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01 février, 2023

Galaxie (1ère série) n°030 – Mai 1956

Des textes sur l'identité, posant la question d'où elle réside. Sheckley et Matheson sont au rendez-vous, ainsi que F. L. Wallace pour la troisième fois consécutive, et deux auteurs français : Michel Lecler (aka le scénariste Michel Lebrun) et Jimmy Guieu (au seuil de son Ufologie).

 

Un clic droit vaut tous les efforts mentaux.

Sommaire du Numéro 30 :

1 - Michel LECLER, Téléchrone, pages 3 à 16, nouvelle

2 - Alan E. NOURSE, La Rôtissoire de Mercure (Brightside Crossing, 1956), pages 17 à 34, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Mel HUNTER

3 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 35 à 36, courrier

4 - Floyd L. WALLACE, Le Grand jour (End as a World, 1955), pages 37 à 43, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par DIEHL

5 - (non mentionné), Saviez-vous que..., pages 44 à 44, notes

6 - Joseph SATIN, L'Homme qui se téléportait (The man who got around, 1954), pages 45 à 63, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par BATH

7 - Jimmy GUIEU, La Fin des hommes, pages 65 à 78, nouvelle

8 - Robert ZACKS, Fichu métier (The freelancer, 1955), pages 79 à 90, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par ASHMAN

9 - Richard MATHESON, L'Éponge humaine (One for the Books, 1955), pages 91 à 99, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

10 - Frank Malcolm ROBINSON, Le Glaive de feu (The Fire and the Sword, 1951), pages 100 à 117, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

11 - Christopher GRIMM, Garde du corps (Bodyguard, 1956), pages 118 à 140, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par CAVAT

12 - Robert SHECKLEY, Métamorphose de Meyer (The Body, 1956), pages 141 à 144, nouvelle, trad. (non mentionné)

Les corps sont-ils interchangeables ? (Garde du corps, par Christopher Grimm, en réalité un pseudonyme de Horace L. Gold, éditeur de la revue américaine Galaxy Science Fiction - voir Galaxie n°5.)

Conserve-t-on alors son intégrité ? (Métamorphose de Meyer, par le toujours fidèle Robert Sheckley).

L'esprit peut-il être réduit à une somme de connaissance ? (L'éponge humaine, par Richard Matheson ; le lecteur pourra être intéressé par cet homme qui se réveille en sachant parler l’anglais… qu’il ne connaissait pas. Dans la version originale, l’homme se réveille en sachant parler… français !)

Un corps qui s'affranchit des lois de l'espace devient-il pur esprit ? (L'homme qui se téléportait, par Joseph Satin ; une nouvelle qui rappelle, bien entendu, "Terminus les étoiles" de Alfred Bester (1956 – VF 1958), et sa séquence drolatique de l'incendie de paillasson ; ou encore « Transport de colère » de John Novotny, parue dans le Fiction n°24).

Deux esprits jugés identiques réagissent-ils de même ? (Le glaive de feu, par Frank M. Robinson, une belle utopie paradisiaque et sa défense contre l'intrusion d'un modèle étranger.)

Le double d'un individu dans un monde parallèle est-il identique ? (Téléchrone, par Michel Lecler, alors auteur de la Série 2000, mais qui sera ensuite plus connu comme scénariste, traducteur et grand spécialiste de littérature policière sous le nom de Michel Lebrun. Téléchrone rappellera Malheureux Ulysse parue dans le Galaxie précédent.)

Le monde lui-même demeure-t-il identique à mesure qu'on l'explore ? (Le grand jour, par F. L. Wallace ; ou encore La rôtissoire de Mercure, par Alan E. Nourse).

Hors de ce sujet de l’identité (encore que l’on y cherche à identifier les auteurs de phrases toutes faites), Fichu métier, par Robert Zacks, est une bien drôle nouvelle où les clichés du langage sont soumis aux droits d'auteurs. La vision de la machine portable qui contrôle tout cela est éminemment visionnaire.

On n’insistera pas sur la nouvelle de Jimmy Guieu : La fin des hommes, nouvelle malgré tout phallocrate dans un style plat et maladroit.


Des lunes manufacturées - l’expression n’est-elle pas éminemment poétique ? Il s’agit plus simplement de ce que nous appellerons par la suite des « satellites artificiels ».

SAVIEZ-VOUS QUE…

… l’année géophysique internationale 1957-1958 verra le lancement, non pas d’une unique lune artificielle, comme on le pensait, mais d’une dizaine de satellites artificiels ?

 

POURQUOI cette multiplication de lunes « manufacturées » ? Parce que, étant donné les dimensions et le poids forcément réduits des sphères prévues, on doit en augmenter le nombre si l’on veut y installer tous les instruments de mesure indispensables à l’étude des phénomènes atmosphériques, stratosphériques et spatiaux.

Les spécialistes estiment que les petits satellites pourront parcourir leur orbite légèrement elliptique (à 400 kms d’altitude environ) autour de la Terre en 90 minutes, et resteront vraisemblablement « en l’air » pendant plusieurs jours avant de retomber ou de se désagréger.

On continue dans notre série sur les inquiétudes relatives à l’énergie atomique émergente dans la rubrique « Votre courrier » :

… J’ai lu dans un journal anglais que le gouvernement britannique envisageait de doter chacun de ses ressortissants d’un « livret atomique » où seraient consignées les doses de radioactivité reçues pendant les traitements médicaux. Une telle surveillance serait-elle donc nécessaire pour d’autres que les techniciens de centrales nucléaires ou d’installations de radiologie ?

J. DÉRIVÉ, Périgueux.

 

Le contrôle dont vous parlez peut devenir rapidement d’un intérêt général, au fur et à mesure de la multiplication des usines atomiques. Chaque individu se trouvera exposé, dans un avenir peut-être très proche, à recevoir des radiations émanant de centrales nucléaires ou de parcelles radio-actives en suspension dans l’atmosphère, sans parler des rayonnements cosmiques. Or, ces expositions (souvent inconscientes) à la radio-activité ont, sur l’organisme humain, des effets qui s’additionnent. Il sera donc important de connaître la charge déjà « emmagasinée » par un sujet avant de le soumettre à certains traitements radiologiques ou de lui faire absorber des isotopes radio-actifs.

On pourra dépister ainsi les risques de tares héréditaires ou de maladies radio-actives.

Hé bé ! On a eu chaud !

07 septembre, 2022

Galaxie (1ère série) n°019 – Juin 1955

Qui est le chef ? Qui décide ? Qui commande ? Qui dirige ? Quelque chose n'influence-t-il pas notre volonté ? Voilà le vaste sujet "libre-arbitre / déterminisme" ici développé dans plusieurs des nouvelles de ce numéro 19 de Galaxie.

 

Alors-là, chef,

ça donne envie de cliquer sur la couverture !

 

Sommaire du Numéro 19 :


1 - Theodore STURGEON, Le Tyran sauvé par l'amour (The Touch of Your Hand, 1953), pages 2 à 32, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

2 - Robert SHECKLEY, Le Vieux rafiot trop zélé (The Lifeboat Mutiny, 1955), pages 33 à 45, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par KOSSIN

3 - René PACAUT, Le Vainqueur de Newton : Albert Einstein, pages 47 à 49, article

4 - AUTOLYCUS, Les Étoiles et leur nombre, pages 50 à 50, notes

5 - Willy LEY, La Mort du Soleil, pages 51 à 58, article, trad. (non mentionné)

6 - Robert E. GILBERT, D'abord, fuir les sages, ces vrais fous ! (A Thought for Tomorrow, 1952), pages 59 à 70, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par David STONE

7 - Robert ZACKS, Ne tirez pas sur le monstre (Don't Shoot, 1955), pages 71 à 83, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par ASHMAN

8 - Miriam Allen DEFORD, Conquérants sacrifiés (One-Way Journey / One Way, 1955), pages 84 à 92, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Irv DOCKTOR

9 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 93 à 96, courrier

10 - Evelyn E. SMITH, Le Soutien le plus sûr (Man's Best Friend, 1955), pages 97 à 106, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Mel HUNTER

11 - Frederik POHL, J'ai tué le roi de l'univers (Pythias, 1955), pages 107 à 111, nouvelle, trad. (non mentionné)

12 - AUTOLYCUS, Dimensions des étoiles, pages 112 à 113, notes

13 - Isaac ASIMOV, Une hôtesse accueillante (Hostess, 1951), pages 114 à 144, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

 

Rapport du PreFeG (Août 2022)

  • Relecture
  • Corrections orthographiques et grammaticales
  • Vérification du sommaire
  • Vérification des casses et remise en forme des pages de titre
  • Vérification et mise à jour des liens internes
  • Mise au propre et noms des fichiers html
  • Mise à jour de la Table des matières
  • Mise à jour des métadonnées (auteurs, résumé, date d'édition, série, collection, étiquettes)

Avec "Le tyran sauvé par l’amour" par Theodore STURGEON, la question du chef est évincée dans cette utopie d'un peuple sans ambition de territoire, de vouloir agrandir le domaine, et n'usant qu'avec parcimonie de sa technologie. Un brin plus léger que d'habitude pour Sturgeon, un peu naïf sans doute, mais rafraîchissant.

Dans "Le vieux rafiot trop zélé" par Robert SHECKLEY, le duo Cergue et Arnaud, de retour, est en proie à un vaisseau rendu paranoïaque du fait d'une programmation obsolète. Quand la machine commande à l'homme pour sa soi-disant sécurité, voilà un sujet bien actuel…


Illustration de Robert E. Gilbert
La volonté est-elle plus forte que les lois fondamentales de la dynamique ? Dans "D’abord, fuir les sages, ces vrais fous !" par Robert E. GILBERT, il est question de téléportation intuitive. On pensera à "Terminus les étoiles" de Alfred Bester, qui sera publié deux ans plus tard.

A propos de l'auteur, dont ce sera la seule nouvelle traduite en français, il est davantage considéré pour ses talents d'illustrateurs. Une collection de ses dessins de SF est consultable ici.


Échappe-t-on à son destin ? "Conquérants sacrifiés" par Miriam Allen DE FORD évoque petite mort et (ce qu'on appelait pas encore) humanité augmentée. Et quand la loi décide, impartiale, implacable, sourde et aveugle, souvent la ruse prend-t-elle le pas sur la résignation.

C'est maman qui décide. "Le soutien le plus sûr" par Evelyn E. SMITH est une farce qui rappellera "Septième victime" de Sheckley (voir Galaxie n°4). Evelyn E. Smith est là toute à son style loufoque et son humour singulier.

Que faire d'un pouvoir qu'on prendrait pour absolu ?"J’ai tué le roi de l’Univers" par Frederick POHL est une variation sur les possibilités de la psychokynésie. Avec des noms francisés en prime !

 Dans "Une hôtesse accueillante" par Isaac ASIMOV (une enquête sous forme de dialogues, comme souvent chez Asimov) c'est toute une réflexion sur le libre-arbitre des espèces qui se déploie, avec en prime des développements sur le parasitisme et la symbiose (sur ce sujet de la symbiose, le Fiction n°19 du même mois offre une quantité de nouvelles. Hasard éditorial ?).

 

En dehors du sujet de ce numéro (encore que…) : "Ne tirez pas sur le monstre" par Robert ZACKS souligne l'inévitable adage "Science sans conscience"... ou sans scrupule. Une petite histoire drolatique sur le pouvoir de l'industrie du spectacle.

Notons au passage une courte description d'une modification profonde de la société américaine des années 50 : la télévision. Robert ZACKS connaît d'ailleurs bien ce sujet en tant que scénariste pour la télévision.

"Vous vous rappelez ces jours extraordinaires pendant lesquels la télévision, comme un monstre à glande pituitaire suractivée, prit, au détriment du cinéma, une extension telle que l’on put lui appliquer le qualificatif de sensationnel ?

Quelle bagarre ! Les deux industries luttèrent l’une contre l’autre, le cinéma, chancelant sous les premiers chocs, puis reprenant vigueur grâce aux trois dimensions et au cinémascope, et enfin la télévision poussant l’offensive de la couleur."

 

Pour les articles de fond, "Albert Einstein - le vainqueur de Newton" par René PACAUT, comme le mois précédent avec celui sur Jules Verne, reste un article un brin vulgarisateur. On appréciera davantage le style de Willy LEY pour rendre intelligibles les phénomènes cosmiques, ici, celui de "La mort du soleil".

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