition lyonnaise de « La Presse », consacré à la récente foire de Lyon, nous lisons que, parmi les dernières nouveautés présentées par les fabricants de jouets, se trouvaient : le « Mobil-phone » ou téléphone « interplanétaire » ; « Le voyage dans l’espace », boîtes de figures en matière plastique avec la fusée interplanétaire, les Terriens au scaphandre transparent et les êtres étranges représentant les indigènes d’une autre planète ; et enfin, deux panoplies : l’une baptisée « Patrouille atomique », comprenant un cauchemardesque masque respiratoire, un casque et un pistolet de forme bizarre, et l’autre servant à équiper le « Navigateur interplanétaire » d’un casque pourvu d’une antenne et d’une lampe signalisatrice, d’un pistolet « désintégrateur », d’une carte du ciel et d’un boîtier pour signaux morses ou lumineux.

De quoi rendre bien archaïques les panoplies de « Zorro le vengeur masqué » ou du fabuleux Buffalo Bill !

 

Le PReFeG vous propose également