11 février, 2026

Galaxie (2eme série) n°013 – Mai 1965

Galaxie entend poursuivre ses parutions dans une démarche plus large que celle d'une simple revue, d'une part en publiant des (presque) romans, ici une novella plutôt romantique, et d'autre part en réhabilitant des nouvelles qui avaient été coupées et desservies par des traduction approximatives lors de leur précédentes parution quelques années plus tôt. Après Floyd L. Wallace, et avant Margaret Saint-Clair, Robert Sheckley ou Theodore Sturgeon (et même plus tard Mark Clifton, James E. Gunn, Christopher Grimm, Walter Michael Miller ou Theodore R. Cogswell), c'est Richard Matheson qui bénéficie d'une remise à neuf pour ce numéro 13.

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Sommaire du Numéro 13 :


1 - Christopher GRIMM, L'Ombre gardienne (Someone to Watch Over Me, 1959), pages 6 à 65, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH, illustré par Dick FRANCIS *

2 - Jack SHARKEY, Les Trois vies d'Arcturus (Arcturus Times Three, 1961), pages 67 à 99, nouvelle, trad. Michel DEMUTH, illustré par George SCHELLING *

3 - Daniel F. GALOUYE, Les Chasseurs (The Chasers, 1961), pages 101 à 113, nouvelle, trad. Michel DEMUTH

4 - Richard MATHESON, Une maison dernier cri (Shipshape Home, 1952), pages 114 à 133, nouvelle, trad. Pierre BILLON

5 - Philip K. DICK, Jeu de guerre (War Game, 1959), pages 134 à 153, nouvelle, trad. Pierre BILLON, illustré par Wallace (Wally) WOOD

6 - (non mentionné) , Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 155 à 155, bibliographie

7 - COLLECTIF, Courrier des lecteurs, pages 157 à 157, courrier 


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


Bien que la novella soit un peu sans surprise, mais tout de même de bonne qualité, le reste des nouvelles est d'un très bon niveau - même si un peu daté.

" ... tu ne t’es pas contenté de faire du commerce avec les hyperspatiens ! Tu es leur associé – et ils sont encore pire que les extra-terrestres parce qu’ils sont tellement plus… extra-terrestres ! "
L'ombre gardienne est une romance qui prend forme dans un dilemme : l'hyperespace par lequel passent les vaisseaux pour aller d'une planète à l'autre n'est pas un espace où l'on se déplace plus rapidement, mais un espace parallèle qui fait courir le risque à celui qui s'y arrête d'être confronté à son antimatière, et donc de se dissoudre, voire de créer une brèche qui dissoudrait les univers… Mis à part ça, cet enjeu écarté par l'audace ou la manipulation, le récit ressemble plus à une aventure romantique qu'à de la SF, et l'on y voit bien que, sous son pseudonyme de Christopher Grimm,  H. L. Gold - fondateur et éditeur originel de Galaxy (jusqu'en 1959) - commence, en 1965, à faire partie d'une arrière-garde. Mais il est vrai que la novella date en réalité de 1959.
Notons aussi que "Someone to watch over me", le titre de la version originale de cette novella, fait référence à celui d'une chanson de George et Ira Gerschwin composée pour la comédie musicale "Oh Kay !" (1926) et immortalisée par Ella Fitzgerald.

Après un "Avant-propos" intitulé "Zoologie 2097" (et que l'Encyclopédie en ligne NooSFere a identifié comme une nouvelle à part entière sans nom d'auteur), qui explicite le rôle essentiel des xenobiologistes du récit, Les trois vies d'Arcturus composées par Jack Sharkey développent - comme dans les précédentes nouvelles des aventures du xenobiologiste Jerry Norcriss - trois exemples de métabolismes extraterrestres, avec les doutes et les questionnements de rigueur. Et Sharkey de rappeler que le but de tout ceci demeure la colonisation - et sans doute l'extermination d'espèces jugées dangereuses ou indésirables. Vertige de celui qui respecte la vie pour la comprendre mais qui se soumet à celui qui lui permet techniquement cette connaissance, mais qui place cette connaissance au-dessus du respect de la vie.


Les chasseurs ne sont jamais ceux que l'on croit, surtout sur une planète piège sans autre péril que la tentation de plaisirs ineptes. Daniel F. Galouye nous interroge ici sur notre intelligence, notre technologie et notre désir de nous élever au-dessus de l'instinct somme toute animal.


Galaxie poursuit sa "retraduction" des nouvelles de la 1ère série : une précédente traduction de Une maison dernier cri était antérieurement parue dans l’ancienne édition de GALAXIE (n° 12, novembre 1954), sous le titre Le bon marché coûte cher. L'histoire de Richard Matheson passe tout de même de 16 à 20 pages, et bénéficie de quelques précisions (comme celle concernant l'illustrateur Chas Addams, le créateur de la célèbre famille du même nom, et qui avait été renommé Charles dans la précédente traduction). On appréciera tout autant cette bonne histoire qui frise le sentiment complotiste, et pourra même rappeler certains passages de Un bébé pour Rosemary de Ira Levin, ainsi que dans une moindre mesure le thème du Péril Bleu de Maurice Renard.


Pour terminer : Philip K. Dick nous allèche avec son goût pour les jeux - ici Jeu de guerre - pour les "games" dont les règles se substituent à celle de la réalité, souvent dans un but éducatif. Ici, le jeu provient d'une colonie étrangère soupçonnée de n'être pas aussi commerçante qu'elle s'accorde à le dire. Car une chose n'est jamais à sous-estimer en matière d'importations, c'est qu'il s'agit toujours, au fond, de guerre économique. On repensera à Raymond F. Jones et à ses Imaginox, et avec cette nouvelle écrite en 1959, l'on attendra patiemment que Dick compose (en 1963) sa nouvelle "Au temps de Poupée Pat" (si chère à notre centaurien) qui lui fera marquer un cran supplémentaire dans l'adversité paranoïde à l'œuvre dans l'ensemble de ses récits.


Galaxie s'adonne au plaisir du Courrier des lecteurs, et la première lettre de ce numéro est sans doute de la plume d'un "érudit" :

J’ai lu avec quelque méfiance les premiers numéros de Galaxie, nouvelle série : la façon quelque peu bruyante dont la nouvelle rédaction, dans sa publicité, se comparaît à l’ancienne, m’avait fait craindre – à tort, je dois le dire – quelque mauvais goût de sa part.

La revue sollicitant des avis, j’aimerais en donner brièvement quelques-uns. Par exemple : les feuilletons sont à ne découper en tranches que si, d’un mois à l’autre, on peut se souvenir de la trame de l’histoire ; donc il faut un space opéra plutôt qu’un roman du type Guerre dans le néant de Leiber, qui nécessitait une attention soutenue et dont la mise en tranches a été un vrai massacre. Ou faut-il mettre Galaxie 3 mois sous son matelas avant de la lire ?

J’aimerais terminer sur une remarqua générale. Il y avait 3 collections de S.F. : l’une étant un peu Tintin et Milou dans l’espace, l’autre éditant trop souvent des recueils de nouvelles, la troisième désintégrée. [Note du PReFeG : l'auteur de la lettre fait sans doute respectivement référence au Fleuve Noir - Anticipation, à Présence du Futur, et au Rayon Fantastique.] Il est donc indispensable que Galaxie continue de publier des romans, bien que ce ne soit guère la vocation d’une revue. Mais sinon, où les lirait-on ? Peut-être même serait il possible de « mettre aux voix » par référendum (la Constitution le permet) un certain nombre de romans à éditer en numéros spéciaux ?
Docteur André BARDIN
DIJON

Bien que l'on sache que la majorité des lettres publiées par les revues sont souvent des "faux" écrit par les équipes même de leurs rédactions, on ne peut que saluer l'intuition du bon Docteur Bardin qui prévoit les "numéros spéciaux" de Galaxie à venir, qui prendront la forme d'une collection de romans intitulée : "Galaxie-Bis" (cette dénomination ne sera définitivement adoptée qu'à partir de son numéro 5), au format poche, six mois en avant dans le temps, soit dès novembre 1965. Le numéro Spécial 1- ou numéro 20 bis, sera "L'Ere des gladiateurs" de Frederik Pohl et Cyril M. Kornbluth, que nous vous proposons en Bonus en cliquant sur la couverture ci-contre (avec six mois d'avance sur les lecteurs de Mai 1965, petits veinards de futuriens !)








Rapport du Centaurien pour le PReFeG (Février 2026)
  • Relecture
  • Corrections orthographiques et grammaticales
  • Vérification du sommaire
  • Vérification des casses et remise en forme des pages de titre
  • Remise en page des illustrations
  • Ajout en portfolio des illustrations des versions originales qui n'avaient pas été reprises dans l'édition française
  • Ajout du 4ème de Couverture (Fiction spécial 7)
  • Notes (1) et (2) ajoutées.
  • Vérification et mise à jour des liens internes
  • Mise au propre et noms des fichiers html
  • Mise à jour de la Table des matières
  • Mise à jour des métadonnées (auteurs, résumé, date d'édition, série, collection, étiquettes)

En cliquant sur les noms des auteurs de ce numéro

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Christopher GRIMM
Jack SHARKEY
Philip K. DICK


A suivre : Galaxie n°14.

Galaxie présente son n°14 :

Au prochain sommaire de “Galaxie”

 Si vous voulez lire le roman le plus inattendu de l’année, celui qui défie toutes les définitions connues de la science-fiction, ne manquez pas d’acheter notre prochain numéro, où vous le trouverez, complet en une seule parution. Son titre : Les Maîtres des Dragons. Son auteur : JACK VANCE. Son intrigue : quelque chose qui ne ressemble exactement à rien de ce que vous avez vu. En tout cas (c’est le moins qu’on puisse dire), une flamboyante aventure. Le tout agrémenté d’une série d’incroyables dessins de Jack Gaughan, représentant les bizarres créatures qui sont au centre de l’histoire et qui portent des noms aussi charmants que l’Horreur Bleue ou le Tueur Califourche. Bref, un texte à ne pas manquer !

 

Avec en outre quelques nouvelles choisies par nous pour être dégustées par l’amateur : Cuisine spatiale par ALLEN KIM LANG (si vous êtes gourmet, ne montez surtout pas à bord d’un astronef) ; Le meilleur des équipages par DANIEL F. GALOUYE (des robots un peu indociles) ; Les voisins par ROBERT SILVERBERG (la plus surprenante des guerres : celle qui se déroule entre deux individus) ; La mézon de l’orreure par MARGARET ST. CLAIR (de quoi avoir des cauchemars).

 

Un numéro qui sortira le 13 mai (1965).


Note du PReFeG: "La mézon de l'orreure" avait initialement été publiée dans le Galaxie (1ère série) n°44 (juillet 1957).

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