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(…) le temps subissait une modification dans cette ambiance, une autre palpitation était en lui. La lenteur ! Les choses s’arrangeaient d’elles-mêmes, mais elles avaient besoin d’un nombre d’heures ou d’années déterminé, comme une germination ou comme une circonvolution d’astre.
(in Harry Dickson n° 128 : L'HÔTEL DES TROIS PÉLERINS - Chapitre 2. La pomme et le commissionnaire)
Aujourd'hui 17 septembre 2026 marque le 62ème anniversaire de la disparition de Jean Ray. Nous vous proposons (enfin !) à cette occasion la seconde partie des nouvelles produites par lui pour la série Harry Dickson, concernant l'année 1934 (fascicules n°126 à 138 , du mois de Juillet au mois de Décembre).
La datation précise de ces fascicules (information ne figurant pas sur les couvertures ni sur les bons d'impression) reste hypothétique. Voir pour cela plus de détails sur notre article "Harry Dickson - Une intégrale" Volume 1 (1931 - 1932).
Prévu pour la fin de l'année 2024, ce recueil numérique nous aura demandé un peu plus de travail, du fait d'une nouvelle (La menace de Khâli - n°129) qui avait échappé aux diverses intégrales des Harry Dickson écrits par Jean Ray (NéO, Corps 9, Marabout et Lefrancq). C'est grâce au travail patient de l'Amicale Jean Ray et de l'infatigable André Verbrugghen que nous avons pu numériser le texte d'origine et compléter ce volume. Voilà qui est enfin chose accomplie.
Vous pourrez donc lire dans ce recueil les histoires suivantes (sauf précision, les résumés proposés ici sont empruntés au site dédié à Jean Ray et sont © Jean Pelletier) :
126 / LA MAISON DES HALLUCINATIONS
Cette histoire commence il y a près de 25 ans, dans Pratt-House, sinistre bâtisse de Old Jewrystreet où l'on découvre l'assassinat du maître des lieux, Benedict Pratt, homme mystérieux et solitaire. Le meurtrier, un certain Ned Garret, que l'on retrouve auprès du corps, semble plongé dans un délire hallucinatoire : il aurait vu aussitôt après son forfait le spectre de Pratt. Interné, il mettra peu après fin à ses jours. 25 ans plus tard, un vagabond nommé Marwell trouve refuge dans cette confortable maison abandonnée. Curieux… l'abus de brandy explique-t-il l'apparition d'une pièce qui n'existait pas auparavant ? Puis ce sont les tisonniers de la cheminée qui s'animent sous ses yeux et l'assaillent ! On découvre le lendemain Marwell près de l'Embankment, sérieusement blessé. Avant de succomber, il a cependant le temps de relater son aventure. Soûlographie délirante, pour les autorités. Pas si sûr, pour Ted Brockhurst, intrépide journaliste amateur qui décide de mener sa propre enquête. Il ira donc passer la nuit dans la maison pour en avoir le cœur net, non sans avoir mis dans la confidence le roi des détectives, Harry Dickson. Ce dernier se fera fort de percer les secrets de cette maison hors du commun.
127 / LE SIGNE DES TRIANGLES
Lorsque sir Austin Mackail, le maître de Hornstoke Castle, est mystérieusement assassiné chez lui par un homme déguisé en facteur, Scotland Yard n'a d'autre solution que de requérir l'aide de Harry Dickson. Surprise à l'ouverture du testament: sir Mackail avait rajouté un codicille peu avant sa mort, prévoyant son assassinat. Ce dernier lègue toute sa fortune à son domestique Japson, à la condition que celui-ci fasse la lumière sur les circonstances de sa mort avant un an, faute de quoi la fortune ira par moitié aux pauvres de Londres et au Bureau des Recherches Aéronautiques. Japson ne peut qu'engager Harry Dickson pour espérer voir l'affaire s'éclaircir … Peu de temps après, abattant un cambrioleur introduit dans Hornstoke Castle, Harry Dickson a la surprise de voir sur la poitrine du mort un triangle rouge… le signe des "Compagnons du Triangle", une bande de sept malfaiteurs, désignés chacun par un triangle de couleur différente, qui sévissait à Londres voici vingt ans. Quel est le lien entre les exactions de ces bandits et le secret de sir Mackail ? Dickson compte sur son jeune élève Tom Wills, qu'il fait engager incognito comme domestique dans la résidence, pour le découvrir.
128 / L'HÔTEL DES TROIS PÉLERINS
(Résumé du PReFeG) Demeuré après une enquête dont on ne saura rien dans une déprimante ville de province, Harry Dickson surprend dans l'hôtel des Trois pèlerins une cambrioleuse qui n'a pourtant rien volé. Son silence obstiné le mènera sur une nouvelle affaire où Tom Wills laissera un peu de son jeune cœur.
(Résumé du PReFeG) Un Colonel en retraite, que Harry Dickson avait sauvé jadis des griffes de la secte de Khâli, est rattrapé par son passé et se voit de nouveau menacé par cette organisation criminelle… à moins que les apparences cachent un autre complot. Jeux de dupes et personnages haut en couleurs font de cet épisode un agréable déploiement d'ambiances.
130 / LES ILLUSTRES FILS DU ZODIAQUE
Une fois n'est pas coutume, le mystère vient cette fois de Mrs. Crown, la gouvernante du fameux détective, ou plutôt de son épicier, Timothée Hull : ce dernier trouve un beau soir une petite flèche en métal clouée à la porte de sa chambre. Peu de temps après, il est découvert mort dans son échoppe. Harry Dickson mène l'enquête, en compagnie de Gilberte Lusseaux, la célèbre espionne. Il apparaît bientôt évident que la flèche (le signe du Sagittaire) est le signe de la première manifestation britannique d'une mystérieuse et richissime bande internationale connue sous le nom des "Illustres Fils du Zodiaque", qui parachève toutes ses opérations d'un symbole issu de la ceinture céleste du zodiaque... Qui sont les Illustres Fils du Zodiaque ? Quel est le dessein de cette puissante organisation ? quel rôle joue exactement Gilberte Lusseaux ? Harry Dickson devra faire une nouvelle fois la démonstration de son talent pour le savoir.
(Résumé du PReFeG) Jeux d'apparences et guerre psychologique avec une bande de malfaiteurs sans visages pour cette épisode qui mènera notre détective… au mariage ! On y appréciera un très bon chapitre de chasse à l'homme où Dickson est le gibier.
131 / LE SPECTRE DE MR. BIEDERMEYER
(Résumé du PReFeG) Encore une bande de malfrats et leur chef énigmatique et terrifiant. Fort bien servi par une ambiance boueuse et diluvienne, le scénario pêche un peu mais on n'en tiendra pas trop rigueur à un Dickson un peu trop témoin.
Trois histoires courtes pour le fascicule suivant :
132a / LA VOITURE DEMONIAQUE
(Résumé du PReFeG) Une histoire de serial killer et de musée de cire - assez classique.
132b / L'ECHIQUIER DE LA MORT
(Résumé du PReFeG) Une combinaison maudite de pièces et de cases aux échecs provoque la mort de ceux qui la joue. Mais on ne la fait pas au Sherlock Holmes américain !
132c / MINUIT-VINGT
Harry Dickson raconte l'une de ses plus insolites enquêtes… Bitterlow, horloger de son état, se désespère: toutes les montres qui passent par sa boutique sont frappées d'un étrange mal : elles s'arrêtent inexorablement à minuit vingt. L'horloger y voit le funeste présage de sa mort prochaine à cette heure fatidique, à moins, bien sûr, qu'Harry Dickson n'y trouve une autre explication !
Encore quelques histoires plus courtes qu'à l'ordinaire (Jean Ray y déploie son talent pour la concision et le vif du sujet)
133a / L'AVENTURE D'UN SOIR
(Résumé de Jacques Van Herp, in « Harry Dickson – Le Sherlock Holmes américain », - Collection « Ides et autres », édition Recto-Verso, Bruxelles 1981) Lutte entre Humphrey Crane, un gentleman-cambrioleur repenti, et sa femme, Lady Saltere. Harry Dickson fait de la figuration.
133b / LE DIABLE DANS LA PRISON
(Résumé de Jacques Van Herp, op. cit.) La prison de Hillston fut édifiée sur les ruines d’un ancien prieuré de Templiers. Cela permit à l’architecte de multiplier les couloirs secrets et les canaux acoustiques. Cela permit aussi à son fils, emprisonné pour six mois, de mystifier le directeur et les gardiens.
134 / LE DANCING DE L'EPOUVANTE
Stanley Wurdee est un jeune homme extrêmement riche, excentrique et blasé, qui tombe éperdument amoureux de la belle Julia Heresford. Cette dernière, une chanteuse du Moulin-Rouge de Covent Garden, meurt bientôt lors de l'incendie qui détruit le cabaret. Wurdee, défait par la tragédie, fait alors construire, à force de millions, sur une terre marécageuse d'Irlande, une réplique exacte du Moulin-Rouge, dans laquelle il s'enferme tout seul pour faire revivre les soirées du cabaret, avec lumières et musique. La folie est à son paroxysme quand, un soir, ce qui semble être Julia Heresford paraît à une fenêtre de la scène. Stanley Wurdee s'élance alors et fouille partout. Les jours suivants, le Moulin-Rouge reste inerte, Stanley Wurdee est porté disparu, de même que Lew Skinsop, un journaliste du Daily Flame qui s'intéressait particulièrement à la carrière du millionnaire. Le Daily Flame est d'ailleurs un curieux journal, installé dans un immeuble délabré, il cesse d'être publié à la disparition de Skinsop et le directeur, Mac Laren, est retrouvé assassiné. Grover Banks le gardien de la propriété de Wurdee, prétend ne rien savoir, mais on le soupçonne de quitter parfois subrepticement son poste pour se lancer dans quelques mystérieuses expéditions. Plusieurs connaissances de Wurdee sont, par la suite, victimes d'attentats, et deux anciennes danseuses du Moulin-Rouge (Jane Doyle et Mira Lencox) sont enlevées. Gable Fox, le banquier de Wurdee, survit à une agression. Le plus chanceux est le journaliste Lew Skinsop, qui parvient à échapper à ses ravisseurs. Pourra-t-il aider à faire la lumière sur cette histoire propre à rendre fou les plus coriaces ?
Retour aux histoires courtes, ici rassemblées comme un témoignage direct de Dickson qui épate son auditoire.
135 / LES PLUS DIFFICILES DE MES CAUSES
135a / UN FIL DE CUIVRE
(Résumé de Jacques Van Herp, op. cit.) Mission de Dickson à Baroum : il faut que ce soit une société anglaise – et non allemande – qui emporte le contrat pétrolier.
(Note du PReFeG) : Harry Dickson au service d'intérêts privés, et non plus de la justice et de la vérité. L'entorse est étrange.
135 b / LE CLUS DES HOMMES VILAINS
(Résumé de Jacques Van Herp, op. cit.) Ces derniers défigurent les plus jolies filles qu’ils rencontrent.
135c / LE SIFFLET DE LA MORT
(Résumé du PReFeG) Une série de meurtres effectués par une locomotive fantôme…. du moins tout porte à le croire ! La meilleure histoire des trois, de par son ambiance fantastique et le tragique aspect grotesque des meurtres.
Encore deux histoires pour le fascicule suivant :
136a / L'HOMME AU MOUSQUET
Graham Derrick donne une réception dans sa propriété de Seven Oaks. Parmi les invités, on compte : Phyllis Everts, la jolie secrétaire de Derrick ; Mr Broskin, un riche industriel qui est loin d'être indifférent au charme de Miss Everts ; l'athlétique Geo Stanton et Mr Gilchrist, le caissier irascible. Soudain, deux coups de feux éclatent, sans qu'on puisse découvrir l'auteur de l'attentat. Seul Mr Broskin prétend avoir vu, l'espace d'un éclair, une silhouette au long visage maigre et à la fine barbe noire. Peu de temps après la réception, Miss Everts est victime d'un enlèvement qui est revendiqué par "les fantômes de Seven Oaks". Graham Derrick est soupçonné, car on retrouve un de ses cigarillos mexicains dans la chambre de la secrétaire, mais l'accusé proteste de son innocence. L'enquête finit par révéler que Seven Oaks était possédé il y a deux siècles par un certain Rochester, un armurier et un voleur célèbre. Des bijoux volés par lui n'ont d'ailleurs jamais été retrouvés. En voyant le portrait de Rochester, Mr Broskin croit reconnaître l'agresseur aperçu chez Derrick. Mais par quels sortilèges un homme vivant il y a deux cents ans pourrait-il encore se manifester aujourd'hui ? Pourquoi tirer des coups de feu qui ne blessent personne, mais terrorisent les habitants ? Qui peut avoir enlevé Miss Everts ? Autant de questions pour notre grand détective américain.
136b / LA NUIT DE BARCELONE
À Barcelone, pendant une nuit de bombance dans une étrange maison, six gentlemen anglais jurent d'épouser une non moins étrange et très belle jeune femme. Cette femme viendra plus tard obliger les jeunes gens à tenir leur promesse et les nouveaux mariés mourront peu après leur mariage. Harry Dickson devra découvrir l'identité et le mobile de la mystérieuse femme pour sauver le dernier des six gentlemen.
(Note du PReFeG) Une histoire fantastique de mariage polyandre, que Harry Dickson va devoir débrouiller au péril de sa vie !
137 / LE SAVANT INVISIBLE
Harry Dickson est, avec Frank Brereton et Leicester Bunderwell, invité à une partie de chasse au château de sir Herbert Lambton. Dickson est aussi chargé de surveiller le voisin de Sir Lambton, Percy Cruxley le grand savant misanthrope, dont les recherches portent sur les gaz asphyxiants, la balistique et les radiations mortelles. Le gouvernement anglais voudrait éviter que des puissances criminelles s'emparent de la nouvelle invention de Cruxley, appelée formule 61, qui consiste en des radiations pouvant provoquer des maladies à distance. Une nuit, Dickson épie Frank Brereton en train de voler une petite gravure appartenant à Sir Lambton. Au matin, Brereton est retrouvé mort dans sa chambre. Il s'agit d'un meurtre déguisé en suicide, et il ne subsiste aucune trace de la gravure. Dickson décide de s'introduire clandestinement chez Percy Cruxley et s'aperçoit qu'un autre a eu la même idée : Leicester Bunderwell. Celui-ci est abattu dans l'obscurité, avec en sa possession une partie de la gravure subtilisée par Brereton. Cette gravure représente un village ancien, avec sa place centrale entourée de maisons, sa fontaine et son église. Deux hommes ont-ils été tués pour cette image ? Cruxley, lui, est introuvable. Le mystère s'épaissit encore plus quand la formule 61 livrée au gouvernement s'avère complètement inefficace…
138 / LE DIABLE AU VILLAGE
Le Tueur sévit dans Londres et sa banlieue. Ce criminel a déjà assassiné plusieurs industriels et détruit des usines par le feu et les bombes… Harry Dickson et Tom Wills échappent même à un attentat en enquêtant dans l'établissement de James Ridgeway, situé dans le village de Kingsham. Le Tueur est-il le docteur Derwent, un jeune médecin qui a dilapidé sa fortune à cause de l'alcool et du jeu ? Une visite dans son laboratoire prouve que celui-ci contient tous les acides nécessaires pour commettre des crimes. Invités chez le maire, Mr. Tapley, Dickson et Wills évitent l'empoisonnement, mais un serviteur n'a pas leur chance. Penché sur le corps du mourant, Clyde Derwent, qui s'échappe et semble avoir trouvé refuge chez Mr. Slatters, le maître d'école. Slatters est-il complice de Derwent ? En tout cas, la maison de Slatters doit cacher un secret, puisque Mr. Tapley s'y introduit la nuit et s'enfuit, en assommant presque Harry Dickson. Quel est le rôle joué par Miss Panthère, une splendide créature qui donne des spectacles dans un cabaret appelé les Folies londoniennes ? Le jardin de cette dame est encombré de plantes vénéneuses et elle donne asile à un homme blessé. Nos deux détectives devront y voir clair pour découvrir lequel des habitants de Kingsham est le Tueur.
(Note du PReFeG) Une histoire un peu embrouillée où l'on sent un peu que Jean Ray sait aussi improviser.
Jean Ray, on le constate, commence à prendre des libertés avec sa mission originelle de produire des fascicules pour l'édition française d'Harry Dickson. Des formats d'histoires plus courts, moins de souci scénaristique, des approximations dans les intrigues parfois, peut-être, mais toujours un grand talent narratif qui fait de cet auteur un impressionnant faiseur d'histoires.


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