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Sommaire du Numéro 148 :
1 - (non mentionné) , Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 6 à 7, bibliographie
2 - Poul ANDERSON, Amirauté (Admiralty, 1965), pages 9 à 83, nouvelle, trad. Pierre BILLON *
3 - James BLISH, Les Chats des dunes (No Jokes on Mars, 1965), pages 84 à 93, nouvelle, trad. Paul ALPÉRINE
4 - Marcel BATTIN, Conversation sous l'arbre, pages 94 à 97, nouvelle
5 - Isaac ASIMOV, La Chambre d'airain (Gimmicks Three / The Brazen Locked Room, 1956), pages 98 à 105, nouvelle, trad. Roger DURAND *
6 - Miriam Allen DEFORD, L'Avenant (Time Trammel, 1956), pages 106 à 112, nouvelle, trad. Roger DURAND
7 - Theodore R. COGSWELL, Noir sur noir (Impact with the Devil, 1956), pages 113 à 123, nouvelle, trad. Roger DURAND *
8 - Roland TOPOR, Le Coup du téléphone, pages 124 à 130, nouvelle
9 - Fereydoun HOVEYDA, La Cendre, pages 131 à 132, nouvelle
10 - Gérard KLEIN, "La maison de rendez-vous", un roman de science-fiction ?, pages 133 à 139, article
11 - COLLECTIF, L'Écran à quatre dimensions, pages 141 à 147, article
12 - COLLECTIF, Courrier des lecteurs, pages 148 à 149, courrier
13 - Anne TRONCHE, Revue des arts, pages 151 à 151, critique(s)
14 - (non mentionné) , En bref, pages 153 à 155, article
* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.
Poul Anderson commence Amirauté par résumer la situation sans évoquer du tout la 2ème partie (Arsenal in Fiction 146). Il commence cette 3ème partie après des événements (des batailles stellaires principalement) qui auraient fort bien pu être développés avant. Voici donc une dernière partie qui se veut plus riche en péripéties - mais de grandes plages bavardes freinent un peu l'action, et l'action elle-même est trop souvent bridée et éludée par des ellipses du récit. Poul Anderson semble pris entre deux feux : celui d'une belle inspiration qui le pousserait à développer son récit ainsi que la psychologie de ses personnages, et celui d'un temps court, tant dans l'écriture que dans celui alloué aux péripéties par une limitation du nombre de pages. En bref : un récit soit trop court, soit trop long pour le cadre difficile de la novella.
Les colons de Mars se comportent en envahisseurs aux velléités génocidaires. James Blish suit le modèle de l'histoire des Amériques, mais la fin abrupte de Les chats des dunes laisse un peu perplexe sur ce qu'il voudrait dire implicitement.
Le texte de présentation de la rédaction divulgâche un peu Conversation sous l'arbre de Marcel Battin, au ton plaisant et léger mais une nouvelle un peu trop creuse pour résister à la relecture qu'elle implique.
Un monstre à trois têtes pour suivre. Voici ce qu'en dit la rédaction :
" Cette nouvelle et les deux qui la suivent forment à elles trois un curieux triptyque – un phénomène unique dans le domaine de la collaboration entre plusieurs auteurs, ainsi que dans celui de l'exercice de virtuosité.
Tout commença à la suite d'une remarque émise par Theodore Cogswell, auteur autrefois publié à plusieurs reprises dans Fiction, et qui est précisément le troisième à figurer dans notre triptyque. Cogswell, envoyant un jour à la rédaction de notre édition américaine une histoire de pacte avec le diable, l'accompagnait d'une lettre où il écrivait notamment : « J'adore le thème du pacte avec le diable, parce que c'est un poncif tellement éculé qu'il est toujours amusant d'essayer d'en tirer une astuce nouvelle. C'est la même chose pour la chambre close et le paradoxe temporel. Si un jour j'arrivais à combiner ces trois thèmes en une seule histoire en leur donnant une solution satisfaisante, je pourrais mourir heureux. »
L'éditeur américain publia l'histoire de Cogswell, en citant cet extrait dans les commentaires de présentation. Il y avait là quelque chose comme un défi lancé à l'imagination des confrères de Cogswell. Défi tel qu'il fut relevé, presque simultanément, par Isaac Asimov et Miriam Allen DeFord, qui chacun écrivirent une nouvelle où ils combinaient, délibérément, les trois « poncifs » énumérés par Cogswell : le pacte avec le diable, la chambre close, le paradoxe temporel.
Pour commencer, Isaac Asimov se sort bien du défi dans La chambre d'airain, bien qu'il rende un peu accessoires certains éléments. Sa vision du pacte avec le démon, et surtout l'argument qu'il donne pour tenter d'y résister, vaut le détour.
" (il) était sur le point d'inventer une machine à voyager dans le temps et il avait signé un pacte avec le diable. » — « Curieuse combinaison : science-fiction contemporaine et superstition médiévale. » "
Miriam Allen deFord relève bien dans L'avenant le fond du défi de Cogswell : mélanger science-fiction et fantastique ; ajoutons que la chambre close est l'un des ingrédients les plus intéressant du polar. Les genres dits "mineurs" sont donc réunis par la proposition de Cogswell. Mais Miriam Allen deFord aussi accessoirise les éléments de ce défi, et se concentre surtout sur la façon d'éviter le pacte. On comprend bien toutefois avec elle combien mêler ces éléments revient à mêler les genres.
Theodore Cogswell, dont la nouvelle Noir sur noir fut la première écrite des trois, ne se contente pas, lui, d'une seule chambre close, mais de deux, tout comme il rappelle que le pacte contient deux partis et deux exigences, chacune l'un pour l'autre. C'est peut-être le paradoxe temporel qui serait le plus gratuit dans cette nouvelle, voire dans l'ensemble des trois, car sous ses aspects de voyage dans le temps, il ne fait que transformer le temps en espace, et sous ses principes d'inversion de la chaîne de la causalité, il ne fait que la renforcer comme un courant alternatif, alors que le paradoxe doit soulever la possibilité d'une impossibilité. Nous pouvons ainsi considérer que le défi reste ouvert : avis aux challengers !
" À l'époque, je travaillais chez un imprimeur. J'étais quelque chose comme correcteur. C'était un travail minutieux, exigeant une attention de tous les instants… "





