Un epub en ligne chaque mercredi !
Le Projet REvues Fiction et Galaxie (PReFeG) vous propose (après relectures et corrections), le partage et la mise en ligne des revues Fiction (éditions OPTA) et Galaxie (éditions Nuit&Jour, puis OPTA) au format epub.
Pour obtenir votre exemplaire, cliquez sur la couverture.
Dans la série : "Les auteurs qui méritent leur recueil", après William Morrison qui a fait l'objet d'un précédent bonus, on peut citer Robert ABERNATHY (1924-1990), dont les nouvelles ont fleuri durant "l'âge d'or" de la science-fiction américaine, entre 1942 et 1956 plus exactement, tout d'abord dans "Planet stories", puis dans "The magazine of fantasy and science fiction" (la version d'origine dont Fiction n'est qu'une franchise française, mais qui a su prendre son indépendance éditoriale).
Peu intéressé par sa republication en recueil, il se désintéressera de sa propre production littéraire pour se consacrer pleinement à sa chaire de linguistique - spécialisé dans les langues slaves - à l'Université du Colorado.
En France, hormis dans l'anthologie "Histoires de Cosmonautes" (Livre de poche - 1974) plusieurs fois rééditée, il est devenu difficile de pouvoir apprécier la prose bien menée, sensible et ciselée sans être ampoulée, de ce météore de la SF américaine.
C'est encore une fois par le biais des revues Fiction et Galaxie que le public francophone aura pu effleurer quelques unes des 38 nouvelles à son actif. C'est l'ensemble de ces quelques nouvelles que nous vous proposons de découvrir dans cette publication au format epub, exclusivement destinée aux lecteurs du PReFeG.
Comme à l'accoutumée, un clic droit pour "enregistrer sous" sur l'image de couverture vous permettra de télécharger votre copie.
Ce recueil contient les 9 nouvelles suivantes :
Le Professeur et son phantasme (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, novembre 1953) Professor Schlucker's Fallacy, 1953, initialement parue dans Fiction n° 99 (février 1962).
On pourra penser au piège qu'Yves Pagès avait tendu au philosophe Bernard-Henri Lévy en faisant croire à un corpus de textes critiques sur Kant signé d'un certain Botul, tant ces batailles intellectuelles au sein d'une prestigieuse université semblent sans merci : Le professeur et son phantasme est une drôle d'histoire absurde, où les sophismes ont autant d'existence et de personnalité que les professeurs d'université qui les forgent, où il suffit d'invalider une théorie jusqu'alors admise pour transformer la réalité autour de soi, bref : où la vision intellectuelle du monde en fait sa réalité - du moins celle qui est prise en compte. On a la sensation que Robert Abernathy règle des comptes avec le monde universitaire, mais l'ensemble reste agréablement fantaisiste, à la façon d'un Lewis Carroll. Plus ancienne nouvelle, ce sera paradoxalement sa dernière à paraître dans Fiction (ou Galaxie).
L'Axolotl (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, janvier 1954) Axolotl / Deep Space, 1954, initialement parue dans Fiction n° 13 (décembre 1954).
Robert Abernathy développe avec L’axolotl l’hypothèse, certes un peu naïve mais intéressante, de la nécessaire transformation physiologique de l’explorateur spatial – on retrouvera ce thème dans le « Demain les chiens » de Simak, et le concept en sera repris et dénommé "pantropie" par James Blish en 1957 (voir à ce propos le recueil de Blish : "Semailles humaines" - Galaxie Bis, 1968).
Cette nouvelle sera reprise dans l'anthologie "Histoires de Cosmonautes".
L'Ennemi du feu (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, mars 1954) The Firefighter, 1954, initialement parue dans Fiction n° 11 (octobre 1954).
Un récit préhistorique sur la résistance à l'inconnu, et au progrès, en la figure de l'ennemi du feu, un cro-magnon sous-évolué comparé à ses congénères, et qui impose sa brutalité barbare - mais qui inaugure malgré lui la longue série de croque-mitaines.
Recommencement (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, juin 1954) Heirs Apparent, 1954, initialement parue dans Fiction n° 18 (mai 1955).
Dans Recommencement, la civilisation, se détruisant elle-même, laisse la place vacante à la barbarie - ou à un simple nomadisme comme l'imagine Abernathy. On pensera à "Terre brûlée" de John Christopher, qui viendra quelques années plus tard.
Les Pêcheurs (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, décembre 1954) The Fishers, 1954 initialement parue dans Fiction n° 35 (octobre 1956).
Les pêcheurs propose une intéressante suite d'introspections sur fond de colonisation mentale (qui rappelle aussi les nouvelles de Richard Wilson). On suppute une suite possible… qui ne sera pas venue.
Comme pour "L'axolotl", cette nouvelle sera reprise dans l'anthologie "Histoires de Cosmonautes".
Un homme contre la ville (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, janvier 1955) Single Combat, 1955, initialement pare dans Fiction n° 25 (décembre 1955).
" Elle s’était graduellement pourvue d’un système nerveux central de fils aériens et de câbles souterrains, d’un système circulatoire fait de pompes et de réservoirs, d’un système excrétoire. D’une énormité invertébrée et parasite, elle s’était développée en une créature supérieure dotée des attributs tangibles qui accompagnent les concepts subjectifs de volonté, de dessein et de conscience…"
Ce pourrait être paranoïaque, mais la démonstration d'une allégorie qui non seulement ordonne ses métaphores, mais qui prend vie, qui s'anime et manifeste une volonté réelle, est assez terrifiante.,
Cette nouvelle sera la plus connue d'Abernathy, car souvent reprise dans les anthologies ("Univers de la science-fiction" - Club des Libraires 1957 ; "Les 20 meilleurs récits de science-fiction" - Marabout 1964 ; "Un homme contre la ville et autres récits sur la ville" - Folio Junior SF 1981 ; "Histoires mécaniques" - Livre de poche 1985 ; et "L'âge d'or 1938-1957" - Librio 2000).
L'An 2000 (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, janvier 1956) The Year 2000, 1956, initialement parue dans Fiction n° 38 (janvier 1957).
L'an 2000 prend à contrepied les grands espoirs et les terribles craintes, projetés par la S.F. sur l’an 2000. On appréciera la concision de cette jolie petite fable.
Les révoltés entretient sciemment la confusion entre androïde et être vivant de synthèse, comme pour insister sur l'aspect mécanique de la fabrication du vivant. Bien entendu, on sent qu’il y manque quelque chose ; sans doute Abernathy qualifierait-il d'âme cette part sensible qui échappe à l'ingénierie - comme l'atteste une très pertinente référence au livre de Job – mais plutôt que de verser dans un catéchisme, il nous laisse plus subtilement entendre que cette part d'humanité consiste finalement à donner une histoire à l'individu, à l’individuer par sa « fiction » personnelle. Une des plus touchantes de ses nouvelles (et c'est Galaxie qui avait emporté ce morceau.)
Heure sans gloire (Nouvelle, The Magazine of Fantasy and Science Fiction, juillet 1956) Hour Without Glory, 1956, initialement parue dans Fiction n° 42 (mai 1957).
Heure sans gloire pourrait être le chapitre d'un plus long roman, amer et grinçant comme la guerre civile qu’il décrit d’un peu loin. Pour approfondir le sujet, on se reportera à Ward Moore et son "Autant en emporte le temps", comme au tout récent Douglas Kennedy "Et c'est ainsi que nous vivrons" (ou encore, dans une moindre mesure, à "L’orbite déchiquetée" de John Brunner.)
Le PReFeG ne détient pas le monopole d'avoir produit un tel recueil. En effet, il existe un recueil imprimé en 25 exemplaires (!) : L'Intégrale Robert Abernathy, par Yama Otoko (Bordeaux, France), coll. Le Grand Vingtième n° 2 (Dépôt légal : août 2004, Achevé d'imprimer : août 2004).
Il est en fait fabriqué à la main par l'incontournable érudit Francis Valéry, et contient 12 nouvelles et quelques textes sur l'auteur:
1 - À mourir de peur (Righteous Plague, 1951), pages 6 à 29, nouvelle, trad. H.G. DEVELAY, illustré par Peter POULTON - in Satellite n° 37 (SATELLITE / EDITIONS SCIENTIFIQUES ET..., 1961) 2 - Le Professeur et son phantasme (Professor Schlucker's Fallacy, 1953), pages 30 à 36, nouvelle, trad. P. J. IZABELLE - in Fiction n° 99, OPTA 2/1962) 3 - L'Axolotl (Axolotl / Deep Space, 1954), pages 37 à 49, nouvelle, trad. (non mentionné) - in Fiction n° 13, OPTA 12/1954 - in Histoires de cosmonautes (LIVRE DE POCHE, 1974) 4 - L'Ennemi du feu (The Firefighter, 1954), pages 50 à 52, nouvelle, trad. (non mentionné) - in Fiction n° 11, OPTA 10/1954 5 - Recommencement (Heirs Apparent, 1954), pages 53 à 72, nouvelle, trad. (non mentionné) - in Fiction n° 18, OPTA 5/1955) 6 - Un cinéma fabuleux (The Marvelous Movie, 1954), pages 73 à 87, nouvelle, trad. Denise CATOZZI - in Satellite n° 21 (SATELLITE / EDITIONS SCIENTIFIQUES ET..., 1959) 7 - Les Pêcheurs (The Fishers, 1954), pages 88 à 125, nouvelle, trad. Régine VIVIER - in Fiction n° 35, OPTA 10/1956 - in Histoires de cosmonautes (LIVRE DE POCHE, 1974) 8 - Un homme contre la ville (Single Combat, 1955), pages 126 à 135, nouvelle, trad. (non mentionné) - in Fiction n° 25, OPTA 12/1955 - in Univers de la science-fiction (CLUB DES LIBRAIRES DE FRANCE, 1957) - in Les 20 meilleurs récits de science-fiction (MARABOUT - GÉRARD, 1964) - in Fiction spécial n° 23 : Futurs d'Antan (OPTA, 1974) - in Un homme contre la ville, et autres récits sur la ville (GALLIMARD Jeunesse, 1981) - in Histoires mécaniques (LIVRE DE POCHE, 1985) sous le titre Combat singulier - in 1938-1957, l'âge d'or (LIBRIO, 2000) 9 - Le Dévoreur (The Guzzler, 1955), pages 137 à 145, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Amedeo GIGLI - in Au-delà du ciel - 5 (SILVESTRI, 1958) 10 - L'An 2000 (The Year 2000, 1956), pages 146 à 149, nouvelle, trad. Roger DURAND - in Fiction n° 38, OPTA1/1957 11 - Les Révoltés (One of Them?, 1956), pages 150 à 158, nouvelle, trad. (non mentionné) - in Galaxie (1ère série) n° 50, NUIT ET JOUR 1/1958 12 - Heure sans gloire (Hour Without Glory, 1956), pages 159 à 168, nouvelle, trad. Roger DURAND - in Fiction n° 42, OPTA 5/1957 13 - Francis VALÉRY, Portfolio, pages 169 à 172, portfolio, illustré par Ed EMSH & Robert Gibson JONES & Rod RUTH Inédit. 14 - Francis VALÉRY, La Science Fiction américaine "classique", un univers largement méconnu, pages 173 à 175, article Inédit. 15 - Francis VALÉRY, Robert Abernathy un auteur inclassable, pages 176 à 179, article Inédit. 16 - Francis VALÉRY, Bibliographie de Robert Abernathy, pages 180 à 184, bibliographie Inédit.
Après "Les disparus de Galaxie" qui reprenait les nouvelles d'auteurs français introuvables ailleurs que dans cette revue, nous vous proposons un recueil des nouvelles de William Morrison traduites en français, et essentiellement parues dans les revues Galaxie et Fiction, et malheureusement jamais reprises en recueil.
Le recueil que nous vous proposons, "fait maison", vous est ainsi exclusivement adressé. Comme d'accoutumée, un clic droit sur la couverture ci-contre, puis "enregistrer sous", vous permettra de télécharger votre exemplaire au format epub.
Quelques mots à propos de William Morrison, pour commencer.
William MORRISON, de son vrai nom Joseph SAMACHSON, est né à Trenton, New Jersey, le 13 octobre 1906. Diplômé de l'Université Rutgers, il a obtenu un doctorat en chimie à Yale à l'âge de 23 ans. Il a été professeur adjoint à la Faculté de médecine à l'Université de l'Illinois et a également dirigé un laboratoire de recherche sur le métabolisme à Veterans Administration Hospital à Hines, Illinois.
Auteur de publications scientifiques et de livres jeunesse, il fut responsable de la
rubrique scientifique de The magazine of science fiction and fantasy vers
la fin des années 50. Il écrivit également des scénarios de spectacles
télévisés pour enfants et, en collaboration avec sa femme Dorothy, quelques
ouvrages sur la chorégraphie et le théâtre. Il a également travaillé,
comme Alfred Bester, dans l’industrie du comics américain, entre autre pour
l’univers de Batman, dans les revues Adventures comics, Action comics,
World’s finest comics et Detective comics.
On pourrait déplorer que William MORRISON ne soit pas mieux
connu dans l'espace francophone ; aucun de ses cinq romans n’a été traduit en
français, et ses nouvelles de science-fiction sont nombreuses à être restées
inédites après leurs parutions dans Galaxie – 1ère série et Fiction,
entre 1953 et 1961. Quelques autres ont bénéficié d’une republication et d’une
nouvelle traduction (que nous privilégions dans ce recueil) dans la revue Marginal - projet
de Michel Demuth de redonner une seconde chance à des nouvelles qui avaient
initialement été coupées et traduites approximativement lors de leur
publications dans Galaxie – 1ère série ; cette « marginale »
revue n’a pas eu toutefois les moyens de grands tirages, et n’a connu que 16
numéros, entre 1973 et 1977.
D’un style pourtant précis et appréciable, les nouvelles de William Morrison développent
leurs sujets propres – principalement les confrontations d'échelles créatrices
de situations inédites, où il met à contribution son métier de biochimiste.
Avec bien souvent des enfants comme protagonistes principaux, le ton n’en est
que plus rafraîchissant et sans préjugé, sans pour autant devenir mièvre ou
infantile.
Réveillons, réveillons nous pour ce réveillon,
redoutons de nous prendre trop au sérieux, surtout en matière de Barbon dans le
ciel et de Son fils qui a racheté toutes les dettes de l’univers, et craignons
non plus Son Ire, mais de perdre notre plus précieux apanage d’humanité :
l’humour.
« C’était jour de marché à
Megatheopolis, et d’habitude, les jours de marché la grand-place ne désemplissait
pas jusqu’au couvre-feu. Mais aujourd’hui, les fidèles se dépêchaient de
remballer et de rentrer chez eux avant la tombée de la nuit. Personne n’avait
de cœur aux affaires. L’approche de la nuit avait enlevé toute animation au
marché. Un marchand invisible s’était promené parmi eux
distribuant gratuitement ses marchandises. Son nom était Terreur. »
Ce 24 décembre 2024 marque les 114 ans de la
naissance de Fritz Leiber, un auteur
remarquable dont les premières nouvelles ont hissé bien haut les qualités
éditoriales de Galaxie et de Fiction. D’un ton qui lui est toujours propre,
d’une cruauté plus sardonique qu’amère, auteur fantastique sur des sujets de
science-fiction et scientifique sur des faits paranormaux, Fritz Leiber est,
parmi les iconoclastes de la littérature de genre, l’un de ses hérauts.
« Les
savants de l’âge d’or se mirent à craindre que l’humanité ne redevienne barbare
et ignorante. Leur situation, en tant que membres d’une profession privilégiée,
était menacée. Ils décidèrent de prendre temporairement en main la direction du
monde. Mais ils n’étaient pas assez puissants pour le faire directement. Ce
n’était pas des guerriers. Ils eurent donc l’idée de créer une nouvelle
religion, copiée sur les anciennes, mais dirigée par la science. »
Dogma : Deuxième
roman de Fritz Leiber après « Ballet de sorcières » qui mettait en scène les
affres conjugales d’un homme marié à une sorcière, « A l’aube des ténèbres », publié en 1943 dans Astounding
science fiction, ne sera traduit que 15 ans plus tard en France, dans la
collection « Le rayon Fantastique » (n°61), puis sera repris dans la
collection J’ai Lu en 1976. Malgré un bon succès, il se sera plus réédité
ensuite – et c’est cette injustice éditoriale que nous avons souhaité tenter de
réparer en vous en proposant cette version numérique. Avec sa
couverture écrasante et sombre (signée par l’incontournable Tibor Csernus) et
son titre sinistre, on pourrait s’attendre à lire un panégyrique d’horreur
mettant en scène moines envoûtés, bonnes sœurs diaboliques, cathédrales hantées
ou diacres pervers. Rien n’est plus faux. Gather, darkness ! (son
titre original) est pétri d’un humour absurde, de personnages patauds, naïfs,
ou rendus idiots par l’appât du pouvoir. On y rit beaucoup à sa lecture, sans
que la dérision soit pour autant l’invitée de premier plan. En réalité, Leiber
s’est concocté une rêverie ironique sur les dogmes, qu’ils soient religieux,
païens, ou… scientifiques.
Arguments
de vente : Voyons tout d’abord les 4èmes de
couverture du Rayon Fantastique (1958), puis celui de J’ai Lu (1976) :
« ET SI
LA TECHNOCRATIE se muait en théocratie ? Si les savants décidaient
— à l'approche des catastrophes planétaires — que le meilleur moyen
de mener les hommes reste encore la Foi ? Au
service d'une religion synthétique, quelles forces, quelles armes et quels miracles
la Science ne pourrait-elle mettre ? Comment lutter contre pareille
alliance de Dieu et de la Raison ? Le
rêve d'un Renan se réalise. Le monde est dirigé par un petit groupe de savants,
prêtres de la religion de la Science. En possession du pouvoir, les
savants-prêtres n'ont pas tardé à apprécier les avantages de la situation.
Leurs bonnes intentions premières se transforment en délires d'orgueil et
d'ambition. Mais
voici que contre la Hiérarchie souveraine se lève une révolte qui se réclame
de… Satan. Voici qu'aux miracles scientifiques de la pseudo-Religion
ripostent ceux de la pseudo-Sorcellerie. Une lutte épique — bataille de
dieux fertile en épisodes grotesques ou grandioses : anges et démons à
réaction, etc. — confronte les démiurges sous l'œil incompréhensif des
masses. Mais cette fois, comme toujours, c'est des Ténèbres que jaillira la
Lumière… »
« Et si… ». On retrouve bien l’amorce les
questionnements classiques de la SF des années 50, ici quant à la Science, qui
prodiguait ses forces de reconstruction d’un monde blessé, et qui par ricochet
était à l’aube de conscientiser son influence sur un monde rendu encore plus moderne et rationnel
qu’auparavant. Le 4ème
de couverture des éditions J’ai Lu est d’un autre acabit :
« A la fin de l'âge d'or, des savants
eurent l'idée de créer une religion nouvelle pour éviter le retour à la
barbarie. La Foi fut désormais soutenue par des miracles scientifiques qui
prouvaient la réalité du Grand Dieu et maintenaient le peuple dans
l'émerveillement et l'épouvante. Comment lutter contre l'alliance de Dieu et de
la Raison ? Pour frère
Goniface, prêtre du Septième Cercle, archiprêtre, porte-parole des réalistes du
Conseil Suprême, la religion était surtout un moyen d'assouvir son ambition
personnelle. C'est alors
qu'une puissante sorcellerie fait sa réapparition, une sorcellerie dirigée par
Sathanas, le seigneur du mal. Anges gonflables et démons à réaction
s'affrontent bientôt dans une bataille titanesque dont l'enjeu est la liberté.
Entre Goniface et les prêtres de la Hiérarchie, Sercival, le chef des
Fanatiques, et le mystérieux Sathanas, une lutte mortelle s'engage. » Fritz Leiber
est né le 24 décembre 1910 à Chicago. Il a d'abord été tenté par la vocation
religieuse et a suivi les cours d'un séminaire de théologie générale. Puis il
s'est détourné de la foi et est devenu acteur comme ses parents. Depuis
plusieurs années il vit retiré dans une sorte de manoir hanté.
On retrouve quelques emprunts à la note de lecture
de 1958, mais ici plus d’approche de
catastrophes planétaires, mais une fin
de l’Âge d’Or. Or, il faut bien le préciser, A l’aube des ténèbres est aussi un roman
« post-post-apocalyptique », à la manière d’un « Cantique pour
Leibowitz » de Walter Michael Miller, d’un ton assez similaire (la foi en
moins chez Leiber).
La note biographique est aussi clairement orientée
pour faire de l’auteur une sorte d’excentrique solitaire – nous ignorons d’où
sort cette sorte de manoir hanté où
il est censé vivre – et renforcer le côté sinistre et fantastique ; encore
une fois : rien n’est plus faux.
L’appui
embarrassé de Fiction : Dans le Fiction
n°64 (mars 1959), Gérard Klein écrira la note suivante :
À L'AUBE DES TÉNÈBRES (Gather darkness), par Fritz Leiber (« Rayon Fantastique »,
Gallimard). Fritz Leiber
est encore peu connu en France. Il faut souhaiter que soit un jour publié dans
notre pays son roman « Conjure wife »
["Ballet
de sorcières", Le masque Fantastique n°7 (1976). (Note du PReFeG)],
dans lequel il excelle à créer une atmosphère fantastique. C'est une œuvre de
science-fiction de cet écrivain qui paraît aujourd'hui, et l'une des plus
prisées aux États-Unis. À juste titre, parce que ce roman est soigneusement et
minutieusement bâti, que cette société – faut-il la qualifier
d'utopique ? – est cohérente, et qu'enfin nous nous intéressons au
sort des personnages. Dans un
avenir imprécisé, la Hiérarchie, sorte de prêtrise à caractère scientifique,
détient le pouvoir. Une religion a été fabriquée de toutes pièces avec ses
ordres, ses dogmes et ses miracles, par des savants oubliés qui craignirent une
crise historique, qui redoutèrent que les ténèbres d'un nouveau Moyen Âge
ne s'appesantissent sur la civilisation. Mais la crise est passée et la
Hiérarchie demeure. Elle a pris goût au pouvoir et désire le conserver. Ce pouvoir,
pourtant, la Sorcellerie le lui dispute. La Sorcellerie, sortie du fond des
âges, fait naître la terreur dans les campagnes et défie la Hiérarchie jusque
dans les villes. Bien entendu, la Sorcellerie use des mêmes moyens
scientifiques que la Hiérarchie, sous couvert de magie ou de miracles. Les trouvailles
de Leiber animent perpétuellement ce livre singulier. Le réel et le supposé se
mêlent incessamment en un ballet d'idées. Mais pourquoi ai-je donc éprouvé une
très légère déception en relisant, dans le texte français, ce roman que j'avais
beaucoup apprécié lorsque je l'avais lu en anglais ?
Gérard Klein
Un
livre singulier, un ballet d’idées. Klein ne pousse malheureusement
pas très loin son avis (à peine égratigne-t-il le travail de la traductrice Janine
Hérisson). Dans le n°66
de cette même revue, en exergue à la nouvelle de Leiber « Des filles à plein tiroirs… », on pourra lire :
« (…) au moment où le Rayon Fantastique vient de publier un de ses romans, « À l'aube des ténèbres », nous jugeons utile de mettre en vedette cet écrivain de premier plan, dont nos lecteurs n'auront sans doute pas oublié : « Le Jeu du Silence » (dans notre numéro 11). Nous souhaitons de voir un jour traduit en France son étonnant roman « Conjure wife », où il prétend que les femmes sont toutes des sorcières… »
Que
constate-t-on ? Que Leiber est reconnu comme un auteur à part, mais que
cette particularité, cette singularité pourrait on dire, le dessert autant qu’elle
le met en lumière. Il semblerait que l’on
ne saurait pas quoi en dire, que son style, ses genres, ses sujets, sont
trop déroutants pour se risquer à les analyser, les comparer à d’autres, les situer
dans les perspectives d’une histoire de la littérature de genre.
La
réédition de « A l’aube des ténèbres » chez J’ai Lu en 1976 ne
fera pas même l’objet d’une nouvelle recension. Doit-on rappeler que le
fondateur de J’ai Lu, Jacques Sadoul, et la rédaction de Fiction entretenaient des
rapports compliqués ? Dans son « Histoire de la Science-Fiction »,
produite en 1973 et augmentée en 1975, juste avant la réédition du roman de
Leiber, donc, on pourra lire :
« Gather, darkness !, un roman qui
débuta en mai 1943, nous fait découvrir un nouveau grand de la période
classique de la S-F qui reste, à l'heure actuelle, un des meilleurs auteurs du
genre, Fritz Leiber. Il avait en réalité débuté en 1939 dans le magazine de
fantasy, frère d'Astounding, Unknown, avec les aventures d'heroic-fantasy de
deux personnages hauts en couleur, le Grey Mouser et Fafhrd (« Le cycle des épées », suivi de « Le livre de Lankhmar », coll. «
Aventures Fantastiques », éditions Opta, 1970 et 1972.). Fritz Leiber est né le
24 décembre 1910 à Chicago. Après ses études, il entra dans un séminaire
de théologie et alla ensuite porter la bonne parole, pendant quelques mois.
Mais Leiber n'avait pas véritablement la vocation et ne tarda pas à abandonner.
Nous trouvons des échos de son expérience religieuse précisément dans Gather, darkness ! Ce roman raconte
en effet la lutte des adorateurs de Satan contre les Anges, les représentants
de Dieu et le Conseil des Scientifiques ! Mais il faut savoir que le bon
droit et la charité véritables sont du côté des satanistes et que la religion,
les savants qui la soutiennent par truquage et artifice, et les faux anges qui
en sont les porte-parole ne sont que les représentants d'une théocratie
totalitaire et fascisante. Des « miracles » scientifiques s'opposent
aux manifestations sataniques, des diables « dégonflent des anges »,
etc. : en un mot, un roman à la fois surprenant par sa nouveauté, original
dans ses développements et passionnant quant à son thème général. Gather, darkness ! remporta auprès
du public un succès mérité.
Jacques
Sadoul, in Histoire de la science-fiction vol. 1 – Domaine anglo-saxon (J’ai Lu
- 1975) – extrait.
Cette
expérience de théologien semble être une première pierre à l’édifice Gather, darkness. Jacques Goimard nous
en dit un eu plus long dans le Livre d’Or consacré à Leiber :
«
(…) le futur écrivain venait de vivre une expérience qui en dit long sur sa
fragilité. Lui qui se dit issu d’un milieu libéré fut converti à
l’épiscopalisme, dès sa sortie de l’université, par le révérend Ernest W.
Mandeville, ministre du culte à Middleton (New Jersey), près du havre paternel.
Il passa quelques mois au séminaire de théologie générale de New York, fut
baptisé et confirmé, puis devint ministre du culte à… Atlantic Highlands,
c’est-à-dire chez son père. L’histoire ne dit pas si ses dons d’orateur et d’acteur
furent convaincants, mais lui ne fut pas convaincu et arrêta les frais au bout
de cinq mois. Son expérience nourrira dans À l’aube des ténèbres une satire
virulente du clergé. »
Leiber
par Leiber C’est
dans le Fiction n°284 d’Octobre 1977 que nous aurons la joie de découvrir
quelques précisions à propos de l’écriture de ce roman, par son auteur
lui-même, à travers un article repris de la revue américaine Foundation.
Le texte qui
suit est paru dans la revue britannique Foundation. Il fait partie d’une série
intitulée « The profession of science fiction » où des écrivains
parlent d’eux-mêmes et de leur métier. Fritz Leiber est le douzième à
intervenir de la sorte dans les pages de Foundation. « C’était
en 1942 ; les États-Unis étaient en guerre et les idées telles que la
corruption du pouvoir et de la propagande conduisaient au fantastique : le lavage de cerveau, la clandestinité et la peur rôdaient aussi
bien dans la fiction que dans la réalité. Gather, Darkness ! (À l’Aube des Ténèbres, J’ai Lu, 1977) vint tout naturellement. Campbell m’aida considérablement pour (ce roman), lisant (…) les
trois ou quatre premiers chapitres et me faisant toujours d’utiles et de
précieuses suggestions. Dans Conjure Wife, il me conseilla d’adopter un style simple et d’éviter de
mentionner certains voyages que j’avais vaguement prévus pour mes personnages. Au contraire, dans Gather, Darkness, il me fit
accentuer la personnalité des méchants et rechercher des effets comiques. Tout cela pour produire une sorte de satire. »
(Fritz Leiber : « Les îles mystérieuses » – extrait)
Voilà qui permet d’affiner l’intention de l’auteur ;
plutôt qu’imaginer une position réactionnaire à sa propre expérience avortée de
théologien, nous voilà resitués dans un contexte plus global, celui de la
Seconde Guerre Mondiale où, comme pour les années de Guerre Froide qui suivront,
le climat est à la propagande et à la surveillance de son voisin en potentiel ennemi
intérieur. Et nous devons bien l’avouer, nous voilà plus proches du propos du
roman qu’avec les questionnements « Et
si » ou autre alliance de Dieu et
de la Raison à la Ernest Renan. La singularité de Leiber n’est au final qu’affaire de style,
et son propos nous éclaire (certes avec une ironie satirique qui lui est
propre) sur les travers de son époque – ce que l’on est en droit de demander à
toute œuvre littéraire.
Ténèbres,
rassemblement ! Il faudra attendre que la plupart de l’œuvre de
Leiber soit traduite en France pour commencer à entrevoir la possibilité d’une
critique plus construite. Certes, Leiber est toujours considéré comme
singulier, mais on y est moins dérouté. En témoigne cet article de Charles
Moreau et Pierre K. Rey paru dans l’excellent magazine de bandes dessinées « Ere
comprimée » (n°8, février 1981 – Campus Editions).
Fritz
Leiber : un auteur en marge Par
Charles Moreau et Pierre K. Rey
Trois livres récemment
parus (Le Millénaire Vert, Notre-Dame des Ténèbres, Les Lubies Lunatiques de Fritz Leiber) nous
amènent à (re)découvrir un écrivain dont la plupart des œuvres sont maintenant
traduites en français, mais qui, paradoxalement, n’a jamais été apprécié à sa
juste valeur (sauf de quelques visionnaires), sans doute à cause de
l’éparpillement de ces traductions et surtout parce que Fritz LEIBER est resté
un auteur inclassable, difficile à ranger dans une de ces catégories si chères
au monde étrange de l'édition. Il est donc temps de
“reconnaître” enfin Fritz LEIBER, étouffé par la célébrité des Van Vogt,
Asimov, Clarke et Simak, un auteur dont l'originalité et la marginalité ont été
les fidèles compagnes tout au long d’une œuvre que nous allons tenter de
survoler ici. Ce n’est sans doute
qu’une coïncidence due à la malice du hasard si la naissance de LEIBER une
veille de Noël (en 1910) est suivie quarante ans plus tard par un premier
roman, Gather, Darkness!, où
les thèmes religieux et la sorcellerie occupent une place prépondérante; il est
plus logique de penser qu'une courte période (après des études de psychologie
et physiologie) passée dans un séminaire de théologie puis à colporter la bonne
parole ont influencé LEIBER : A l’Aube des Ténèbres décrit
l'affrontement entre le pouvoir dictatorial du Conseil des Scientifiques (qui
représente Dieu) et un mouvement de résistance (les adorateurs de Satan) qui
lui oppose la sorcellerie. Les rôles entre le Bien et le Mal sont donc ici
inversés, le pouvoir totalitaire utilise des “miracles” scientifiques,
évidemment truqués, pour anéantir la révolution libertaire des satanistes.
C’est un thème cher à LEIBER qu'il traitera à plusieurs reprises. (…) le principal
handicap pour LEIBER à son identification en tant qu'écrivain de SF (ce qui ne
doit certainement pas l'empêcher de dormir) est son ouverture d'esprit et,
corollaire, sa sincérité littéraire. Sans égard pour les modes, les modèles ou
les moules, il a poursuivi une œuvre quasi-inclassable et souvent à
l’avant-garde, à la limite parfois du surréalisme, œuvre dont Alain Dorémieux a
su démontrer la diversité et la cohérence à la fois, dans le recueil de 17
nouvelles qu'il a rassemblées sous le titre Les Lubies Lunatiques de Fritz
LEIBER (Casterman, 1980) — en attendant son Livre d'Or aux Editions
Presses-Pocket. Sur trente-cinq ans de
carrière (de 1940 à 1974), tous les thèmes Leiberiens sont là : de la
possession (Le Pistolet Automatique) à la paranoïa (Je Cherche Jeff), de
l'illusion (Mariana) à la superstition (La Treizième Marche), du
déclin social (L'Homme qui ne Rajeunissait Jamais) à l’ultime dégénérescence (La
Grande Caravane), mais les démons d’aujourd’hui sont la fumée et la
suie (Fantôme de Fumée), les nouvelles sorcières sont l'électricité (L'Homme
qui Aimait l’Electricité) ou les filles des affiches publicitaires (La
Fille aux Yeux Avides, Or, Noir et Argent), et les maîtres
noirs du monde s'appellent banquiers ou politiciens (Le Porteur de Folie), ce
sont eux les Grands Sorciers de l’Amérique actuelle: “comparée à votre
conception de l’américanisme, la sorcellerie est le comble de la décence! (L'’Incubation
Fabuleuse). Dans les villes concentrationnaires (ce Chicago encore que
LEIBER connait si bien), dans cet univers ultra-mécanisé et répressif où une
lettre d'amour peut-être un défi à l’ordre (La Dernière Lettre) et où
l'imagination est condamnée (Une Enfant Perdue), n’y a-t-il comme
seul recours de se recroqueviller dans le cocon sécurisant de sa folie (La
Prison de Cristal, Or, Noir et Argent, Rêves
en Tubes, Les Mouches de l’Hiver). Parce
qu’il a su, avec un diabolique talent et un humour démoniaque, “réintégrer le
surnaturel légendaire dans le cadre des villes de béton et d'acier, interroger
les vieux mythes pour voir quel écho ils répercutent dans notre monde
contemporain”, Fritz LEIBER reste un de ces auteurs éternellement jeunes qui
auront influencé nombre d'écrivains contemporains (la filiation est évidente
avec Stephen King par exemple), et qu’il est essentiel de découvrir ou de
rédécouvrir… ne serait-ce que pour le plaisir.
Charles MOREAU
et Pierre K. REY
Extrait de Ere
comprimée n°8 – février 1981
Dans le même ordre d’idées (et comme annoncé dans la
précédente coupure de presse), le Livre d’Or consacré à Fritz Leiber,
concocté par Jacques Goimard et Alain Dorémieux, apportera son lot de mises en
circonstances et en perspectives de l’ensemble de l’œuvre. Et l’on constatera
que Leiber, bien que ce fut son deuxième roman, ne se cherchait pas, en 1942, une
identité d’écrivain, ou n'envisageait pas de régler des comptes personnels, mais qu’il a surtout
été balloté par un environnement
éditorial particulier - environnement soutenu et balisé par quelques éditeurs,
dont J. W. Campbell.
« Il y a eu bien des malentendus dans la
carrière de Leiber (comme sa) rencontre avec la S.F. (…) sa première histoire
publiée, Les Bijoux dans la forêt,
avait été écrite en pensant à Unknown. Cette revue ayant publié son premier
numéro en mars 1939 et ayant fait paraître la nouvelle en août de la même
année, on peut se demander si Leiber n’est pas trahi par sa mémoire. Le plus
probable est que Les Bijoux dans la forêt,
refusé par Weird Tales, fut envoyé à Astounding, et que J.W. Campbell,
rédacteur en chef de cette revue, le garda sous le coude parce que ce n’était
pas de la vraie S.F. et qu’il avait l’intention de fonder un autre magazine,
moins strictement défini, où sa déontologie personnelle lui permettrait de
sortir cette histoire. Ce magazine fut Unknown. Dès le début, les difficultés commencèrent. Campbell
refusa plusieurs nouvelles de Leiber en disant : « Elles sont plus
adaptées à Weird Tales. » Quatre d’entre elles furent en effet publiées
dans Weird Tales de 1940 à 1942. Mais Campbell sut se faire insinuant : il
prit à Leiber non seulement des épopées fantastiques, mais des histoires de sorcières
et de fantômes situées dans un cadre contemporain – dont Ballet de sorcières, le premier roman de
l’auteur (1943). Il accepta des récits d’épouvante contés sur un ton
humoristique, chose plutôt mal vue à Weird Tales, mais moins novatrice qu’on ne
l’a dit. (…) Finalement Campbell obtint ce que sans doute il recherchait depuis
le début : il convertit Leiber à la S.F. et le passa dans Astounding. La chose eut lieu en 1943, avec un roman, À l’aube des ténèbres, qui fut à la fois
très remarqué et très peu compris. La génération dite de l'« Âge
d’Or » n’oublia pas que Leiber s’était fait connaître dans l’épopée fantastique
- Lester del Rey le rattache explicitement à la
tradition de C.A. Smith et de Howard. Mais elle se
fit un devoir de le reconnaître comme auteur de S.F., et les traces n’en ont
pas disparu : Alexis Lecaye n’en retient que « le thème de la
bureaucratie religieuse (Les Pirates du paradis, p. 110.) » ; Marcel Thaon, plus nuancé, évoque « une
tyrannie scientifique, portant le masque de la religion (Préface au Cycle
des épées, p. x.) » ; et Alain
Dorémieux met tout le monde d’accord en parlant de « ce mélange de science
et de magie qu’on trouve dans À l'aube
des ténèbres (Préface aux Lubies lunatiques de Fritz Leiber,
p. 10.) ». Il n’est pas étonnant que les critiques
d’aujourd’hui soient embarrassés ; les contemporains de Leiber l’étaient
déjà. Raconter dans Astounding le
triomphe de la sorcellerie sur la science, quel sacrilège ! Lester del
Rey, toujours prudent, s’en tire en ramenant le livre à « un conflit entre
cultes pseudo-religieux et pseudo-magiques » ; Alva Rogers se raccroche de
justesse à « la victoire de la sorcellerie sur les forces d’une science
pervertie (A
Requiem for Astounding, p. 123) ».
Leiber lui-même, beaucoup plus tard, tentera de faire le point : « 1.
Le pouvoir corrompt et les savants feront tout pour s’y cramponner, quelles
qu’aient été leurs premières intentions. 2. La révolte contre une religion
ainsi truquée prendrait la forme d’une sorcellerie tout aussi factice,
également propulsée par une super-science. Je ne sais pas à quel point c’était logique…
(Foundation, mars 1977, p. 35) »
Il ne sait pas, le bon apôtre ! Mais nous savons, nous, que l'optimisme
scientifique de Campbell était un système de valeurs naïf et que l’appel à une
« sorcellerie » libératrice, lancé pour la première fois par Leiber
en 1943, a été souvent réitéré depuis ! Au vrai, l’annexionnisme des spécialistes ignore les
limites ; il y en a même qui veulent faire de Ballet de sorcières un roman de S.F. Mais Leiber se prêta au jeu.
Il faut avouer que Wells avait toujours été son grand homme, et qu’il estime
« que la S.F. a une raison d’être : « communiquer aux lecteurs
une plus grande conscience du monde extérieur, et surtout de la science et de
la technologie – éléments voilés de mystère pour beaucoup de gens ».
Sous l’angle du mystère, le fantastique et la S.F ont plus d’un point
commun ; Leiber est bien près de Campbell quand il déclare :
« Ce que je voudrais le plus savoir ?… Bof, pour ce soir,
disons : y a-t-il des pouvoirs parapsychologiques ? » Et puis, la
S.F. n’a rien de bien… sorcier ! Ça s’apprend vite : « C’est
surtout dans les livres de Heinlein, spécialement dans ses romans pour la
jeunesse, que j’ai trouvé les détails sur les vols dans l’espace. Ce sont mes
manuels pratiques de l’espace, on peut le dire ! (…) Mes principaux instructeurs
scientifiques ont été les histoires et les articles de quelques auteurs de S.
F. : Heinlein, Asimov, Clarke, de Camp, Clement, ces gens-là. (Foundation, mars
1977, p. 38) »
Le
livre d’or de Fritz Leiber
– Extrait de la préface de Jacques Goimard (Presses Pocket 1982)
Alain écrit une lettre
à Fritz Alors… prosaïque, Leiber ? A-t-on affaire avec un
écrivain à l’américaine, professionnel
avant tout et à même de produire le roman, la nouvelle, aux arguments vendeurs,
et qui au gré du vent et des ventes oscillerait entre les gens et les genres ?
Ou bien doit-on considérer un Fritz Leiber moins trivial que pétri d’une
existence à ce point prégnante qu’il soit pris, à l’instar de Kafka, de Lovecraft
ou de Samuel Beckett, d’un impérieux besoin de coucher tout cela sur papier - parce
que « bon qu’à ça » ? Ni l'un, ni l'autre, pourrait on dire…
C’est Alain Dorémieux qui lui rendra certainement le
mieux justice, au travers de deux anthologies, « Le livre d’or »,
donc, et « Les lubies lunatiques de Fritz Leiber » (Casterman 1980),
où l’ancien rédacteur en chef de Fiction proposera un éloge en forme de lettre
à un ami, à la fois touchante et érudite. Car Dorémieux fut avant tout
écrivain, bien qu’il ait laissé ce pan de sa carrière un peu en berne au
bénéfice de son travail d’éditeur, comme ce fut le cas pour Michel Demuth, ou
peut-être un peu Gérard Klein. C’est en guise de conclusion que nous vous proposons
des passages de ce texte d’Alain Dorémieux, préfaçant donc l’anthologie Les
Lubies lunatiques.
PRÉFACE
EN FORME DE LETTRE OUVERTE
Cher Fritz, Il y a longtemps que je
t’admire. Longtemps que je t’ai réservé une place de choix dans le petit musée
de mes auteurs favoris : ceux qui me causent un choc émotif ou
intellectuel chaque fois que je les lis ou les relis. Ma première rencontre
avec toi est déjà bien ancienne. Elle remonte à 1954, année où Fiction publia Le Jeu du Silence, la seconde nouvelle
de toi traduite en France, un texte qui me frappa par l’originalité de sa vision
et de ses prolongements. Mais je dois avouer que j’ai mis du temps à mesurer
l’ampleur de ton talent et l’importance de ton œuvre. J’étais, comme tous les
lecteurs français d’alors, victime de l’approvisionnement au compte-gouttes que
nous recevions des U.S.A., en cette époque déjà archaïque où les éditions
originales étaient quasi introuvables et où il fallait se contenter des
caprices des éditeurs pour découvrir cette science-fiction que nous apprenions
à aimer avec combien de tâtonnements. D’autres furent plus chanceux et
s’imposèrent très vite : Bradbury, Van Vogt, Asimov, Heinlein. Toi, ton
cheminement en France est resté très longtemps souterrain, et il fallait avoir
la mémoire des noms pour repérer le tien au passage, aux sommaires de
l’ancienne édition de Galaxie, en tant qu’auteur de nouvelles aux thèmes
captivants et surprenants comme La Lune
était verte, Ô temps suspends ton vol,
Pas d’amateurs aujourd’hui, Le Temps en bulle, Amoureuse de son bourreau. En 1957, tu avais eu les honneurs de la
collection clé « Le Rayon Fantastique », avec ton roman À l’aube des ténèbres, qui mêlait de
façon inattendue la science et la sorcellerie. Il faut bien admettre que ce
mélange laissa les lecteurs plutôt froids, et que ce roman passa inaperçu au
milieu des grands classiques signés de Van Vogt, Hamilton, Heinlein, Sturgeon,
Williamson, Clarke, Kuttner et autres qui avaient déjà fait le renom de cette
collection. Autrement dit, ni moi ni personne dans notre petit hexagone ne
comprenions alors que tu étais un grand parmi les grands, et tu demeurais pour
nous une personnalité marginale dont on remarquait de temps à autre l’existence
avec intérêt mais sans y accorder un excès d’attention. Si nous avions été plus
avertis, nous aurions su que ce mélange de science et de magie qu’on trouve
dans À l’aube des ténèbres était
particulièrement symbolique de ton œuvre et te déterminait très exactement. Car
tu n’as jamais tracé trop de frontières entre le fantastique et la
science-fiction. Pour toi, les deux genres s’interpénètrent et tu les exploites
à un égal degré. Tout au long de ta carrière, ils s’entremêlent, s’opposent,
parfois se conjuguent, et je me demande si ce n’est pas une des raisons pour
lesquelles tu restes en partie méconnu (ou mal apprécié) chez nous, même aujourd’hui
où la liste de tes traductions françaises est devenue assez abondante. En effet,
nous sommes un peuple cartésien pour qui il faut de préférence être noir ou
blanc, recto ou verso, bref avoir une appartenance. Les amateurs de
science-fiction méprisent souvent le fantastique. Beaucoup d’amoureux du
fantastique jugent la science-fiction avec condescendance. Et toi, tu planes
au-dessus de ces deux domaines, en passant de l’un à l’autre avec l’aisance
d’un poisson dans l’eau. En somme, tu n’es pas facile à cataloguer. C’est
peut-être une des choses qui me séduisent en toi, car je ne me satisfais pas
tellement des auteurs dont on sait tout à l’avance, ceux qui se rangent sans
peine dans des cases répertoriées. Avec toi, cher Fritz, pas de danger :
tu ferais éclater toutes les cases ! Ton imagination est tellement
exubérante et tellement vaste, elle fuse dans tant de directions, qu’il est
littéralement impossible de t’appliquer des étiquettes. On peut le dire, tu as
vraiment tout abordé, tous les styles, tous les sujets, en somme « tout »
fait, mais – chose remarquable – d’une manière qui restait chaque fois la
tienne, et que j’ai appris à identifier à mesure que ma découverte de ton œuvre
se poursuivait et que ma prédilection pour elle se développait. Ce qui me
permet aujourd’hui d’affirmer, même si c’est un peu doctoral, que l’adjectif
« leiberien » s’impose pour te qualifier, tant il est vrai que, dès
qu’on lit une page de toi, si on t’a pratiqué suffisamment, on reconnaît ta
touche inimitable. Pour moi, le virage
décisif remonte à la fin des années cinquante, où ma position de rédacteur en
chef de Fiction me permettait d’avoir sous la main et de faire traduire une
succession de récits récents de toi, qui m’inspirèrent un engouement
progressif. J’en publiai seize entre mai 59 et février 68, et je me
rappelle que chaque fois je pensais avec de plus en plus de conviction :
« Ce Leiber, décidément, c’est quelqu’un. » Dans l’intervalle, à mon
ignorance des premiers temps, avaient succédé une série d’informations
indiquant combien tu occupais aux États-Unis une position d’auteur de premier
plan, et à quel point ta faible notoriété auprès de nous pouvait paraître
aberrante et choquante. Toujours ce décalage temporel, dont fut également
victime Philip K. Dick, révélé à nos compatriotes avec quinze ans de retard… Il
y eut également, pour m’aider à te révéler en France, la renaissance de
Galaxie. Comme pour Dick, ce fut l’amorce du grand démarrage : plus d’une
dizaine de nouvelles ainsi qu’un roman (Guerre
dans le néant, rebaptisé ensuite Le
Grand Jeu du temps) parurent par mes soins entre 1964 et 1970. Entre-temps,
en 1969, avait eu lieu ta réelle et tardive consécration avec la publication
chez Laffont, comme premier titre de la collection « Ailleurs et
Demain », de ton magistral roman Le
Vagabond. À partir de cette date, Leiber était enfin sur orbite dans notre
pays. Et même si j’estime que tu n’es pas encore situé à ta vraie place par les
lecteurs français, je m’émerveille du chemin parcouru depuis ce quasi-anonymat
où tu as injustement végété ici pendant si longtemps, ce qui est un comble
quand on pense à l’ancienneté de ta notoriété aux États-Unis.
Aujourd’hui, cher Fritz,
te voilà déjà un vieux monsieur, puisque tu es né en 1910, ce qui ne nous
rajeunit pas. J’ai sous les yeux des photos de toi prises entre 1970 et 1974,
et j’aime y voir, même si cela me fait un effet un peu poignant, ta belle
gueule à la fois d’intellectuel et de pirate, ton regard sombre et perçant, ton
expression un peu tourmentée et désabusée, le pli cynique et sardonique de ta
bouche, les rides amères qui creusent ton visage, et cette chevelure neigeuse
qui t’auréole sur certains clichés comme une crinière léonine. Il paraît que
depuis la mort de ta femme tu es quelqu’un d’assez triste et solitaire.
J’aurais voulu connaître ton visage de jeune homme (un géant blond !) en
ces années trente où tu parcourais les routes en compagnie de la troupe de
théâtre itinérante de ton père (Fritz Leiber aîné, acteur spécialisé dans le
répertoire shakespearien), puis d’homme jeune, en ces années quarante où, ayant
conquis la citadelle de la littérature fantastique, tu allais partir à l’assaut
de celle de la science-fiction. Cette science-fiction, c’est elle qui, après
1950, t’a apporté, aux États-Unis, une véritable renommée. C’est elle aussi, probablement,
qui t’a en partie évité de te répéter et de tourner en rond, qui t’a donné
cette faculté de te renouveler et de te montrer sans cesse inventif, tout en
étant chaque fois profondément toi-même. Pourtant, c’est aussi à partir de là
que s’est instauré entre ton public et toi un malentendu durable. Tu n’étais
pas vraiment ce qu’on appelle un écrivain commercial, mais les nécessités
professionnelles t’ont conduit à maintes reprises à le devenir. Tu t’en es tiré
du mieux que tu as pu, c’est-à-dire avec brio et avec éclat. Et tu as reçu en
réponse l’approbation massive des lecteurs américains. Inversement, toute une
part inassouvie de ta créativité te poussait périodiquement à écrire selon tes
goûts, selon ton humeur, des textes où tu t’exprimais librement, sans te
soucier des modes ni des impératifs, et ceux-là tombaient à plat, parce que
trop en avance, trop en dehors, trop « à côté » – alors que la
critique les saluait avec enthousiasme. Deux cas entre de multiples autres :
Le Grand Jeu du temps (Hugo 1958 du
meilleur roman de l’année) et Le Navire
des ombres (Hugo 1970 de la meilleure nouvelle de l’année) – deux
consécrations venant de tes pairs… et deux notoires insuccès commerciaux aux
U.S.A. Je ne cite que ces exemples, mais il en existe bien d’autres qui ont
jalonné ta carrière et ont dû contribuer aux désillusions professionnelles que
tu as traversées. Je disais que ton entrée
dans la science-fiction t’a valu la célébrité. Pourtant, au fond de moi, c’est
le fantastique qui te rend le plus cher à mon cœur. Oui, bien sûr, il y a eu ce
chef-d’œuvre qu’est Le Vagabond, ton
plus beau roman sans doute, et qui repose sur un thème de S.-F., même si
celui-ci n’est qu’un prétexte (tiens, au fait, un troisième exemple :
encore un autre Hugo en 1964, et un relatif échec public !). Mais le
fantastique, chez toi, c’est quelque chose que je ressens profondément,
intimement, grâce à ta façon subtile de le traiter, grâce à tout ce qui se lit
entre les lignes – un « fantastique moderne » : expression dans
le vent mais qui correspond à ce que tu faisais déjà dès tes débuts.
D’ailleurs, ce fantastique, tu ne l’as jamais renié. Loin de là : il est
resté présent dans ce que tu écrivais même au temps où tu étais considéré comme
un pur auteur de science-fiction. Sans parler des infidélités que tu as
commises envers cette dernière, au fil des années, en la déviant vers des
domaines fantasmatiques qui la pervertissaient sournoisement de l’intérieur.
Comme je l’écrivais au départ, fantastique et science-fiction se sont
perpétuellement entrecroisés dans ton œuvre. Et ce n’est pas un hasard si tu as
aussi obtenu en 1968 un Hugo (un de plus !) avec Gonna roll the bones, qui est tout simplement la version actualisée
d’une nouvelle d’horreur. Encore moins un hasard si ton dernier roman en date, Notre-Dame des Ténèbres (1977), est un
total retour aux sources où tu renoues superbement avec tes premières amours. Ceci n’est pas une
vraie préface mais simplement une pseudo-lettre que je t’écris, avec toute la
tendresse que j’ai envers toi, tout mon respect pour le grand bonhomme que tu
es, en espérant sans en être trop sûr que quelqu’un, dans ta lointaine Californie,
t’en traduira l’essentiel le jour où elle te tombera sous les yeux. Cela dit,
il n’est pas inutile de préciser que j’ai élaboré deux anthologies différentes
consacrées à tes nouvelles. Car en un sens elles se complètent de façon
homogène pour former à elles deux, sinon un tout, du moins une vision assez
globale. L’autre anthologie, parue dans le Livre d’Or de la S.-F. – et qui sera
bientôt réimprimée dans le Grand temple de la S.-F., – se compose, à quelques
exceptions près, d’histoires se rattachant de près ou de loin à la
« vraie » science-fiction – et correspondant à ce que le public
attend de celle-ci. Dans l’anthologie que voici, au contraire, j’ai davantage
laissé parler mes goûts personnels, et j’ai voulu aussi mettre en valeur cette
variété et ces côtés imprévisibles qui te caractérisent. Il en ressort un
recueil plus éclectique, à la limite peut-être hétéroclite ou disparate, mais
qui en tout cas correspond à la plupart des aspects de toi que j’aime le mieux.
Il n’a pas la prétention d’être un échantillonnage complet de l’étendue de ton
talent (de tes talents). Mais il me semble te définir assez bien, finalement,
dans la mesure où il rend compte de ton extraordinaire diversité. Tu as abordé
tellement de genres, tellement de manières d’écrire, que c’est un moyen aussi
bon qu’un autre de te rendre hommage que de mettre sur le marché cet amalgame
composite de nouvelles qui s’en vont dans tous les sens, mais dont le
dénominateur commun – il est de taille – a pour nom Fritz Leiber. Ton activité d’écrivain
a commencé assez tardivement : première nouvelle publiée en 1939, tu avais
29 ans. Est-ce parce que, contrairement à tant d’autres auteurs, tu ne
t’es pas usé précocement devant le clavier de ta machine à écrire que tu as
gardé le secret d’une surprenante longévité littéraire ? Toujours est-il
que le fait est là : on dirait parfois que, par l’effet d’une formule
magique, tu n’as pas cessé de rajeunir à mesure que ta carrière s’avançait !
(…) À tes débuts dans le
domaine fantastique, tu avais une idée qui te tenait à cœur : réintégrer
le surnaturel légendaire dans le cadre des villes de béton et d’acier,
interroger les vieux mythes pour voir quel écho ils répercutent dans notre
monde contemporain. J’ai reçu un jour de Bernard Blanc, alors jeune loup de la
S.-F. française militante, une circulaire sollicitant des textes en vue d’une
anthologie consacrée (je cite) à « la réactualisation de tous les thèmes
fantastiques connus », avec les commentaires suivants (je cite à nouveau) :
« Quel visage prennent les fantômes de 80 ? Peut-on encore être
un bon vampire aujourd’hui ? Quels sortilèges hantent nos H.L.M. ? »
J’ignore si Bernard Blanc a entendu parler de certaines de tes nouvelles
d’autrefois et s’il se rend compte qu’il n’a fait que décalquer, des dizaines
d’années plus tard, ta démarche de l’époque. (…) À ceux qui sauront
capter la totalité de tes messages, je ne souhaite qu’une chose : qu’ils
se penchent sur ton œuvre passée, présente et à venir, et en tirent des
enseignements sur cette donnée fondamentale qui est l’une de tes marques de
fabrique et qui s’appelle l’originalité. Une denrée qui se fait rare, même dans
les littératures de l’imaginaire. Et que te souhaiter à toi, cher Fritz ?
Que tu restes le plus longtemps possible parmi nous, pour continuer de prouver
que tu es le plus actif, le plus bouillant, le plus juvénile des « grands
anciens » de la science-fiction et du fantastique. Alors que presque tous
les autres auteurs de ta génération, et même certains qui sont plus jeunes, ont
cessé d’écrire ou bien me font l’effet de radoteurs séniles. Fritz, please, ne
deviens jamais un radoteur sénile…
Alain Dorémieux
Rapport du
PReFeG :
Relecture
Très
rares corrections orthographiques
Mise à
jour des métadonnées (date d'édition)
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