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| Tu as vu Ninille ? Ils sont quatre ! |
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Sommaire du Numéro 29 :
1 - Frederik POHL, Après-guerre (The Waging of the Peace, 1959), pages 4 à 34, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH, illustré par Wallace (Wally) WOOD
2 - Robert SILVERBERG, Les Guerriers de lumière (The Warriors of Light, 1965), pages 35 à 70, nouvelle, trad. Michel DEMUTH, illustré par Jack GAUGHAN
3 - George Henry SMITH, Un univers pour Dandor (In the Imagicon, 1966), pages 72 à 79, nouvelle, trad. Frank STRASCHITZ
4 - Robert F. YOUNG, Saint-George et la dragonmotive (St. George and the dragonmotive, 1965), pages 80 à 107, nouvelle, trad. René LATHIÈRE, illustré par Gray MORROW
5 - Fred SABERHAGEN, L'Essaim de pierres (Stone Place, 1965), pages 108 à 152, nouvelle, trad. Pierre BILLON, illustré par Jack GAUGHAN
6 - (non mentionné) , Résultats des référendums sur les n°s 26 et 27, pages 159 à 159, notes (manquant à cet epub).
« Te rappelles-tu comment c’était autrefois, avant que Jack Tighe nous ait libérés ? Chaque mois, un nouveau grille-pain éjecteur apparaissait sur le marché. Tantôt il y avait un cadran pour couper les tranches de pain à la dimension souhaitée, tantôt un œil magique s’en chargeait pour vous. La cafetière qu’on achetait au mois de juin utilisait une grosse mouture et celle qu’on achetait en septembre pour la remplacer exigeait une mouture fine. Et maintenant, » s’exclama-t-elle avec ivresse, sa colère passagère oubliée, « et maintenant je me sers des mêmes instruments depuis plus de six mois ! J’ai eu le temps d’apprendre à les utiliser. Je peux les conserver jusqu’à ce qu’ils soient usés. Et quand ils le sont, je peux, si j’en ai envie, retrouver exactement le même modèle ! Oh ! Bill ! » poursuivit-elle, bouleversée, « comment faisions-nous dans le temps, avant Jack Tighe ? »
L’usine était une usine automatique. Non seulement elle produirait, mais elle continuerait de produire tant qu’il y aurait de la matière première. Oui. Et il était prévu que des modifications seraient apportées aux modèles car l’introduction d’un facteur de vieillissement du produit fini était un impératif fondamental de la technologie industrielle.
Produire pour produire, donc. Et si certains avaient déjà entraperçu l'absurde de la situation, voici le discours ambiant qui pouvait dominer alors (Pohl s'y amuse un tantinet avec un ton biblique assez réjouissant) :
Alors, les ingénieurs appuyèrent sur le petit bouton rouge et ils s’éloignèrent.Le premier jour, des milliers de percolateurs sortirent des chaînes.Puis les machines accélérèrent la cadence. Les percolateurs sortirent par dizaines de mille. Alors, les machines passèrent à l’étape de la production à 100 %.Un ingénieur toussota. « Hum… Je me demande une chose… Ce petit bouton rouge… Supposons qu’on veuille le mettre à la position « arrêt ». Est-ce possible ? »Les grands directeurs froncèrent le sourcil. « Ignorez-vous que nous sommes en guerre ? » demandèrent-ils. « Produire : c’est la seule chose qui compte. Quand la guerre sera finie, il sera temps de s’inquiéter et de voir comment arrêter tout cela. Pour le moment, nous ne pouvons pas prendre le risque de laisser les agents ennemis pénétrer à l’intérieur de notre système de défense pour affaiblir notre effort de guerre. En conséquence, le bouton ne fonctionne qu’à sens unique. »Et nous avons gagné la guerre. Et, oui… Dès lors, on pouvait se faire du souci.
La colonisation de l’univers par le genre humain avait déjà commencé plusieurs générations avant que Noël Vorst lance son mouvement. Mars et Vénus avaient été colonisées de façon différente. Aucune des deux planètes n’était vraiment habitable par l’homme. Mars avait donc été modifiée pour permettre à l’homme d’y survivre. Et l’homme avait été lui-même modifié pour survivre sur Vénus. Les deux colonies croissaient rapidement, maintenant. Pourtant, bien peu de choses avaient été faites pour résoudre la crise de la surpopulation.
Pour son second chapitre du Chemin de l'espace, intitulé Les guerriers de lumière, Robert Silverberg expose ainsi de façon très simple l'alternative pantropie / terraformation, soient les deux grandes tendances des colonisations futures… Bien entendu, le problème de fond demeure la surpopulation. Et face à l'injonction de croître et de se multiplier relayée par l'esprit religieux, il devient nécessaire de construire un nouveau sacerdoce, reposant sur des bases scientifiques, et cependant axé lui aussi sur la promesse de vie éternelle, et sur le salut de l'espèce par son expansion dans la galaxie. Après la première partie qui exposait les débuts du culte de Vorster, Silveberg extrapole le devenir de ce culte quelques dizaines d'années plus tard…
Arrivisme, opportunisme, prise de pouvoir, hérésie et espionnage à l'aide d'agents dormants, voici la batterie offensive de ces Guerriers de lumière du culte Vorster devenu puissant et qui semble commencer à s'écrouler sous son propre poids. Car comme toujours, les promesses sont reléguées aux lointains lendemains après un long chemin de calvaires.
Comment un homme pourrait-il apprécier le Ciel à sa juste valeur s’il ne goûtait pas de temps à autre à l’Enfer ? Voici la substance de Un univers pour Dandor, du fugace George Henry Smith, histoire à double lecture, dont les deux sens se valent bien. Placés en positif et négatif, la réalité et l'imaginaire s'y renvoient la balle. Restent le symbolique - qui pourrait être cet Imagicon qui transporte la conscience d'un monde à l'autre - et, bien évidemment, … la fiction.
Cette nouvelle sera reprise dans l'anthologie "Histoires de mirages" (collection La grande anthologie de la science-fiction, Livre de Poche n°3816 - décembre 1984),sous le titre plus conforme à l'original de Dans l'Imagicon. On pourra y lire :
Avec Dans l’Imagicon, de George H. Smith, de facture plus traditionnelle, une autre inversion du rapport au réel s’instaure : le renversement du désir ; la réalité correspond dangereusement au fantasme idéal et suscite la production du fantasme-cauchemar qui sert, sur un mode infantile, de pare excitations. Nous voyons ici apparaître une de nos prémisses : l’omnipotence n’est pas supportable : l'enfer devient alors l’objet d’un désir secondaire, celui d’échapper à un réel qui satisfait trop bien le désir primaire pour ne pas risquer d’oblitérer le moi. Mais ce réel, justement, où la plupart des rivaux masculins ont disparu et où la disposition des femmes maternantes est illimitée, a toutes les allures d’un fantasme œdipien. Ainsi l’Imagicon permet de fuir un réel qui ressemble à un fantasme dans un fantasme qui ressemble à un réel.
Et à propos de l'auteur :
SMITH (GEORGE HENRY). – NÉ EN 1922, il mène depuis 1953 une activité d’auteur dans un grand nombre de genres, et sous divers pseudonymes. Sa science-fiction comprend notamment un cycle de romans – commencé avec Druid’s World (1967) – qui se déroule dans un univers parallèle régi par la magie, et qui reflète l’intérêt de l’auteur pour les mythologies. Peu soigné à ses débuts – lorsqu’il écrivait surtout pour des éditeurs de second plan –, le style de George H. Smith a évolué vers une forme claire et équilibrée.
" Quand on désire une chose la vie durant et qu’elle reste inaccessible, c’est supportable. Mais quand elle s’offre à vous inopinément, alors tout change. On ne peut plus s’en séparer. On a l’impression que le Destin redouble de cruauté à votre égard."
Un inspecteur des choses temporelles, nommé Saint-George, est envoyé à la chasse aux anachronismes… en l'occurrence : un train à vapeur qui circule en plein VIème Siècle. Pourtant prêt à le détruire tel un dragon, l'engin ravit Saint-George et le transporte (au propre comme au figuré) dans des rêves d'enfant. Robert F. Young nous surprend encore par des rebondissements habiles, et fait de Saint-George et la dragonmotive plus qu'une bluette.
" Terme d’origine nordique - les berserkers, dans la mythologie Scandinave, étaient une race d’hommes qui n’avaient pas leurs égaux en barbarie et en férocité. En américain moderne, l’expression gone berserk désigne quelqu’un qui est atteint de folie furieuse. (N.D.L.R.) "
Ah, tout de même, il était temps de nous éclairer sur l'origine de ce vocable si étrange ! Merci la Rédaction !
Une grande bataille attend l'humanité lorsque les berserkers se réunissent aux abords de notre système solaire. Et contre le général en chef qui brigue un pouvoir absolu, les machines, qui n'entendent pourtant rien aux soubresauts de l'esprit vivant, vont user du levier de la guerre psychologique. L'essaim de pierres de Fred Saberhagen est un beau récit, guerrier certes, mais qui nous transporte entre complots et actes héroïques, avec panache.







