![]() |
| Un tiers du débit général : c'est au moins un robinet du 12 ! |
Comme pour toutes nos publications, un clic droit sur la couverture
Sommaire du Numéro 135 :
1 - (non mentionné), Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 4 à 4, bibliographie
3 - Edmond HAMILTON, Dans l'abîme du passé (The Dark Backward, 1958), pages 26 à 40, nouvelle, trad. GERSAINT
4 - Wilson TUCKER, Le Dernier voyage (To the Tombaugh Station, 1960), pages 41 à 91, nouvelle, trad. Pierre BILLON *
5 - Gordon R. DICKSON, L'Apprentissage (Rehabilitated, 1961), pages 92 à 104, nouvelle, trad. Michèle SANTOIRE *
6 - Alain DORÉMIEUX, Aurora, pages 105 à 113, nouvelle
7 - Nathalie HENNEBERG, La Couleuvre, pages 114 à 141, nouvelle
CHRONIQUES
9 - (non mentionné), En bref, pages 156 à 157, article
10 - Anne TRONCHE, Revue des arts, pages 158 à 159, critique(s)
* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.
La rédaction de Fiction présente ainsi La déesse pourpre de la Lune Folle :
La présente nouvelle a eu une genèse des plus particulières. On peut dire qu'elle résulte à la fois d'un défi et d'un jeu. En présentant un jour un récit de Leigh Brackett dans notre édition américaine, Anthony Boucher avait écrit, en guise de boutade, qu'elle serait capable de rédiger une nouvelle avec un titre aussi extravagant que, par exemple, La Prêtresse Pourpre de la Lune Folle, et de la rendre intéressante. Quand le même récit (L'animal, in Fiction n°30) parut ensuite dans Fiction, le présentateur, lisant les lignes de Boucher, les prit au pied de la lettre et prétendit dans l'introduction que Leigh Brackett avait réellement écrit une histoire ainsi intitulée !
Leigh Brackett eut vent de la chose, en fut amusée et, des années plus tard, décida de relever le gant… Voici donc, lointainement due à l'erreur involontaire d'un de nos rédacteurs, une nouvelle bien dans sa manière et qui nous a personnellement enchantés. On y retrouve l'écho, plein de fraîcheur, des beaux jours de la science-fiction à la Burroughs.
Un autre nouveau traducteur aux allures de pseudonyme, Gersaint, signera son travail sur la nouvelle d'Edmond Hamilton, Dans l'abîme du passé, nouvelle bien menée qui rappellera les faux-semblants de La vérité avant-dernière de Dick. Là, ce que les chercheurs appellent "la bulle de présent", c'est à dire les indices qui marquent un récit d'anticipation et trahissent l'époque de sa rédaction, cette bulle donc éclate allègrement en devenant un attribut même de l'intrigue. Habile.
Avec Le dernier voyage de Wilson Tucker, on est loin des représentations idéales des voyages dans l'espace. Ici, on se croirait plutôt dans l'univers étroit et confiné d'une presque épave. Bien que cette atmosphère soit bien rendue, l'enjeu de l'enquête, donc construite comme un récit policier, ses subtilités tout comme ses préparatifs dignes d'une histoire d'espionnage, nous passe un peu par dessus la tête et peuvent laisser indifférent.
Pousser un être qui se juge minable à se dépasser, lui faire comprendre sa compulsion d'échec, l'instruire et peut-être même le gaver de connaissance au-delà de ses capacités… tout cela n'a sans doute pas pour seul but un motif désintéressé et altruiste. Gordon Dickson, sensible au ressenti du paria ou du laissé pour compte, nous propose à travers L'apprentissage un récit émouvant qui rappellera le poignant Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes.
Comment Alain Dorémieux rédacteur en chef présente-t-il Alain Dorémieux auteur sans avoir recours à un pseudonyme. L'exercice est cocasse et sa résolution mérite d'être citée :
L'auteur : Responsable de Fiction et Galaxie. Écrit aux rares moments perdus où il n'a rien de mieux à faire pour les perdre. Signe particulier : une demi-douzaine de pseudonymes. Spécialité : « Un certain érotisme macabre et teinté de fantastique » (pour reprendre la définition donnée d'un de ses textes dans la dernière anthologie Planète).
Pour ce qui est de la nouvelle proposée, et bien qu'on sente venir l'épouvantable nature d'Aurora, Alain Dorémieux se délecte de décrire les phases de la fascination que traverse sa jeune victime.
Le retour de Nathalie Henneberg, et toujours cette survivance de l'amour à la mort, ces couples primordiaux unis et désunis par le destin, et un cortège de notes en démonologie mêlant l'Egypte Antique à Rome ou à la Bible... Avec La couleuvre, et bien que cadrant ici son récit dans sa Pologne natale, Nathalie Henneberg complique peut-être un peu inutilement son récit et donne la sensation de tirer à la ligne un sujet déjà visité.
Science-fiction et télévision.
Ailleurs et Demain : tel est le titre de l'émission de science-fiction programmée mensuellement sur la première chaîne à partir de février. Cette émission comprendra chaque fois une ou deux « dramatiques », suivies d'une tribune au cours de laquelle des personnalités du monde scientifique viendront traiter différents problèmes évoqués dans les récits présentés. D'ores et déjà, les producteurs invitent les auteurs de manuscrits ou de scénarios adaptables à participer éventuellement à cette émission. Écrire à Patrice Rondard, Émission Ailleurs et Demain, 7, rue du 4 Septembre, Vanves (Seine).
Nous n'avons pas trouvé trace des émissions diffusées à partir de 1965, hormis une petite coupure de programme télé sur un site consacré à Giani Esposito (notre illustration).
La publication de l'intégrale Jean Ray, en cette année 1965, se poursuit conjointement chez Robert Laffont et chez Marabout. Jean Ray vient de décéder, mais c'est tout un engouement pour l'auteur gantois qui semble prendre, et parfois davantage pour la périphérie (gigantesque) de sa bibliographie. En témoigne cette anecdote que rapporte Jacques Van Herp à propos d'un manuscrit délaissé récupéré par le directeur de publication des éditions Opta, Maurice Renault :
Sans Maurice Renault, ce livre [Les contes noirs du golf] de Jean Ray fût demeuré inconnu. L'auteur n'en parlait à personne. Ses meilleurs amis l'ignoraient, et quand fut rédigée la bibliographie du n° 126 de Fiction, il n'en souffla mot. Heureusement, il en avait donné le manuscrit à Maurice Renault qui le sortit d'un tiroir et le fit publier.
Quand on parle de la "périphérie bibliographique", s'agissant de Jean Ray, il faudrait plutôt évoquer tout un incommensurable océan, tant on découvre assez régulièrement des articles, contes ou sotties produites par l'infatigable orfèvre du conte fantastique. Bien évidemment, l'une de ses plus conséquente contribution à la littérature populaire, et qui était restée longtemps l'œuvre d'un anonyme, a pour titre générique : "Les enquêtes de Harry Dickson, le Sherlock Holmes américain". Nous avons relevé comment la vérité s'est graduellement fait jour au sein des pages de Fiction. A présent vient l'heure de la consécration, à propos de la parution de l'intégrale Jean Ray chez Robert Laffont :
Il reste un quatrième tome à paraître, concernant cette partie de son œuvre qu'on connaît le plus mal (et qui n'est pas le moins remarquable) : Les aventures de Harry Dickson, cette géniale série de feuilletons que Ray écrivait, dans les années trente, au rythme de 60 pages en une nuit, avec des titres aussi affolants que Le jardin des furies, Les spectres bourreaux ou Le vampire qui chante.
Nous vous invitons à vous reporter à nos pages consacrées à la publication numérique des histoires de Harry Dickson, projet dont nous agrémentons à temps perdu le PReFeG.
![]() |
| Un clic droit et "enregistrer sous" pour obtenir votre epub ! |
Le lecteur, même s'il est pressé, ne manquera pas de remarquer que les premiers paragraphes de chacune des nouvelles composant ce livre diffèrent par le ton, voire par le sujet, de ce qui les suit. Il réalisera assez rapidement que ces paragraphes initiaux sont un commentaire indépendant de l'auteur, expliquant généralement pourquoi et comment il a écrit ces récits. Cette particularité n'est indiquée explicitement nulle part dans ce livre, et il n'y a aucune différence entre la présentation typographique de ces « introductions » et celle des nouvelles proprement dites. N'eût-il pas valu la peine d'attirer l'attention du lecteur sur cette particularité, qui n'est pas si fréquente ?Cela dit, on ne peut qu'applaudir à l'inclusion de ces textes. John Brunner est un auteur lucide, cultivé et souvent spirituel. Ses réflexions peuvent en susciter d'autres chez son lecteur – et elles sont naturellement écrites de façon à ne pas dévoiler le fin mot des récits à « chute ».John Brunner est un auteur anglais remarquable par sa précocité et par la diversité de ses « manières ». Avant d'avoir atteint sa vingt-cinquième année, il avait écrit Threshold of eternity, épopée aux enchevêtrements van vogtiens qui révélait un souffle incontestable, et dont une traduction française parut furtivement il y a quelques années. Alors que la plus grande partie de ses premières œuvres fut publiée dans des magazines anglais – New Worlds principalement – sa prose traversa assez rapidement l'Atlantique, de sorte que l'on rencontra sa signature dans Analog, Fantasy and Science Fiction et Fantastic Universe. Comparé à son compatriote et aîné J. G. Ballard, John Brunner est peut-être un écrivain moins accompli, mais à coup sûr un meilleur écrivain de science-fiction. Autrement dit, il possède un style moins vigoureux et une puissance d'évocation certainement inférieure, mais un registre émotionnel plus étendu et, surtout, une imagination plus variée.Tout n'est pas mémorable dans les onze nouvelles qui composent ce volume, mais on trouve continuellement – ou presque – la marque d'un narrateur-né, qui sait de plus trouver le ton qui convient à chacun de ces récits (cette dernière qualité, il faut bien le reconnaître, est particulièrement masquée par une médiocre traduction française, invariablement appliquée et souvent maladroite, et dont l'auteur ou les auteurs sont restés anonymes).C'est la gravité du ton – qui est celle d'un rapport scientifique – qui fait le piquant de la farce intitulée Rapport sur la composition de la surface lunaire. L'idée est mince de substance et énorme d'absurdité ; elle est brillamment traitée en quelques pages où éclate le métier de l'auteur. C'est l'idée en revanche qui fait l'intérêt de Protégez-moi de mes amis, où John Brunner évoque l'infortune d'un télépathe condamné à percevoir toutes les pensées de son entourage. Le traitement, en revanche, pèche par la facilité : un style à la syntaxe torturée et à la ponctuation arbitraire qui risque de rappeler Surface de la planète à ceux qui n'ont pas eu la bonne fortune de bannir ce livre de leurs mémoires. Du moins la tentative de Brunner se limite-t-elle aux dimensions d'une nouvelle.La poussière de l'espace comprend une première partie qui est fort minutieusement construite, avec l'évocation de la vie dans une station cosmique et la découverte d'un meurtre mystérieux, mais l'explication de ce mystère tourne court et donne à la nouvelle une conclusion qui n'est pas digne de son début. Les huit récits restants varient toutefois du bon à l'excellent. Il y a ainsi Le baudet de fer et Stimulus qui sont un peu le pendant l'un de l'autre : celui-ci un problème en biologie et celui-là un problème en psychologie des rapports entre l'homme et le robot. La foire est en somme le contraire de La poussière de l'espace. Ici, le récit s'ouvre par une description assez conventionnelle (pour l'habitué de science-fiction, tout au moins) d'un parc d'attraction du futur ; mais cette description a du relief, et les réactions du personnage central sont un moyen habile d'accentuer sa vraisemblance. Et, surtout, le récit a une conclusion adroite, surprenante et optimiste. La panne, d'autre part, est une charge assez alerte contre la Grande Entreprise de l'avenir – avec ici aussi, une conclusion qui prend le lecteur au dépourvu. Ce n'est pas aussi brillant que chez Fredric Brown, c'est moins « fonctionnel » – en ce sens que le récit n'est pas uniquement édifié en vue de cette fin – mais c'est du très bon travail tout de même. Il y a en particulier un petit animal synthétique, au passage, qui vaut son poids de lombric.Variation sur un thème connu, voici Les fontaines du ciel, où il est question de la fin du monde d'une façon qui n'a rien de spécifiquement britannique. Le grand méchant loup présente une intéressante étude de psychologie des masses, avec une « chute » très réussie, alors que Un métier sans avenir raconte une très joyeuse rencontre entre le passé et le futur, un sorcier médiéval capturant, au lieu du démon espéré, un voyageur temporel.Ne pas déranger est probablement celui de ces récits qui va le plus loin dans l'examen psychologique : John Brunner y met en scène un homme qui fut prisonnier de l'ennemi durant vingt-huit ans d'une guerre cosmique, et le rend aussi pitoyable que ses réactions sont plausibles. Et cela est fait sans aucun recours au pathétique, sans effet grand-guignolesque. C'est peut-être l'histoire où il se passe le moins de choses sur le plan scientifique, et c'est sans doute celle où le personnage central est peint avec le plus de vraisemblance et de compassion.Servi par de meilleures traductions, ce livre eût pu constituer une révélation véritable. Tel qu'il est, il permet tout de même de découvrir les divers aspects d'un talent sur lequel de grands espoirs peuvent être fondés pour l'avenir – John Brunner est né en 1934 – mais qui déjà s'affirme étonnamment souple et sûr. Il est simplement dommage que la narration se trouve ici alourdie de maladresses et d'approximations qui ne sont pas imputables à l'auteur.Demètre IOAKIMIDIS
Dernière petite notule, sur un sujet sur lequel nous reviendrons : au détour d'une recension d'un ouvrage de B. Bruss (Le bourg envoûté), on y évoque Jacques Sadoul qui est en train de faire son entrée dans le monde de l'édition - après avoir un peu manqué sa carrière littéraire avec La passion selon Satan (Pauvert - 1960), qui redéployait les Hautes Terres du rêve de Lovecraft.
" Déjà L'astéroïde noir nous emmenait dans un univers qui est sans doute celui du rêve, où la pensée modèle à sa guise une matière mouvante et fluide, monde aberrant et crépusculaire, qui parfois évoque certains paysages de Lovecraft.
L'alliance Bruss-Lovecrafl peut choquer, mais doit être comprise. Bruss n'imite pas le Lovecraft mythologique des terreurs cosmiques et des Grands Anciens ; il n'a pas voulu, comme Jacques Sadoul, en reprendre l'univers, il n'essaye pas d'en restituer la couleur et l'ampleur. La parenté n'est pas dans la trame du récit ou dans le décor, mais dans la démarche, pareillement lente, pareillement soucieuse d'ancrer les bases du rêve dans un réel minutieusement construit."
- Du côté des bilans et des perspectives, nous voici à un tiers de notre projet global, soient 211 numéros des revues Fiction et Galaxie relues avant de vous en proposer une version numérique au plus proche de son édition papier originelle. 211 numéros sur les 633 que comptent ces publications, hors numéros spéciaux, on est pas peu fiers d'avoir tenu bon jusque là !
Relecture- Corrections orthographiques et grammaticales
- Vérification du sommaire
- Vérification des casses et remise en forme des pages de titre
- Mise en forme des titres présentés in "Revue des livres"
- Ajout de la Table des "Nouvelles des auteurs de ce numéro" telle qu'évoquée dans le sommaire sur NooSFere mais n'apparaissant pas dans le epub d'origine.
- Notes (2b) et (2c) ajoutées.
- Vérification et mise à jour des liens internes
- Mise au propre et noms des fichiers html
- Mise à jour de la Table des matières
- Mise à jour des métadonnées (auteurs, résumé, date d'édition, série, collection, étiquettes)
Rapport du Centaurien pour le PReFeG (Janvier 2026)
En cliquant sur les noms des auteurs de ce numéro
retrouvez les bibliographies complètes de leurs parutions dans Fiction et Galaxie !
Fiction présente le numéro 12 de Galaxie :
Au prochain sommaire de "Galaxie"










Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Merci pour votre commentaire, il sera rapidement publié après examen par notre Centaurien (promis !)