Affichage des articles dont le libellé est Alan Nelson. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Alan Nelson. Afficher tous les articles

22 novembre, 2023

Fiction n°052 – Mars 1958

Quelques découvertes anglo-saxonnes au milieu d’un très bon niveau de SF française, dans un jeu de cache-cache aux pseudonymes, pour ce numéro du Printemps 1958.

 

Un clic droit et ça fuse ! 

Sommaire du Numéro 52 :


NOUVELLES

 

1 - Yves GANDON, Vie et métamorphoses de Peter Finch, pages 3 à 28, nouvelle

2 - Alan NELSON, Avec des gants... (The shopdropper, 1955), pages 29 à 38, nouvelle, trad. Roger DURAND

3 - Daniel MEAUROIX, La Nuit du Vert-Galant, pages 39 à 43, nouvelle

4 - Jane ROBERTS, Le Temple (The canvas pyramid, 1957), pages 44 à 54, nouvelle, trad. Evelyne GEORGES *

5 - Arthur C. CLARKE, Les Idées dangereuses (Security Check / The Intruders, 1956), pages 55 à 58, nouvelle, trad. Eve DESSARRE

6 - Poul ANDERSON, Un travail de romain ! (Survival Technique, 1957), pages 59 à 73, nouvelle, trad. Roger DURAND

7 - Christopher WOOD, La Proie (Mrs. Dalrymple's cat, 1953), pages 74 à 80, nouvelle, trad. Evelyne GEORGES *

8 - Fredric BROWN, Un homme d'expédition (Expedition, 1957), pages 81 à 82, nouvelle, trad. Roger DURAND

9 - François PAGERY, Le Cavalier au centipède, pages 83 à 104, nouvelle

10 - Mildred CLINGERMAN, Le Rêve (First lesson, 1956), pages 105 à 114, nouvelle, trad. Janine VILLARS *

 

CHRONIQUES


11 - Jacques VAN HERP, Abraham Merritt ou le voyage au pays des dieux, pages 118 à 122, article

12 - René-Marill ALBERES & Jean-Jacques BRIDENNE, A propos d'un article de "Combat" : La Science-Fiction est elle une littérature stéréotypée ?, pages 125 à 125, article

13 - Jacques BERGIER & Alain DORÉMIEUX & Gérard KLEIN & Igor B. MASLOWSKI, Ici, on désintègre !, pages 127 à 133, critique(s)

14 - (non mentionné), Un nouveau prix de Science Fiction, pages 135 à 135, article

15 - F. HODA, Films mineurs, pages 136 à 137, article

16 - COLLECTIF, Courrier des lecteurs, pages 139 à 141, article

 

* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.

 

 

Vie et métamorphoses de Peter Finch, par Yves Gandon, pourrait être du Maurice Renard, si ce n'était que le but visé n'est que de décrire de l'intérieur les sensations du règne du vivant. Les applications maléfiques du transfert de conscience seront, elles, laissées aux bons soins du Docteur Lerne.

On retrouve avec plaisir le Dr Departure de la nouvelle "Narapoia" (Fiction n°38) dans Avec des gants..., par Alan Nelson, dans une boutade légère et sans prétention.

Caché sous l’anagramme de Daniel MEAUROIX, Alain Dorémieux joue à pasticher Jean-Louis Bouquet, dans La nuit du Vert-Galant, pour un résultat très en deçà cependant, moins travaillé même que ses autres nouvelles publiées jusqu'alors. Est-ce la raison du pseudonyme ?

Le temple, par Jane Roberts, est un conte qui pourrait rappeler le « Nyarlathotep » de Lovecraft. Mais ici, la morale en est bien chrétienne, en ramenant les tartuffes à leur rang. Intéressant style, cependant.

Dans Les idées dangereuses, Arthur C. Clarke, toujours à son aise dans la concision, évoque les Men in black chers à ce sacré Jimmy. Jubilatoire !

Formes variées pour Un travail de romain !, nouvelle plutôt humoristique – où l’on retrouve un Poul Anderson étonnant et toujours bon novelliste. La loi d'équivalence (que reprendra William Tenn dans « Winthrop aimait trop le XXVème Siècle », in Galaxie n°50) permet de varier la situation classique du voyage dans le temps : ce sont ici ceux du passé qui voyagent dans notre "présent".

On se rappelle de la nouvelle « Le sourire du sphinx » de William Temple (dans l’anthologie « Escale dans l'infini »).  La proie, par Christopher Wood, jouit d’une belle construction et parlera à tous ceux qui sont persuadés que les chats occupent la véritable place de maîtres de ce monde.

On ne pourra qu'apprécier Un homme d'expédition, bonne blague à double détente de Fredric Brown, toujours aussi virtuose dans les formes ultra courte.

François Pagery a déjà traduit pour le Fiction n°46 la nouvelle de McIntosh « Des hommes et des loups ». Il s'agit en réalité d'un pseudonyme collectif utilisé par Patrice Rondard, Gérard Klein et Richard Chomet, qui sont de l'équipe de la revue Satellite. Ici, c’est Gérard Klein seul qui signe Le cavalier au centipède, très belle nouvelles riche en réflexions sur l'héroïsme, les valeurs qui s'y rattachent, les progrès et ceux qui les déclenchent. De très belles descriptions aussi, et une vie extraterrestre riche en imagination.

Le rêve, par Mildred Clingerman, ou : quand la foi devient un ensemble de rituels magiques abscons. Une nouvelle fantastique assez bien ficelée sur ce qui échappe à l'entendement.

03 mai, 2023

Fiction n°038 – Janvier 1957

Un numéro de Fiction qui rassemble son lot de dérèglements de l'entendement humain, et de planètes pièges. Et l’année 1957 qui commence, avec Jean Ray en vedette.

 

Un coup de main pour cliquer ?

Sommaire du Numéro 38 :

NOUVELLES

 

1 - Damon KNIGHT, Tu ne tueras point... (The Country of the Kind, 1956), pages 3 à 15, nouvelle, trad. Régine VIVIER

2 - C. S. LEWIS, Le Pays factice (The Shoddy Lands, 1956), pages 16 à 22, nouvelle, trad. Roger DURAND

3 - Mack REYNOLDS, Cher petit animal ! (All the World Loves a Luvver, 1955), pages 23 à 35, nouvelle, trad. Roger DURAND

4 - Leslie BGELOW, L'Apprenti sorcier (The sorcerer's apprentice, 1953), pages 36 à 47, nouvelle, trad. Roger DURAND

5 - Michel CARROUGES, La Veillée du Capitaine Chang, pages 48 à 55, nouvelle

6 - Alan NELSON, Narapoia (Narapoia, 1951), pages 56 à 61, nouvelle, trad. Alain DORÉMIEUX

7 - Robert ABERNATHY, L'An 2000 (The Year 2000, 1956), pages 62 à 65, nouvelle, trad. Roger DURAND

8 - Theodore R. COGSWELL, Un souhait de trop (Threesie, 1956), pages 66 à 73, nouvelle, trad. Roger DURAND

9 - Jean RAY, Le Grand Nocturne, pages 74 à 101, nouvelle


CHRONIQUES


10 - Jacques VAN HERP, Jean Ray ou le combat avec les fantômes, pages 102 à 107, article

11 - Poul ANDERSON, Des femmes sur Mars ? (Of Mars and Men : Nice girls on Mars, 1956), pages 109 à 113, article, trad. (non mentionné)

12 - Jacques BERGIER & Alain DORÉMIEUX & Igor B. MASLOWSKI, Ici, on désintègre !, pages 116 à 122, critique(s)

13 - F. HODA, Gigantisme et petits moyens, pages 125 à 126, article

Du bon Damon Knight avec Tu ne tueras point… - et un bien cruel point de vue narratif à la première personne - au sujet du sort réservé aux criminels dans une société basée sur la non-violence.

Le pays factice, par C. S. Lewis, est une nouvelle au premier abord déroutante, puis finalement assez humoristique, quoiqu'un tantinet misogyne. Rappelons que Lewis était, comme son narrateur, professeur à Oxford - et y était un proche ami de Tolkien.

Une planète piège, ou plutôt une espèce piège, et une nouvelle sympathique mais qui aurait pu avoir un développement plus étoffé, avec Cher petit animal, par Mack Reynolds.

L'apprenti sorcier, par Leslie Bigelow, présente un style intéressant et très dense, avec un narrateur qui ne jouit pas de toute sa santé mentale (un peu comme dans la nouvelle de Damon Knight). C'est ce qui en fait tout le sel... Dommage qu’on n’en sache pas plus sur cet auteur.

La veillée du capitaine Chang, par Michel Carrouges, propose une planète piège de plus, et une contamination décrite ici de l'intérieur.

Encore une histoire de dérèglement de l'entendement, dans Narapoïa, par Alan Nelson - cette fois-ci avec beaucoup d'humour, et l'invention par l'absurde de symptômes psychopathologiques inversés.

L'an 2000 de Robert Abernathy prend à contrepied les grands espoirs et les terribles craintes projetés par la S.F. sur l’an 2000. On appréciera la concision de cette jolie petite fable.

Dans Un souhait de trop, Theodore R. Cogswell se prête à l’exercice de moderniser le pacte avec le démon ; on constatera que la modernité à l’œuvre dans cet endroit du temps que sont les années 50 consiste en une complexité administrative et sa justification par des rapports et des courbes établis par des calculateurs dernier cri. Par ailleurs, cette histoire de marché en échange de son âme laissera le goût amer des bonnes fables à chute.

Etrange nouvelle qu’est Le Grand Nocturne de Jean Ray, très en verve dans ses descriptions et les ambiances, mais dont on perçoit comme un très fourni espace crypté. Le premier degré du récit s'accorde à l'étrange naïveté du protagoniste principal, mais le véritable héros, le Grand Nocturne, semble jouir de références qui demeurent hermétiques au lecteur d'aujourd'hui.

Avec Jean Ray ou le combat avec les fantômes, Jacques Van Herp propose un article un peu plus superficiel que celui écrit sur Lovecraft. Il est vrai que l'essentiel sur Jean Ray y avait déjà été dit. Ici, l'on a affaire plus à une note de lecture globale qu'à une étude sur l'esprit rayen. On verra aussi que la bibliographie de Ray pose problème (et n'est toujours pas de nos jours considérée comme exhaustive). Quand on lit, par exemple, l’énorme révélation suivante que lâche nonchalamment Van Herp : « Enfin il semble bien avoir collaboré aux aventures de Harry Dickson », on n’évoque pas encore le casse-tête que cette « collaboration » allait poser aux bibliographes rayens. Mais ce n’est qu’un aspect du problème. Le plus déroutant (et Van Herp participe peut-être malgré lui, ou à dessein) est de faire le tri entre la fiction sur Jean Ray et la réalité de l’auteur. On sait depuis que Ray, après une peu glorieuse sortie de prison pour escroquerie, n'était plus en vogue parmi les éditeurs. Il y aura des trous dans sa production, et ceux-ci seront plus aisément comblé par des aventures brumeuses et souvent très exagérées. On pardonnera à Van Herp, qui écrit : « Depuis, la carrière de l'auteur semble se dérouler sans infidélité au fantastique. On peut le regretter par un certain côté car souvent on se prend, au détour d'une page, à rêver au conteur réaliste, rival de Cendrars, qui nous aurait conté l'Allemagne de 1928, la Rum-Row et les voiliers contrebandiers… » Qu’il n’ait pas produit de tels témoignages est peut-être la meilleure preuve que « Tiger-Jack » n’est qu’un mythe, car il n’aurait certainement pas manqué d'écrire ses mémoires s'il avait réellement vécu ces extravagantes vies.

Des femmes sur Mars ? est la réponse de Poul Anderson à l’article de Robert R. Richardson paru dans le précédent numéro de Fiction. On aurait pu s’attendre, de la part de cet auteur de S.F. talentueux et érudit, à une ouverture d’esprit et un point de vue moins aliénés aux poncifs de son époque. Las ! Si Anderson remet Richardson à sa place et désamorce une polémique inepte, ses arguments quant aux femmes demeurent purement phallocratiques.

Par exemple, Anderson non plus, semble-t-il, n'imagine pas qu’une femme puisse être une scientifique (sur Mars « Il est probable qu'elles pourraient faire aussi des corvées domestiques et des travaux de bureau »). Ou si c’était le cas, la question est éludée par un jeu de probabilité de mauvaise foi. (« Très peu d'hommes auront pris le soin d'épouser des femmes dont les talents et l'instruction professionnelle s'adaptent idéalement dans le puzzle » des combinaisons de compétences requises). De plus, Anderson réifie la femme à un objet de séduction, rendant les moins « jolies » « passables », sans en dire autant des hommes et de l’effet séduisant ou non que peuvent revêtir des astronautes.

Anderson use surtout de préjugés (« Et, de toute façon, peu de femmes font de bons explorateurs ; on pourrait dire qu'elles ont l'esprit trop positif. Que les féministes veuillent bien me pardonner. ») ou de poncifs un peu rétrogrades (« Les moines et les prêtres d'autres ordres ont aussi contribué en maintes circonstances à accroître le savoir humain. » - et ils pourraient au passage évangéliser Mars, pourrait-on ajouter).

Une des idées de Anderson peut-être la plus créative est d’imaginer adjoindre à l’équipe d’astronautes un homme dont la tâche consisterait à proposer« les passe-temps, à organiser des réunions sportives et autres et à aplanir tous les points de friction. » C’est en fait tout le propos de la nouvelle « Le forgeur d’âmes », non pas de Poul Anderson, mais de Eric Frank Russell (voir Galaxie n°33).

Chez Richardson comme chez Pohl, finalement, on n'imagine en fait pas d'être humain normalement constitué qui puisse se passer si longtemps non pas d’activité sexuelle, mais d'un semblant de vie de foyer, cet idéal visé par l’american way of life.

MISE A JOUR du mois d'aout 2024 :

Le numéro 76 de Fiction publiera "La fille de l'espace", une nouvelle de Lester Del Rey, qui commencera à démontrer qu'une femme est autant à sa place qu'un homme dans un vaisseau spatial visant l'installation d'une base sur Mars.

 

 

 

 

Toujours dans le souci de mettre à disposition le « fond Lovecraft » que propose la revue Fiction, avec ses articles souvent cités dans les bibliographies mais très rarement réédités, nous vous proposons aujourd’hui la recension du recueil « Par delà le mur du sommeil » dans la collection Présence du futur des éditions Denoël (à priori signée Alain Dorémieux, les sauts de sous-rubrique rendant l’information moins sûre…)

 

« Aussi étrange que cela paraisse, Lovecraft est encore aujourd'hui méconnu des critiques spécialisés aux États-Unis. Dans « Fantasy and Science Fiction », la revue-mère de « Fiction », Anthony Boucher, qui n'hésite pas à consacrer, ementdans sa rubrique des livres, une page entière aux ouvrages qu'il aime, rendait compte récemment de la première réédition en librairie de « The dreamquest of unknown Kadath » en trois lignes dédaigneuses, en se contentant d'appeler Lovecraft « un écrivain discutable ». Faut-il voir là une forme de cet engouement des Américains pour tout ce qui est « nouveau » ? Cette manie du « toujours plus moderne » pourrait ne pas se limiter aux automobiles et aux machines à laver. En littérature aussi, le fantastique up to date serait préférable au néo-gothisme démonologique de Lovecraft. On n'achète pas un tacot démodé !

En France, nous sommes nombreux à penser que Lovecraft est un des plus grands écrivains fantastiques – sinon le plus grand – du XXe siècle. Les critiques les plus divers ont parlé de lui. Son nom a dépassé le cercle des amateurs de fantastique. Consécration : les journaux réclament sa photo, cette unique et mauvaise photo que les services de publicité de Denoël ont tant bien que mal retouchée, et qui nous le montre pareil à un de ses héros hantés par une entité d'ailleurs.

Enfin, sa vaste et chaotique production nous est peu à peu dévoilée. Il est devenu un des « piliers » de la collection « Présence du futur » chez Denoël. Et y voici aujourd'hui paru le quatrième recueil français de ses œuvres : « Par-delà le mur du sommeil ».

Je ne suis pas trop d'accord avec la présentation de l'éditeur, qui prétend nous faire découvrir dans cet ouvrage un « aspect nouveau » de Lovecraft, où l'accent serait mis sur « la psychologie et les mystères du subconscient et non sur la démonologie ». Il s'agit bien de cinq récits de « possession » axés sur les réactions internes des personnages qui en sont l'objet, mais, à ce compte-là, c'était bien le cas aussi de « La maison de la sorcière » ou de « Dans l'abîme du temps », publiés dans un autre recueil. Donc, rien ici de nouveau. De plus, c'est tout entier, de A jusqu'à Z, l'univers lovecraftien qu'on y retrouve, même si l'évocation en est moins ample que dans les grands récits du cycle de l'espace-temps. En réalité, on a avec Lovecraft l'exemple le plus précis de l'écrivain enfermé dans le monde qu'il a créé et incapable d'en sortir. C'est à la fois une grandeur et une limitation. Limitation qui fut aussi bien celle de Poe. 

Ce nouveau recueil présente un atout maître : un court roman (130 pages) qui est une des œuvres les plus sensationnelles de Lovecraft avec « Dans l'abîme du temps » et « À travers les portes de la clé d'argent ». Son titre est : « L'affaire Charles Dexter Ward ». C'est un modèle de narration : minutieuse mise en place, progression dramatique ménageant des effets savamment dosés, construction à recoupements où les éléments s'emboîtent comme les pièces d'un jeu de cubes ou d'un puzzle qui donnera le sens final (il y a là quelque chose de policier) – bref, un chef-d'œuvre de technique. Ce n'est pas tout : il présente ce caractère exceptionnel pour Lovecraft que rien ne nous y est montré ; tout y est seulement suggéré « de l'extérieur », relaté du point de vue de témoins non oculaires. On sait que la faiblesse occasionnelle de Lovecraft est sa trop grande concrétisation de l'horreur ; à nous être décrite de trop près, celle-ci peut perdre de son pouvoir de fascination. Dans ce roman, au contraire, tout se passe dans la coulisse, on nous laisse deviner quoi – mais deviner seulement, et ce n'en est que plus frappant. En ce qui concerne le sujet, « L'affaire Charles Dexter Ward » est une synthèse de tous les grands thèmes de Lovecraft : secrets permettant de percer le mur des dimensions et de vaincre l'espace-temps, jonction de la Terre avec d'autres plans du cosmos en d'abominables points de contact, emprise des êtres des ténèbres sur quelques créatures humaines. Mais ces thèmes sont considérés par le petit bout de la lorgnette, sur un plan limité et non plus démesuré. Ils en acquièrent une force de pénétration plus intense et peut-être plus terrible. On retrouve enfin dans ces pages le don flagrant de Lovecraft de captiver l'imagination par l'exercice du réalisme poussé jusqu'aux moindres détails. Il ne nous fait pas peur quand il nous met face à face avec un monstre haut comme une montagne, fût-ce le grand Cthulhu lui-même, mais il a une façon de décrire des lieux vides – simplement des lieux « innommables » désertés de leurs occupants et ne gardant que les traces de leur présence – qui vous donne le frisson. 

Les quatre récits qui composent le reste du recueil sont moins extraordinaires. « Par-delà le mur du sommeil », qui fournit le titre, est une œuvre de débutant, remontant à 1919, et qui n'est que l'ébauche simpliste des thèmes ultérieurs de Lovecraft ; sa présence ici se justifie mal. « Les rats dans les murs » et « Celui qui hantait les ténèbres » sont du bon Lovecraft traditionnel et sans surprises – bâtis sur le même canevas révélation fortuite-découverte progressive, et conduisant chacun au même genre d'aperçu vertigineux sur des perspectives démentielles. « Le monstre sur le seuil », enfin, est nettement supérieur. Je comprends mal comment Jacques Van Herp, comparant cette nouvelle au « Rendez-vous » de Maurice Renard (« Fiction » n° 36, page 104), peut donner la palme à celle de Renard que, pour ma part, je trouve grotesque, alors que celle de Lovecraft, sur un point de départ pour lui classique, se développe superbement jusqu'à une fin étonnante. »

 

25 mai, 2022

Fiction n°014 – Janvier 1955

Et si notre bonne vieille Terre venait à disparaître ? Et si nous le savions juste un peu à l'avance pour pouvoir organiser une migration massive sur Mars, mais pas assez pour pouvoir embarquer tout le monde... comment cela s'organiserait-il ?

 

Cent chances sur cent d'obtenir votre epub 

en cliquant sur la couverture !

C'est le cruel dilemme que développe J. T. McIntosh avec une série de trois nouvelles, formant un roman à elles toutes : "Une chance sur trois cent", "Une chance sur mille" et "Brebis galeuses" (1953), restées inédites depuis leurs publication dans la revue. Les thèmes de McIntosh font souvent la part belle aux réactions humaines dans des conditions extrêmes, avec beaucoup de finesse dans la psychologie des personnages, et des points de vue parfois inattendus. Cette série court des numéros 14 à 17 de Fiction, et remportera le plébiscite de ses lecteurs.

Fait du hasard, d'une volonté éditoriale, d'une anxiété inconsciente, l'Algérie (dont les "événements" venaient de débuter et allaient bien vite se transformer en guerre) est évoquée par deux reprises dans ce numéro, comme pour narguer le silence des autres canaux d'informations de l'époque. 

Dans "Le crâne", du jeune Alain Dorémieux, traducteur et chroniqueur de la revue (il en deviendra le rédacteur en chef quelques années plus tard...), un homme découvre sur une plage d'Algérie le crâne d'un être qui aurait pu vivre là bien avant l'homme... Et dans "Diable d'histoire" de Lord Dunsany, c'est près d'Alger que le narrateur rencontre l'homme qui a vu le Diable. 

On pourra spéculer par la suite sur la connaissance de Dorémieux concernant Lord Dunsany, surtout au vu de la critique que le jeune chroniqueur français fera quelques mois plus tard de "Démons et merveilles" de Lovecraft, qu'il n'appréciera guère. La filiation évidente du style de Lovecraft avec celui de Dunsany ne sera alors pas même évoquée. Quoi qu'il en soit, et quel qu'en soit l'initiateur ou le traducteur, le grand mérite revient à Fiction de faire découvrir cet époustouflant auteur qu'est Dunsany, avec une histoire à chute très british (et qui aurait pu figurer dans "Les contes noirs du golf" de Jean Ray.), nouvelle restée depuis lors inédite, qui plus est ! Malheureusement, ce sera la seule histoire de ce maître du Merveilleux à être publiée dans ces pages.

 Toutefois, la grande majorité des nouvelles de ce numéro n'ont de même jamais été rééditées ensuite :  le drolatique "Quelque chose de plus que les autres…" par Esther Carlson; le charmant "Cantiques de Noël", par Raymond E. Banks, qui questionne l'archivage de l'art "vivant" un peu à la manière de la série télévisée "Twillight zone" ; la bonne petite nouvelle dans la série "Rien ne se crée, rien ne se perd" : "…mais le silence est d’or" par Alan Nelson, et qui parlera sûrement à tous les porteurs d'appareils auditifs ; le ton particulier et l'intrigue très bizarre du cocasse "cache-nez de caoutchouc" par Michel Carrouges, ou pour finir "Sa chance" par le finlandais Oliver Saari, qui interroge le modèle humain le mieux adapté aux voyages dans l'espace.

Grâce au travail de numérisation d'anonymes passionnés, il est possible dorénavant de redécouvrir ces petits trésors de la S.F. et du Fantastique.

 Pour clore ce tour d'horizon, un petit mot sur Jack Finney, et sa nouvelle antimoderne "Le troisième palier". Rare au sein des page de Fiction, on connait Finney principalement pour son roman plusieurs fois adapté au cinéma : "L'invasion des profanateurs" (1954). Hasard ou anxiété collective inconsciente encore une fois, le sujet en sera développé de façon similaire et durant les mêmes mois par Philip K. Dick, au travers de sa nouvelle " Le père truqué". Mais patience... Nous verrons tout cela avec le n°29 de Fiction.

 

Sommaire du Numéro 14 :

NOUVELLES
 

1 - J. T. McINTOSH, Une chance sur trois cents (One in Three Hundred, 1953), pages 3 à 40, nouvelle, trad. (non mentionné)

2 - Esther CARLSON, Quelque chose de plus que les autres... (Heads you win..., 1953), pages 41 à 48, nouvelle, trad. (non mentionné)

3 - Raymond E. BANKS, Cantiques de Noël (Christmas Trombone, 1954), pages 49 à 58, nouvelle, trad. (non mentionné)

4 - Alain DORÉMIEUX, Le Crâne, pages 59 à 66, nouvelle

5 - Alan NELSON, ...mais le silence est d'or (Silenzia, 1953), pages 67 à 78, nouvelle, trad. (non mentionné)

6 - Jack FINNEY, Le Troisième palier (The Third Level, 1950), pages 79 à 83, nouvelle, trad. (non mentionné)

7 - Michel CARROUGES, Le Cache-nez de caoutchouc, pages 84 à 91, nouvelle

8 - Lord DUNSANY, Diable d'histoire (Told under oath, 1953), pages 92 à 98, nouvelle, trad. (non mentionné)

9 - Oliver SAARI, Sa chance (The Space Man, 1953), pages 99 à 108, nouvelle, trad. (non mentionné)

 

CHRONIQUES

10 - Jacques BERGIER & Igor B. MASLOWSKI, Ici, on désintègre !, pages 109 à 111, critique(s)

11 - Alain DORÉMIEUX & Igor B. MASLOWSKI, Un "Fémina" très discuté, pages 112 à 113, critique(s)

12 - F. HODA, De la fantaisie à l'actualité, pages 114 à 115, article

13 - (non mentionné), Deux disciples oubliés d'Edgar Poe : Eugène MOUTON et Jules LERMINA, pages 116 à 121, article

14 - (non mentionné), Voyages dans le temps, pages 125 à 125, article

15 - COLLECTIF, Courrier des lecteurs, pages 126 à 126, courrier

 

Rapport du PReFeG :

  • Relecture, corrections orthographiques et grammaticales
  • Ajout de la note 12
  • Mise en gras des titres in "Revue des livres"
  • Mise au propre et noms des fichiers html
  • Mise à jour de la Table des matières
  • Vérification et mise à jour des liens internes
  • Mise à jour des métadonnées (auteurs, résumé, série, date d'édition, collection)

*

En mignardise de ce numéro 14, nous vous proposons, toujours dans cette intéressante histoire d'un genre littéraire qui cherche à se définir par lui-même, ce petit extrait qui pointe la distinction entre SF et Merveilleux (on pourrait dire Fantasy).

 

Domaine féerique.

On peut considérer le conte de fées comme une des formes à l’état pur de la littérature fantastique. On peut aussi l’aimer simplement pour sa valeur poétique. Quoi qu’il en soit, il offre à l’exégèse une matière extrêmement riche. L’excellente revue « Les Cahiers du Sud » nous l’a prouvé dans son numéro du mois d’août, consacré en grande partie au « domaine féerique ».

D’intéressants articles de Michel Carrouges, Louis-Paul Guigues, Michel Butor, René Alleau et Aimé Patri y étudient successivement le conte de fées sous son aspect psychologique et moral, social et magique, métaphysique et poétique.

Il y a dans l’article de Michel Carrouges une sorte de psychanalyse du conte de fées qui choquera les rêveurs, mais qui est bien savoureuse.

Il y a aussi, dans celui de L.-P. Guigues, l’esquisse d’un parallèle entre le conte de fées et la « science-fiction » dont nous reproduisons quelques extraits, bien que la comparaison n’y soit pas flatteuse pour la dernière :

" Notre âme est sans doute plus liée à la forêt, au château, à la rose, au roi, qu’aux tripodes et aux fusées. Le mystère à la Wells n’est qu’un aspect de notre ignorance devant certaines techniques ou pseudotechniques, le mystère des fables devient l’intuition de notre profondeur. L’un est véritablement mystère, l’autre n’est que secret de fabrication.

L’amateur de fusées me paraît moins exigeant que l’amateur de contes de fées. Que l’on fasse tenir le merveilleux dans les machines interplanétaires, voilà qui m’afflige. L’espace intersidéral ! Ce n’est jamais, à tout prendre, qu’une région un peu au-delà de mon village. L’énorme vaisseau interstellaire ? Ce n’est jamais qu’une charrette perfectionnée.

(…) Toutes les anticipations me semblent des démissions. Pressées de sauter par-dessus l’actuelle civilisation mécanique, leurs trajectoires étincelantes passent, avec trop de désinvolture, par-dessus l’homme.

Les récits de « science-fiction » remplacent aujourd’hui les récits d’« âme-fiction »."

M. Guigues est sévère. Pourquoi ne pourrait-on pas à la fois aimer le merveilleux magique et le merveilleux scientifique, celui d’hier et celui de demain, comme deux émanations d’une même et grande réalité : le fantastique ? (Mais M. Guigues ne nous croira pas, lui qui fait ensuite une subtile distinction précisément entre le fantastique et le merveilleux, en se réclamant du seul merveilleux de la Fable.)

 **

Nous ne résistons pas à l'appel de partager un autre zakouski : la critique du second recueil de nouvelles parues en français de H. P. Lovecraft, signée I. B. Maslowski.

 

« Dans l’abîme du Temps », de H. P. Lovecraft (Denoël), est la suite, si l’on ose dire, de « La couleur tombée du ciel », du même auteur, parue chez le même éditeur il y a quelques semaines. « Suite » est d’ailleurs un mot relatif, puisque ces deux titres ont été publiés groupés en langue anglaise. Ne se composent-ils pas de nouvelles indépendantes ? Le nouveau volume (fort bien traduit par Jacques Papy) se présente, comme le précédent, sous l’aspect de quatre récits dont le premier, « The Shadow out of Time », donne son titre au recueil. Son héros, Nathaniel Wingate Peaslee, professeur d’économie politique à l’université de Miskatonic, succombe un jour, en plein cours, à une crise d’amnésie et ne redevient lui-même que quatre ans plus tard. Et pendant ces quatre années, son comportement est des plus bizarres. En réalité, il est « possédé » par un de ces Anciens, nos prédécesseurs sur la Terre, mais n’ayant rien d’humain et qui, jouissant de facultés inconnues de l’homme, sont capables de se substituer à la personnalité de n’importe quel être, vivant dans n’importe quel temps, dans n’importe quel monde, cependant que celle de leur victime prend occasionnellement la place dans leur propre corps. Ce même Peaslee, voyageant en Australie quelques années plus tard, aura l’occasion de constater qu’il n’a pas rêvé, puisqu’il tombera sur des vestiges de la civilisation des Anciens, vieille de millions de siècles.

La deuxième nouvelle, « La maison de la sorcière » (The Dreams in the Witch House) – à ne pas confondre avec un roman au titre quasi similaire, dont nous parlons plus bas – est l’histoire d’un jeune étudiant, Walter Gilman, qui, vivant dans une maison jadis occupée par une sorcière, finit par effectuer des excursions dans l’inconnu où il rencontre l’ex-maîtresse de céans, son adjoint – un rat à face humaine – et, finalement, le diable lui-même qui veut lui faire signer un pacte – avec du sang, comme il se doit. Mélangé de rêve, d’irréalité et de semi-réalité, cette nouvelle n’en finit pas moins de façon très réelle et laisse le lecteur dans une certaine inquiétude, voire une certaine perplexité.

« L’appel de Cthulhu » (The Call of Cthulhu) est encore une histoire diabolique où il est question de possession, de culte vaudou, etc. Cthulhu est un génie du Mal, peut-être même le Malin en personne, dont l’aspect physique nous est révélé dans les dernières pages du récit. Habitude ou autre chose, mais cette histoire nous a semblé moins terrifiante que le reste.

« Les montagnes hallucinées » (At the Mountains of Madness) est la nouvelle la plus longue et aussi la meilleure du recueil (qui nous a paru légèrement plus faible que le précédent, tout en se classant à cent coudées au-dessus de l’ouvrage fantastique moyen). C’est l’histoire d’une expédition organisée au Pôle Sud et au cours de laquelle les explorateurs découvrent des montagnes plus hautes que l’Himalaya et les vestiges d’une civilisation antique, non humaine, et dont on ne peut dire exactement que ses représentants aiment l’homme. C’est un magnifique récit de terreur et de suspense, basé sur des données d’autant plus plausibles qu’elles paraissent scientifiques et offrant en outre tout le charme d’un documentaire.

*

MISE A JOUR du PReFeG (Septembre 2022) : 

Dans le numéro 22 de Fiction (Septembre 1955), on pourra lire la note suivante :

De… fiction à réalité.

Nos lecteurs se souviennent des curieux « cônes sonores » décrits dans la nouvelle « Cantique de Noël »(« Fiction » n°14). Une fois de plus, l’imagination d’un auteur de S.-F. préfigure partiellement la réalité, si l’on en juge par l’écho suivant, paru dans« Radar », le 29 mai 1955 :

La tour électronique inventée par le sculpteur Nicolas Schönner, captant tous les « langages » de la nature, se chargera de les transformer en flots d’harmonie ! Ses frêles poutrelles sont autant d’antennes « sensibles » au vent, aux couleurs, aux sons, aux changements de température, etc. Et ce sont ces « sensations » qu’un cerveau électronique traduira et diffusera en s’inspirant de seize motifs musicaux principaux.

09 mars, 2022

Fiction n°008 – Juillet 1954

Malgré un nombre record d'auteurs (une douzaine), ou la présence de B. R. BRUSS, plus romancier que nouvelliste, beaucoup moins d’auteurs français dans ce numéro, qui renoue d’avantage avec la version américaine, et des auteurs dits « mineurs », principalement. 

Retenons, dans la série : « faut-il explorer seul les exoplanètes », La planète des tumulus par IDRIS SEABRIGHT ; une nouvelle Steampunk avant l’heure avec Pour agrandir le domaine par DAVID GRINNELL (pseudonyme de Donald A. WOLLHEIM), Mission, nouvelle un peu bavarde par KRIS NEVILLE qui commence à être un habitué de la maison ; ou encore Les conséquences d’un savon par ALAN NELSON, qui - par-delà la puissance atomique et l'électronique naissante - s'abreuve à une autre source d'inspiration spéculative de ces années 50, : la publicité de masses et ses conséquences dans la vie quotidienne. Pohl et Kornbluth ne sont pas loin…

Un clic délicat sans abimer les combinaisons s’il vous plait…


Sommaire du Numéro 8 :


NOUVELLES

 1 - Idris SEABRIGHT, La Planète des tumulus (Judgment Planet, 1953) , pages 3 à 16, nouvelle, trad. (non mentionné)

 2 - David GRINNELL, Pour agrandir le domaine (Extending the Holdings, 1951) , pages 17 à 20, nouvelle, trad. (non mentionné)

 3 - Henri MONTOCCHIO, La Chambre au portrait, pages 21 à 27, nouvelle

 4 - Michael SHAARA, La Planète Grenville (Grenville's Planet, 1952) , pages 28 à 39, nouvelle, trad. (non mentionné)

 5 - Daniel DEFOE, Le Spectre amical (The friendly demon, 1726) , pages 40 à 43, nouvelle, trad. (non mentionné)

 6 - Bill BROWN, Couvée astrale (The Star Ducks, 1950) , pages 44 à 51, nouvelle, trad. (non mentionné)

 7 - Kris Ottman NEVILLE, Mission (Mission, 1953) , pages 52 à 72, nouvelle, trad. (non mentionné)

 8 - Lyon Sprague DE CAMP & Fletcher PRATT, Le Bar de Gavagan - Elephas frumenti (Elephas Frumenti, 1950) , pages 73 à 79, nouvelle

 9 - Lyon Sprague DE CAMP & Fletcher PRATT, Le Bar de Gavagan - Un don de Dieu (The Gift of God, 1950) , pages 79 à 84, nouvelle, trad. (non mentionné)

 10 - B.R. BRUSS, La Bataille Noire, pages 85 à 100, nouvelle

 11 - Alan NELSON, Les Conséquences d'un savon (Soap opera, 1953) , pages 101 à 112, nouvelle, trad. (non mentionné)

 

CHRONIQUES

12 - Jean-Jacques BRIDENNE, Jules Verne, père de la science-fiction ? / III. Edgar Poe et Jules Verne, pages 113 à 117, article

 13 - Jacques BERGIER & Igor B. MASLOWSKI, Ici, on désintègre !, pages 118 à 120, critique(s)

 14 - F. HODA, Parodie de l'épouvante, pages 121 à 123, article

 15 - COLLECTIF, Courrier des lecteurs, pages 125 à 125, courrier 

 Photo-montage de couverture de Jean MAROQUÈNE illustrant la nouvelle « La planète Grenville ».

 

Rapport du PReFeG :

  • Relecture, vérification orthographique et grammaticale
  • Mise au propre et noms des fichiers html
  • Vérification et mise à jour des liens internes
  • Vérification des casses et remise en forme des pages de titre
  • Mise en gras les titres in Revue des Livres
  • Mise à jour de la Table des matières
  • Mise à jour des métadonnées (auteurs, résumé, date d'édition, série, collection, étiquettes)

Pour ce numéro, nous vous proposons ce petit avant-goût : la jeunesse toujours cible privilégiée des promoteurs en « progrès » en tout genre… Aujourd’hui : le mobil-phone de 1954 !

Jouets de l’espace.

Les jouets d’enfants inspirés par la « science-fiction », qui sont depuis longtemps à la mode en Amérique, commencent maintenant à apparaître en France. Dans un article de l’édition lyonnaise de « La Presse », consacré à la récente foire de Lyon, nous lisons que, parmi les dernières nouveautés présentées par les fabricants de jouets, se trouvaient : le « Mobil-phone » ou téléphone « interplanétaire » ; « Le voyage dans l’espace », boîtes de figures en matière plastique avec la fusée interplanétaire, les Terriens au scaphandre transparent et les êtres étranges représentant les indigènes d’une autre planète ; et enfin, deux panoplies : l’une baptisée « Patrouille atomique », comprenant un cauchemardesque masque respiratoire, un casque et un pistolet de forme bizarre, et l’autre servant à équiper le « Navigateur interplanétaire » d’un casque pourvu d’une antenne et d’une lampe signalisatrice, d’un pistolet « désintégrateur », d’une carte du ciel et d’un boîtier pour signaux morses ou lumineux.

De quoi rendre bien archaïques les panoplies de « Zorro le vengeur masqué » ou du fabuleux Buffalo Bill !

 

Le PReFeG vous propose également