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Sommaire du Numéro 4 :
1 - Fritz LEIBER, Guerre dans le néant (The Big Time, 1958), pages 2 à 49, roman, trad. Elisabeth GILLE, illustré par Virgil FINLAY
2 - Keith LAUMER, Tonnerre lointain (The Long Remembered Thunder, 1963), pages 50 à 80, nouvelle, trad. Michel DEMUTH, illustré par Virgil FINLAY *
3 - Philip K. DICK, L'Imposteur (Impostor, 1953), pages 81 à 93, nouvelle, trad. Pierre BILLON
4 - Cordwainer SMITH, La Mère Hitton et ses chatons (Mother Hitton's Littul Kittons, 1961), pages 94 à 114, nouvelle, trad. Pierre BILLON, illustré par Virgil FINLAY
5 - James McCONNELL, Condamnation à vie (Life Sentence, 1953), pages 115 à 126, nouvelle, trad. Pierre BILLON, illustré par Dick FRANCIS *
6 - Damon KNIGHT, Citoyen de seconde classe (The Second-Class Citizen, 1963), pages 127 à 135, nouvelle, trad. Pierre BILLON, illustré par Norman NODEL *
7 - Daniel KEYES, Le Procès de la machine (A Jury of Its Peers, 1963), pages 136 à 156, nouvelle, trad. Pierre BILLON, illustré par STALLMAN
* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.
" Croyez-moi, une opération temporelle n'a rien d'une amusette et, pour commencer, il n'y a pas une personne sur cent qui puisse supporter d'être arrachée à sa ligne de vie pour devenir un Dédoublé – un Démon, veux-je dire – aux yeux grands ouverts, encore moins un Soldat. Que faut-il à un être qui revient mal en point d'un dur combat ? Un individu qui s'occupe de lui, qui partage ses peines, qui lui remonte le moral, et tant mieux si cet individu appartient au sexe opposé : cela, c'est quelque chose qui dépasse les histoires de races.C'est la base même de notre existence, à nous, Hôtes et Hôtesses ; c'est aussi l'explication des curieuses méthodes qu'emploient les Stations de Récupération. Le terme « Hôtesse » peut induire en erreur, mais moi, il me plaît. Il ne suffit pas à une Hôtesse de savoir mettre de l'ambiance – quoique cette qualité lui soit indispensable – elle doit être aussi infirmière, psychologue, actrice, mère, ethnologue et quantité d'autres choses plus compliquées, ainsi qu'une amie sur qui on puisse compter. "
(Guerre dans le néant - Chapitre 5 : SID SORT SES FANTÔMES - extrait)
De l'action, une enquête, des enjeux cosmiques quasi lovecraftiens…. Tonnerre lointain, dans un style simple et séduisant restitué par Michel Demuth, nous propose un divertissement fort agréable, composé par le "petit nouveau" Keith Laumer, qui rejoint les piliers de notre collection.
" Peut-être, en d'autres temps, lorsqu'il n'y aurait plus de guerre, les hommes n'agiraient pas de la sorte, ne précipiteraient pas un homme à la mort parce qu'ils avaient peur. Tout le monde avait peur. Chacun était prêt à sacrifier l'individu à la peur collective.Ils allaient le sacrifier parce qu'ils n'avaient pas la patience d'attendre que la preuve de sa culpabilité fût établie. Ils n'en avaient pas le temps. "
Il est aussi question dans Condamnation à vie de vivre éternellement ; un grand rêve humain, pourquoi pas. Mais y être condamné pour payer ses crimes devient un calvaire, car contrairement à la nouvelle précédente, il ne s'agit pas ici de freiner le vieillissement, mais de vieillir sans fin, sans pouvoir mourir. Outre l'emprisonnement à peine évoqué ici, le plus terrible est en réalité de ne plus s'appartenir, et de voir son corps livré aux raccommodages récurrents et aux expériences d'une médecine qui sait ramener les morts à la vie, encore et encore. L'auteur, James McConnell, est, rappelons-le, psychologue et biologiste, et théoricien d'un étayage chimique des comportements. Grand bien lui fasse, si ce n'était - tout comme dans "Les statues dormantes" de Michel Ehrwein (in Fiction Spécial n°5) - qu'on pourrait y lire "en creux" un plaidoyer en faveur de la peine de mort.
Toujours en écho à Cordwainer Smith quant aux rapports de l'homme à l'animal, la courte nouvelle Citoyen de seconde classe rappelle inévitablement le roman de Arthur C. Clarke "Les prairies bleues", et pourrait même en être le prologue. Damon Knight y remet en question le dressage pour rapprocher les espèces animales de "l'humanité", comprendre "les asservir", sous les apparences d'accueillir ces autres espèces dans le cénacle anthropomorphique. Mais on y laisse la place à la revanche douce amère que la gent animale - ici les dauphins - seraient à même de prendre sur notre espèce si celle-là venait à perdre le contrôle de la situation.
On se souvient peut-être de "Plus besoin d'hommes", une nouvelle de Clifford D. Simak parue dans le n°17 de Galaxie - 1ère série. L'affaire rebondit :
Sera considéré comme un délit pour tout membre du corps enseignant employé par l'État de New Jersey le fait de défendre, d'exposer, d'enseigner, de déclarer, d'affirmer et de faire courir de quelque façon que ce soit, dans l'État souverain du New Jersey, la doctrine fausse, hérétique, athée et anti-sociale de la « pensée ordinatrice », selon laquelle des ordinateurs électroniques et leurs circuits posséderaient la faculté de penser indépendamment de la volonté de l'homme, ou seraient capables de corriger, d'influencer, de modifier ou d'exprimer de telles pensées indépendamment de la volonté de l'homme.




