03 décembre, 2025

Galaxie (2eme série) n°008 – Décembre 1964

On creuse la question de l'optimisme qui nous ferait entrevoir une première rencontre avec une espèce extraterrestre comme profitable pour tous. Avant tout : nous sera-t-il possible de nous comprendre mutuellement ? N'y aura-t-il pas, de part ou d'autre, une tentation dont se défier, celle de la condescendance ou du mépris ? Et s'il y a "profit partagé", ne sera-ce pas au prix de l'intégrité de chacune de ces espèces qui devront peut-être chacune se redéfinir pour permettre une symbiose - seule voie à un entendement mutuel ? Bref, vous l'aurez compris, un numéro fort bien construit, comme le serait une anthologie, malgré un choix de nouvelles d'époques très disparates (entre 1951 et 1963).

A quand un drone avec parachute ?

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Sommaire du Numéro 8 :


1 - Daniel F. GALOUYE, La Cité des sphères (The City of Force, 1959), pages 2 à 47, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH, illustré par DILLON *

2 - Theodore STURGEON, Tandy et le brownie (Tandy's Story, 1961), pages 48 à 71, nouvelle, trad. Pierre BILLON, illustré par WALKER

3 - William TENN, Les Escargots de Bételgeuse (Betelgeuse Bridge, 1951), pages 72 à 89, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH

4 - Frederik POHL & Jack WILLIAMSON, Les Récifs de l'espace (suite et fin) (The Reefs of Space, 1963), pages 90 à 140, roman, trad. Pierre BILLON, illustré par Ed EMSH

5 - Jack SHARKEY, Une question de protocole (A Matter of Protocol, 1962), pages 142 à 154, nouvelle, trad. Michel DEMUTH, illustré par George SCHELLING *

6 - (non mentionné), Nouvelles des auteurs de ce numéro parus dans l'ancien "Galaxie", pages 156 à 157, bibliographie

7 - (non mentionné), Table des récits parus dans « Galaxie » : mai-décembre 1964, pages 158 à 159, index


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


Dans La cité des sphèresDaniel F. Galouye met à l'épreuve l'optimisme qui pousserait l'humain à tenter de communiquer avec une espèce d'un autre monde sensiblement plus évoluée que lui - tout au moins tellement étrangère qu'elle ne verrait en lui qu'une vermine ou un parasite. On repensera, sur le sujet de l'incommunicabilité, à "Solaris" de Stanislas Lem, mais aussi au récemment paru (en 1964) "Les hommes dans les murs" de William Tenn (in Galaxie n°05). D'ailleurs, à l'instar de ce dernier, Galouye aura poursuivi cette nouvelle (publiée en 1959) dans un roman : "Les seigneurs des sphères", écrit en 1963 et qui paraîtra en 1964 dans la collection Présence du Futur. Cependant, plutôt que de continuer comme Tenn son récit, il en fera un tout autre, plus martial et résolument moins versé sur cet optimisme humaniste que l'on explore ici.
 

Dans un style qui lui est propre, simple mais terriblement efficace pour construire une relation particulière avec son lecteur, Theodore Sturgeon expose une fable enfantine pour développer l'idée de "profit partagé" propre aux espèces symbiotique. Bien entendu, quand il s'agit des êtres humains, on aurait tendance à grincer des dents et imaginer beaucoup d'optimisme béat, encore une fois, dans cette affaire. Mais Sturgeon nous séduit par la joie qui anime Tandy et le brownnie.

" Les couvertures des magazines montrant des vierges tout ce qu’il y a de nubile menacées en trois couleurs par une collection de monstruosités diverses et variées, les films d’horreur, les histoires d’invasion de la Terre par des êtres surgis de l’espace, les épouvantails dont les bandes dessinées faisaient leurs choux gras – il fallait que j’extirpe tout cela, que je comble les profondes ornières psychologiques creusées au cours des années. Sans compter les frissons suscités par la seule mention des « vers géants », la méfiance automatique provoquée par les « étrangers », la peur superstitieuse que l’on éprouve devant des créatures que ne sauraient visiblement habiter une âme. "
C'est à partir de ce constat d'une science-fiction finalement xénophobe (l'alien qui viendrait jusque dans nos bras égorger nos filles et nos compagnes, comme dirait l'autre) que Tenn imagine, en 1951, qu'une ambassade extraterrestre, Les escargots de Betelgeuse, vient nous rendre visite. C'est donc encore l'histoire d'un premier contact avec une race extraterrestre, ici technologiquement plus avancée que nous - comme on s'y attendrait dans la mesure où ce sont eux les visiteurs et qu'ils arrivent de Betelgeuse. Une espèce plus avancée, donc, et qu'il faut apprendre à accueillir - occasion pour Tenn de décrire par le menu une campagne d'opinion à l'échelle planétaire. On se souviendra de "Comment servir l'homme" de Damon Knight (in Galaxie 1ère série n°1) ; ici aussi, l'obséquiosité des visiteurs restera à prendre avec des pinces... à escargots !

Pour cette littérature d'évasion, Frederik Pohl et Jack Williamson se hâtent un peu de dénouer les fils des multiples intrigues pour ouvrir le champ de leur récit à un avenir possible. Du suspens, l'inévitable moment où tout semble perdu, Les récifs de l'espace ne sont finalement entrevus que depuis un modèle réduit, et la résolution manque peut-être un peu de la subversion qu'on apprécie pourtant généralement chez Pohl.

Comme l'indique la rédaction à la fin de la nouvelle suivante, on y retrouve le personnage de "L'univers intérieur", le lieutenant  Jerry Norcriss, zoologiste spatial (on dirait de nos jours "xénobiologiste".)   Quand Jerry Norcriss se pose avec son équipe sur la planète Viride, il ignore agir déjà sur le protocole symbiotique de reproduction des espèces. Car observer, c'est déjà agir. Jack Sharkey imagine l'impensable mélange des règnes animaux et végétaux dans Une question de procole, bonne et courte nouvelle, et qui d'une certaine manière annonce le roman de Jack Vance que Galaxie publiera deux mois plus tard ("Le prince des étoiles").

Rapport du PReFeG (Novembre 2025)

  • Relecture
  • Corrections orthographiques et grammaticales
  • Refonte du sommaire
  • Vérification des casses et remise en forme des pages de titre
  • Placement des lettrines conforme à l'original
  • Remise en page des illustrations initialement en double page
  • Ajout en portfolio des illustrations des versions originales qui n'avaient pas été reprises dans l'édition française
  • Refonte de la Table des "Nouvelles des auteurs de ce numéro" et de la Table des récits.
  • Notes (0), (0b) et (2) ajoutées.
  • Ajout du 4ème de couverture (Annonce du Fiction Spécial n°6)
  • Vérification et mise à jour des liens internes
  • Mise au propre et noms des fichiers html
  • Mise à jour de la Table des matières
  • Mise à jour des métadonnées (auteurs, résumé, date d'édition, série, collection, étiquettes)

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Prochain bonus pour les 4 ans du PReFeG : "20 Fictions disparues"

A suivre : Galaxie n°009.

Galaxie présente son numéro 9 : 

Au prochain sommaire de "Galaxie"

Le court roman complet figurant le mois prochain dans GALAXIE est signé de POUL ANDERSON, l’auteur au talent le plus stable de la jeune génération de la science-fiction. Intitulé Pour construire un monde, il a pour sujet la préparation d’un vaste projet scientifique destiné à rendre la Lune habitable, et la lutte acharnée d’un groupe politique rival pour faire échouer cette entreprise. Le tout au rythme d’une action rapide, fertile en péripéties mouvementées.

Des êtres humains sont l’objet d’une fantastique expérience biologique. Ils sont dès l’instant de leur naissance plongés en milieu totalement aseptique, éliminant tout virus et microbe. Ces « cobayes » deviennent des sortes de parias, condamnés à vivre en vase clos, risquant de mourir de la plus banale maladie infectieuse s’ils s’exposent à l’air pollué du monde extérieur. C’est cette extraordinaire situation que développe ALLEN KIM LANG dans un des récits de science-fiction les plus intelligents de l’année : Les hommes sans microbes, également en vedette au sommaire de notre prochain numéro.

A ce même sommaire, deux nouvelles dignes d’attention et signées de noms appréciés : Les pensées dangereuses par CLIFFORD D. SIMAK (ou comment modeler l’univers au gré de sa volonté) et Esprit de combat par DANIEL F. GALOUYE (la lutte menée par des soldats sur une planète perdue, contre un ennemi aux impossibles pouvoirs).

Sans oublier le retour très attendu de l’auteur le plus populaire de l’ancien « Galaxie » : ROBERT SHECKLEY, avec une histoire bien dans sa manière : Un filon sur Vénus (ou les mésaventures qui attendent un hardi prospecteur sur un monde inhospitalier).

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