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17 juin, 2026

Fiction n°145 – Décembre 1965

Entrée de Daniel Walter dans le cénacle des auteurs de science-fiction française, et 29ème pilier de notre panthéon… Celui qui assurera l'intérim éditorial d'Alain Dorémieux à partir de 1984 sera aussi à cette époque-là directeur des collections C.L.A. et Galaxie-Bis (nourrissons de 1965). Un destin relie peut-être ces trois entités, dans ce numéro qui traite pour beaucoup de liens, de relations, de liaisons, voire d'emprise.

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Sommaire du Numéro 145 :


1 - (non mentionné) , Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 8 à 8, bibliographie

NOUVELLES


2 - Michel DEMUTH, Les Grands équipages de lumière (2030), pages 10 à 44, nouvelle

3 - Avram DAVIDSON, Génocide (Now Let Us Sleep, 1957), pages 45 à 60, nouvelle, trad. GERSAINT

4 - ARCADIUS, La Chanson perdue, pages 61 à 72, nouvelle *

5 - Miriam Allen DEFORD, Les Transfuges (Slips Take Over, 1964), pages 73 à 87, nouvelle, trad. Paul ALPÉRINE

6 - Jane BEAUCLERCK, Seigneur Lunaire (Lord Moon, 1965), pages 88 à 99, nouvelle, trad. Paul ALPÉRINE *

7 - Jean-Michel FERRER, Le Monde terne de Sébastien Suche, pages 100 à 103, nouvelle

8 - Kit REED, La Colonie des orphelins (On the Orphans' Colony, 1964), pages 104 à 111, nouvelle, trad. Paul ALPÉRINE *

9 - Jérôme SERIEL, Le Fabricant d'événements inéluctables, pages 112 à 117, nouvelle

10 - Winona McCLINTIC, Le Chemin hors de la ville (The Way Out of Town, 1960), pages 119 à 125, nouvelle, trad. Claude CARME *

11 - Daniel WALTHER, Les Étrangers, pages 126 à 130, nouvelle *

CHRONIQUES


12 - Maxim JAKUBOWSKI, Lettre d'Angleterre : L'Année dernière au Mount Royal, pages 131 à 134, article

13 - Gérard KLEIN, Exécution et apothéose de Jacques Sternberg, pages 135 à 138, article

14 - COLLECTIF, Ici, on désintègre !, pages 139 à 149, critique(s)

15 - COLLECTIF, Le Conseil des spécialistes, pages 150 à 151, critique(s)

16 - Anne TRONCHE, Revue des arts, pages 152 à 153, critique(s)

17 - (non mentionné) , En bref, pages 155 à 157, article

18 - (non mentionné) , Table des récits parus dans "Fiction" - Treizième année (deuxième semestre 1965 : n°s 140 à 145 bis), pages 158 à 159, index


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


Dernières parutions pour quelques auteurs et autrices et ce numéro : Arcadius, Jérôme Sériel et Jane Beauclerck, dont on regrettera pour cette dernière (beaucoup moins pour les deux autres) que les publications soient si rares dans l'espace francophone.

Le nouvel opus des "Galaxiales" de Michel Demuth jouit d'une aura de production "faite maison" dans Fiction. En témoigne cette note assez peu commune :

" Nous avons reçu de divers lecteurs des témoignages de sympathie et d'encouragement pour cette entreprise, et nous continuons de solliciter vos avis. Car c'est un peu de vos suffrages que dépendra la continuation régulière de cette série dans Fiction. Écrivez-nous donc pour nous dire ce que vous pensez des « Galaxiales ». "

Nul doute que Michel Demuth aurait aimé écrire des "webfictions" s'il avait publié de nos jours.

L'épisode ici présenté, Les grands équipages de lumière, offre un récit double, avec d'une part l'histoire d'une forme de vie minérale en plein essor et qui se répand dans l'espace après avoir consommé toute sa planète, et d'autre part le récit des premiers colons dans un vaisseau-arche en proie aux dysfonctionnement de leur moteur. Du suspens, quelques péripéties, dont certaines rappelleront le ton de J. T. McIntosh, et un récit enfin pleinement S.F. pour ces Galaxiales. 

On pourrait imaginer que les lecteurs de 1965, ayant pu lire précédemment le tableau chronologique des Galaxiales à venir, en auront sans doute fantasmé les épisodes - amplifiant l'effet d'annonce bien éprouvé et créé par le tableau récurent des nouvelles à paraître dans la revue (certaines se faisant attendre plus d'un an…). Habile de la part de l'auteur, ce jeu possède toutefois le revers de proposer un récit plus décevant que celui évoqué par le titre.


A propos de titre, il est dommage que le titre français dévoile tout le sujet de cette très belle nouvelle sur la question du Génocide. Avram Davidson y déploie sa démonstration habilement, comme toujours, mais le titre original ("Et maintenant, dormons !") avait l'avantage de cristalliser ses effets sur la chute.


Arcadius recycle et condense plusieurs idées déjà parcourues dans la revue : "La vana" de Alain Dorémieux, "L'arbre" de Robert F. Young, un ton à la Sternberg… Mais la mélodie et les arrangements de La chanson perdue se laissent apprécier, comme le bon sous-produit de variété qu'il est.


Pour la première fois, Miriam Allen deFord se sert de sa connaissance des éléments fortéens (voir son article sur Charles Fort dans le Fiction n°24 - novembre 1955) pour tisser sa nouvelle, qui traite de glissements involontaires entre mondes parallèles et Les transfuges qui subissent un monde dont les repères ont disparus. Un peu didactique au début, mais le développement est assez angoissant, et évoque la décompensation psychique.


Après avoir posé les bases de son monde, Jane Beauclerck nous invite à suivre les aventures concises d'un héros rusé mais bienveillant, Le seigneur Lunaire (dont le titre de Lord Moon rend bien mieux en version originale). Toujours ce ton de fable et ce mélange féodal et technologique, avec au passage une habile parade contre les appétits coloniaux des visiteurs de l'espace.


Le Monde terne de Sébastien Suche est une ode aux lecteurs de SF, où se multiplient les références, et où le principe d'évasion n'est pas de fuir le réel, mais bien de lutter contre la répétition de la vie quotidienne. Intéressant récit pour une fois un peu plus détaillé de Jean-Michel Ferrer (soit Michel Demuth qui phagocyte les pages de ce numéro).


Kit Reed propose deux variations : une sur le thème du vampire et une autre pour une nouvelle planète piège, dans un style faussement naïf. La colonie des orphelins est bien menée, même si peu surprenant.


Jérôme Sériel, dont on déplorera l'usage de certains mots en "n", se stylise et fabrique ses phrases, mais oublie un tant soit peu son histoire qui aurait pu être du Borgès … s'il en avait eu l'intellect. Le fabricant d'événements inéluctables semblable à un Dieu ou au fatum romain aurait pu nous intriguer davantage, mais est rendu flou par un usage immodéré d'images ineptes qui ralentissent les descriptions. Au revoir, Jérôme Sériel, rendez-vous avec le Troisième Type !


Le chemin hors de la ville, de Winona McClintic, pose une ambiance d'apocalypse et l'insouciance de ses observateurs rendent à cette nouvelle un aspect absurde et inquiétant, allégorique. Bref : tout l'inverse de la nouvelle de Sériel.


Inquiétante étrangeté là aussi pour Les étrangers, première nouvelle (sur un total de 42 !) de Daniel Walther publiée dans Fiction (il y est même orthographié "Walter"). Comme dans celle de deFord, il y est question d'un glissement dans un monde sans doute parallèle et surtout hostile aux transfuges. Concis et efficace.

Comme nous l'avons évoqué plus haut, il faudra attendre une petite quinzaine d'années avant que Daniel Walther entre aux éditions Opta en qualité de Directeur des Collections du Club du Livre d'Anticipation et de Galaxie Bis. A propos de Daniel Walther et son entrée dans l'équipe éditoriale de Fiction, nous pouvons lire :

" J'ai commencé mon travail pour les éditions Opta au début des années 80. ça s'est fait sur un coup de fil de Juliette Weingand. Je précise bien que c'est Opta qui est allé vers moi et non le contraire, car, il fut un temps, certains se posaient des questions sur mes dons d'intrigant dissimulé en province. Passons.

          Je suis également devenu éditorialiste après le départ d'Alain [Dorémieux]. A ma propre demande cette fois. Non pas pour être partout à la fois mais parce que je considérais une revue sans éditorial comme un bon repas sans vin.

          Ne nous attardons pas sur ce chapitre. Parlons plutôt de mon temps éditorial. Je considère, avec le recul, que je n'ai pas si mal travaillé que ça. Et dans des conditions souvent difficiles. Dès mes débuts, je considérais que je devais publier de tout, du (bon) space opéra à la hard science-fiction en passant par l'heroic fantasy, la fiction spéculative et, bien sûr, le Fantastique (avec un F capital !).

          Il me semblait également indispensable de publier, du moins en Galaxie-bis, des auteurs français (ou de langue française) et des écrivains d'autres pays que la Grande Bretagne ou les Etats-Unis. Hélas ! De ce côté-là, ce fut l'échec. Noir. Total. Aucun des romans français ne s'est vendu. Et pourtant, contrairement à ce qu'ont prétendu des amis très chers, soucieux de me rendre service, il ne s'agissait pas de fonds de tiroir. Ou bien faut-il considérer Scènes de guerre civile de Jean-Pierre HUBERT comme un fond de tiroir seulement parce qu'il n'a pas plu à d'autres directeurs littéraires !

          Echec également, peut-être plus noir encore, dans le domaine étranger : j'ai publié un Roumain (Vladimir COLIN), un duo d'Allemands (Ronald M. HAHN et Harald PUSCH), un Néerlandais (Jacob CARROSSA)... Quoi, qu'allais-je faire dans cette galère-là ? !

          En France, on se fout pas mal de savoir qu'on fait de la S.-F. dans le monde entier ou presque. On reste assis sur ses habitudes.

          J'avais l'intention de publier un Hongrois (Peter ZSOLDOS), un Tchèque (Josef NESVADBA), un autre Roumain (Mircea OPRITA) et plusieurs Allemands et Autrichiens.

          Glissons, glissons.

          Par contre, dans le domaine anglo-saxon et américain, j'ai eu quelques satisfactions. Je fus le premier à publier C.J. CHERRYH, Mark GESTON, Barbara HAMBLY, Ansen DIBELL, James KAHS, Pamela SARGENT, lan WALLACE, etc. Je suis fier, également, d'avoir présenté aux lecteurs francophones le premier recueil de Dennis ETCHISON, un écrivain réellement fantastique et bien plus talentueux que certaines grosses machines yankees spécialisées dans la production à outrance. Quand vous avez réussi à faire paraître un recueil comme Les Seigneurs des moissons de Keith ROBERTS, vous vous dites que, tout bien considéré, votre goût n'est pas si mauvais que ça !

          Evidemment, chez Opta, nous n'étions pas riches, et certains textes que j'aurais aimé publier me sont passés sous le nez. Ce qui se vendait le mieux c'était, tu l'as deviné, le lancinant et répétitif Gor. Le roman-fleuve de John NORMAN. Plus d'une fois, j'en ai eu assez de ces sornettes machistes, mais les lecteurs adoraient ça. Je recevais des lettres impossibles dans lesquelles on me suppliait de ne pas interrompre cette géniale série.

          Finalement, j'ai laissé vivre John NORMAN et ses femmes esclaves. Puisqu'elles permettaient à Opta de faire des sous. Et ces sous-là permettaient par ricochet de publier des choses moins stupides.

          J'ai voulu des collections éclectiques. Avec des séries populaires comme celle de Jo CLAYTON, des épopées comme Les Royaumes de Tartares, des ouvrages-hommages comme le CLA consacré au regretté et sous-estimé Robert F.YOUNG, des fantaisies fantastiques comme La Quête de Nifft le Mince, de la SF moderne comme celle Pamela SARGENT...

          Allons, allons, il n'est pas possible de tout citer.

          Au lecteur d'apprécier.

          Je regrette amèrement que nos collections n'aient pas tenu devant l'adversité et, il faut bien le dire, devant les retours de bâton d'une distribution des plus sujettes à caution...

          Et puisque nous en sommes là de notre propos, j'aimerais dire un mot de la revue Fiction, dans laquelle j'ai fait mes premiers pas à la fin de l'année 1965 et dont je ne fus jamais, contrairement à ce que l'on a pu croire, rédacteur en chef.

          Il est certain que Fiction n'est plus [en novembre 1988] ce qu'il fut sous DOREMIEUX ou plus tard sous Daniel RICHE. Mais la revue a publié récemment son numéro 400. Et elle continue de faire paraître des textes français presque tous les mois. Elle demeure la seule revue mensuelle professionnelle (mais si, mais si !) en France.

          Quand il y en aura une autre, les grandes gueules qui aboient actuellement à tort et à travers contre Fiction pourront hurler de plus belle. J'aimerais, sincèrement, passer à une autre question ! "

(Extrait de Phénix 17 - juin 1989 ; interview réalisée par Michel Lamart).



Le quatrième de couverture (ci-contre) nous propose de très belles trombines d'auteurs, certains encore bien jeunes (on apprécie le cliché de Brunner et la bonne bouille de Silverberg), à l'occasion du compte-rendu de Maxim Jakubowski sur la Convention 1965 de SF qui s'est tenue pour une fois en Europe (à Londres).
Jakubowski rapporte des bruits de couloirs dont il ne peut pas avoir idée de ce qu'ils représenteront quelques années plus tard, comme par exemple ceci :

" On put ainsi apprendre que le prochain film de Stanley (Dr Folamour) Kubrick sera un film de SF basé sur un roman encore inédit d'Arthur Clarke. Le bruit circula que Peter Sellers y jouerait tous les rôles d'extra-terrestres, mais il fut démenti."

Mais il est dommage que Jakubowski ne rapporte pas vraiment les propos qui ont eu des airs de confrontations entre ancienne et nouvelle vague. Citons-en par exemple cet extrait :

" La dernière table ronde, lundi, fut passionnante. Il s'agissait d'un débat SF et Politique. Cinq personnes y prenaient part, mais ce fut dés le départ un accrochage puis un affrontement violent entre l'immuable père de la SF moderne, John Campbell, et l'Anglais John Brunner. Ce débat ne fut pas sans insultes et coups d'éclat et la salle, anglaise, prit vite parti contre Campbell et certaines conceptions U.S. La table ronde dura trois heures, un record, pendant lesquelles furent évoqués les troubles raciaux de Los Angeles, le Vietnam, l'église catholique, enfin toute la gamme des sujets réputés brûlants. John Brunner y fut vraiment brillant et démolit systématiquement les arguments de Campbell qu'il arriva même à faire bredouiller. Celui-ci se couvrit de honte avec ses théories farfelues sur l'esclavage et les sociétés primitives. La SF fut souvent oubliée mais personne n'alla s'en plaindre. "

On aurait bien aimé en savoir plus sur le fond, et sur ce qui a tant fait bredouiller Campbell. Ironie du sort : John W. Campbell, rédacteur en chef de la revue Astounding, sera mis à l'honneur du Fiction Spécial n°8, anthologie reprenant les "meilleures" nouvelles de la revue américaine.




Pour finir, nous vous proposons de lire la recension que Demètre Ioakimidis fait du dernier roman de Galouye en date traduit en français : Les seigneurs des sphères, que nous vous proposons en Bonus.

Daniel F. Galouye.
Les seigneurs des Sphères

Bonus !
Dans son premier roman, qui fut traduit dans la même collection sous le titre de Le monde aveugle, Daniel Galouye utilisait une idée fondamentale (l'humanité vivant dans des galeries souterraines où elle n'utilise pas le sens de la vue) et en tirait les conséquences logiques extrêmes dans un récit remarquablement cohérent. Dans ce récit légèrement plus récent, il a pris un thème familier à tout lecteur de science-fiction (celui de l'humanité souffrant sous la domination d'envahisseurs venus d'Ailleurs) et l'a traité d'une façon originale et, à plus d'un égard, mémorable. La réussite est peut-être moins impressionnante que celle du Monde aveugle, mais la domination des Sphères a un relief et une vraisemblance qui distinguent Galouye des tâcherons exploitant à la ligne des thèmes éprouvés.

En 1993, au début du récit, les survivants de l'humanité mènent des existences de réfugiés, sur une planète dominée par les Sphères. D'où viennent celles-ci ? Le contact avec elles n'a jamais été établi, depuis leur venue en 1977, et il ne l'est pas non plus, d'ailleurs, durant l'année couverte par le roman. Les Sphères ont édifié d'étranges « cités » de lumière, d'où elles sortent régulièrement pour chasser et tuer des humains qu'elles ont, selon des lois mystérieuses, « choisis ». Les raisons dictant ce choix, les causes du Jour de l'Épouvante – cet enfer qu'elles imposent à la Terre chaque année à date fixe, le 25 septembre – et, à travers ces causes, la nature de leur lieu d'origine, tout cela est progressivement découvert au cours du récit par le petit groupe que l'auteur place au centre de l'action.

Ce groupe est conventionnel : Il comprend surtout quelques militaires de l'armée américaine, qui résistent poussés par leur amour-propre au moins autant que par leur raison. Mais l'auteur a eu le mérite de n'y inclure aucun surhomme. Si le capitaine Geoffroy Maddox finit par triompher des Sphères, avec son petit groupe, c'est grâce à sa ténacité, au hasard qui lui permettra de comprendre quelques particularités des Sphères, et à son intelligence qui lui fera tirer le maximum de ce hasard. Ce côté non héroïque de la résistance – à l'opposé de celui dépeint par Robert Heinlein dans Sixième colonne – est un des apports intéressants, sinon nouveaux, de Galouye à son thème. Un autre, plus notable, est le caractère parfaitement extra-terrestre des Sphères : elles ne peuvent être décrites en termes empruntés à l'un des règnes de la nature, pas plus que leurs « cités » de lumière, et pourtant elles ont les unes et les autres une réalité presque sensible, colorée et vivante en tout cas. Devant de telles entités, Maddox et son groupe sont désemparés, et on les comprend. On comprend aussi que les Sphères aient pu inspirer un culte à des fanatiques ; et quoi de plus plausible que le désir d'affirmation manifesté dans ce monde désorganisé par de minables politiciens de province ?

Le titre original du roman est plus heureux que celui de la traduction française. En effet, les seigneurs en question sont les Sphères elles-mêmes ; et ces Sphères sont indubitablement les seigneurs du psychon. Ce dernier terme, inventé par un des personnages au cours du roman, désigne le « quantum d'énergie mentale ». Et c'est en réalisant les possibilités du psychon que Maddox et ses compagnons finiront par sauver la Terre. Un autre point à l'actif de l'auteur, à ce sujet : cette découverte est présentée de manière plausible, elle est graduelle, hésitante, inquiète parfois. Maddox ne comprend pas toujours parfaitement les possibilités de l'énergie mentale, et il lui arrive de s'en servir mal. Là encore, le lecteur se dit que c'est bien ainsi que les choses se passeraient en réalité.

La traduction de Claude Saunier est attentive, et le livre en valait assurément la peine. Ce roman confirme que Daniel Galouye pourrait bien être, avec Walter Miller et quelques autres, un des meilleurs auteurs de science-fiction nés il y a quarante ou quarante-cinq ans, et venus assez tardivement au genre (par opposition à Asimov et à Anderson, par exemple, qui appartiennent à la même génération, manifestent des qualités au moins aussi marquées, mais sont de « vieux professionnels »). Ceux qui ont aimé Le monde aveugle ne seront pas déçus par ce nouveau roman qui montre cette fois, chez son auteur, un pouvoir assez rare de visualiser les scènes qu'il décrit.

Demètre IOAKIMIDIS

Rappelons que ce roman a fait l'objet d'une "préquelle" sous la forme d'une nouvelle qui se lit fort bien en introduction au roman : La Cité des sphères (in Galaxie (2ème série) n° 8, OPTA 12/1964 ).

 

14 janvier, 2026

Fiction n°133 – Décembre 1964

1964 touche à sa fin, ainsi que la première moitié des années 60, avec cette publication bien équilibrée entre textes français et anglo-saxons. On appréciera vraiment le texte mis en vedette de Theodore Sturgeon, auteur toujours aussi étonnant dans son traitement si personnel du genre science-fiction. Les autres textes, quasiment tous des raretés, maintiennent un bon niveau d'ensemble. Mais notons surtout - signe d'une époque qui cherche sans doute à se renouveler - que c'est aussi le dernier numéro à publier des auteurs, parmi nos baroudeurs et baroudeuses, tels que Jacques Sternberg, avec des textes brefs restés en majorité inédits depuis, Maurice Renard, avec une somptueuse œuvre de jeunesse, et Jane Roberts la grinçante mais méconnue de notre côté européen de l'Atlantique.


Charmante miniature de Philippe Jean

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Sommaire du Numéro 133 :


1 - (non mentionné), Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 6 à 7, bibliographie


NOUVELLES


2 - Theodore STURGEON, L'Amour et la mort (When you care, when you love, 1962), pages 8 à 46, nouvelle, trad. P. J. IZABELLE

3 - Gilbert ATLANTE, Cauchemar vert, pages 47 à 52, nouvelle

4 - Avram DAVIDSON, L'Évasion (The Certificate, 1959), pages 53 à 57, nouvelle, trad. Paul ALPÉRINE *

5 - Pierre VERSINS, Lionel Storm, pages 58 à 60, nouvelle *

6 - Jane ROBERTS, Nettoyage en profondeur (Three Times Around, 1964), pages 61 à 66, nouvelle, trad. Christine RENARD *

7 - Roland TOPOR, Preuve par l'absurde, pages 67 à 71, nouvelle *

8 - Jacques STERNBERG, La Géométrie dans l'impensable, pages 72 à 78, nouvelle *

9 - Kit REED, Le Tigre automate (Automatic Tiger, 1964), pages 79 à 92, nouvelle, trad. Pierre BILLON *

10 - Maurice RENARD, Le Lapidaire, pages 93 à 127, nouvelle


CHRONIQUES


11 - COLLECTIF, Ici, on désintègre !, pages 128 à 135, critique(s)

12 - (non mentionné), Biblio-bref / Le rayon des nouveautés, pages 136 à 137, article

13 - COLLECTIF, Le Conseil des spécialistes, pages 138 à 139, critique(s)

14 - Bertrand TAVERNIER, Monsters, Chillers et Spookatons, pages 141 à 145, article

15 - Alain DORÉMIEUX & Jacques GOIMARD, Deux héros retrouvés : Mandrake et Flash Gordon, pages 147 à 158, critique(s)

16 - (non mentionné), Table des récits parus dans « Fiction » : deuxième semestre 1964, pages 159 à 160, index


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


Immanquablement, ce serait déflorer le sel de cette belle nouvelle que de dire que L'amour et la mort pourrait être la source d'inspiration de (spoiler) ces films que sont The Truman Show ou Synecdoche New-York. Les va-et-vient de l'intrigue pour présenter les différents protagonistes de l'histoire nous rappelleront quant à eux le style de Kurt Vonnegut, ainsi que la famille Wyke si proche dans sa folie douce et sa mégalomanie de la famille Rumfoord des Sirènes de Titan (1959) du même Vonnegut. Et doit-on rappeler que l'alter ego de Vonnegut, son "moi en mieux", se nomme Kilgore Trout (truite) et qu'il aurait été inspiré à Vonnegut par Sturgeon (esturgeon) ? Quoi qu'il en soit, voilà une fois encore une magnifique nouvelle de Theodore Sturgeon.

A noter qu'Alain Dorémieux en proposera une nouvelle traduction dans son anthologie "Symboles secrets" consacrée à Theodore Sturgeon (Casterman, 1980, repris en Omnibus, 2005).


Ce même Alain Dorémieux qui avoue revisiter dans Cauchemar vert la Shambleau de Catherine L. Moore. En effet, mais c'est aussi une planète piège qu'il évoque, tandis que nous retrouvons, malgré le couvert du pseudonyme de Gilbert Atlante, cette obsession des rapports des hommes avec des femmes toujours un peu mantes religieuses.


L'envahisseur qui a asservi l'humanité ne peut que se conduire en nazi… ou en bureaucrate. Avram Davidson fait état d'une existence d'esclave privée de sens, des corps machine et des esprits inhibés par la peur; mais où subsiste encore un désir : L'évasion. Mais pour aller où ?

 

Lionel Storm est une petite nouvelle sur une spéculation scientifique, comme Pierre Versins sait si bien les faire. Ici : magnétisme et décollage vers l'espace.



Tout comme dans la nouvelle précédente de Avram Davidson, la modernité peut révéler quelque motivation terrifiante dans ses aspirations à l'efficacité, à l'échelon industriel de ses capacités, à la mécanisation de ses compétences, ou à ses velléités de pureté. Jane Roberts - le devinera-t-on  en révélant le titre : Nettoyage en profondeur ? - évoque ici l'enfer des … laveries automatiques.


Dans Preuve par l'absurde, qui témoigne d'une certaine vie parisienne, Roland Topor se moque gentiment des occultistes à la petite semaine qui se nourrissent d'explications tautologiques et sont "abonnés à Planète" - la revue ésotérico scientifique de Pauwels et Bergier fondée après le succès controversé de leur essai Le matin des magiciens. Il faut dire aussi que le mouvement Panique de Topor, Arrabal, Sternberg et Jodorowsky aurait lui plutôt tendance à provoquer du scandale plutôt que de créer du mystère.


On continue avec les "paniques" : les "textes brefs" de Jacques Sternberg  (comme la rédaction de Fiction nommait depuis plusieurs mois leur parution annoncée) jouent sur une idée souvent métaphysique et distille l'essence d'une angoisse sourde et qui ne se révèle jamais jusqu'au bout, laissant le lecteur se dépatouiller avec une délicieuse étrangeté. La géométrie dans l'impensable tient bien cette promesse. On savait que l'auteur se faisait rares dans les pages de Fiction, que ses appétits le menaient vers d'autres formes et d'autres univers littéraires. Ces textes brefs de La géométrie dans l'impensable seront les derniers publiés dans la revue, bien que Sternberg ne quittât pas pour autant la science-fiction ni le fantastique par la suite.

Notons que parmi ces textes brefs, seule "La créature" sera reprise dans son recueil "Univers zéro" (Marabout, 1970).


Celui qui possède le tigre détient le pouvoir, mais seul le tigre est puissant. Voilà en substance le contenu de Le tigre automate, fable morale de Kit Reed un peu cousue de fil blanc mais fort agréable à suivre dans l'évolution des sensations qu'elle procure.


Côté "Classiques", on notera que le fantastique n'intervient qu'à la toute fin de Le lapidaire, nouvelle au style chatoyant et finement ciselé. Certes, l'enjeu est ténu et les circonstances longuement détaillées, mais le verbe de Maurice Renard (c'est l'une de ses primes histoires parues en 1905 sous le pseudonyme de Vincent Saint-Vincent) sait déjà illuminer et charmer.



Dans la rubrique des films, Bertrand Tavernier ouvre son compte-rendu sur le cinéma de SF aux USA  par un bon instantané de l'époque. : 

Monsters, Chillers et Spookatons

La science-fiction enterrée ? Le fantastique en voie de disparition ? Allons donc ! Il suffit de faire un petit tour du côté de New York ou de Los Angeles pour s'apercevoir de la fausseté de ces affirmations. 

Ces deux genres, au contraire, sont en train de reconquérir un vaste public, tant par le biais des livres et des revues que des films et de la télévision. Il est vrai que l'Américain moyen est déjà conditionné par le contexte dans lequel il vit, extraordinaire tremplin pour l'imagination : villes aux constructions fabuleuses, mythiques, qui sans arrêt se transforment, changent de visage. En quelques mois, nous affirmait Roger Corman, des immeubles entiers disparaissent, sans cesse remplacés. Il n'est pas rare de voir des gens errer à la recherche d'un pâté de maisons qui n'existe plus ou qui s'est transformé en gratte-ciel futuriste… Asimov n'est pas si loin.

Le public, on essaye de le prendre maintenant dès le plus jeune âge, en lui donnant, à la place des panoplies d'indiens, des scaphandres et des armes atomiques lui permettant d'affronter – frisson nouveau – des monstres mécaniques tenant le milieu entre Godzilla et Dinosaurus : un tour de clé et les voilà qui saccagent une ville miniature ou des rampes de fusées, détruisent le train électrique avant de se heurter au cosmonaute qui les stoppe grâce à son armement ultra-moderne.

03 septembre, 2025

Fiction n°125 – Avril 1964

Quelque comètes américaines passent dans le ciel de Fiction, et notamment Ray Nelson, connu en France pour avoir co-rédigé avec Philip K. Dick "Les machines à illusions" ; on le découvre ici avec sa seule nouvelle publiée en français, d'une excellente qualité, mais qui ne sera curieusement jamais reprise dans un recueil ultérieur. Michel Demuth toujours en grande forme propose deux nouvelles (dont une sous pseudonyme pour faire taire les mauvaises langues), et puis, à l'aube du second jour de Galaxie - repris par les éditions Opta - Demètre Ioakimidis signe un article sur Clifford D. Simak qui sera la vedette des premiers numéros de la revue sœur qui renait de ses cendres le mois suivant.

En sortant de l'école, nous avons rencontré...


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Sommaire du Numéro 125 :


1 - (non mentionné), Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 4 à 4, bibliographie

NOUVELLES


2 - Michel DEMUTH, Nocturne pour démons, pages 5 à 25, nouvelle

3 - Ray NELSON, Les Fascinateurs (Eight o'clock in the morning, 1963), pages 26 à 30, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH *

4 - Avram DAVIDSON, Panne sèche (The Grantha Sighting, 1958), pages 31 à 40, nouvelle, trad. René LATHIÈRE *

5 - Jean-Michel FERRER, Céphéide, pages 41 à 47, nouvelle

6 - Lloyd Jr BIGGLE, La Musique de la Terre (Wings of Song, 1963), pages 48 à 62, nouvelle, trad. Michèle SANTOIRE

7 - Paul Jay ROBBINS, Gare au garou ! (Sweets to the sweet, 1963), pages 63 à 75, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH *

8 - Sasha GILIEN, Deux têtes sous le même bonnet (Two's a crowd, 1962), pages 76 à 84, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH *

9 - Henry SLESAR, Changements à vue (The Self-Improvement of Salvadore Ross, 1961), pages 85 à 96, nouvelle, trad. Arlette ROSENBLUM *

10 - Kit REED, Depuis qu'est tombé l'ange... (Two in Homage, 1960), pages 97 à 113, nouvelle, trad. René LATHIÈRE *

11 - Fritz LEIBER, La Multiplication des pères (237 Talking Statues, Etc., 1963), pages 114 à 122, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH

 

CHRONIQUES


12 - Demètre IOAKIMIDIS, Clifford D. SIMAK, l'humaniste de la science-fiction, pages 124 à 137, article

13 - COLLECTIF, Ici, on désintègre !, pages 139 à 149, critique(s)

14 - Jacques GOIMARD, Au fil des revues, pages 151 à 152, article

15 - Anne TRONCHE, Topor: Époque panique, pages 153 à 154, article

16 - COLLECTIF, Tribune libre, pages 154 à 155, courrier


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


Pour commencer, un petit erratum débusqué par NooSFere : la couverture est créditée de Jean-Claude Forest ; elle est en réalité de Pierre Bassard (qui avait déjà réalisé la couverture du numéro 119).


Un mercenaire fraîchement recruté par une ligue mafieuse doit exécuter sa première mission : pénétrer dans un "Haut Château" et y pourfendre un démon.

Nocturne pour démons est d'une trame sensiblement similaire aux nouvelles de Curval et de Ferrer (qui est aussi Michel Demuth) qui paraissent ce même mois d'avril 64 dans le Fiction Spécial n°5. C'est à se demander jusqu'à quel point la composition ne résulte pas d'un défi littéraire. Bien que le contexte narratif soit assez bien ficelé, il y a - une fois n'est pas coutume chez Demuth- quelque chose de moins abouti et d'un peu hâtif dans la résolution.


La nouvelle Les Fascinateurs est excellente, tant par son thème, la lecture allégorique et même marxiste qui en est possible, que par sa concision. On peut aussi s'amuser à y retrouver les germes des séquences que John Carpenter utilisera pour le magnifique film qu'il en tirera "They live" ("Invasion Los Angeles" en VF). Assurément cette nouvelle est un sommet de la collection, mais est très étonnamment demeurée impublié ailleurs depuis.

Nous évoquions l'auteur dans le paragraphe d'introduction ; illustrateur et auteur, Ray Nelson est par exemple l'inventeur de la casquette à hélice. On lui doit "Les machines à illusions" coécrit avec Philip K. Dick.


Panne sèche est un récit d'Avram Davidson qui exprime bien comment naissent les légendes urbaines, sur un terreau véridique mais décevant de banalité, à quoi vient s'ajouter des éléments inventés pour rendre le récit plus extraordinaire.


Si le temps est relatif, l'évolution de la vie pourrait suivre une échelle tout à fait différente, où nos millions d'années deviennent des heures. Quel destin, alors, pour nos espèces lentes à l'extrême, si cette vie se met à conquérir l'espace ? Céphéide est une nouvelle bien concise de Jean-Michel Ferrer (Michel Demuth), qui pourra rappeler certains faits jupitériens de "2010 - Odyssée 2" de Arthur C. Clarke - dont Demuth traduira le célèbre premier volume "2001- L'odyssée de l'espace" en 1968.


Au temps du dernier arbre dans toute la Galaxie, on a oublié ce qu'est le bois, comme toute une catégorie d'objets, dont les instruments de musique. La découverte d'un violon chez un antiquaire par un riche collectionneur va impulser la tentative de retrouver ce qu'est La musique de la Terre. Une belle nouvelle un brin nostalgique de Lloyd Biggle Jr. .


Moins communes que les histoires de vampires, celles de loups-garous sont souvent sauvages, pleines de sensations exacerbées et pétries d'un érotisme brutal et flagrant. Dans Gare au garou !, on y retrouve ces codes et ces formes, transposées dans la médiocrité banale de "l'american way of life", non sans une bonne dose d'humour et de sarcasmes, composé par Paul Jay Robbins dans un style bien étudié (on y relèvera l'anaphore "Vous voyez le genre." qui rappelle beaucoup les effets de style qu'adoptera plus tard Kurt Vonnegut, ou la très jolie formulation "l’écume dyspepsique collée à la paroi de ce verre d’eau qu’était sa vie ").


Une fois passé le développement de l'idée première - la destinée des nouveaux nés gérée par une bureaucratie de l'au-delà - la nouvelle Deux têtes sous le même bonnet se déroule un peu en ronronnant. Dommage pour Sasha Gilien.


Avoir le pouvoir d'échanger tout et n'importe quoi, même la jeunesse… Le protagoniste de Changements à vue est doué de ce pouvoir, mais jusqu'où pourra-t-il aller ? Une bonne petite nouvelle à chute de Henry Slesar.


On retrouve encore, dans Depuis qu’est tombé l’ange, chez Kit Reed, ce goût pour les mythes antiques, celui-ci pouvant rappeler les sacrifices des crétois faits au Minotaure. Sans doute peut-on chercher plus loin encore, mais aussi se laisser guider par un récit simple et assez intriguant.


Hormis la question autobiographique, Fritz Leiber livre avec La multiplication des pères une nouvelle un peu falote comparé à ce qu'il est capable de produire autrement. Les 237 représentations d'un père acteur demandant l'oubli à son fils inhibé tournent un peu court.




Présentant l'article de fond sur Clifford D. Simak (que nous vous proposons de retrouver ICI dans sa page dédiée) Fiction justifie ce choix par la parution du roman dudit auteur "Au carrefour des étoiles", dans le numéro 1 de la nouvelle série de Galaxie en passe de parution, en ces termes : "Demètre Ioakimidis examine à cette occasion l’œuvre du plus « civilisé » des auteurs de science-fiction américains."

Nous constatons que les deux revues sont encore très liées, Galaxie étant comme une extension de Fiction. Les quelques années à venir passant, on assistera peu à peu à une rivalité éditoriale croissante.



Pour terminer pour ce numéro 125, après la parution de l'annonce de Jacqueline H. Osterrath dans le numéro précédent, on peut lire dans la rubrique "Entre lecteurs" :

AUTEURS ! Qui enverra des récits fantastiques pour le fanzine Atlanta à Michel GRAYN, Poste Restante, CIPLET (Belgique) ? Maximum 10 pages dactylographiées double interligne.

Ce fanzine mené par le belge Michel Grayn fera l'objet d'un peu plus d'une petite dizaine de numéros entre 1964 et 1965, et publiera des auteurs comme John Flanders, Michel Demuth, Claude Seignolle, ou des notes de lectures de Albert Van Hageland, puis publiera trois recueils  : "La griffe du diable" de John Flanders, "Le village assassin" de Raoul De Warren, et "Comme une odeur de soufre" de Michel Grayn, entre 1966 et 1967.

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