Jean-Claude Forest illustre avec bonheur "La nuit de la lumière" de Philip Jose Farmer dans sa version primitive, et l'on retrouve les patrouilleurs du temps de Poul Anderson dans un numéro qui fait la part belle aux récits longs et aux auteurs de grande qualité (Jean Ray, Poe, Saki).
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Sommaire du Numéro 82 :
NOUVELLES
1 - Philip José FARMER, La Nuit de la lumière (The Night of Light, 1957), pages 2 à 56, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH *
2 - Poul ANDERSON, Échec aux mongols (The Only Game in Town, 1960), pages 57 à 87, nouvelle, trad. Roger DURAND
3 - Fernand FRANCOIS, Journal de Macha, pages 88 à 108, nouvelle *
4 - Gérard KLEIN, Cache-cache, pages 108 à 108, nouvelle
5 - Edgar Allan POE, Les Souvenirs de M. Auguste Bedloe (A Tale of the Ragged Mountains, 1844), pages 109 à 117, nouvelle, trad. Charles BAUDELAIRE
6 - SAKI, Sredni Vashtar (Sredni Vashtar, 1910), pages 118 à 122, nouvelle, trad. (non mentionné)
7 - Jean RAY, Le Cimetière de Marlyweck, pages 123 à 132, nouvelle
CHRONIQUES
8 - F. HODA, Sorties de vacances, pages 134 à 137, article
9 - Patrick SCHUPP, Lettre d'Amérique, pages 137 à 139, article
10 - COLLECTIF, Tribune libre, pages 141 à 143, article
* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.
Comme dans le Fiction n°33, Philip Jose Farmer pousse à marquer des nouveautés en matière de politique éditoriale pour la publication cette fois-ci de la novella La Nuit de la Lumière. Jugez-en : " Malgré sa longueur, nous avons jugé préférable de publier ce récit sans le scinder, en un seul numéro. Nous nous excusons d'imposer un effort soutenu de lecture aux amateurs d'histoires brèves, mais nous pensons que l'œuvre le mérite. " Philip Jose Farmer creusera toute sa carrière d'auteur ce thème du dieu créateur et ce qui le distingue ou non du démiurge. Ici, c'est comme pour donner un peu plus d'épaisseur au personnage de John Carmody, créé dans de précédentes nouvelles (voir Fiction n°5), que Farmer lui invente les circonstances de son entrée en religion. Iconoclaste, celui qui deviendra le Père Carmody trouve ici une trajectoire d'exception. Cette novella sera encore un peu plus développée en 1966, formant un roman éponyme.
Poul Anderson peaufine son univers temporel avec Échec aux Mongols, riche en péripéties ; l'agent Manse Everard tente d'empêcher la colonisation de l'Amérique par des émissaires du grand Kublaï Khan - petit-fils de Gengis. Et l'on y évoque les Daneeliens, ces êtres d'un avenir ultime qui semblent veiller á ce que l'Histoire ne dérive pas d'un iota.
Le journal de Macha, écrit par l'ancien militaire Fernand François, propose un récit de guerre atomique entre l'Est et l'Ouest construit en deux mouvements : d'une part le récit froid et un peu rébarbatif des avancées du conflit, et d'autre part le journal intime d'une jeune femme enclavée dans un petit village coupé de tout - partie plus intéressante et touchante.
Dans Cache-cache, Gérard Klein poursuit sa collection de petites blagues courtes sur les jeux d'enfants
Les souvenirs de M. Auguste Bedloe, par Edgar Allan Poe, est une nouvelle que l'on peut rapprocher à la dernière partie des "Aventures d'Arthur Gordon Pym" - son décor de canyons fantastiques et ses rapports ambigus entre l'être et le caractère… typographique.
Sredni Vashtar est un exemplaire travail de concision par Saki, un grand maître de la nouvelle et de l'humour noir.
On retrouve Jean Ray et son ambiance si particulière de fantastique effroyable qui n'émeut pas ses protagonistes plus que leur morne vie quotidienne, dans Le cimetière de Marlyweck, avec des figures aux allures d'allégories mythologiques fort plaisantes.
Le PReFeG débusque un lièvre : "l'affaire" du Grand prix International du roman de science-fiction. Dans ce numéro 82, Fiction se fait l'émissaire de l'annonce que voici :
Un Grand prix International du roman de science-fiction.
La prochaine nuit de Noël (1960) sera décerné pour la première fois le « Grand prix international du roman d'anticipation et de science-fiction ». Ce prix couronnera un roman inédit, écrit dans l'une quelconque des principales langues en usage aujourd'hui dans le monde.
Ce premier « Grand prix » sera décerné à Lugano (Suisse). Puis, d'année en année, le Jury se réunira et attribuera le Prix, toujours dans la nuit de Noël, dans une ville différente d'Europe.
Les manuscrits dactylographiés, en double exemplaire, destinés à ce premier Grand prix, devront parvenir, sous pli recommandé, au plus tard le 31 octobre 1960, au « Secrétariat général du Grand prix international du roman de science-fiction », Via Fratelli di Dio. 9. Novara (Italie).
En dehors de l'ouvrage qui remportera le Grand prix, le jury se réserve de sélectionner parmi les œuvres présentées, des romans qui bénéficieront aussi d'un lancement international.
Les lauréats seront annoncés ainsi dans le Fiction n°87 :
LE PREMIER GRAND PRIX INTERNATIONAL DU ROMAN D'ANTICIPATION ET DE SCIENCE-FICTION.
Le 24 décembre, veille de Noël, s'est réuni à Lugano le jury du Grand Prix International du Roman d'Anticipation et de Science-Fiction, pour l'attribution du prix.
Le jury a enregistré, avec satisfaction, le succès exceptionnel remporté dam tous les pays par cette première manifestation littéraire internationales, puisque 253 auteurs y ont participé, pour un total de 255 romans écrits en français, italien, anglais, allemand et russe.
En quatre étapes de sélections successives, les romans sur lesquels le jury était appelé à statuer se sont réduits d'abord à 35, puis à 15.
D'autre part, le jury a dû constater qu'en réalité, sous l'appellation unique de science-fiction, coexistent des genres différents, et il a décidé par conséquent de scinder le Grand Prix en deux sections distinctes : anticipation et science-fiction.
Au troisième tour de scrutin, à l'unanimité, le jury a décerné le Grand Prix :
Pour l'anticipation, à José Van Den Esch, journaliste parisien, pour son roman « Janvier an 2.000 », vision d'un avenir très proche et qu'une certaine technocratie, s'appuyant sur les robots électroniques, édifie chaque jour sous nos yeux, œuvre dans la lignée d'Aldous Huxley.
Pour la science-fiction, à notre ami et collaborateur Pierre Versins, pour son roman « La présence lointaine », œuvre pleine de hardiesse et de poésie, où la science-fiction rejoint la vraie littérature.
(...)
Enfin, comme il avait été prévu au règlement du Grand Prix, le jury, à l'unanimité, a invité José Van Den Esch et Pierre Versins à se joindre à lui, dans l'avenir, et a décidé que le second grand prix serait décerné dans la nuit de Noël 1961, à Milan.
Outre qu'il n'y aura pas d'édition 1961, on s'en consolerait à lire cette "Présence lointaine" de Pierre Versins. Toutefois, l'ouvrage est introuvable, non pas par manque de réédition, mais c'est tout simplement qu'il semble n'avoir jamais été édité. Voici une note rapportée sur l'encyclopédique site Noosfere à ce sujet :
Selon Radio-TV-Je vois tout du 19 janvier 1961, Versins a remporté le 1er Grand prix international du roman de science-fiction pour La présence lointaine. Mais ce roman n'a jamais été publié selon sa veuve Martine Thomé dans "Il venait de Céphée, il s'appelait Versins" (p. 137). A-t-il envoyé le manuscrit ? Et qui décernait ce "Grand prix international..." ?
Nous en savons un tout petit peu plus au regard de ces informations publiées dans Fiction. De plus, l'affaire du Grand Prix International rebondira de nouveau à la parution d'une note de Versins lui-même dans le Fiction n°95 d'octobre 1961.
Le roman de José Van Den Esch ne sera quant à lui publié en allemand chez Goldmann qu'en 1962, sous le titre "Januar im Jahr 2000".
Rapport du PReFeG (Octobre 2024)
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- Notes (10) et (11) ajoutées.
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