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02 août, 2023

Galaxie (1ère série) n°041 – Avril 1957

Un récit inédit de Frederik Pohl, ça n’est pas si courant ! Plusieurs autres sont restés sans publication depuis, malgré leurs bonnes qualités.

 

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Sommaire du Numéro 41 :
 

1 - Jimmy GUIEU, Vacances spatiales, pages 3 à 28, nouvelle

2 - Katherine MacLEAN, Contagion (Contagion, 1950), pages 29 à 41, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par (non mentionné)

3 - Arthur SELLINGS, Accord verbal (Verbal Agreement, 1956), pages 42 à 57, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS *

4 - Winston K. MARKS, Mariage en deux temps (Mate in Two Moves, 1954), pages 58 à 70, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par ASHMAN *

5 - Jimmy GUIEU, Les Soucoupes volantes, pages 71 à 73, chronique

6 - Frederik POHL, La Dame aux manches vertes (My Lady Greensleeves, 1957), pages 75 à 100, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Jack GAUGHAN *

7 - Richard DEMING, La Vie future de Reilly (The afterlife of Reilly, 1954), pages 101 à 114, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS *

8 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 115 à 116, courrier

9 - William TENN, Le Choix d'un monde (It Ends with a Flicker / Of All Possible Worlds, 1956), pages 117 à 128, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Jack GAUGHAN *

10 - Robert SHECKLEY, Tout ce que nous sommes (All the Things You Are, 1956), pages 129 à 138, nouvelle, trad. (non mentionné)

11 - (non mentionné), Saviez-vous que..., pages 139 à 139, notes

12 - Willy LEY, Si la Terre chavirait..., pages 141 à 144, article, trad. (non mentionné)

 * Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


Vacances spatiales, de Jimmy Guieu, ouvre ce numéro. Guieu est bon dans la péripétie et l'aventure, et cette nouvelle ne pourra pas prétendre aller plus loin. Pour illustrer nos retenues, on pourra y lire par exemple :

 

On quittait la Terre le samedi à 14 heures et l’on se posait, vers 14 h 30, sur Mars ou sur le « Continent Rouge » de Jupiter, d’où l’on repartait le dimanche soir ou le lundi matin, afin d’être rentré à temps pour reprendre ses occupations.

Guieu fait ici la démonstration involontaire de ce que les théoriciens universitaires de la S.F. appellent la "bulle de présent", à savoir la limite de l'imagination à penser les changements profonds et radicaux des temps à venir. Ici, par exemple, il serait inconcevable de se figurer une société organisée dans une géographie urbaine ou concentrée de la société humaine quand la notion même de territoire ou de zone de circulation est à ce point étendu et le temps de déplacement réduit à l'extrême. Bien entendu, il est aisé pour le lecteur du 21eme siècle de détecter de tels bulles de présent dans la littérature des années 50. Mais tout de même, il est un peu infantile de poser des postulats aussi révolutionnaires que le voyage à la vitesse de la lumière et de n'en faire qu'une possibilité d’escapade touristique. Allez, ça n'est pas grave Jimmy. Sans rancune !

 

Dans Contagion, de Katherine MacLean, On retrouve bien formulé le débat pantropie / terraformation (voir Fiction n°45) :

 

Alexandre Mead, le chef de notre famille, était un biologiste de grande valeur et, par ailleurs, un personnage avec lequel il valait mieux ne pas discuter. Il s’opposait à ce que nous changions complètement la face de Minos en y introduisant nos propres cultures. Il préférait modifier nos propres gènes pour sauvegarder l’équilibre de la planète ; et c’est ce qu’il fit.

 

On verra comment la pantropie s’impose pour cette planète piège. Une bonne nouvelle.

 

Accord verbal, de Arthur Sellings, est une belle nouvelle qui décrit les carences langagières des sociétés de télépathes… Et le triomphe de Calliope.

 

Et si l'amour était épidémique ? Mariage en deux temps, par Winston K. Marks, est une bluette dont le titre prend tout son sens à la chute, mais Marks aurait eu là matière à développer davantage les effets sociaux, voire moraux. Sympathique au demeurant.

 

Aujourd’hui, c’est la saint Jimmy ! Dans sa chroniques Les soucoupes volantes, Jimmy Guieu pose une étape de plus dans l’élaboration de son complotisme : nommer pour faire communauté. (Ouraniens : nom générique donné par la C.I.E.O. aux occupants des S.V.). Une fois n’est pas coutume, reconnaissons-lui le mérite de savoir inventer de bons scénarii :

 

« (…) nous pensons que les Ouraniens sont susceptibles de reculer la prise de contact jusqu’à ce que les Terriens aient mis au point et lancé leurs premiers astronefs à destination de la Lune. À ce moment, l’homo sapiens, ouvrant l’ère de l’Astronautique, sera « mûr » pour être contacté par ceux qui, depuis des siècles ou des millénaires, l’ont devancé sur les voies de l’espace cosmique… »

 

Oui, c'est bien l'idée qui sera reprise par A. C. Clarke dix ans plus tars dans sa nouvelle "La sentinelle", qui deviendra "2001 l'Odyssée de l'espace" (le livre ET le film).

 

Pour La dame aux manches vertes, une nouvelle inédite de Frederik Pohl, rappelons que le contexte de ségrégation aux USA est encore bien prégnant en 1957 (les ségrégations entre blancs et noirs dans les bus n’ont été levées qu’en novembre 1956). Décaler celui-ci sur les différences de classe, et plus encore de métiers, prouve bien par l’absurde son illégitimité sociale. Du Pohl un peu léger littérairement, mais bien mené au niveau des péripéties.

 

La vie future de Reilly, par Richard Deming, est une bonne nouvelle qui joue habilement sur la duperie. La chute est très bien amenée.

 

 

Les classiques ingrédients de Le Choix D’un Monde : paradoxe temporel et peur de la bombe ; William Tenn s'en tire avec son humour sardonique habituel.

 

Une bonne nouvelle d'un Robert Sheckley presque tendre cette fois-ci, sur les difficultés des premiers contacts interespèces : Tout ce que nous sommes.

 


 

Pour l’énergie atomique encore en balbutiements quant à son développement, on connaissait déjà en 1957 les risques avant même de les avoir créés... En témoigne cet extrait de la rubrique Saviez-vous que :

 

SAVIEZ-VOUS QUE… l’utilisation de l’énergie atomique à des fins industrielles pose un grave problème quant à l’enlèvement des déchets radioactifs.

 

ON compte qu’il faudra stocker ces déchets en lieu sûr pendant une période de dix à vingt ans avant de les noyer dans les grands fonds océaniques. Ce n’est qu’ainsi qu’on s’assurera de leur dispersion – de même que de l’affaiblissement de leur activité – sans risque de contamination excessive de l’eau des mers. En tout cas, la transformation de l’industrie ne se fera pas d’un seul coup, et les sources d’énergie « traditionnelles » – eau, charbon et pétrole – joueront encore pendant longtemps un rôle essentiel dans l’économie mondiale.

12 avril, 2023

Galaxie (1ère série) n°035 – Octobre 1956

Depuis qu’il y a des êtres humains, l’homme a toujours été en conflit avec ses propres machines. Ou c’est lui qui les dominera, ou elles le domineront. Il est difficile de prédire quelle est l’éventualité la plus terrifiante. Mais toute civilisation formée essentiellement d’hommes doit en détruire une autre où les machines dominent, sous peine d’être elle-même anéantie. Il en a toujours été ainsi. (in Les talents de Xanadu par Theodore STURGEON).

Cliquez délicatement sans faire vibrer les liens !

Sommaire du Numéro 35 :

1 - Wyman GUIN, Les Volplas (Volpla, 1956), pages 3 à 26, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS
2 - Richard DEMING, L'Encombrant fantôme (The helpful haunt, 1953), pages 27 à 35, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par KOSSIN
3 - William TENN, Châtiment payé d'avance (Time in Advance, 1956), pages 36 à 61, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS
4 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 63 à 64, courrier
5 - Jimmy GUIEU, Les Soucoupes volantes, pages 65 à 67, chronique
6 - Theodore STURGEON, Les Talents de Xanadu (The skills of Xanadu, 1956), pages 68 à 92, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Virgil FINLAY
7 - Lucien BORNERT, Le Dernier vieillard, pages 93 à 101, nouvelle
8 - Poul ANDERSON, Le Valgolian (Inside Earth, 1951), pages 102 à 127, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par David STONE
9 - (non mentionné), Saviez-vous que..., pages 128 à 128, notes
10 - Algis BUDRYS, Un phénomène de mimétisme (Protective Mimicry, 1955), pages 129 à 136, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par WILLER
11 - Jerome BIXBY, Ces pauvres Zens ! (Zen, 1952), pages 137 à 144, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par ASHMAN 

 

Les Volplas par Wyman Guin est assurément une nouvelle d'anthologie, demeurée inédite pourtant. La question de la vie de synthèse et du type de culture qui convient de lui inculquer se pose avec force humour et profondeur.

A propos de Wyman Guin, on peut lire, dans l’anthologie « Histoires de sociétés futures » (Livre de poche, 1984) : Guin (Wyman). – Né en 1915. Carrière professionnelle principalement consacrée au domaine pharmaceutique. S’est imposé à l’attention par des nouvelles écrites en 1950 et 1962 et développant selon une minutieuse rigueur des thèmes de départ parfois outrés.

L'encombrant fantôme, par Richard Deming, est une histoire de fantôme au ton badin, malheureusement gâchée par un titre trop évocateur.

Un beau problème de loi et de justice que pose William Tenn dans son Châtiment payé d’avance. Et aussi une belle réflexion sur la morale. 

On appréciera l’adaptation pour la télévision pour la série Out of the Unknown et l’épisode : Time In Advance, en 1965, réalisé par Peter Sasdy. On peut le retrouver chez nos infatiguables amis de l’UFSF ici : https://muaddib-sci-fi.blogspot.com/2010/12/out-of-unknown-1965-1971.html

Dans Les Soucoupes Volantes, Jimmy Guieu nous rappelle l’impunité dont jouissaient quelques techniciens issus du nazisme, sans toutefois citer Werner Von Braun qui sera aux Etats-Unis le grand architecte de la conquête spatiale. On déplorera malgré tout que Guieu ne fasse qu’aménager ses effets et faire son auto- promotion. La farce durera malheureusement trop longtemps (jusqu'au n°54).

Les talents de Xanadu par Theodore Sturgeon est une autre nouvelle d'anthologie, une utopie qui plutôt qu'être détruite par la venue d'un étranger, use de l'art de convertir en douceur. Curieusement, il n’y sera pas fait référence dans le Versins (L'Encyclopédie de l'utopie, des voyages extraordinaires et de la science-fiction – L’âge d’Homme 1972). Lors de sa reprise par les éditions OPTA, la revue en proposera une nouvelle traduction (in Galaxie (2ème série) n° 21, OPTA 1/1966).

Le dernier vieillard par Lucien Bornert demeure une petite bluette un peu maladroite dans sa façon d'amener le contexte d'anticipation. On pardonnera le jeunisme qui rend la nouvelle un peu naïve.

Le Valgolian est une bonne nouvelle de Poul Anderson qui soulève la question de la résistance ou non au colonisateur. Si celui-ci est en capacité d'apporter pacifiquement des bienfaits, la véritable issue réside dans le métissage.

Un phénomène de mimétisme par Algys Budrys est une nouvelle à chute qui rappellera Dollars à gogo de T. L. Sherred, (in Galaxie 31). Ici, le contexte est plus exotique et le style direct est plus travaillé. Algis Budrys, à la bilbiographie assez conséquente, sera surtout connu comme critique littéraire pour la revue Galaxy dans les années 60.

Pour terminer, Ces pauvres zens ! par Jerome BIXBY reste une petite nouvelle sans trop d'intérêt sur une espèce en voie de réapparition. L’auteur nous aura habitués à mieux.


Pour extrait de cette revue, un extrait de « Saviez-vous que… », rubrique toujours très instructive sur les visions d’époque. Cette fois-ci nous avons la description d’une très étrange expérience qu'on croirait sortie d'un démenti discret à l'ufologie...

...SAVIEZ-VOUS QUE…

...les Américains ont réussi à créer une étoile artificielle en libérant l’énergie solaire « stockée » chimiquement dans les atomes de la haute atmosphère ?

 

L’EXPÉRIENCE s’est déroulée au centre d’essais Holloman (Nouveau-Mexique), d’où fut lancée une fusée, du type Aerobee, contenant un gaz – de l’oxyde d’azote – sous pression. Quelques minutes plus tard, on vit apparaître dans le ciel une nouvelle « étoile », deux fois plus brillante que Vénus et qui dépassa bientôt un diamètre apparent supérieur à quatre fois celui de la Lune. À mesure qu’elle grandissait, sa luminosité s’atténuait. Elle finit par disparaître.

Voici ce qui s’était produit : dans la couche supérieure de l’atmosphère (à cent kilomètres environ de la terre), la fusée avait libéré le gaz qu’elle contenait. Or, l’oxyde d’azote a la propriété de permettre aux atomes d’oxygène libres présents dans la haute atmosphère de se combiner deux par deux pour former une molécule d’oxygène. Au cours de ce processus, les atomes d’oxygène libèrent, sous forme de lumière, l’énergie solaire emmagasinée en eux.

Les savants américains envisagent déjà d’utiliser l’énergie qu’il est ainsi possible d’obtenir : 1°) pour la propulsion des fusées dans la haute atmosphère ; 2°) pour l’alimentation en énergie des futurs satellites artificiels ; 3°) pour la radio. Ils ont, en effet, remarqué que le nuage d’oxyde azotique donnait, sous l’action du Soleil, naissance à une « ionosphère artificielle » qui devrait permettre d’améliorer les transmissions radio phoniques à longue distance.

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