Affichage des articles dont le libellé est Alain Dorémieux. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Alain Dorémieux. Afficher tous les articles

28 janvier, 2026

Fiction n°135 – Février 1965

Pour ce numéro, on ne peut pas dire que Fiction innove beaucoup du côté des auteurs : nous voilà en terrain bien connu, voire en visite chez les anciens (Edmond Hamilton notamment). Mais c'est que ces anciens n'ont pas encore tout révélé de leur art, et n'aiment pas les enterrement prématurés. "Quand on a du métier", proposait ce même Edmond Hamilton dans le numéro précédent - en voilà bien l'illustration : les dinosaures ont la vie dure. Mais l'on y note un clivage net entre la science-fiction, anglo-saxonne, et le fantastique, ici défendu par les auteurs français, Alain Dorémieux en tête.

Un tiers du débit général :
c'est au moins un robinet du 12 !

Comme pour toutes nos publications, un clic droit sur la couverture

vous invitera à télécharger le livre au format epub.
("Enregistrer la cible du lien sous...")
Un simple clic suffit sur les liseuses.

Sommaire du Numéro 135 :


1 - (non mentionné), Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 4 à 4, bibliographie


NOUVELLES


2 - Leigh BRACKETT, La Prêtresse Pourpre de la Lune Folle (Purple Priestess of the Mad Moon, 1964), pages 5 à 25, nouvelle, trad. Jean LAUSTENNE
3 - Edmond HAMILTON, Dans l'abîme du passé (The Dark Backward, 1958), pages 26 à 40, nouvelle, trad. GERSAINT
4 - Wilson TUCKER, Le Dernier voyage (To the Tombaugh Station, 1960), pages 41 à 91, nouvelle, trad. Pierre BILLON *
5 - Gordon R. DICKSON, L'Apprentissage (Rehabilitated, 1961), pages 92 à 104, nouvelle, trad. Michèle SANTOIRE *
6 - Alain DORÉMIEUX, Aurora, pages 105 à 113, nouvelle
7 - Nathalie HENNEBERG, La Couleuvre, pages 114 à 141, nouvelle 

CHRONIQUES


8 - COLLECTIF, Ici, on désintègre !, pages 142 à 155, critique(s)
9 - (non mentionné), En bref, pages 156 à 157, article
10 - Anne TRONCHE, Revue des arts, pages 158 à 159, critique(s)

* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


La rédaction de Fiction présente ainsi La déesse pourpre de la Lune Folle :

La présente nouvelle a eu une genèse des plus particulières. On peut dire qu'elle résulte à la fois d'un défi et d'un jeu. En présentant un jour un récit de Leigh Brackett dans notre édition américaine, Anthony Boucher avait écrit, en guise de boutade, qu'elle serait capable de rédiger une nouvelle avec un titre aussi extravagant que, par exemple, La Prêtresse Pourpre de la Lune Folle, et de la rendre intéressante. Quand le même récit (L'animal, in Fiction n°30) parut ensuite dans Fiction, le présentateur, lisant les lignes de Boucher, les prit au pied de la lettre et prétendit dans l'introduction que Leigh Brackett avait réellement écrit une histoire ainsi intitulée  !

Leigh Brackett eut vent de la chose, en fut amusée et, des années plus tard, décida de relever le gant… Voici donc, lointainement due à l'erreur involontaire d'un de nos rédacteurs, une nouvelle bien dans sa manière et qui nous a personnellement enchantés. On y retrouve l'écho, plein de fraîcheur, des beaux jours de la science-fiction à la Burroughs.

Dans un style pétri de sensations, Leigh Brackett tente de rendre honneur au titre qu'Anthony Boucher avait inventé pour elle. Elle y parvient par le récit des pratiques de ladite prêtresse, et du témoin terrien qui les découvre malgré lui. Tout cela non sans un sourire en coin.
On notera l'arrivée d'un nouveau traducteur, Jean Laustenne, qui s'occupera avec Michel Deutsch de la version française du Livre de Mars, l'œuvre de Leigh Brackett qui paraîtra au Club du Livre d'Anticipation en 1969.

Un autre nouveau traducteur aux allures de pseudonyme, Gersaint, signera son travail sur la nouvelle d'Edmond Hamilton, Dans l'abîme du passé, nouvelle bien menée qui rappellera les faux-semblants de La vérité avant-dernière de Dick. Là, ce que les chercheurs appellent "la bulle de présent", c'est à dire les indices qui marquent un récit d'anticipation et trahissent l'époque de sa rédaction, cette bulle donc éclate allègrement en devenant un attribut même de l'intrigue. Habile.


Avec Le dernier voyage de Wilson Tucker, on est loin des représentations idéales des voyages dans l'espace. Ici, on se croirait plutôt dans l'univers étroit et confiné d'une presque épave. Bien que cette atmosphère soit bien rendue, l'enjeu de l'enquête, donc construite comme un récit policier, ses subtilités tout comme ses préparatifs dignes d'une histoire d'espionnage, nous passe un peu par dessus la tête et peuvent laisser indifférent.


Pousser un être qui se juge minable à se dépasser, lui faire comprendre sa compulsion d'échec, l'instruire et peut-être même le gaver de connaissance au-delà de ses capacités… tout cela n'a sans doute pas pour seul but un motif désintéressé et altruiste. Gordon Dickson, sensible au ressenti du paria ou du laissé pour compte, nous propose à travers L'apprentissage un récit émouvant qui rappellera le poignant Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes.


Comment Alain Dorémieux rédacteur en chef présente-t-il Alain Dorémieux auteur sans avoir recours à un pseudonyme. L'exercice est cocasse et sa résolution mérite d'être citée :

L'auteur : Responsable de Fiction et Galaxie. Écrit aux rares moments perdus où il n'a rien de mieux à faire pour les perdre. Signe particulier : une demi-douzaine de pseudonymes. Spécialité : « Un certain érotisme macabre et teinté de fantastique » (pour reprendre la définition donnée d'un de ses textes dans la dernière anthologie Planète).

Pour ce qui est de la nouvelle proposée, et bien qu'on sente venir l'épouvantable nature d'Aurora, Alain Dorémieux se délecte de décrire les phases de la fascination que traverse sa jeune victime. 

 

Le retour de Nathalie Henneberg, et toujours cette survivance de l'amour à la mort, ces couples primordiaux unis et désunis par le destin, et un cortège de notes en démonologie mêlant l'Egypte Antique à Rome ou à la Bible... Avec La couleuvre, et bien que cadrant ici son récit dans sa Pologne natale, Nathalie Henneberg complique peut-être un peu inutilement son récit et donne la sensation de tirer à la ligne un sujet déjà visité.


Dans la série : "Non, non, que nenni, l'INA n'a pas tout", on peut lire dans ce numéro de Fiction une note qui fait rêver :
Science-fiction et télévision. 
Ailleurs et Demain : tel est le titre de l'émission de science-fiction programmée mensuellement sur la première chaîne à partir de février. Cette émission comprendra chaque fois une ou deux « dramatiques », suivies d'une tribune au cours de laquelle des personnalités du monde scientifique viendront traiter différents problèmes évoqués dans les récits présentés. D'ores et déjà, les producteurs invitent les auteurs de manuscrits ou de scénarios adaptables à participer éventuellement à cette émission. Écrire à Patrice Rondard, Émission Ailleurs et Demain, 7, rue du 4 Septembre, Vanves (Seine).
Difficile de trouver de plus amples informations. Patrice Rondard écrira quelques pièces radiophoniques policières, mais on le connait ici surtout sous son pseudonyme d'Hervé Calixte, complice de Gérard Klein dans la revue "Satellite". Ce même Gérard Klein reprendra donc à son compte l'intitulé "Ailleurs et Demain" pour sa collection de SF chez Robert Laffont à partir de 1969.

Nous n'avons pas trouvé trace des émissions diffusées à partir de 1965, hormis une petite coupure de programme télé sur un site consacré à Giani Esposito (notre illustration).


La publication de l'intégrale Jean Ray, en cette année 1965, se poursuit conjointement chez Robert Laffont et chez Marabout. Jean Ray vient de décéder, mais c'est tout un engouement pour l'auteur gantois qui semble prendre, et parfois davantage pour la périphérie (gigantesque) de sa bibliographie. En témoigne cette anecdote que rapporte Jacques Van Herp à propos d'un manuscrit délaissé récupéré par le directeur de publication des éditions Opta, Maurice Renault :

Sans Maurice Renault, ce livre [Les contes noirs du golf] de Jean Ray fût demeuré inconnu. L'auteur n'en parlait à personne. Ses meilleurs amis l'ignoraient, et quand fut rédigée la bibliographie du n° 126 de Fiction, il n'en souffla mot. Heureusement, il en avait donné le manuscrit à Maurice Renault qui le sortit d'un tiroir et le fit publier.

Quand on parle de la "périphérie bibliographique", s'agissant de Jean Ray, il faudrait plutôt évoquer tout un incommensurable océan, tant on découvre assez régulièrement des articles, contes ou sotties produites par l'infatigable orfèvre du conte fantastique. Bien évidemment, l'une de ses plus conséquente contribution à la littérature populaire, et qui était restée longtemps l'œuvre d'un anonyme, a pour titre générique : "Les enquêtes de Harry Dickson, le Sherlock Holmes américain". Nous avons relevé comment la vérité s'est graduellement fait jour au sein des pages de Fiction. A présent vient l'heure de la consécration, à propos de la parution de l'intégrale Jean Ray chez Robert Laffont :

Il reste un quatrième tome à paraître, concernant cette partie de son œuvre qu'on connaît le plus mal (et qui n'est pas le moins remarquable) : Les aventures de Harry Dickson, cette géniale série de feuilletons que Ray écrivait, dans les années trente, au rythme de 60 pages en une nuit, avec des titres aussi affolants que Le jardin des furies, Les spectres bourreaux ou Le vampire qui chante.

Nous vous invitons à vous reporter à nos pages consacrées à la publication numérique des histoires de Harry Dickson, projet dont nous agrémentons à temps perdu le PReFeG.



Un clic droit et "enregistrer sous" 
pour obtenir votre epub !

Poursuivons sur cette touche "exhumons, ressuscitons, luttons contre l'oubli".

Comme souvent pour les auteurs anglo-saxons, un nombre considérable de nouvelles n'auront jamais été traduites autrement que dans des revues (Fiction et Galaxie, ou encore Univers) et les anthologies telles que "Le Livre d'Or de la science-fiction" ou "Le Grand Temple de la SF" feront office d'exception sur le terrain des rééditions : la plupart disparaissent (et celles qui restent le sont dorénavant sous la forme d'intégrales massives qui sont au livre de poche ce que le poste à galènes est au transistor).
Parmi ces livres, devenus introuvables faute de réédition, que recense la Revue des Livres, figure "Stimulus" de John Brunner, qui présente l'intérêt non moindre de l'activité de novelliste de cet auteur britannique précoce (et malheureusement disparu trop tôt). 
"Stimulus" ("No future in it" en sa version originale) date de 1962, John Brunner en est encore à ses premiers essais de romans, mais s'est déjà fait un nom dans les revues par ce passage obligé du récit court. Lorsque le recueil parait en France en1965, John Brunner s'apprête à publier "La ville est un échiquier" et "Le long labeur du temps", qui marqueront ses orientations à venir : les enjeux des pouvoirs de demain et la détermination des peuples à ne pas se laisser berner.

Pour accompagner la critique que Demètre Ioakimidis fait de ce recueil, nous vous proposons le livre en Bonus !
Le lecteur, même s'il est pressé, ne manquera pas de remarquer que les premiers paragraphes de chacune des nouvelles composant ce livre diffèrent par le ton, voire par le sujet, de ce qui les suit. Il réalisera assez rapidement que ces paragraphes initiaux sont un commentaire indépendant de l'auteur, expliquant généralement pourquoi et comment il a écrit ces récits. Cette particularité n'est indiquée explicitement nulle part dans ce livre, et il n'y a aucune différence entre la présentation typographique de ces « introductions » et celle des nouvelles proprement dites. N'eût-il pas valu la peine d'attirer l'attention du lecteur sur cette particularité, qui n'est pas si fréquente ? 

Cela dit, on ne peut qu'applaudir à l'inclusion de ces textes. John Brunner est un auteur lucide, cultivé et souvent spirituel. Ses réflexions peuvent en susciter d'autres chez son lecteur – et elles sont naturellement écrites de façon à ne pas dévoiler le fin mot des récits à « chute ».

John Brunner est un auteur anglais remarquable par sa précocité et par la diversité de ses « manières ». Avant d'avoir atteint sa vingt-cinquième année, il avait écrit Threshold of eternity, épopée aux enchevêtrements van vogtiens qui révélait un souffle incontestable, et dont une traduction française parut furtivement il y a quelques années. Alors que la plus grande partie de ses premières œuvres fut publiée dans des magazines anglais – New Worlds principalement – sa prose traversa assez rapidement l'Atlantique, de sorte que l'on rencontra sa signature dans Analog, Fantasy and Science Fiction et Fantastic Universe. Comparé à son compatriote et aîné J. G. Ballard, John Brunner est peut-être un écrivain moins accompli, mais à coup sûr un meilleur écrivain de science-fiction. Autrement dit, il possède un style moins vigoureux et une puissance d'évocation certainement inférieure, mais un registre émotionnel plus étendu et, surtout, une imagination plus variée.

Tout n'est pas mémorable dans les onze nouvelles qui composent ce volume, mais on trouve continuellement – ou presque – la marque d'un narrateur-né, qui sait de plus trouver le ton qui convient à chacun de ces récits (cette dernière qualité, il faut bien le reconnaître, est particulièrement masquée par une médiocre traduction française, invariablement appliquée et souvent maladroite, et dont l'auteur ou les auteurs sont restés anonymes).

C'est la gravité du ton – qui est celle d'un rapport scientifique – qui fait le piquant de la farce intitulée Rapport sur la composition de la surface lunaire. L'idée est mince de substance et énorme d'absurdité ; elle est brillamment traitée en quelques pages où éclate le métier de l'auteur. C'est l'idée en revanche qui fait l'intérêt de Protégez-moi de mes amis, où John Brunner évoque l'infortune d'un télépathe condamné à percevoir toutes les pensées de son entourage. Le traitement, en revanche, pèche par la facilité : un style à la syntaxe torturée et à la ponctuation arbitraire qui risque de rappeler Surface de la planète à ceux qui n'ont pas eu la bonne fortune de bannir ce livre de leurs mémoires. Du moins la tentative de Brunner se limite-t-elle aux dimensions d'une nouvelle.

La poussière de l'espace comprend une première partie qui est fort minutieusement construite, avec l'évocation de la vie dans une station cosmique et la découverte d'un meurtre mystérieux, mais l'explication de ce mystère tourne court et donne à la nouvelle une conclusion qui n'est pas digne de son début. Les huit récits restants varient toutefois du bon à l'excellent. Il y a ainsi Le baudet de fer et Stimulus qui sont un peu le pendant l'un de l'autre : celui-ci un problème en biologie et celui-là un problème en psychologie des rapports entre l'homme et le robot. La foire est en somme le contraire de La poussière de l'espace. Ici, le récit s'ouvre par une description assez conventionnelle (pour l'habitué de science-fiction, tout au moins) d'un parc d'attraction du futur ; mais cette description a du relief, et les réactions du personnage central sont un moyen habile d'accentuer sa vraisemblance. Et, surtout, le récit a une conclusion adroite, surprenante et optimiste. La panne, d'autre part, est une charge assez alerte contre la Grande Entreprise de l'avenir – avec ici aussi, une conclusion qui prend le lecteur au dépourvu. Ce n'est pas aussi brillant que chez Fredric Brown, c'est moins « fonctionnel » – en ce sens que le récit n'est pas uniquement édifié en vue de cette fin – mais c'est du très bon travail tout de même. Il y a en particulier un petit animal synthétique, au passage, qui vaut son poids de lombric.

Variation sur un thème connu, voici Les fontaines du ciel, où il est question de la fin du monde d'une façon qui n'a rien de spécifiquement britannique. Le grand méchant loup présente une intéressante étude de psychologie des masses, avec une « chute » très réussie, alors que Un métier sans avenir raconte une très joyeuse rencontre entre le passé et le futur, un sorcier médiéval capturant, au lieu du démon espéré, un voyageur temporel.

Ne pas déranger est probablement celui de ces récits qui va le plus loin dans l'examen psychologique : John Brunner y met en scène un homme qui fut prisonnier de l'ennemi durant vingt-huit ans d'une guerre cosmique, et le rend aussi pitoyable que ses réactions sont plausibles. Et cela est fait sans aucun recours au pathétique, sans effet grand-guignolesque. C'est peut-être l'histoire où il se passe le moins de choses sur le plan scientifique, et c'est sans doute celle où le personnage central est peint avec le plus de vraisemblance et de compassion.

Servi par de meilleures traductions, ce livre eût pu constituer une révélation véritable. Tel qu'il est, il permet tout de même de découvrir les divers aspects d'un talent sur lequel de grands espoirs peuvent être fondés pour l'avenir – John Brunner est né en 1934 – mais qui déjà s'affirme étonnamment souple et sûr. Il est simplement dommage que la narration se trouve ici alourdie de maladresses et d'approximations qui ne sont pas imputables à l'auteur. 

Demètre IOAKIMIDIS


Dernière petite notule, sur un sujet sur lequel nous reviendrons : au détour d'une recension d'un ouvrage de B. Bruss (Le bourg envoûté), on y évoque Jacques Sadoul qui est en train de faire son entrée dans le monde de l'édition - après avoir un peu manqué sa carrière littéraire avec La passion selon Satan (Pauvert - 1960), qui redéployait les Hautes Terres du rêve de Lovecraft.

" Déjà L'astéroïde noir nous emmenait dans un univers qui est sans doute celui du rêve, où la pensée modèle à sa guise une matière mouvante et fluide, monde aberrant et crépusculaire, qui parfois évoque certains paysages de Lovecraft.

L'alliance Bruss-Lovecrafl peut choquer, mais doit être comprise. Bruss n'imite pas le Lovecraft mythologique des terreurs cosmiques et des Grands Anciens ; il n'a pas voulu, comme Jacques Sadoul, en reprendre l'univers, il n'essaye pas d'en restituer la couleur et l'ampleur. La parenté n'est pas dans la trame du récit ou dans le décor, mais dans la démarche, pareillement lente, pareillement soucieuse d'ancrer les bases du rêve dans un réel minutieusement construit."

07 janvier, 2026

Fiction n°132 – Novembre 1964

Une fois encore, les textes des auteurs anglo-saxons de ce numéro, et bien qu'ils soient de bonne qualité, resteront sans publication ultérieure, que ce soit en recueils ou en anthologies ; à l'exception de celui de Leiber,  repris récemment dans une intégrale concernant "La Guerre Uchronique" chez Mnemos (2020). Côté francophonie, Alain Dorémieux camoufle son privilège d'éditeur sous le masque jetable d'un pseudonyme qui ne lui servira que deux fois. Bref, encore un numéro de raretés pour collectionneurs aguerris !


Qui vous a dit que le schmilblick était un œuf ?

Comme pour toutes nos publications, un clic droit sur la couverture

vous invitera à télécharger le livre au format epub.
("Enregistrer la cible du lien sous...")
Un simple clic suffit sur les liseuses.

Sommaire du Numéro 132 :


1 - (non mentionné), Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 8 à 8, bibliographie

NOUVELLES


2 - J. T. McINTOSH, La Planète pauvre (Poor Planet, 1964), pages 9 à 40, nouvelle, trad. Christine RENARD *

3 - Fritz LEIBER, Les Vents de Mars (When the Change-Winds Blow, 1964), pages 41 à 50, nouvelle, trad. Christine RENARD

4 - Edward JESBY, L'Homme de la mer (Sea Wrack, 1964), pages 51 à 68, nouvelle, trad. Christine RENARD *

5 - Allen Kim LANG, Le Loup dans la bergerie (Thaw and Serve, 1964), pages 69 à 77, nouvelle, trad. (non mentionné) *

6 - Paul GREGOR, La Vallée des monstres, pages 78 à 84, nouvelle *

7 - Doris Pitkin BUCK, Naissance d'un jardinier (Birth of a Gardener, 1961), pages 85 à 95, nouvelle, trad. Michèle SANTOIRE *

8 - Gilbert ATLANTE, Chère Salamandre !, pages 96 à 101, nouvelle

9 - J. P. SELLERS, Un message urgent pour Mr. Prosser ( Urgent Message for Mr. Prosser, 1964), pages 102 à 110, nouvelle, trad. Pierre BILLON *

10 - Rudyard KIPLING, Eux (They, 1904), pages 111 à 134, nouvelle, trad. Arthur AUSTIN-JACKSON & Louis FABULET 

CHRONIQUES


11 - (non mentionné), Mort de Jean Ray, pages 134 à 135, article

12 - COLLECTIF, Ici, on désintègre !, pages 136 à 146, critique(s)

13 - Alain DORÉMIEUX, Jean Ray défiguré, pages 147 à 149, article

14 - Jacques GOIMARD, Notules, pages 149 à 153, article

15 - Jacques SADOUL, Les Comics de science-fiction, pages 154 à 160, article


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


On aurait pu croire que J. T. McIntosh ne se contente que de maquiller en SF une histoire d'espionnage classique ; mais ce serait oublier qu'il s'agit d'un vieux routard qui maîtrise les ficelles du métier. L'idée principale de La planète pauvre est bien de l'ordre de la science-fiction (même si en l'exprimant ainsi : "n'est pauvre que celui qui ne peut pas épargner", rien ne nous le laisse présager). On se croirait un peu en virée en Corée du Nord. On pourrait peut-être reprocher à McIntosh la condescendance paternaliste de son héros, qu'on pourrait imaginer comme étant celle d'un McIntosh devant ses jeunes pairs. Une nouvelle efficace quoi qu'il en soit.


Les vents de Mars de Fritz Leiber soufflent une poésie en prose post-apocalyptique dans la solitude du sol martien, et diffusent des mirages.


L'homme de la mer de l'inconnu Edward Jesby est un récit proche de ceux de Poul Anderson, sur les peuples des temps de la reconstruction d'après la guerre nucléaire. Le ton y est plus poétique, mais plus évasif aussi, ce qui rend les enjeux un peu flous.


Allen Kim Lang travaille son sujet avec cruauté, et nous rappelle dans Le loup dans la bergerie qu'une utopie - ici celle d'un avenir où les rivages d'une paix universelle sont enfin atteints - ne saurait se maintenir en y agglomérant des éléments étrangers - ici celui d'un criminel de notre temps (ou presque) et condamné à une cryogénisation longue et au réveil dans un avenir incertain. On repensera au film Demolition man, mais vécu du point de vue du "méchant", ou encore à Idiocracy, dans une moindre mesure.


La vallée des monstres est perdue aux fins fonds de la jungle amazonienne, et des êtres y sont condamnés à y vivre une vie éternelle. Le voyageur égaré s'y échouant n'emportera que du mystère.

A propos de l'auteur : Paul Sebescen (1909-1988), dit Paul Gregor, s'était fait connaître dans les milieux ésotériques français par la publication en 1964 d'un étonnant témoignage sur la sorcellerie brésilienne, à savoir la macumba. Il avait été initié dans sa branche dite kwimbanda, celle considérée comme la plus «noire». Une sorcellerie étrange, à mille lieues des conceptions de la modernité occidentale. Né en Yougoslavie en 1909, Paul Gregor a toujours fait preuve d'un éclectisme pour le moins surprenant. D'abord juge d'instruction à Belgrade, il a été imprimeur, professionnel de tennis, chercheur de pierres précieuses, directeur de théâtre, producteur de films, éditeur, attaché de presse auprès de la légation yougoslave à Rio de Janeiro, explorateur, journaliste, camionneur, écrivain, dramaturge, cinéaste, etc. (source : http://bibliomane.free.fr/rec.php?aut=greg1)


Le brillant savant et sa jolie femme un peu simple d'esprit - voilà le cliché que Doris Pitkin Buck nous propose de déconstruire allègrement dans Naissance d'un jardinier, qui emprunte autant au fantastique qu'à la science-fiction, et autant à la sagesse orientale qu'au cartésianisme occidental. 


Chère salamandre ! est une charmante petite fable signée Alain Dorémieux sous le pseudonyme de Gilbert Atlante. On y retrouve l'axolotl, cet animal si étrange déjà célébré par Robert Abernathy (in Fiction n°13) et par Julio Cortazar (in Fiction n°114).

Bien mené, ce témoignage d'un gardien de nuit faisant l'objet de Un message urgent pour Mr. Prosser n'est qu'à peine fantastique et aurait plutôt sa place dans Mystère magazine (bien que Fiction place la nouvelle dans son fourre-tout "Insolite"). Mais on pourra l'apprécier tout de même, par sa vivacité de ton et son sens de l'énigme.


Circonvolutions autour du sens encore, mais cette fois-ci à la façon d'un Henry James, sans secret ni damnation néanmoins, bien que la même circonspection sur les propos rapportés par le narrateur y soient recommandés. Le thème classiquement fantastique de Eux (on se doutera bien vite de leur nature) ne sera jamais nommé, et Rudyard Kipling saura l'orner d'un style charmant et délicat.


Côté rubriques : en plein second souffle dans sa carrière, Jean Ray vient de rendre le dernier. Le précédent numéro de Fiction faisait encore état de sa nouvelle publication, mais la nouvelle tombe comme un couperet. Une note en fait état :

MORT DE JEAN RAY

Nous ne pensions pas, en présentant en mai 1964 notre numéro spécial Jean Ray, que ce serait là un des derniers hommages que celui-ci recevrait de son vivant. Son cœur déjà donnait depuis longtemps des inquiétudes à son entourage, et à plusieurs reprises des crises alarmantes l'avaient frappé. Ces derniers mois, cependant, son état s'était amélioré et ses amis reprenaient espoir. Il eut la très grande joie de tenir entre les mains le numéro que nous lui avons consacré. Il n'aura pas eu celle de voir le film qu'Alain Resnais compte toujours tirer un jour des Aventures d'Harry Dickson. Il s'est éteint doucement, le 16 septembre, dans sa maison de Gand. Il était âgé de 77 ans. Avec lui disparaît une grande figure : sans doute celle du plus grand auteur fantastique européen vivant. Il avait récemment reçu dans notre pays une consécration méritée de longue date. Les éditions Marabout, puis Robert Laffont, avaient entrepris des rééditions dont chaque nouveau titre augmente une liste déjà importante.

 

La place accordée par la presse française à sa mort montre qu'il « existait », désormais, aux yeux des critiques. On regrette qu'il ait dû attendre si tard pour que son talent s'impose en France. D'autant que nous avions été les premiers (dès 1951 dans Mystère-Magazine et 1954 dans Fiction) à le révéler.

 

Nous avions à maintes reprises souligné son importance. Rappelons l'article de Jacques Van Herp dans notre numéro 38 : Jean Ray ou le combat avec les fantômes, ainsi que la liste de ses nouvelles dans les deux revues : 

 

Mystère-Magazine

n° 41 La main de Goetz von Berlichingen

n° 57 Le dernier voyageur

n° 116 Dents d'or

n° 135 Mr. Gless change de direction

n° 142 Je cherche Mr. Pilgrim

 

Fiction

n° 9 La ruelle ténébreuse

n° 18 Le « Psautier de Mayence »

n° 38 Le Grand Nocturne

n° 48 Maison à vendre

n° 51 La choucroute

n° 82 Le cimetière de Marlyweck

n° 85 Le miroir noir

n° 99 Monsieur Wohlmut et Franz Benschneider

n° 100 Dürer, l'idiot

n° 102 La nuit de Pentonville

n° 105 Les noces de Mlle Bonvoisin

n° 108 Irish Whisky

n° 109 Josuah Güllick, prêteur sur gages

n° 110 Les étranges études du Dr. Paukenschläger

n° 126 Bonjour, Mr. Jones !

n° 126 Croquemitaine n'est plus

n° 126 Tête-de-lune

Et invitons nos lecteurs à se reporter à notre numéro spécial de mai dernier, qui contient la meilleure source de renseignements que l'on puisse trouver sur la vie de Jean Ray et son œuvre.

Frédéric de Towarnicki (à gauche) et une rencontre
entre Henri Vernes, Alain Resnais et Jean Ray (à droite).
Deux petites précisions s'imposent ; d'une part les indices biographiques rapportés dans les articles en question se révèleront en grande partie fictionnels (le chercheur flamand Geert Vandamme parle même de "rayalité" pour dénommer ces éléments biographiques imaginés et rapportés par Ray lui-même), d'autre part le film d'Alain Resnais adaptant Harry Dickson pour le cinéma ne verra jamais le jour. Un ouvrage, toutefois, relatant les repérages et les essais scénaristiques en fait état : Le scenario de Frédéric de Towarnicki pour un film (non réalisé) par Alain Resnais (Capricci - 2007). 

Dans ce même numéro de Fiction, on pourra lire la critique très acerbe que Alain Dorémieux fait du film de Jean-Pierre Mocky, La grande frousse, adaptation co-signée par Mocky et Gérard Klein de "La cité de l'indicible peur". Resnais, qui sait, aurait peut-être été plus inspiré, du moins aux yeux de Dorémieux, qui n'en est pas là à sa première séance gentiment pugilistique avec Klein (que, poliment, Dorémieux évite de nommer).



Le fait notable de la publication de la Chronique Les Comics de science-fiction n'est pas qu'elle aurait pu marquer les débuts d'une rubrique plus régulière, mais bien la trace assez rare de son auteur, qui vient à peine d'entrer dans l'équipe des Editions Opta : Jacques Sadoul. Nous reviendrons plus longuement sur cette signature - importante dans le monde de l'édition de la SF en France des années à venir - à l'occasion du Galaxie n°12 et de la publication du premier volume au "Club du Livre d'Anticipation" (CLA) des Editions OPTA.

09 juillet, 2025

Fiction n°119 – Octobre 1963

Beaucoup d'histoire d'êtres humains exploités par des forces hostiles ou non, qu'elles soient démoniaques ou extraterrestres; et surtout : beaucoup de nouvelles restées depuis inédites en recueil, par des grandes vedettes du calibre de Poul Anderson, Fritz Leiber, ou Robert Silverberg, excusez du peu !

Un clic avec la pince de droite, chère amie ?

Comme pour toutes nos publications, un clic droit sur la couverture

vous invitera à télécharger le livre au format epub.

Sommaire du Numéro 119 :


1 - (non mentionné), Nouvelles des auteurs de ce numéro, pages 2 à 3, bibliographie

NOUVELLES

2 - Poul ANDERSON, Que succombe l'incube ! (Operation Incubus, 1959), pages 4 à 21, nouvelle, trad. P. J. IZABELLE *

3 - F.K.B., Lessivage, pages 22 à 29, nouvelle *

4 - Robert SILVERBERG, Le Vents de Siros (The Winds of Siros, 1957), pages 30 à 54, nouvelle, trad. P. J. IZABELLE *

5 - Alain DORÉMIEUX, Les Bêtes, pages 55 à 57, nouvelle

6 - Fritz LEIBER, Petite planète de vacances (Game for Motel Room, 1963), pages 58 à 66, nouvelle, trad. Christine RENARD *

7 - ARCADIUS, Chronique des rapaces, pages 67 à 83, nouvelle

8 - John COLLIER, Un match difficile (After the Ball, 1933), pages 84 à 102, nouvelle, trad. René LATHIÈRE

9 - Bernard MANIER, L'Intrus, pages 103 à 107, nouvelle *

10 - Avram DAVIDSON, Je ne vous entends pas... (I Do Not Hear You, Sir, 1958), pages 108 à 118, nouvelle, trad. René LATHIÈRE

11 - Daniel MEAUROIX, Seuls toi et moi, mon amour, pages 119 à 127, nouvelle

12 - Kit REED, Le Nid vide (Empty Nest, 1959), pages 128 à 135, nouvelle, trad. P. J. IZABELLE *

13 - GÉBÉ, La Ville, pages 137 à 141, portfolio 

CHRONIQUES


14 - Pierre STRINATI, Le Festival de SF de Trieste, pages 142 à 144, article

15 - COLLECTIF, Ici, on désintègre !, pages 145 à 153, critique(s)

16 - Alain DORÉMIEUX & Jacques GOIMARD, Notules, pages 155 à 159, article


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


Dans Que succombe l'incube !, on retrouve le couple sorcière - loup-garou Matuchek, en prise avec la tentation d'un incube. Une aventure conjugale sympathique mais sans plus de la part de Poul Anderson.

Le mystère reste entier au sujet de l'auteur F.K.B. La rédaction de Fiction s'amuse à nous berner d'indices peu diserts ("Ajoutons qu'il a choisi ces initiales mystérieuses parce que son vrai nom est l'homonyme de celui d'un auteur qu'il déteste.") qui nous ferait presque penser que notre acronyme anonyme n'apprécie pas Frantz Kafka (!!??). Pour ce qui est du sujet, la nouvelle l'expose clairement :

Plus de 60 ans auparavant, quelqu'un avait calculé que, si la consommation mondiale de détergents continuait à croître sur sa lancée, la proportion de produits moussants dans l'eau des océans atteindrait vers 2040 le seuil critique permettant aux mers de se mettre à mousser. 

Le récit reprend les modèles de Ward Moore ("Encore un peu de verdure"), de Jacques Sternberg ("La sortie est au fond de l'espace") ou de John Wyndham ("Le péril vient de la mer"), ou plus directement encore Alan Nelson et sa nouvelle "Les conséquences d'un savon" (in Fiction n°8) pour brosser une fin du monde détergente. Rien de très original, mais ce Lessivage est plaisant à parcourir.

Deux hommes et deux femmes en huis clos (Sartre est même cité), entourés par Les vents de Siroset une histoire d'implantation coloniale sur une planète étrangère somme toute assez accessoire, car l'essentiel de la nouvelle de Robert Silverberg n'est pas là, mais bien plutôt dans la révélation des oppressions qui les dominent, et qui ne prendraient fin qu'en les dépassant. Silverberg, assurément, a encore mûri.

La domestication vue de l'autre versant, celui de l'animal exploité... Mais ici l'animal a un langage humain qui témoigne de son plaisir coupable de servir de nourriture à un exploitant bien étrange, qu'il dénomme Les bêtes. On retrouve bien les thèmes vampiriques et hédonistes de Alain Dorémieux, qui s'octroie le luxe de publier deux de ses nouvelles dans un même numéro (à la manière de Galaxie 1ère série, en masquant le doublon sous un pseudonyme).

Une délicieuse histoire d'amour partagé entre un homme qui réalise son machisme banal et une femme aimante mais... Fritz Leiber nous entraîne pas à pas dans un dédale policier aux enjeux cosmiques, et (pour une fois) avec beaucoup de tendresse pour cette Petite planète de vacances et ses habitants.

"Nous nous préparons un moyen âge où la barbarie sera servie par la technique". Arcadius cite ici Nietzsche (nous n'avons pas retrouvé la source de cette citation, avis aux amateurs !). Pour illustrer cet aphorisme, et après le danger qui vient de l'humain lui-même (dans la nouvelle de Silverberg notamment), un autre danger qui vient de l'intérieur : du pouvoir dictatorial, qui repose par définition sur une extrême violence et une grande arrogance, et finit par créer de lui-même les conditions de sa propre chute. Dans ces Chronique des rapaces, la démonstration d'Arcadius est efficace.

Un fieffé incorruptible s'entiche de réformer un démon. John Collier s'amuse à brosser la liste des hypocrisies de la "bonne société" dans Un match difficile ; un peu gratuit toutefois.


Le destin cruel d'un couple qui ne se sait pas mal assorti... et sa résolution par le biais d'un cliché. L'intrus est une correcte nouvelle suffisamment concise pour ne pas ennuyer, mais l'écriture de Bernard Manier manque un peu de style.

Pas du meilleur Avram Davidson non plus - on a du mal à mettre en valeur l'enjeu du protagoniste de Je ne vous entends pas… On retrouve toutefois son goût pour les objets mystérieux et précurseurs de technologie à venir : ici, un téléphone du XVIIIè siècle.

A propos de l'auteur, le numéro 120 de Fiction déclarera au détour d'un tout autre sujet : "Avram Davidson, rédacteur en chef de notre édition américaine", soit le magazine américain "The magazine of Fantasy and Science Fiction". Sans remettre en question le talent de cet auteur, les lecteurs français comprendront mieux la grande diffusion de ses nouvelles dans Fiction.

Alain Dorémieux sous pseudonyme (donc), fait la jonction entre l'histoire de John Collier, où il est brièvement question d'un mannequin, et une autre histoire, celle de la Vénus d'Ille de Prosper Mérimée. En effet, il s'agit ici aussi de la jalousie d'un objet aimé, suscitée lorsqu'il se sait supplanté par une forme semblable, même plus vulgaire, mais toutefois douée de vie. C'est Seuls toi et moi, mon amour par Daniel Meauroix.

Comme toujours chez cette autrice, beaucoup d'ironie de la part de Kit Reed sur son personnage de bienfaitrice égocentrée, qui nous distrait du péril fantastique qui, construit comme Le nid vide, s'inscrit peu à peu comme une évidence tout au long du récit. Bien mené, même si gratuit.


Fiction omet, par modestie ?, de signaler ses 10 ans d'existence. Le fait est pourtant notable.

Une petite note à l'occasion de la sortie du dernier A. E. van Vogt nous éclaire sur le champ éditorial des romans de SF anglo-saxons en ce début des années 60.

Ici, on désintègre !


Voici le dixième roman de Van Vogt traduit en français : score qui fait de cet auteur le champion toutes catégories de la science-fiction anglo-saxonne, avant Heinlein (9 traductions), Bradbury et Williamson (7 chacun). Faut-il le dire ? Nous croyons que c'est là une première place largement méritée, et que la faveur du public consacre en Van Vogt un talent exceptionnel.


Et pour terminer, L'écran à quatre dimensions nous rapporte la sortie d'un film de Ray Milland, Panic in year zero, qui rappellera certainement une nouvelle de Ward Moore (encore lui) aux lecteurs de la première heure de Fiction. Vous pouvez vous reporter au Fiction n°23 pour lire ou relire "L'aube des nouveaux jours".

Mise à jour du 15 Octobre 2025 : 

Le numéro 126 de Fiction fait état de quelques coquilles, du moins de déroutages : Michel Demuth devient Michel Deutsch (tous les deux traducteurs, on comprend la bévue), et Pierre Bassard, jeune illustrateur, se voit voler la vedette par Jean-Claude Forest (qui n'y est pour rien).

Errata

C’est par erreur que la couverture de notre dernier numéro était, dans la page du sommaire, attribuée à Jean-Claude Forest. Elle était l’œuvre de Pierre Bassard, jeune dessinateur dont nous avions déjà choisi une composition pour illustrer notre numéro 119, et auprès de qui nous nous excusons.

Dans le même numéro, Demètre Ioakimidis, rendant compte de Loin de Terra, attribuait à Michel Deutsch la paternité de la traduction des nouvelles La cage de sable et Les proies. Cette traduction était due en fait (confusion sémantique…) à Michel Demuth.

Le PReFeG vous propose également