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15 octobre, 2025

Fiction n°126 – Mai 1964

Pour ce mois de mai 1964, Fiction propose un numéro spécial Jean Ray. Après Ray Bradbury, c'est donc un auteur francophone qui est ainsi mis à l'honneur, et pas des moindres ; on se souvient qu'à cette époque, Jean Ray est "redécouvert" par le biais d'une "intégrale" de ses œuvres, publiée chez Robert Laffont, et que Fiction (sous la plume de Jacques Van Herp) avait déjà fait prévaloir avoir été la seule revue pendant longtemps à avoir pris en considération cet auteur gantois hors-norme. Mais bien curieusement, ce seront là les dernières publications de Jean Ray dans les pages de Fiction. Par ailleurs, ce numéro rassemble aussi ses valeurs sûres (Fritz Leiber, Avram Davidson, Zenna Henderson...) pour des nouvelles de qualité qui resteront malgré tout sans publication par la suite. Un numéro d'exception, donc.

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Sommaire du Numéro 126 :


1 - (non mentionné), Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 4 à 4, bibliographie

6 - Albert VAN HAGELAND, Si Jean Ray m'était conté..., pages 48 à 50, article

7 - Jacques VAN HERP, Qui est Jean Ray ?, pages 50 à 53, article

8 - Albert VAN HAGELAND, Quand Jean Ray commente John Flanders, pages 53 à 56, préface

9 - Jacques VAN HERP, Jean Ray parle, pages 56 à 59, article

10 - Albert VAN HAGELAND, Bibliographie de Jean Ray, pages 60 à 67, bibliographie

NOUVELLES


2 - Jean RAY, Bonjour, Mr. Jones !, pages 7 à 10, nouvelle

3 - Jean RAY, La Tête de M. Ramberger, pages 11 à 22, nouvelle

4 - Jean RAY, Croquemitaine n'est plus... (De Boeman is dod, 1948), pages 23 à 39, nouvelle

5 - Jean RAY, Têtes-de-Lune, pages 40 à 47, nouvelle

11 - Thomas OWEN, Au cimetière de Bernkastel, pages 68 à 77, nouvelle

12 - Keith LAUMER, Hybride (Hybrid, 1961), pages 78 à 92, nouvelle, trad. Michel DEMUTH *

13 - Kris Ottman NEVILLE, Jour de colère (Power in the Blood, 1962), pages 93 à 103, nouvelle, trad. René LATHIÈRE *

14 - Fritz LEIBER, Jardin d'enfants (Kindergarten, 1963), pages 104 à 106, nouvelle, trad. Christine RENARD *

15 - Avram DAVIDSON, Le Siège de Santiago (Fair Trade, 1960), pages 107 à 115, nouvelle, trad. René LATHIÈRE *

16 - Zenna HENDERSON, Le Dernier pas (The Last Step, 1958), pages 116 à 130, nouvelle, trad. René LATHIÈRE *

CHRONIQUES


17 - COLLECTIF, Ici, on désintègre !, pages 133 à 142, critique(s)

18 - Jacques GOIMARD & F. HODA & Bertrand TAVERNIER, L'Écran à quatre dimensions, pages 143 à 153, article

19 - Anne TRONCHE, Dado : un voyeur extra-lucide, pages 155 à 155, critique(s)

20 - (non mentionné), En bref, pages 157 à 157, article


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


Les quatre nouvelles ici proposées sont encore à ce moment-là des exclusivités. Elles seront reprise dans une édition ultérieure  : "Le carrousel des maléfices" aux éditions Marabout un peu plus tard en cette année 1964.

Bonjour, Mr. Jones ! décrit une rencontre insolite avec le Diable (seul lui pourrait même déclarer "Le chinetoque" sans prendre aucun recul, mais on retrouve ici le mépris ordinaire de Jean Ray, pas vraiment à propos dans ce cas-là) … Justicier, maître de la vie et bon vivant, on s'entendrait presque volontiers avec un surnaturel aussi prosaïque.

La tête de M. Ramberger, d'ambiance fantastique, révèle au final avec une explication plutôt S.F., et c'est même le grotesque qui ici l'emporte.

Maîtrisant bien son jeu de soupçons, d'indices, de persuasions et de révélation, Jean Ray nous propose avec Croquemitaine n’est plus une nouvelle riche et cruellement appétissante, et nous faire parvenir là où il l'avait souhaité.

Enfin, fantômes de l'avenir, narrateur sujet à caution, paradoxes articulant ensemble inepties et tragédies... Jean Ray n'est jamais si bon comme ici quand il plonge son lectorat dans une lecture attentive aux énigmes qu'il déploie, comme ici avec Têtes-de-Lune.


D'un style dynamique et concis, Keith Laumer compose dans Hybride une histoire de symbiose entre en humain chétif et un arbre extraterrestre. La fin en est même un peu inquiétante. 


Une famille qu'on croirait banale sont en fait des mutants, aux pouvoirs mal dégrossis mais cependant terribles, comme celui de simplifier le Monde. Kris Neville nous laisse en un Jour de colère un texte pleins de non-dits à décrypter.


Hasard étrange, une protagoniste de Jardin d’enfants est prénommée Bettyann - et ce sera le prénom d'une héroïne d'un roman éponyme de Neville.

Avant la nouvelle de Zenna Henderson, Fritz Leiber nous y évoque lui aussi une institutrice, et qui a l'air d'une magicienne... Mais la magie n'a pourtant pas cours. Brève et gentiment surprenante histoire.


Une bonne tranche de rigolade (une fois n'est pas coutume) pour cette nouvelle d'Avram Davidson qui sait se montrer aussi léger en S.F. qu'inquiétant en fantastique. Et pour une fois, René Lathière lui trouve avec Le siège de Santiago un très bon titre français !


On retrouve pour finir le goût de Zenna Henderson pour les appréciations du monde vu par des yeux d'enfants. Dans Le dernier pas, une institutrice revêche et mal aimée est la seule témoin d'un jeu d'enfants qui n'en est pas un : ils scénarisent la réalité à venir. S'ensuit un sentiment de fatalité écrasante.




C'est surtout par son côté documentaire que ce numéro de Fiction brille de sa proposition. Les articles de Hageland et Van Herp sont fort bien documentés, et l'intérêt pour tout amateur de Jean Ray est d'y trouver ici les textes fondateurs qui ont forgé la légende de l'auteur gantois, a qui l'on a prêté une vie sans doute beaucoup plus extraordinaire que sa réalité.

Notre page dédiée vous propose de retrouver le texte "Jean Ray parle" de Jacques Van Herp. Pour l'entendre véritablement parler, on peut retrouver une belle archive (qui date de 1965) sur Jean Ray ICI !


Plus prosaïquement, Fiction se défend toujours de ne pas pouvoir publier de soumission de manuscrit - ce qui témoigne sans doute d'une belle santé de la demande :

ENVOIS DE MANUSCRITS


En raison du très grand nombre de manuscrits qui nous ont été envoyés antérieurement, nous rappelons que nous sommes actuellement dans l’impossibilité absolue d’en examiner d’autres en vue d’une publication ultérieure. Nous prions donc nos lecteurs qui auraient l’intention de nous soumettre des textes de vouloir bien s’abstenir de tout envoi. Nous nous excusons à l’avance de ne pouvoir répondre aux auteurs qui ne tiendraient pas compte de cette recommandation.

Plusieurs lecteurs nous adressent aussi leurs manuscrits en nous demandant de vouloir bien leur en faire la critique et les conseiller. Malgré toute notre bonne volonté, il nous est malheureusement impossible de déférer à ce désir devant la multiplicité des envois.

19 mars, 2025

Fiction n°103 – Juin 1962

Un quart de la collection Fiction ! Nous sommes tout d'abord très fiers d'avoir tenu cette échéance, en espérant que les moyens techniques continueront d'être fiables à l'avenir pour les 309 numéros restants !

Ce numéro 103 poursuit les métamorphoses éditoriales, ici avec la parution d'un roman dans son intégralité, et quel roman ! Il s'agit de "L'invention de Morel", de l'argentin Adolfo Bioy Casarès. Le thème en est unique. Nous retrouvons aussi "Le monde vert" de Brian Aldiss, toujours en feuilleton quant à lui, ce qui laisse peu de place aux autres nouvelles : deux seulement d'auteurs de langue anglaise, Kris Neville et Evelyn E. Smith. 

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Sommaire du Numéro 103 :


1 - (non mentionné), Nouvelles des auteurs de ce numéro, pages 2 à 2, bibliographie

NOUVELLES

2 - Adolfo BIOY CASARES, L'Invention de Morel (La invención de Morel, 1940), pages 3 à 63, roman, trad. Armand PIERHAL

3 - Charles FINNEY, Captivité (The Captivity, 1961), pages 64 à 71, nouvelle, trad. Elisabeth GILLE *

4 - Evelyn E. SMITH, Une journée en banlieue (A Day in the Suburbs, 1960), pages 72 à 79, nouvelle, trad. Arlette ROSENBLUM

5 - Kris Ottman NEVILLE, Encore deux heures ? (Closing Time, 1961), pages 80 à 85, nouvelle, trad. Régine VIVIER *

6 - Brian ALDISS, Le Monde vert - Du côté de la nuit (Timberline, 1961), pages 86 à 114, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH 

CHRONIQUES

7 - Jacques GOIMARD, L'Œuvre exemplaire d'A. E. Van Vogt (1), pages 115 à 121, article

8 - COLLECTIF, Ici on désintègre !, pages 122 à 135, critique(s)

9 - (non mentionné), Tribune Libre, pages 137 à 137, article

10 - Jacques GOIMARD, Un fantastique peu nocturne, pages 139 à 143, article

11 - (non mentionné), Table des récits parus dans "Fiction", pages 143 à 144, index


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.

Jorge Luis Borgès tenait L'invention de Morel de son ami Adolfo Bioy Casarès pour un roman parfait. Il est vrai que le récit est fort bien mené dans sa progression et dans l'ultime allégorie de sa fin. Car, sans dévoiler l'intrigue, l'invention de Bioy Casarès est hautement allégorique, métaphysique de manière intelligente, sensible et subtile. Mais le plus remarquable est son propos sur l'écriture et la lecture, sur les moyens d'écrire et de lire, et sur ce qui nous écrit et nous lit. Situation ultime de l'art romanesque, ce récit nous propose sans intellectualisme tous les plaisir du lecteur : mener l'enquête, comprendre avant le narrateur pour nous conforter dans notre intelligence, nous évader (puisque le narrateur est un fugitif), nous projeter littéralement à la fois dans l'hédonisme et l'inquiétude, et se saisir, à la fin, au plaisir délectable de relire. Magistral. On notera que la revue aurait pu publier comme à son habitude ce roman en plusieurs parties, mais que cela aurait chevauché le feuilleton de Brian Aldiss. On se félicitera de l'entorse faite à cette règle de publier des récits au mieux moyennement longs, et de la qualité du récit choisi. L'enjeu vaut bien l'écart.

Là encore une histoire allégorique avec Captivité, de Charles Finney (dont ce sera la dernière publication dans Fiction). Un camp de prisonniers sans autres entraves qu'une haute barrière pour les empêcher de fuir. Pas d'autre privation ni de carence. Puis la captivité prend fin. On s'interroge sans cesse sur la nature rélle de ce camp, des pistes sont évoquées pour être abandonnées ensuite... Bien mené.

Lutte des classes ici de manière concrète, pour Une journée en banlieue. La banlieue, en expansion et en pleine mutation urbaine durant ces années 60, représente le terrain quasi somatique de la compétition sociale. Si Evelyn E. Smith spécule, elle a vu juste. Et toujours avec humour.

Kris Neville s'amuse d'un paradoxe mathématique en partant du postulat de la célèbre formule d'Einstein, E=Mc2. Les conclusions de Encore deux heures ? donnent un peu froid dans le dos...

Avant-dernière partie pour Le monde vert, de Brian Aldiss, peut-être un peu plus essoufflée que les précédentes, où l'on découvre l'orée du côté nuit de la Terre qui ne tourne plus rond du tout. Une face sombre forcément (?) moins vivante.




A propos de L'œuvre exemplaire d'A. E. van Vogt, article annoncé en deux parties qui sera finalement scindé en trois, par Jacques Goimard, prolifique nouvel intervenant dans l'équipe de Fiction.

L'article - le démontage, même - de Damon Knight sur l'œuvre de van Vogt parue dans le numéro précédent y trouve un rebondissement. Mais la mauvaise foi et l'attaque à charges que Jacques Goimard reproche à Damon Knight pourrait tout autant lui être retournée. Quoi qu'il en soit, la polémique, faussée par des temps d'expressions différents, (Goimard critiquant en 1962 un article datant de la jeunesse de Knight), montre que la S.F. n'a pas de style ou de thématique uniques, et qu'elle a la complexité de sa diversité - quitte à avoir aussi ses chapelles.

Nous ne résistons pas à l'envie de partager à la fois ce faire-part de naissance, et une copie numérique (pour une fois au format pdf) d'un nouveau fanzine (en 1962)  de très grande qualité, qui marquera durablement les esprits dans le domaine du fantastique et de la science-fiction. (Attention : Gros fichier de 255Mo).

Un clic droit sur l'image pour obtenir votre copie numérique.

 Une revue du cinéma fantastique.

À l'intention des cinéphiles amateurs d'étrange, signalons la parution d'une nouvelle revue : « Midi-Minuit Fantastique », spécialisée dans le cinéma fantastique sous toutes ses formes (éditions Le Terrain Vague). 

Le numéro 1 (mai 1962) est consacré à Terence Fisher, metteur en scène de « Frankenstein s'est échappé », « Le cauchemar de Dracula », « Les maîtresses de Dracula », « La nuit du loup-garou ». etc.

Le numéro 2 (juillet 1962) aura pour thème : les vamps fantastiques (femmes-chats, femmes-panthères, femmes-vampires, femmes-insectes, femmes-oiseaux et sirènes).

Quatre-vingts pages dont trente pages d'illustrations soigneusement imprimées sur papier couché.

Pour terminer ce tour de revue, nous vous proposons les très intéressants propos de Jean Ray au sujet de son œuvre maîtresse, Malpertuis, que cite ce numéro (extrait d'un entretien, sans doute avec Jacques Van Herp) :

« Ce roman a été composé au fil des années, dix ou douze ans peut-être, au fil des nuits et des voyages, par toute la terre. J'écrivais, jetais, brûlais, puis les ciseaux et le pot de colle entraient en jeu sur les survivants. C'est un vrai costume d'arlequin, car je suis incapable de donner un premier jet.

» Le cadre est venu d'abord, comme toujours chez moi. Malpertuis est une grande, vieille, sinistre maison de la paroisse Saint-Jacques, à Gand, et à côté d'elle, rue du Vieux-Chantier, une boutique de couleurs et vernis, tout à fait curieuse, tenue par un bonhomme tout aussi curieux, surnommé la Chèvre. Les autres cadres se situent un peu partout, les uns dans le vieux Gand, pas mal dans le Hanovre, à Hambourg et Hildesheim. L'abbaye est celle d'Averbode, en Campine.

» Nancy est ma sœur, une jolie fille qui se foutait du tiers comme du quart. Élodie, c'est la servante qui m'a élevé, me rossant trois ou quatre fois par jour, et que j'aimais bien. Les Euménides sont trois vieilles demoiselles, dont la plus jeune n'était pas mal du tout, qui tenaient une petite confiserie. Elles devenaient terrifiantes quand les gamins venaient les ennuyer. On les appelait les Choutz. Philarète, ou plutôt Philariaan de son vrai nom, était un taxidermiste habitant près du Ham, au milieu d'une sorte de jachère, une épouvantable maison en bois.

» Puis j'ai rassemblé tous ces éléments, épars dans l'espace et le temps, dans « Malpertuis », et pour les faire revivre j'ai fait appel au fantastique. Les Barbusquins sont une invention d'Élodie pour nous faire peur, mais je ne sais trop s'ils n'ont pas réellement existé. L'abbé Doucedamme, je le vois très bien, il n'avait rien d'un prêtre maudit, c'était un vieux petit conventuel, gourmand et amusant.

» Voilà les éléments de « Malpertuis ». Je n'ai pas d'imagination, quoi qu'on en dise. Si mon imagination n'est pas sollicitée par un fait, je reste impuissant. »

Jean Ray sans imagination ! Allons donc !

On découvre aussi, dans cette recension, l'air de rien, une note qui dévoile quelque peu le mystère de la paternité de Harry Dickson, comme s'il s'agissait d'un secret de polichinelle. (Comment ? On ne vous l'avait pas dit ?)

"L'effrayant mystère de la mort des dieux donne toute son ampleur cosmique au récit, car il trouve son écho dans bien d'autres œuvres de Jean Ray : « La vérité sur l'oncle Thimotheus », « L'aventure mexicaine » (John Flanders), « La résurrection de la gorgone » (Harry Dickson). La mort des dieux, traînant jour après jour les lambeaux d'une puissance rongée par le temps, pliant la nuque sous la verge de fer de Moïra, le Destin, dont la puissance leur est supérieure, obsède Jean Ray. Et « Malpertuis » résume tout l'univers de Jean Ray le voyant (Jean Ray le Mutant, disait de lui Ghelderode, qui projetait avant sa mort de lui consacrer un livre)." 

05 juillet, 2023

Galaxie (1ère série) n°040 – Mars 1957

Entre les piliers de ce Galaxie du Printemps 1957 se rendent visibles de nombreux textes qui resteront sans publication ultérieure. De bonnes occasions de les (re)découvrir.

 

On ne sait plus où donner du clic, mais qu’importe !

 Sommaire du Numéro 40 :


1 - Isaac ASIMOV, Sept hommes dans l'espace (The C-Chute, 1951), pages 2 à 35, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

2 - Kris Ottman NEVILLE, De bonne guerre* (Moral Equivalent, 1957), pages 36 à 56, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

3 - Dean EVANS, Partout, rien que des morts !* (Not a Creature Was Stirring, 1951), pages 57 à 63, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par David STONE

4 - Robert SHECKLEY, Rien n'est simple dans la galaxie ! (Milk Run, 1954), pages 65 à 79, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

5 - Donald KEITH, Trafic d'esclaves* (Butterfly 9, 1957), pages 81 à 100, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Jack GAUGHAN

6 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 101 à 102, courrier

7 - Jeannine RAYLAMBERT, Les Sept couleurs de son âme*, pages 103 à 115, nouvelle

8 - (non mentionné), Saviez-vous que..., pages 116 à 116, notes

9 - Jimmy GUIEU, Les Soucoupes volantes, pages 117 à 119, chronique

10 - Richard MATHESON, « Allô, miss Eva !... » (Sorry, Right Number, 1953), pages 120 à 128, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par SOSSMAN (ou SUSSMAN)

11 - Ross ROCKLYNNE, Passagère clandestine pour la Lune* (Jaywalker, 1950), pages 129 à 138, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Don SIBLEY

12 - Michael SHAARA, Un homme distingué* (Man of Distinction, 1956), pages 139 à 144, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


Un bon récit sur l'héroïsme et ses motivations qu’est Sept hommes dans l’espace, par Isaac Asimov. Un peu bavard au début, comme souvent chez Asimov, mais agréablement contrebalancé ensuite par une phase d'action pleine de suspens.

De bonne guerre, par Kris Neville est une nouvelle qui porte bien son titre... Un peu "mégalanthropique" toutefois.

"Je suis vivant et vous êtes morts" écrira Philip K. Dick dans son futur "Ubik". Partout, rien que des morts !, par Dean Evans, au ton très "Twillight zone" illustre bien ce point de vue. On pensera également à "L'invention de Morel" de Bioy Casares.

Le retour de Cergue et Arnaud, les « décontaminateurs » de monde, et leurs casse-têtes habituels, avec Rien n’est simple dans la Galaxie !, par Robert Sheckley. Une nouvelle drôle et légère.

Trafic d’esclaves, par Donald Keith, est une bonne nouvelle assez trépidante et qui nous offre un bel exposé sur les lois temporelles. Sous ce nom d’auteur se cachent le doublon Donald et Keith Monroe, qui se feront connaître aux Etats Unis avec leur série « Time Machine » dans les années soixante.

Dans Les sept couleurs de son âme, par Jeannine Raylambert, un savant est confronté scientifiquement à toutes ses vies antérieures. Un peu bavard.

"Allô, miss Eva !…" , par Richard Matheson, fera penser au "Témoignage de Randolph Carter" de Lovecraft ; mais ici Matheson traite surtout de l'ennui de la fin de vie. Une adaptation télévisuelle dans la série Twillight zone (La quatrième dimension)  est consultable en ligne ICI (grâce aux bons soins de nos infatigables archivistes de l’UFSF). On y remarquera une extension scénaristique plus cruelle que la nouvelle d’origine.


Passagère clandestine pour la Lune, par Ross Rocklynne est une bluette un peu mièvre et légèrement sexiste. On y notera toutefois un exposé qui explicite ce que la nouvelle de Sheckley évoquait, et l'expression "chute libre", employée en aéronautique, à laquelle on préférera plus tard le terme d’"apesanteur". 

Dans Un homme distingué, par Michael Shaara, on retrouve le projet utopique des mormons d'établir le preuve impossible d'un couple adamique originel, et on y notera une bien curieuse spéculation sur la "désolation originelle de l’Allemagne du Nord." Bref : un fatras de phallocratie adamique qu’on oubliera.

Nos avancées technologiques d'aujourd'hui ne sont qu'une mise à disposition publique des trouvailles d'hier. Voici pour exemple un extrait de la rubrique « SAVIEZ-VOUS QUE… ».

SAVIEZ-VOUS QUE…

…Un cerveau électronique avait composé un quatuor ?

Avec, comme éléments, les régies de composition de base, traduites en symboles mathématiques, le cerveau électronique Illiac a écrit une « suite » en trois mouvements pour instruments à corde. Quatre musiciens, humains ceux-ci, l’ont exécutée devant un auditoire de deux cents personnes, en Illinois.

 

Il parait que le résultat n’a pas fait oublier Beethoven, ni Mozart…

16 novembre, 2022

Galaxie (1ère série) n°024 – Novembre 1955

Des appareillages qui font de l'individu un surhomme, des surhommes qui ne pensent qu'en termes de chasse ou de pièges… Le contrat social en prend un coup dans ce numéro 24 de Galaxie !

 


Sacré tableau de bord, Teddy ! Ça clique partout !

Sommaire du Numéro 24 :

1 - Floyd L. WALLACE, Escale sur Godolph (Delay in Transit, 1952), pages 2 à 34, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Don SIBLEY

2 - Robert ARTHUR, Ce monde mystérieux (The aggravation of Elmer, 1955), pages 35 à 39, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par CAVAT

3 - Gerald PEARCE, Le Mur des rêves (The dreaming wall, 1955), pages 40 à 61, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Mel HUNTER

4 - Fritz LEIBER, Pas d'amateurs aujourd'hui (A Bad Day for Sales, 1953), pages 63 à 70, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Ed EMSH

5 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 71 à 73, courrier

6 - James Henry SCHMITZ, Les Invisibles (The Altruist, 1952), pages 74 à 92, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par ASHMAN

7 - Kris Ottman NEVILLE, Chasseur... ou gibier ? (Hunt the Hunter, 1951), pages 93 à 106, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Elizabeth McINTYRE

8 - Dean EVANS, Les Lunes de Mars (The Moons of Mars, 1952), pages 107 à 119, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par WILLER

9 - (non mentionné), Saviez-vous que..., pages 120 à 120, notes

10 - Henry KUTTNER & Catherine L. MOORE, Gladiateurs de demain (Home is the Hunter, 1953), pages 121 à 130, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par ASHMAN

11 - Raymond E. BANKS, Le Secret de l'immortalité (This Side Up, 1954), pages 131 à 144, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

Une amusante romance qui déploie l'invention (de nos jours éventée) du serviteur mécanique, comme un smartphone intégré au corps, couplé à l'enjeu pas encore envisagé de la communication intragalactique instantané, c'est Escale sur Godolph par F. L. Wallace.

Toujours sur le sujet d'une technologie supérieure au service d'un seul individu. Une jolie petite farce : Ce monde mystérieux, par Robert Arthur, où l'on retrouve le gout de cet auteur pour l'enfance...

L'Amérique du début du 20ème Siècle transposée sur Mars, dans Les lunes de Mars, par Dean Evans, une histoire mêlant métissage inter espèces et chercheurs d'or...

Une nouvelle qui pourrait aller plus loin : Les Invisibles, par James H. Schmitz. On pensera beaucoup au récent roman de Damasio : Les furtifs.

Une planète piège, dans Le mur des rêves par Gérald Pearce, et un autre piège tendu lors d'une partie de chasse, avec Chasseur… ou gibier ? par Kris Neville. Le contexte d'une exo planète n'est ici qu'un prétexte, mais le suspens demeure bien rendu.

On se souvenait de Shambleau, de Catherine L. Moore, parue dans la première anthologie de science-fiction en France : Escales dans l'infini. Voici la première nouvelle publiée en revue du célèbre couple Moore et Kuttner et leur style bien à eux, avec Gladiateurs de demain. Sur le thème de la chasse à l'homme, on pensera à Septième victime, de Sheckley, paru dans Galaxie n°4, ou à Le soutien le plus sûr de Evelyn E. Smith, paru dans Galaxie n°19

Un pilier de Galaxie : Fritz Leiber nous propose, une très belle nouvelle, qui met en balance la Peur de la bombe avec l'insouciance de l'American way of life. C'est Pas d’amateurs, aujourd’hui.

Avec Le secret de l’immortalité, de R.-E. BANKS, on pensera certainement à Kurt Vonnegut et son temps inversé évoqué dans Abattoir 5 (1969), comme à Philip Dick et son A rebrousse- temps, (1967) ainsi qu'à La flèche du temps de Martin Amis (1991), ou aux Récits de l'infini de Camille Flammarion (1872). Tous (hormis Flammarion, mais tout est possible avec cet homme-là) ont peut-être lu cette nouvelle très audacieuse...


C'est officiel : en ce mois de Novembre 2022, nous passons le cap des 8 milliards d'êtres humains sur Terre... Un extrait de la rubrique "Votre courrier" pour terminer, au sujet du problème de la surpopulation et des ressources limitées de la planète. Voici ce qu'on pouvait en dire en 1955 :

Une nouvelle récemment publiée dans Galaxie avait pour sujet un exode massif des habitants de la Terre vers les planètes colonisées. Ces départs avaient pour cause l’accroissement rapide de la population du monde. Est-il possible de déterminer quand la population terrestre deviendra trop nombreuse pour les ressources disponibles ? Quels remèdes pourrait-on apporter à ce problème ?

  Mme Duffaut, Mézières.
 
Au XVIIe siècle, on évaluait la population de notre monde à environ cinq cents millions d’habitants. Au milieu de notre siècle, elle a atteint déjà le chiffre de deux milliards cinq cents millions. On a relevé un taux d’accroissement de la natalité d’environ un pour cent tous les dix ans, au moins depuis le début du siècle.

Dès 1980, la population terrestre atteindra près de quatre milliards d’individus. Il est évident qu’une augmentation aussi rapide – les naissances sont plus nombreuses, et la moyenne des humains vit plus longtemps qu’autrefois – nécessitera une modification profonde des méthodes de production et de distribution des ressources.

Étant donné les progrès incessants réalisés dans le domaine de l’agriculture aussi bien qu’en chimie, il est difficile de déterminer à quel moment la population dépassera les possibilités d’alimentation du globe.

Les remèdes à ce danger prévisible ? Ils sont d’ordre économique et social. Production accrue et dosage des régimes alimentaires ne suffiront certes plus à la fin de notre siècle, si l’accroissement de la population se poursuit à la même cadence. La limitation du nombre des naissances ? C’est là une mesure qui heurte des principes religieux on moraux dans la plupart des pays.

Pour la colonisation des planètes, il n’en est pas encore question, puisque l’homme n’a pas encore réussi à échapper au champ de gravité de sa planète. Néanmoins, il existe encore dans le monde – en Amérique du Sud, au Sahara, par exemple – des régions que les progrès de l’économie et de la science permettront un jour – relativement prochain – de mettre en valeur pour augmenter les ressources alimentaires et autres.

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