Immortalité, glissades dans le temps, résurrections et affranchissements plus ou moins accomplis envers la machine, voilà la substance qui circule dans les veines de ce numéro du printemps 1966, dont une bonne partie des nouvelles resteront des publications exclusives.
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Sommaire du Numéro 25 :
1 - Robert F. YOUNG, Mars dans un verre de vin (A Glass of Mars, 1965), pages 4 à 34, nouvelle, trad. Paul ALPÉRINE, illustré par Gray MORROW *
2 - Fritz LEIBER, La Grande machine (The Big Engine, 1962), pages 35 à 39, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH *
3 - Theodore L. THOMAS, Le Solitaire (The Lonely Man, 1963), pages 40 à 59, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH, illustré par JACKSON *
4 - C. C. MacAPP, Bienvenue sur Ganymède (A Guest of Ganymede, 1963), pages 60 à 85, nouvelle, trad. Paul ALPÉRINE, illustré par John GIUNTA *
5 - Cordwainer SMITH, Le Jour de la pluie humaine (When the People Fell, 1959), pages 86 à 97, nouvelle, trad. Michel DEMUTH
6 - Frederik POHL & Jack WILLIAMSON, L'Enfant des étoiles (3) (Starchild, 1965), pages 98 à 147, nouvelle, trad. Pierre BILLON, illustré par Gray MORROW
7 - (non mentionné) , Nouvelles déjà parues des auteurs de ce numéro, pages 148 à 149, bibliographie
8 - (non mentionné) , Résultats du référendum sur le n° 23, pages 155 à 155, notes (page manquante dans l'epub proposé ici).
9 - COLLECTIF, Courrier des lecteurs, pages 157 à 160, courrier (pages manquantes dans l'epub proposé ici).
* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.

Mars dans un verre de vin nous propose une histoire de glissoire temporelle sur Mars, qui rappellera par son ton les sujets classiques du genre de ceux des épisodes de Twillight Zone. Mais ce qui aurait été simplement charmant est transcendé par la finesse de Robert F. Young, qui nous prévient au passage de nous méfier de l'idéalisme qui se superpose à l'attrait pour l'exotisme d'une situation, d'une autre époque, ou d'une civilisation martienne disparue.

Dans La grande machine, Fritz Leiber partage le sentiment d'absurde et de vacuité qui habite le narrateur de ce petit récit ; déploiement d'un point de vue : celui de percevoir le monde et les êtres qui le meuvent comme des mécaniques sans aucun libre-arbitre. On aurait peut-être aimé y trouver quelques contre-exemples et ne pas trouver ce discours aussi désespérant.
Il est à noter que cette nouvelle n'est pas à confondre avec le roman éponyme de Leiber paru chez Casterman en 1978 : "La grande machine" (dont le titre original est "You're all alone", et date de 1950). Nous vous proposons ce roman en Bonus ci-contre, au format epub comme à l'accoutumée, dont vous pouvez vous procurer une copie en cliquant sur la couverture. Pour plus d'informations sur l'ouvrage, vous pouvez consulter le site de Bruno Para hébergé sur NooSFere ici.

Après l'horreur de voir le Monde comme une mécanique sans pensée, les vertus de la pensée mécaniste ! Le solitaire est un chercheur, expert en chimie, qui a découvert un procédé pour rallonger considérablement la vie humaine. Mais ce procédé ne peut se faire que sur une planète colonisée dont l'atmosphère est riche en ozone. On retrouve l'idée déjà développée dans Les Seigneurs de l'Instrumentalité, et qui sera également à la base du célèbre cycle de Dune, d'une planète produisant une substance sur laquelle repose tout l'équilibre du pouvoir. Mais ici, Theodore Thomas va plus loin : qu'advient-il de cette colonie, et de la population engagée presque exclusivement à la production de la substance devenue essentielle, quand son procédé de fabrication devient synthétisable sur Terre… ? Le solitaire en question, ce brillant chimiste mélancolique, un peu à côté de la plaque tant son esprit est monopolisé par ses recherches, cet homme devenu un temps la clé de voûte de toute une civilisation galactique, pour ensuite perdre son exclusif prestige, ne risque-t-il pas de se désaffecter totalement ? Bien documentée, la nouvelle demeure toutefois légère et optimiste, surtout du fait de l'entourage vaillant, volontaire et sympathique de ce pauvre chercheur un peu lunaire.

Il est encore question de la quête d'un moyen de devenir immortel dans Bienvenue sur Ganymède. Il s'agit ici d'un virus, inoculé par des Ganymédiens à des fins thérapeutiques (cela soigne à peu près tout) et moyennant finances. Mais le malade ainsi soigné en est "nettoyé" une fois guéri, avant son retour. C'est pour déjouer ces précautions que l'aventurier Murdoch a échafaudé un plan pour voler un échantillon du virus et devenir ainsi le détenteur dans son sang d'une immortalité tant convoitée. Une bonne nouvelle de C. C. MacApp, avec un certain souci du détail qui rappelle les histoires d'arnaques parfaites, où l'on pressent comme toujours que tout ne se passera pas comme prévu.

Un nouveau chapitre du cycle de l'Instrumentalité (on notera d'ailleurs l'adoption définitive du terme dans cette traduction de Demuth), où il est question de la colonisation éclair de Vénus par le Gouvernement chinois, en misant sur l'écrasante supériorité en nombre du "matériel humain" - et l'astuce utilisée par Corwainer Smith d'user de la longévité du narrateur lie subtilement Le jour de la pluie humaine au reste du cycle de cette fascinante histoire de l'avenir de l'espèce humaine.

Boysie Gann le falot reprend un peu de poil de la bête et tente de retrouver son libre-arbitre… Tente seulement. Car les éléments jugés "fantastiques" du début du roman, s'ils trouvent presque tous une justification, n'ont pas vraiment d'explications, et la liberté dont on aimerait les voir jouir, notre héros et toute l'espèce humaine, devient un affranchissement douteux et un ballottement d'une influence à l'autre. Inutile de préciser que les auteurs promettent un festival de supers pouvoirs à la van Vogt… pour un troisième volume - ce troisième opus, L'étoile sauvage, ne sera toutefois jamais repris dans Galaxie.
Comme c'est l'été et que vous êtes sensés avoir plus de temps pour lire, nous vous le proposons en second bonus ! Petits veinards !
Hé bé, vous n'avez pas perdu votre quart d'heure de visite chez nous, dirait-on !
Une petite annonce à présent de la part de notre correcteur venu du Centaure :
Si quelqu'un parmi vous possédait ce n° 25 en papier, et avait en retour la possibilité de nous photographier les pages 148 à 160 de ce numéro, nous ne manquerons pas de vous en remercier chaleureusement et d'augmenter à notre tour cet epub des résultats du referendum sur le n°23, et du Courrier des lecteurs. Faites-vous connaître via les commentaires si c'est le cas !
Pour terminer : grosse affluence chez nous ce mois-ci ; nous venons de dépasser les 140 000 vues ! Merci de votre intérêt (chaleureuses salutations à nos lecteurs vietnamiens et brésiliens) !
Rapport du Centaurien pour le PReFeG (Juillet 2026)
- Relecture
- Corrections orthographiques et grammaticales
- Refonte du sommaire
- Vérification des casses et remise en forme des pages de titre
- Remise en page des illustrations
- Ajout en portfolio des illustrations des versions originales qui n'avaient pas été reprises dans l'édition française
- Refonte de la Table des "Nouvelles des auteurs de ce numéro"
- Notes (1) (2) et (3) ajoutées
- Ajout du 4ème de couverture
- Vérification et mise à jour des liens internes
- Mise au propre et noms des fichiers html
- Mise à jour de la Table des matières
- Mise à jour des métadonnées (auteurs, résumé, date d'édition, série, collection, étiquettes)
- MANQUENT Le résultat du referendum du n°23 et les pages de Courrier des lecteurs.
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Prochaine publication prévue pour le mercredi 29 juillet 2026 : Fiction n°146.
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