08 juillet, 2026

Galaxie (2eme série) n°023 – Mars1966

Galaxie mise toujours autant sur ses piliers, mais les points forts de ce numéro ne sont pas, ou pas encore, les vedettes. On appréciera davantage Philip Dick ou Jack Sharkey que Williamson ou McIntosh, avec tout le respect que nous devons pourtant à ces grands anciens.

Ah, enfin, la voilà cette foutue fusée !

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Sommaire du Numéro 23 :


1 - Frederik POHL Jack WILLIAMSON, L'Enfant des étoiles (1) (Starchild, 1965), pages 4 à 64, nouvelle, trad. Pierre BILLON, illustré par Gray MORROW

2 - Philip K. DICK, Simulacre (Precious Artifact, 1964), pages 65 à 80, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH

3 - Lester DEL REY, Le Dernier Terrien (The Last Earthman, 1965), pages 81 à 89, nouvelle, trad. René LATHIÈRE

4 - J. T. McINTOSH, Fric-frac sur Vokis (No Place for Crime, 1959), pages 90 à 123, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH, illustré par Dick FRANCIS *

5 - Jack SHARKEY, Journal de bord (The Dope on Mars, 1960), pages 124 à 140, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH, illustré par Wallace (Wally) WOOD *

6 - Keith LAUMER, Mort aux vermines ! (A bad day for vermin, 1964), pages 141 à 147, nouvelle, trad. René LATHIÈRE *

7 - (non mentionné) , Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 148 à 149, bibliographie

8 - COLLECTIF, Courrier des lecteurs, pages 154 à 155, courrier

9 - (non mentionné) , Résultats du référendum sur le n° 21, pages 159 à 159, notes 


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.



Galaxie en annonce la fin au prochain numéro, mais il reste deux parties encore après cette première ouverture de L'enfant des étoiles. Curiosité de l'édition, ce roman fait suite aux Récifs de l'espace que Galaxie publia dans ses numéros 6, 7 et 8, mais sera le premier publié en volume (Le masque science-fiction n°44 - 1976) ; il faudra attendre 1978 pour voir le premier opus publié en volume, et chez un autre éditeur (Press Pocket), ce qui fera dire à Jean-Pierre Andrevon dans le Fiction n°276 : " … en l'absence du premier volet, l'action décrite dans le second (...) restera tout à fait incompréhensible à qui n'aurait pas eu connaissance du premier. "
En effet, non seulement ce deuxième mouvement reprend les éléments du premier (les décors principaux, les antagonismes entre Machine toute puissante et planificatrice et Rebelles vivant leur utopie collectiviste au-delà de son influence dans les récifs de l'espace), mais encore on ne découvre rien de très nouveau ici - le héros, par exemple, est de nouveau un bleu à déniaiser. Cependant, les auteurs ne se sont pas encombrés à rappeler les éléments d'explication du roman précédent (ce qui aurait alourdi la narration, vive et directe). Mais même avec la souvenance du premier opus, on sera tout de même surpris par l'incursion de quelques éléments d'appartenance plutôt fantastique : revenant, prophétie, apparition - disparition… Pas du meilleur cru, ainsi, pour Frederik Pohl et Jack Williamson, mais le scénario reste somme toute bien ficelé comme une petite série Star Wars ou une plaisante aventure solo de jeu de rôles.


Chaque nouvelle parution d'un récit de Philip K. Dick dans les pages de Galaxie peut aussi laisser ce sentiment de déjà-vu, mais force lui en est d'avoir été constant dans ses thématiques, que nous nous réjouissons de voir s'inventer et se préciser d'une histoire à l'autre sur cette période des années 60.

" (...) je suis sur Terra pour des raisons sérieuses. Mon intention est de démontrer que ce sont en réalité les Proxiens qui ont gagné la guerre et que nous, les quelques Terriens survivants, nous sommes les esclaves de Prox et nous travaillons pour…» Il se tut. Il n'y avait rien à faire. "

On retrouve par exemple dans cet extrait l'un des motifs favoris de Dick, celui-ci sera même l'amorce du Maître du Haut-Château. En voici un autre :
" L'écureuil l'entendit. Il dressa les oreilles ce qui évoqua aussitôt dans l'esprit de l'homme un chat avec lequel il s'amusait jadis, un vieux matou somnolent qui leur avait appartenu, à son frère et à lui, à l'époque où Terra n'était pas encore aussi surpeuplée et où l'on avait le droit de posséder de petits compagnons familiers. "

On retrouve ici l'un des éléments principaux de son célèbre Blade Runner / Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques : le danger de perdre notre rapport aux animaux, et aux petits animaux tout particulièrement, qu'ils soient ou non domestiques (et ce n'est pas notre fidèle Ludo le hérisson - qui fêtait lors de la sortie de ce numéro ses trois ans - qui nous contredira sur ce point, n'est-ce pas Ludo ?).

Enfin, pour faire la jonction avec le précédent extrait :

« Et les animaux terriens ? Ont-ils tous disparu ? Le chien et le chat ? »

Mary jeta un coup d'œil aux deux gardes. Sans avoir besoin de parler, ils se comprirent en un éclair. « Après tout, cela vaut peut-être mieux, » fit-elle.

— « Qu'est-ce qui vaut mieux ? »

— « Que vous voyiez. Nous ne pensions pas que vous tiendriez aussi bien le coup. Vous avez le droit de voir. » Elle ajouta : « Oui, Milt, le chien et le chat ont survécu. Ils se sont réfugiés dans les ruines. Venez avec moi. »

Il la suivit, le cerveau en ébullition. Mary ne se trompait-elle pas pour la première fois ? Avait-il vraiment envie de voir ? Pourrait-il supporter le spectacle réel de ce qu'on avait cru bon, jusque-là, de lui épargner ? 

Dick, on le voit, est très alerte pour illustrer les mouvement pendulaires de la paranoïa. Dans cette nouvelle intitulée Simulacre (ce terme sera grandement utilisé par les traducteurs de Dick, qui use ici du mot plus trouble d'artefact (artifact) et ne dévoile pas autant l'aspect mimétique des choses ainsi définies), on explore avec lui toute la complexité de la reconstruction d'une Terre dévastée non pas d'un point de vue technique, mais sur le plan psychologique. La motivation d'aller de l'avant repose sur des espoirs : métissage des cultures l'une à l'autre étrangères, survivance de quelques espèces animales qu'on pourrait conserver dans des réserves, compagnonnage et instinct de protection, et surtout : avoir à faire avec des êtres vivants et non point des robots. Bien entendu, la mélancolie qui accompagne ces espoirs n'est pas absente mais ne s'articule pas sur de la nostalgie - le "retour de la douleur" dans son sens premier - mais sur un espoir plus vaste qu'un nouveau monde vivant surgira de cette reconstruction - dusse-t-il dépendre à sa base d'un mensonge, mais un mensonge structurant. C'est toute la problématique du territoire américain souffrant du génocide amérindien, ou celle du territoire européen restructuré par les promesses d'abondance du Plan Marshall qui sont ici évoquées, peut-être inconsciemment chez Dick, mais qui témoignent tout de même de la sensibilité et de la lucidité rares dont nous fait profiter ce grand auteur.

Le dernier terrien de Lester del Rey est une jolie petite nouvelle qui nous démontre gentiment la préciosité de notre planète mère. Concis et émouvant.



On retrouve J. T. McINTOSH dans Fric-frac sur Vokis, une histoire policière d'arnaque et de vol, sur une planète dont l'opulence attire les escrocs, mais aux méthodes policières réputées infaillibles. Le plan du vol parfait est un peu alambiqué et repose sur une mutation psi (la téléportation), mais l'ensemble n'est finalement que peu SF.


Vient ensuite un Journal de bord tenu par un reporter chargé de couvrir la première expédition sur Mars ; on y découvre les martiens (et on retrouve le goût de Jack Sharkey pour les métabolismes extraterrestres), et l'on rit de la naïveté du ton, des mésaventures de l'équipage et de la grogne permanente qui sévit entre ses membres dont chacun méprise la spécialité de l'autre. 

Dans Mort aux vermines !, une délibération de justice doit faire état du statut de criminel ou non de l'homme qui a assassiné le premier extraterrestre venu visiter la Terre - et que son assassin a considéré comme "une vermine". Keith Laumer joue avec une cascade de dominos qui ébranlent tout le système pénal.



Dans le Courrier des lecteurs, nous retrouvons le fidèle Henri Michaux de Versailles (le poète vivait, lui, à Paris, mais sait-on jamais...). C'est toutefois en réponse à un autre lecteur que nous pouvons lire cette petite note de la rédaction qui nous éclaire sur les rapports entretenus entre Galaxie et Fiction (dont les équipes rédactionnelles sont sensiblement clonées) :

Nous l'avons déjà dit à plusieurs reprises : nos deux revues sont complémentaires. Les chroniques qui donnent un « ton » à Fiction seraient déplacées dans Galaxie. Fiction se veut plus sérieux, Galaxie plus distrayant. Mais l'une et l'autre des revues nous semblent faites pour satisfaire à la fois tout amateur de science-fiction un tant toit peu éclectique.


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Rapport du Centaurien pour le PReFeG (Juin 2026)
  • Relecture
  • Rares corrections orthographiques et grammaticales
  • Vérification du sommaire
  • Vérification des casses et remise en forme des pages de titre
  • Remise en page des illustrations
  • Ajout en portfolio des illustrations des versions originales qui n'avaient pas été reprises dans l'édition française
  • Vérification et mise à jour des liens internes
  • Mise au propre et noms des fichiers html
  • Mise à jour de la Table des matières
  • Mise à jour des métadonnées (auteurs, résumé, date d'édition, série, collection, étiquettes)

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