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08 juillet, 2026

Galaxie (2eme série) n°023 – Mars1966

Galaxie mise toujours autant sur ses piliers, mais les points forts de ce numéro ne sont pas, ou pas encore, les vedettes. On appréciera davantage Philip Dick ou Jack Sharkey que Williamson ou McIntosh, avec tout le respect que nous devons pourtant à ces grands anciens.

Ah, enfin, la voilà cette foutue fusée !

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Sommaire du Numéro 23 :


1 - Frederik POHL Jack WILLIAMSON, L'Enfant des étoiles (1) (Starchild, 1965), pages 4 à 64, nouvelle, trad. Pierre BILLON, illustré par Gray MORROW

2 - Philip K. DICK, Simulacre (Precious Artifact, 1964), pages 65 à 80, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH

3 - Lester DEL REY, Le Dernier Terrien (The Last Earthman, 1965), pages 81 à 89, nouvelle, trad. René LATHIÈRE

4 - J. T. McINTOSH, Fric-frac sur Vokis (No Place for Crime, 1959), pages 90 à 123, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH, illustré par Dick FRANCIS *

5 - Jack SHARKEY, Journal de bord (The Dope on Mars, 1960), pages 124 à 140, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH, illustré par Wallace (Wally) WOOD *

6 - Keith LAUMER, Mort aux vermines ! (A bad day for vermin, 1964), pages 141 à 147, nouvelle, trad. René LATHIÈRE *

7 - (non mentionné) , Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 148 à 149, bibliographie

8 - COLLECTIF, Courrier des lecteurs, pages 154 à 155, courrier

9 - (non mentionné) , Résultats du référendum sur le n° 21, pages 159 à 159, notes 


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.



Galaxie en annonce la fin au prochain numéro, mais il reste deux parties encore après cette première ouverture de L'enfant des étoiles. Curiosité de l'édition, ce roman fait suite aux Récifs de l'espace que Galaxie publia dans ses numéros 6, 7 et 8, mais sera le premier publié en volume (Le masque science-fiction n°44 - 1976) ; il faudra attendre 1978 pour voir le premier opus publié en volume, et chez un autre éditeur (Press Pocket), ce qui fera dire à Jean-Pierre Andrevon dans le Fiction n°276 : " … en l'absence du premier volet, l'action décrite dans le second (...) restera tout à fait incompréhensible à qui n'aurait pas eu connaissance du premier. "
En effet, non seulement ce deuxième mouvement reprend les éléments du premier (les décors principaux, les antagonismes entre Machine toute puissante et planificatrice et Rebelles vivant leur utopie collectiviste au-delà de son influence dans les récifs de l'espace), mais encore on ne découvre rien de très nouveau ici - le héros, par exemple, est de nouveau un bleu à déniaiser. Cependant, les auteurs ne se sont pas encombrés à rappeler les éléments d'explication du roman précédent (ce qui aurait alourdi la narration, vive et directe). Mais même avec la souvenance du premier opus, on sera tout de même surpris par l'incursion de quelques éléments d'appartenance plutôt fantastique : revenant, prophétie, apparition - disparition… Pas du meilleur cru, ainsi, pour Frederik Pohl et Jack Williamson, mais le scénario reste somme toute bien ficelé comme une petite série Star Wars ou une plaisante aventure solo de jeu de rôles.


Chaque nouvelle parution d'un récit de Philip K. Dick dans les pages de Galaxie peut aussi laisser ce sentiment de déjà-vu, mais force lui en est d'avoir été constant dans ses thématiques, que nous nous réjouissons de voir s'inventer et se préciser d'une histoire à l'autre sur cette période des années 60.

" (...) je suis sur Terra pour des raisons sérieuses. Mon intention est de démontrer que ce sont en réalité les Proxiens qui ont gagné la guerre et que nous, les quelques Terriens survivants, nous sommes les esclaves de Prox et nous travaillons pour…» Il se tut. Il n'y avait rien à faire. "

On retrouve par exemple dans cet extrait l'un des motifs favoris de Dick, celui-ci sera même l'amorce du Maître du Haut-Château. En voici un autre :
" L'écureuil l'entendit. Il dressa les oreilles ce qui évoqua aussitôt dans l'esprit de l'homme un chat avec lequel il s'amusait jadis, un vieux matou somnolent qui leur avait appartenu, à son frère et à lui, à l'époque où Terra n'était pas encore aussi surpeuplée et où l'on avait le droit de posséder de petits compagnons familiers. "

On retrouve ici l'un des éléments principaux de son célèbre Blade Runner / Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques : le danger de perdre notre rapport aux animaux, et aux petits animaux tout particulièrement, qu'ils soient ou non domestiques (et ce n'est pas notre fidèle Ludo le hérisson - qui fêtait lors de la sortie de ce numéro ses trois ans - qui nous contredira sur ce point, n'est-ce pas Ludo ?).

Enfin, pour faire la jonction avec le précédent extrait :

« Et les animaux terriens ? Ont-ils tous disparu ? Le chien et le chat ? »

Mary jeta un coup d'œil aux deux gardes. Sans avoir besoin de parler, ils se comprirent en un éclair. « Après tout, cela vaut peut-être mieux, » fit-elle.

— « Qu'est-ce qui vaut mieux ? »

— « Que vous voyiez. Nous ne pensions pas que vous tiendriez aussi bien le coup. Vous avez le droit de voir. » Elle ajouta : « Oui, Milt, le chien et le chat ont survécu. Ils se sont réfugiés dans les ruines. Venez avec moi. »

Il la suivit, le cerveau en ébullition. Mary ne se trompait-elle pas pour la première fois ? Avait-il vraiment envie de voir ? Pourrait-il supporter le spectacle réel de ce qu'on avait cru bon, jusque-là, de lui épargner ? 

Dick, on le voit, est très alerte pour illustrer les mouvement pendulaires de la paranoïa. Dans cette nouvelle intitulée Simulacre (ce terme sera grandement utilisé par les traducteurs de Dick, qui use ici du mot plus trouble d'artefact (artifact) et ne dévoile pas autant l'aspect mimétique des choses ainsi définies), on explore avec lui toute la complexité de la reconstruction d'une Terre dévastée non pas d'un point de vue technique, mais sur le plan psychologique. La motivation d'aller de l'avant repose sur des espoirs : métissage des cultures l'une à l'autre étrangères, survivance de quelques espèces animales qu'on pourrait conserver dans des réserves, compagnonnage et instinct de protection, et surtout : avoir à faire avec des êtres vivants et non point des robots. Bien entendu, la mélancolie qui accompagne ces espoirs n'est pas absente mais ne s'articule pas sur de la nostalgie - le "retour de la douleur" dans son sens premier - mais sur un espoir plus vaste qu'un nouveau monde vivant surgira de cette reconstruction - dusse-t-il dépendre à sa base d'un mensonge, mais un mensonge structurant. C'est toute la problématique du territoire américain souffrant du génocide amérindien, ou celle du territoire européen restructuré par les promesses d'abondance du Plan Marshall qui sont ici évoquées, peut-être inconsciemment chez Dick, mais qui témoignent tout de même de la sensibilité et de la lucidité rares dont nous fait profiter ce grand auteur.

Le dernier terrien de Lester del Rey est une jolie petite nouvelle qui nous démontre gentiment la préciosité de notre planète mère. Concis et émouvant.



On retrouve J. T. McINTOSH dans Fric-frac sur Vokis, une histoire policière d'arnaque et de vol, sur une planète dont l'opulence attire les escrocs, mais aux méthodes policières réputées infaillibles. Le plan du vol parfait est un peu alambiqué et repose sur une mutation psi (la téléportation), mais l'ensemble n'est finalement que peu SF.


Vient ensuite un Journal de bord tenu par un reporter chargé de couvrir la première expédition sur Mars ; on y découvre les martiens (et on retrouve le goût de Jack Sharkey pour les métabolismes extraterrestres), et l'on rit de la naïveté du ton, des mésaventures de l'équipage et de la grogne permanente qui sévit entre ses membres dont chacun méprise la spécialité de l'autre. 

Dans Mort aux vermines !, une délibération de justice doit faire état du statut de criminel ou non de l'homme qui a assassiné le premier extraterrestre venu visiter la Terre - et que son assassin a considéré comme "une vermine". Keith Laumer joue avec une cascade de dominos qui ébranlent tout le système pénal.



Dans le Courrier des lecteurs, nous retrouvons le fidèle Henri Michaux de Versailles (le poète vivait, lui, à Paris, mais sait-on jamais...). C'est toutefois en réponse à un autre lecteur que nous pouvons lire cette petite note de la rédaction qui nous éclaire sur les rapports entretenus entre Galaxie et Fiction (dont les équipes rédactionnelles sont sensiblement clonées) :

Nous l'avons déjà dit à plusieurs reprises : nos deux revues sont complémentaires. Les chroniques qui donnent un « ton » à Fiction seraient déplacées dans Galaxie. Fiction se veut plus sérieux, Galaxie plus distrayant. Mais l'une et l'autre des revues nous semblent faites pour satisfaire à la fois tout amateur de science-fiction un tant toit peu éclectique.


Nous voilà avoir dépassé ce mois de juin 2026 le cap des 130 000 vues. Nous ne sommes pas peu fiers d'être suivis par de si nombreux visiteurs. A vous toutes et tous : MERCI de votre intérêt.

22 avril, 2026

Galaxie (2eme série) n°017 – Septembre 1965

Le retour de Ray Bradbury (avec une histoire d'envahisseurs bien paranoïde!) et les fidèles auteurs de Galaxie : Robert Sheckley en tête, le rare Robert F. Young et la petite dernière de Cordwainer Smith, ainsi que dans le rôle du tonton de retour de terres lointaines : Lester Del Rey… Une très jolie réunion de famille en somme pour un numéro qui privilégie les publications américaines "récentes" (1962 et 1964 pour la plupart).


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Sommaire du Numéro 17 :


1 - Cordwainer SMITH, La Ballade de C'mell (The Ballad of Lost C'mell, 1962), pages 4 à 25, nouvelle, trad. Michel DEMUTH, illustré par Virgil FINLAY

2 - Harry HARRISON, L'Oiseau de malheur (Unto My Manifold Dooms / The Many Dooms, 1964), pages 26 à 42, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH, illustré par Norman NODEL *

3 - Ray BRADBURY, Viens dans la cave... (Boys! Raise Giant Mushrooms in Your Cellar! / Come Into My Cellar, 1962), pages 43 à 58, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH

4 - Margaret SAINT-CLAIR, Roberta (Roberta, 1962), pages 59 à 65, nouvelle, trad. Pierre BILLON *

5 - Robert F. YOUNG, Petit chien perdu (Little Dog Gone, 1964), pages 66 à 99, nouvelle, trad. Michel DEMUTH, illustré par Gray MORROW

6 - Lester DEL REY, Le Robot vengeur (To Avenge Man, 1964), pages 100 à 137, nouvelle, trad. Michel DEMUTH, illustré par Gray MORROW

7 - Robert SHECKLEY, La Vie de pionnier (Subsistence Level, 1954), pages 138 à 152, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH

8 - (non mentionné) , Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 153 à 153, bibliographie

9 - COLLECTIF, Courrier des lecteurs de Galaxie (2ème série), pages 154 à 155, courrier (manque à notre epub)


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.



Pleine d'ellipses et de temps élastique, La ballade de C'Mell permet à Cordwainer Smith d'asseoir avec assurance la construction de son cycle de l'Instrumentalité, en jouant davantage à y semer les allusions à d'autres récits, pour la plupart pas encore publiés. Son style demeure irréprochable et son fond moral toujours empreint d'une grande tendresse. Ici, il s'agit de la fin de l'ostracisation des hommes animaux - c'est à dire d'animaux génétiquement modifiés pour qu'ils ressemblent à des hommes mais qui néanmoins demeurent asservis - et du mouvement un peu mystique qui les libèrera.


La prospection d'une exoplanète au climat hostile - mortel même - demande une rigueur et une discipline qui ne se discutent pas. Ainsi pour des questions de survie pour l'équipage, un gaffeur ou un distrait, un maladroit, devient un danger mortel pour tous, qui l'appellent L'oiseau de malheur. Harry Harrison soulève la question du profil acceptable pour devenir spationaute, mais aussi la discipline militaire qui prévaut.


Ray Bradbury est un scénariste efficace, à condition d'abandonner ses postures poétiques qui à force deviennent un peu creuses et n'ont d'utilité qu'en tant que "trucs qui marchent". En témoigne par exemple cette phrase, absolument gratuite dans le récit : "Il entendait la voix claire de Mrs. Goodbody retentir dans l’air du matin – un matin vieux d’un million d’années. Il entendait la voix de Roger pareil à un nuage assombrissant le soleil de midi." Quoi qu'il en soit, nous voici avec Viens dans la cave… plongés dans une bonne histoire d'envahisseurs tendue par le terrible vecteur du "trop tard!" qui rend le tout bien terrible.


Roberta pourrait ne pas être de la SF, puisque c'est une histoire de transition sexuelle. Bien que médicalement déjà possible en 1965, cela restait encore très marginal, et ne manquait pas de soulever des préjugés, comme on pourrait se le demander ici dans cette histoire qui tourne au délire paranoïaque. Margaret Saint-Clair cependant est toujours alerte à provoquer de l'aversion.

Un acteur, Nicholas Hayes, devenu las, se noie dans l'alcool, jusqu'à être adopté par deux compagnons de route : une de ses admiratrices nommée Moira - le nom que l'on donne aux Parques du destin - et Le  petit chien perdu, plus exactement "chienperdu" - pendant extraterrestre de nos si fidèles compagnons. Commence pour Nicholas un chemin de reconstruction de l'amour propre, et de l'amour tout simplement. Comme toujours avec Robert F. Young, ce chemin passe par la poésie et ici par… William Shakespeare.

"Ils étaient venus avec le feu et le poison. Il faudrait les retrouver et les vaincre. Sam avait cru que l’on ne trouvait le Mal que dans la fiction. Mais, maintenant, le Mal dominait l’univers. Il devrait l’affronter, comme dans la fiction. Le mal devrait être éliminé avec une souffrance aussi grande que celle qu’il avait provoquée. Mais une telle justice était apparemment le seul grand mensonge de la fiction."

A l'heure de l'extinction massive de l'Homme, un dernier robot, fidèle et devenu plus qu'une machine, découvre les livres qui lui avaient jusqu'alors été interdits, mais peine à distinguer fiction et document formel. Il devient Le robot vengeurLester Del Rey interroge la place de la fiction dans la culture, et principalement la plus fondatrice de toutes : le mythe et son corolaire la religion. On repensera à l'héritage de la terre, laissé par les hommes aux robots et aux chiens, dans Demain les chiens de Clifford Simak, mais ici le robot doit composer avec un sentiment d'injustice et une volonté de la réparer par la vengeance.


"Amelia avait été élevée dans un foyer suburbain classique où toutes les tâches domestiques étaient programmées à l’avance. Ici, chaque fonction était assumée par une machine spécialisée, et l’on n’avait pas le temps de les ranger dans les niches murales prévues à cet effet : elles traînaient partout, gâchant le décor, et la maison ressemblait à une quincaillerie."
Robert Sheckley moque très gentiment l'espèce humaine qui rend héroïque les colon en les appelant Les pionniers, alors que pour tout labeur ils doivent vivre dans l'isolement et faire travailler durement des robots ; d'autant que le pionnier qui aime tant la vie "à la dure" ne fait réellement que préparer le terrain pour tout l'humanité et sa civilisation de confort et de marchandises à écouler.
A propos des robots qui travaillent dur, on pourra y lire :
"Les robots travailleurs sont stupides et grossiers. Ils sont obstinés et acariâtres. Il convient d’employer la manière forte pour se faire obéir d’eux. Si besoin en est, n’hésitez pas à leur flanquer des coups de pied dans les fesses.
Phillips haussa les sourcils.
« Maltraiter un robot ?
— Il convient de leur faire voir qui, de vous ou de lui, est l’humain.
— Mais, à l’École Coloniale, on nous a enseigné à respecter leur dignité, protesta l’autre.
— Un certain nombre de notions terriennes n’ont pas cours ici, répliqua sèchement Dirk. Écoutez ce que je vous dis. J’ai été élevé par des robots et quelques-uns de mes meilleurs amis sont des robots. Je sais de quoi je parle. Si vous voulez qu’ils vous respectent, il n’y a pas d’autre moyen."
La réalité de l'esclavagisme n'est qu'à peine voilée. Cette problématique du robot ayant remplacé l'esclave est un grand thème de la SF. Comme du temps de la traite d'êtres humains, le dominateur se trouve toujours de bonnes raisons d'agir ainsi, et justifie sa douteuse moralité par un exercice de la violence comme "forcé", comme s'il n'y avait pas le choix, et considère le dominé comme ne faisant pas (ou "pas tout à fait") partie de l'humanité véritable. Dans Blade runner / Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick, c'est la conscience d'être (et d'être mortel) qui humanise l'androïde, à savoir : le robot à l'image de l'homme. Bien entendu, du temps de la "traite négrière", les esclaves se savaient déjà faire partie de l'humanité. Mais on leur refusait ce statut. On retrouve, nous l'avons vu, cette malheureuse ostracisation dans La ballade de C'Mell dans ce numéro.

Finalement, la problématique serait : "Peut-on moralement hiérarchiser des degrés à la conscience d'être ?" Vous avez quatre heures.


Et maintenant, une PETITE ANNONCE :

Notre Centaurien a eu beau faire cligner trois fois ses yeux, chercher dans les méandres parfois occultes de la toile, le miracle ne s'est pas produit : il n'a pas retrouvé le texte original du Courrier des lecteurs de ce numéro 17 de Galaxie.

Si parmi nos lecteurs quelqu'un possède ce numéro au format papier, le Centaurien serait très heureux de recevoir ne serait-ce qu'une photo des pages 154 et 155 de cette revue. Si vous désirez lui rendre ce service, vous pouvez laisser en commentaire le moyen de vous contacter. Bien évidemment, ce commentaire ne sera pas publié, mais votre contribution sera hautement considérée.

10 septembre, 2025

Galaxie (2eme série) n°001 – Mai 1964

Le PReFeG est heureux de renouer avec la seconde partie de son projet : la mise en ligne de la revue Galaxie, avec, en cette année 1964, le retour dans le champ éditorial français de cette revue américaine de qualité. Annoncé pour le mois d'avril, le premier numéro de cette "2ème série" parait finalement en Mai 1964, sous l'égide des éditions Opta, qui n'a pas encore fini à cette époque de multiplier son offre en matière de science-fiction. "Si vous voulez tout savoir sur les temps futurs, lisez Galaxie", pouvait-on même lire en ce printemps 1964 dans les pages de Fiction. Pour cette "nouvelle" revue, le bal s'ouvre sur un roman de qualité : "Au carrefour des étoiles" de Clifford D. Simak ; on pourra aussi y saluer les jeunes Robert Silverberg et le britannique John Brunner, accompagnés par le déjà vétéran Poul Anderson, et un tas de textes restés inédits depuis.

"Bon sang, dans 60 balais,
on laissera faire Pesquet !"

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Sommaire du Numéro 1 :


1 - Clifford D. SIMAK, Au carrefour des étoiles (Here Gather the Stars / Way Station, 1963), pages 4 à 59, roman, trad. Michel DEUTSCH, illustré par Wallace (Wally) WOOD

2 - Mary CARLSON, Le Temps du froid (The Time of Cold, 1963), pages 60 à 66, nouvelle, trad. Pierre BILLON *

3 - Robert SILVERBERG, Voir l'homme invisible (To See the Invisible Man, 1963), pages 67 à 77, nouvelle, trad. Michel DEMUTH

4 - John BRUNNER, Le Meilleur des pièges (A Better Mousetrap, 1963), pages 78 à 95, nouvelle, trad. Pierre BILLON, illustré par Virgil FINLAY *

5 - Jack SHARKEY, Le Réveil (The Awakening, 1964), pages 96 à 101, nouvelle, trad. Pierre BILLON *

6 - Alfred Elton VAN VOGT, Les Sacrifiés (The Expendables, 1963), pages 102 à 130, nouvelle, trad. Michel DEMUTH, illustré par Virgil FINLAY

7 - Poul ANDERSON, La Croisée des chemins (Turning Point, 1963), pages 131 à 145, nouvelle, trad. Pierre BILLON, illustré par John Jr. PEDERSON *

8 - Lester DEL REY, La Fin d'une race (The Course of Logic, 1963), pages 146 à 159, nouvelle, trad. Pierre BILLON, illustré par John GIUNTA *


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


"Comme un gant" !

Annoncé dans Fiction (et Fiction Spécial 5) pour le mois d'avril, il faudra attendre le mois de Mai 1964 pour voir ressurgir la revue Galaxie, après cinq ans d'absence.

Durant ces cinq ans, les littératures de genre, et principalement la science-fiction, ont grandement évolué. Dans le monde, après le lancement de Spoutnik, c'est un homme qui est allé dans l'espace ; il faudra dorénavant chercher  l'évasion et l'imaginaire au-delà de l'Espace. Et puis la Guerre Froide, la Crise de Cuba, l'assassinat de Kennedy,... démontrent qu'après "l'épanouissement" consumériste des années 50, un basculement soudain est toujours possible, et qu'un avenir plus sombre se prépare potentiellement derrière les portes de demain. Face à une anxiété grandissante, les citoyens du monde des années 60  se politisent davantage que lors de la dispendieuse décennie précédente, et la science-fiction, toute entière consacrée à l'avenir, n'échappe évidemment pas à cette politisation.
C'est donc dans un environnement bien changé que renait Galaxie dans une version francophone, sous l'impulsion de Alain Dorémieux (et sans doute déjà de Michel Demuth) et des éditions Opta.

Mais qu'on s'en souvienne, entre 1953 et 1959, Galaxie (dite "1ère série" ensuite) diffusait principalement les auteurs de "l'Age d'or" de la SF américaine, Sheckley, Asimov, Pohl... Mais ce fut aussi en France le marchepied de Gérard Klein, de Michel Demuth ou d'Albert Ferlin, le jardin d'auteurs à présent "disparus" tels Jean Lec ou Jeannine Raylambert … Ce fut également l'aire de jeux du petit Jimmy Guieu, dans sa panoplie de chasseur de soucoupes.
Mais ce fut aussi une revue très décriée par la suite pour les libertés qu'elle prenait avec les textes, par des coupes drastiques et des traductions approximatives, faute d'un véritable souci éditorial. Car un fantôme hantait les bureaux de l'éditeur Nuit et Jour, et c'était le rédacteur en chef de Galaxie ("La rédaction-fantôme de « Galaxie » (tellement fantôme que jamais personne n'arrivait à voir le « rédacteur ») n'était en somme qu'un secrétariat s'occupant de transmettre des textes américains à traduire.", écrivait Alain Dorémieux dans le Fiction n°68).
Suivant une "trajectoire parallèle" à celle de Fiction, Galaxie ne montrait toutefois pas la même velléité d'imposer un genre en France et de s'en saisir pleinement, mais bien plutôt de proposer "un produit manufacturé" décalqué sur sa version américaine - du moins toujours à en croire Alain Dorémieux.

Cinq ans, donc, ont passé, "The times they are a' changin'" comme dit le poète, et les rivalités d'hier se muent alors en réappropriation. Fiction colonise-t-elle Galaxie, après avoir laissé les poussières de la faillite lentement retomber ? Nous inclinerons plutôt à croire en un souhait sincère d'amateur du genre, déplorant l'absence de diversité des revues professionnelles et la conscience qu'un trésor littéraire demeure encore inaccessible aux lecteurs français, par-delà une barrière de la langue large comme l'Atlantique.

Voyons ce qu'Alain Dorémieux nous dit dans l'annonce de la renaissance de Galaxie qu'il publie dans le n°125 de Fiction :
GALAXIE : Une renaissance
" À partir du mois d’avril, FICTION aura une sœur cadette (au nom déjà célèbre) : GALAXIE.
La première édition française de GALAXIE débuta en 1953 et fut interrompue en 1959. S’il est vrai que tous les lustres le phénix renaissait de ses cendres, pourquoi une revue de SF n’imiterait-elle pas cet oiseau légendaire ?
Le précédent GALAXIE n’avait qu’un défaut : celui d’être publié par des non-spécialistes. Cette nouvelle édition, dirigée par la même équipe rédactionnelle que FICTION, offrira à cet égard une garantie de sérieux.
Pour la première fois, vous seront présentés en version intégrale les meilleurs textes inédits des grands auteurs américains de SF. Le nombre de pages (160, uniquement consacrées à des récits) permettra en outre, chaque mois, une importante sélection.
Comme par le passé, GALAXIE sera la revue 100 % SF, destinée à l’amateur « inconditionnel » du genre. Mais la variété de ses sujets, la diversité des champs qu’ils embrassent, satisferont le plus grand éventail de goûts.
À un moment où la disparition du « Rayon Fantastique » avait paru sonner un coup de glas pour la science-fiction, nous sommes heureux de témoigner de sa vitalité, en réintroduisant sur le marché français la plus fameuse des revues d’outre-Atlantique. "

On pourra toutefois le constater, "Galaxie 2ème série" sera en effet, du moins au début, entièrement dédiée à la science-fiction anglo-saxonne, et conservera de la 1ère série son aspect "old school", ses illustrateurs d'avant-guerre (l'incontournable Virgil Finlay, par exemple), et ses "pitch" de présentations à l'emporte-pièce - soit "Galaxie", mais en mieux. Car un soin tout particulier sera apporté aux traductions (sous les plumes de Michel Deutsch, Pierre Billion, Christine Renard ou Michel Demuth himself...), et la revue tiendra finalement un rôle d'observatoire de ce qui s'écrit outre-Atlantique.

Mais témoigner de la vitalité d'un genre comme la science-fiction ne sera pas tout. Avec l'apparition ou l'envol d'auteurs comme Robert SilverbergPhilip K. Dick ou Cordwainer Smith, comme avec des chroniques régulières, celle de Philippe Curval par exemple, Galaxie sera aussi tournée vers les métamorphoses inévitables d'un genre dédié aux questionnements des lendemains.

Pour anticiper légèrement, et terminer cette note d'introduction à cette deuxième série de Galaxie, voyons ce que la rédaction de la revue écrit dans son numéro 4, quelques mois plus tard :

"GALAXIE" ET SES LECTEURS 
" La reparution de GALAXIE nous a valu un abondant et encourageant courrier.
A lire ces lettres, une constatation s'impose : GALAXIE comble un vide. Beaucoup de nos correspondants étaient lecteurs de l’ancienne édition et en avaient toujours regretté la disparition, L'amateur de S.F. et rien que de S.F. n'avait plus sa revue. Même réaction à notre formule consistant à présenter régulièrement des romans. La carence, dans ce domaine, des collections spécialisées semble laisser depuis longtemps le fervent de S.F. sur sa faim.
Satisfaction générale, donc, pour la renaissance de la revue. Et jugements dans l'ensemble favorables pour la composition des premiers numéros (seule une faible minorité s'estime déçue). Avouons pourtant une chose : nous avions un contingent de textes relativement restreint quand nous avons préparé ces premiers numéros. Actuellement, ce contingent est beaucoup plus étendu et nous pouvons faire de façon plus approfondie nos prochaines sélections. Voici notamment quelques auteurs dont nous avons une importante quantité de nouvelles ou de romans en stock : Brian W. Aldiss, Poul Anderson, Arthur C. Clarke, Philip K. Dick, Gordon R. Dickson, Damon Knight, Keïth Laumer, Fritz Leiber, Murray Leinster, J.T. Mclntosh, Cordwainer Smith, Robert F. Young, etc.
D'autre part, nous nous occupons activement de rechercher les anciens textes non parus en France du Galaxy américain. Et à ce propos, une précision s'impose. Beaucoup d'auteurs autrefois très productifs n'écrivent plus guère dans le Galaxy américain. C'est le cas notamment de Simak et Sheckley. Nous ne pouvons donc, au mieux, que présenter les nouvelles d'eux restées inédites mais non les inscrire régulièrement et constamment à nos sommaires.
Nous étant consacrés à l'étude des traductions de l’ancien Galaxie français, nous envisageons autre chose : présenter la version intégrale de textes qui, à l'époque, avaient été parfois considérablement abrégés ou altérés à la traduction, Un seul exemple suffira à exposer la situation : la nouvelle de Robert Sheckley Un billet pour Tranai, d'une longueur de 38 pages dans son texte original, fut ramenée à 20 pages dans le Galaxie français. Dans de pareils cas, une reprise nous semble s'imposer (mais pas plus d'une au maximum par mois). Qu'en pensent nos lecteurs ?
Si nos correspondants sont presque unanimes sur les textes présentés, il y a plus de divergences concernant l’utilisation des dessins américains. Disons simplement qu'ils nous paraissent certes de qualité inégale, et que nous nous efforcerons à l'avenir de ne conserver que les meilleurs. Mais ils correspondent à notre avis à l'esprit de GALAXIE, et les supprimer serait trahir cet esprit. "

Cette démarche de reprendre de fond en comble les traductions des nouvelles parues dans la première série de Galaxie, Michel Demuth la développera un peu plus tard, avec sa série d'anthologies "Marginal", compilant selon des grands thèmes les nouvelles retraduites, avec des illustrations originales de dessinateurs français. Mais il faudra encore attendre presque dix ans et l'année 1973 pour cela…

Pour transiter en douceur vers la suite, citons Simak dans son roman "Au carrefour des étoiles" : 

" - Il y a un journal de Géorgie dont le slogan proclame qu'il couvre le Sud comme la rosée. Il faudrait inventer quelque chose du même genre au niveau de la galaxie.

- Un gant ! s'exclama Mary. Le quotidien qui enveloppe la galaxie comme un gant ! "


Galaxie propose donc de commencer ce nouveau voyage par un roman de Clifford D. Simak, publié en deux parties, Au carrefour des étoiles, qui obtiendra d'ailleurs le Prix Hugo en cette année 1964.

" Voici la Terre, se disait-il. Une planète faite pour l'Homme. Mais pas pour lui seul, cependant : c'était aussi une planète pour le renard, le hibou et la belette, pour le serpent, la sauterelle et le poisson, pour toutes les formes vivantes qui pullulaient dans l'air, sur le sol et au fond des eaux. Et qui n'était pas non plus le monopole des espèces indigènes : elle était également faite pour d'autres créatures, nées sur d'autres terres, sur d'autres planètes situées à des années-lumière mais qui, dans leur essence, étaient toutes autant de Terres. Car Ulysse, et les Lumineux, et tous les autres pouvaient vivre sur la planète Terre si besoin en était ou s'ils en avaient simplement envie. (…) Le fait fondamental : l'intelligence existait dans l'univers. L'Homme n'était pas seul. Pour peu qu'il s'engageât sur la bonne route, il ne serait, plus jamais seul. "

Partant de cette hypothèse que l'intelligence, ou que la conscience d'être existe partout à travers l'univers, Simak nous propose de s'interroger sur son sens. Car manifestement, il nous faut suivre la bonne route. Le débat est donc moral, et la question demeure : quelle est "la bonne route" selon Simak ?

—  (…) Que de choses avons-nous encore à apprendre ! Ils sont tellement plus savants que nous… Leurs notions en matière de religion, par exemple…
— Je ne sais pas s'il s'agit vraiment d'une religion. Cela n'a pas l'appareil généralement associé à la religion. Et ce n'est pas fondé sur la foi. La foi n'est pas une nécessité. La base de leurs croyances, c'est la connaissance. Ce sont des gens qui savent, voyez-vous.
— C'est à la force spirituelle que vous pensez ?
Enoch répondit :
— Elle existe au même titre que toutes les autres forces qui constituent l'univers. Oui, il y a une force spirituelle exactement comme il y a des choses que l'on appelle le temps, l'espace ou la gravitation pour ne parler que de ces seuls éléments immatériels. Elle existe et ils peuvent entrer en contact avec elle…
Cette idée d'une forme de conscience qui traverse le vivant, la "force spirituelle", sera reprise 13 ans plus tars dans le film "Star Wars". Chez Simak aussi, la "force" donne à ceux qui y sont les plus sensibles un pouvoir sur la matière, la vie, l'espace… Et si, comme dans "Star Wars", il y a un ordre quelque peu monastique qui veille sur les avatars de cette force, l'idée n'y est ici qu'évoquée de loin, comme un bruit de fond à l'ensemble de l'histoire.
Il y a déjà bien assez à faire, Simak le comprend bien, avec la posture de l'humain qui découvre, seul, l'immensité de la civilisation galactique, et le déploiement de la conscience par delà notre petite planète de banlieue. Car les chocs sont multiples, et parfois inattendus. 
Si votre forme physique vous interdit de coloniser une planète, vous n'avez qu'à changer de forme ! À vous métamorphoser en un être capable de vivre sur la planète en question ; il ne vous reste plus alors qu'à en prendre possession. S'il vous faut, pour cela, être un ver blanc, eh bien, vous devenez un ver blanc. Ou un coléoptère. Ou un crustacé. Ou n'importe quoi d'autre. Et ce n'est pas seulement votre enveloppe corporelle qui se transforme : votre esprit subit le même avatar, il devient le type d'esprit qu'il faut que vous puissiez vivre dans ce milieu étranger.
Bien que Simak poursuive ici en termes simples le principe de pantropie théorisé par James Blish en 1957, rappelons qu'il avait déjà évoqué cette idée dans "Demain les chiens" (1952).

La "bonne route", alors, qu'elle est-elle selon Simak ? Croire en la Force ? Se fondre dans la substance changeante de l'Univers et ses lois particulières ? 
A un contexte mondial qui exacerbe un certain pessimisme (qui pourrait faire sourire à présent - après la Guerre Froide s'entend - qu'a été évitée la 3ème Guerre Mondiale), Simak répond par une douce foi en l'intelligence et en la civilisation qui induisent bonté, tolérance, et curiosité pour les phénomènes étrangers, et ce d'où qu'ils soient - intergalactiquement parlant. On compatit finalement à ce mélange tragique entre immortalité et solitude d'une part, et ouverture d'esprit et limitation intellectuelle d'autre part, que vit Enoch Wallace, le protagoniste de cette belle histoire, où l'auteur déploie tous ses thèmes favoris. Pour conclure partiellement : le métier sûr de Simak n'a d'égal que son humanisme.

Le temps du froid, de Mary Carlson, parait bien fade après le roman de Simak. On ne peut que se demander pourquoi Dorémieux a choisi ce texte pour le premier numéro de Galaxie.


On le comprend nettement mieux avec la nouvelle suivante : Voir l'homme invisible.
Dostoïevski a écrit quelque part : « Sans Dieu, tout est possible. » Je peux le paraphraser et dire : À l'homme invisible, tout est possible – et sans intérêt. 
On commence ici à voir poindre l'un des thèmes récurrents de Robert Silverberg : l'individu exclu au sein de ses semblables, seul parmi la foule des autres. Ici, il s'agit d'un fait social qui ne portait pas encore le nom d'invisibilisation.


Mieux qu'une planète piège, John Brunner propose Le meilleur des pièges pour toute une planète ;  à l'instar de son titre en version originale : mieux qu'une tapette à souris. Si John Brunner n'a pas encore creusé sa voie dans la "speculative fiction", il possède déjà un métier sûr et une imagination convaincante.


Le réveil après une hibernation plus longue que prévue… et le monde est transformé. Un texte simple et une bonne nouvelle à chute de Jack Sharkey qui fait ici son entrée. 


Reprenant à son compte le "Waldo", une invention de Robert Heinlein dans un court roman qui porte ce même titre ("Waldo", 1942) , A. E. Van Vogt élabore dans Les sacrifiés une histoire où la télépathie d'une espèce extraterrestre se révèle être à sens unique (l'E.T. ne sait pas qu'on l'entend penser), mâtinée d'une intrigue de prise de pouvoir sur un vaisseau arche. Beaucoup de sujets, donc, et si l'on retrouve bien le goût de Van Vogt pour la mentalisation des tactiques de prises de pouvoir, il est ici bien trop bavard, et l'intrigue inutilement compliquée. Van Vogt semble un peu manquer sa cible.


Le carrefour des étoiles inspire au traducteur Pierre Billon un autre titre : dans La croisée des chemins, Poul Anderson, toujours doué pour décrire en quelques usages une société extraterrestre, évoque le dilemme qui traverse des explorateurs humains découvrant une société idyllique et en paix, sans aucune technologie, mais d'une intelligence moyenne manifestement très supérieure à celle des hommes. Faut-il éviter de les renseigner davantage, ou accepter de les avoir quelque peu corrompus et miser sur leur grande intelligence pour améliorer la civilisation galactique ? Une bonne nouvelle, et, contre toute attente, apaisante.


Le point de vue d'une race en voie d'extinction sur une planète désolée… quand survient un vaisseau terrien, semblerait-il. Jeux d'échelles à la William Morrison, et sarcasme léger de Lester Del Rey envers une représentation genrée des règles universelles de la vie, La fin d'une race est une bonne petite histoire de vampires de l'espace.

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