29 mai, 2024

Galaxie (1ère série) n°064 – Mars 1959

Pas de nouvelles recrues dans cet avant-dernier Galaxie, mais un niveau tout à fait honorable et fort distrayant. 

Cliquez vers la droite je vous prie…

Sommaire du Numéro 64 :


NOUVELLES

 

1 - Clifford Donald SIMAK, Une riche affaire (Installment Plan, 1959), pages 2 à 47, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Wallace (Wally) WOOD

2 - Robert SHECKLEY, Le Temps meurtrier (3èmpe partie) (Time Killer / Immortality, Inc. (version abrégée sous le titre, 1958/1959), pages 48 à 81, roman, trad. (non mentionné), illustré par Wallace (Wally) WOOD

4 - Jean LEC, Les Baudruches vertes, pages 85 à 100, nouvelle, illustré par M. BOILEAU *

5 - Alan ARKIN, Métamorphoses (People Soup, 1958), pages 101 à 106, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par JOHNSON

6 - Sélen SILVER, Le Corsaire des astéroïdes, pages 107 à 112, nouvelle *

7 - Avram DAVIDSON, La Fin du chef suprême (Paramount Ulj, 1958), pages 113 à 117, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par MARTINEZ *

9 - Léopold MASSIÉRA, Spécimens, pages 121 à 126, nouvelle *

 

CHRONIQUES


3 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 83 à 84, courrier

8 - Jimmy GUIEU, La Rubrique de l'étrange, pages 118 à 120, chronique

10 - Maurice-Bernard ENDRÈBE, Livres d'aujourd'hui et de demain, pages 127 à 128, notes

.

* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.

" Devant la cuisine, Napoléon et Gideon, accroupis, se livraient une partie de dés acharnée. Sheridan les observa un instant, puis reprit son chemin, en méditant sur la fascination qu’exerçaient sur les robots tous les jeux de hasard. Il pensait que c’était là une des nombreuses choses qu’un être humain n’arriverait jamais à comprendre. Car, du point de vue d’un robot, le jeu paraissait absolument sans intérêt, du fait qu’ils n’avaient ni biens ni argent : ils n’en avaient pas besoin ; ils ne souhaitaient pas en avoir. Pourtant, ils jouaient follement !… Peut-être, se dit Sheridan, n’était-ce que pour singer les humains. Par sa nature même, le robot se trouvait empêché de participer effectivement à la plupart des vices des hommes. Mais le jeu était une activité à laquelle le robot pouvait se livrer aussi facilement et peut-être plus efficacement que n’importe quel homme. Mais que diable pouvaient-ils en retirer ? Pas de gain, pas de profit, puisque ces choses n’existaient pas en ce qui concernait les robots. L’excitation du jeu, peut-être ? Une soupape ouverte à l’agressivité ? Ou bien conservaient-ils à l’esprit un compte fantomatique, notant leurs gains et leurs pertes… Et le gros gagnant à un jeu de hasard jouissait, peut-être, d’un certain prestige incompréhensible pour l’homme ; peut-être, même, soigneusement dissimulé aux hommes ? "

Clifford D. Simak, en indécrottable humaniste, observe ici la naissance du principe de plaisir chez le robot. Asimov n'aurait pas mieux fait. En attendant, Une riche affaire, si elle est une novella un peu bavarde, présente des personnages sympathiques et attachants. Le sujet apparent en est le travail et le commerce entre civilisations, mais en réalité, c'est la révolution technologique de la téléportation, des stocks ou des peuples, qui est au cœur de l'affaire.

" Ce soir-là, en manière de célébration, il se rendit à un magasin de Sensations pour acheter un diffuseur et quelques disques. Il méritait bien un peu de luxe. Les Sensations faisaient inéluctablement partie de 2110, et se montraient aussi omniprésentes et populaires que la télévision au temps de Blaine. Des versions plus développées et plus étudiées passaient dans des salles de spectacles, et des variations étaient utilisées pour la publicité et la propagande. C’était la forme la plus pure et la plus puissante du rêve tout fait, conçues pour convenir à chacun. Mais elles avaient leurs détracteurs, qui déploraient la fâcheuse tendance vers une passivité complète du spectateur. Ces critiques étaient scandalisés par la facilité excessive avec laquelle une personne pouvait assimiler une Sensation. En vérité, beaucoup de ménagères traversaient la vie les yeux vagues, plongées par la mystique moderne dans une perpétuelle vision. En lisant un livre, ou en regardant la télévision, signalaient les opposants, l’intéressé devait apporter sa participation personnelle. Mais les Sensations l’enveloppaient simplement, animées, brillantes, insidieuses, et laissaient la fâcheuse impression schizophrénique que le rêve était mieux et plus désirable que la vie. Une telle passivité ne pouvait être admise, même si elle correspondait à la vérité. Les Sensations étaient vicieuses, dangereuses ! Assurément, des œuvres artistiques de valeur se réclamaient de cette forme. (On ne pouvait mépriser Verreho, Johnston ou Telkin, et Fox Bleu offrait de solides promesses). Mais ces heureux résultats étaient rares. Les regrettables effets psychiques, l’abaissement de niveau du goût populaire, l’impulsion vers l’obéissance complète, les contrebalançaient lourdement… Dans une génération, d’après les détracteurs, les gens seraient incapables de lire, de penser ou d’agir ! C’était un puissant argument. Mais Blaine, avec ses cent cinquante-deux ans de recul, se rappelait le même genre de raisonnement opposé à la radio, le cinéma, les bandes dessinées, la télévision. Même le roman révéré avait été parfois réprouvé pour sa déviation des règles de la littérature pure. Chaque innovation semblait culturellement destructive, et devenait finalement une étape intellectuelle, la personnification du bon vieux temps, l’esprit de l’âge d’or, avant d’être menacée et détruite par l’invention suivante. "

La réalité virtuelle ici appelée Sensation n'est pas la moindre des anticipations de Robert Sheckley, dans Le temps meurtrier. Souhaitons toutefois que le rapport à la mort ne prenne pas le tournant imaginé ici. Davantage d'explications et de dialogues dans cette troisième partie, passage obligé tout de même bien équilibré, avant que le chasseur ne devienne proie, thème cher à Sheckley. 

Illustration de M. BOILEAU

Enfin un texte français illustré dans Galaxie. At last ! Ce sera la seule et unique illustration originale (c'est à dire non issue de l'édition américaine) pour toute la série.

Dans Les baudruches vertes, Jean Lec - qui s'octroie au passage une sacrée audace toute journalistique ("Mais n’anticipons pas, bien que Galaxie soit une revue d’anticipation." écrit-il dans sa nouvelle) - préfigure "Alien" avec ce suspens d'une chasse à l'homme en huis clos, mais aussi et surtout le premier jet cinématographique de ce classique, avec cette forme volontairement ridicule de l'assaillant extraterrestre, dans le film de John Carpenter "Dark star", scénarisé comme "Alien" par Dan O'Bannon. 

L'imagination au pouvoir, privilège de l'enfance, dans Métamorphoses. Alan Arkin signe un parfait mélange de sf et de fantastique. Rappelons qu'Alan Arkin est aussi acteur et réalisateur, et adaptera lui-même sa nouvelle dans un court métrage, où il fera jouer ses deux enfants. Le film est visible en version originale, nous vous en proposons ici un lien :

Manque de style, histoire inepte, avec Le corsaire des astéroïdes. On ne regrettera pas Sélen Silver

L'une des premières nouvelles parues dans Galaxie était "Comment servir l'homme" de Damon Knight. Avram Davidson nous en propose, dans La fin du chef suprême,  une redite plus concise encore.

On savait Léopold Massiera friand de clichés. Spécimens n'échappe pas à la règle, et malgré des aspects explicatifs un peu trop appuyés, bénéficie toutefois d'une chute assez bonne.

Dans la rubrique Votre courrier, on pourra lire :

… Comment fonctionne le téléphone à bord d’une voiture, et quel en est le prix ?

Docteur GIBOUT, Paris.

LE système, précieux surtout dans certaines professions comme la vôtre, n’en est guère encore qu’au stade expérimental. On ne compte actuellement qu’une soixantaine d’abonnés pouvant communiquer de leur voiture avec n’importe quel poste de réseau téléphonique. Ces abonnés disposent en commun (par groupes de 50 au maximum) d’un « canal » constitué par un ensemble de deux fréquences, une pour l’émission, l’autre pour la réception. Chaque voiture possède un numéro d’appel particulier. Pendant la durée de la communication, qui ne peut excéder 3 minutes, les postes de tous les autres abonnés ambulants sont bloqués, afin d’assurer le secret des conversations. Un signal rouge en avertit les intéressés et cette obligation rend impossibles les appels d’une voiture à l’autre.

Actuellement, deux canaux seulement sont en service à Paris. On prévoit l’installation d’un troisième. On envisage aussi l’extension de ce réseau en recourant à d’autres longueurs d’ondes et en utilisant le procédé de « multiplexage », qui permet de faire passer simultanément plusieurs communications sur la même longueur d’onde.

La fourniture et l’installation du poste reviennent à environ 600.000 frs, auxquels s’ajoutent une taxe de 3.000 frs perçue par les P.T.T. lors de la mise en service, et une redevance annuelle de 76.800 frs. Enfin, la taxe téléphonique normale s’augmente d’une surtaxe de 140 francs.

Très longtemps, ces voitures munies d'un téléphone représentaient le must de la richesse et de la puissance.

22 mai, 2024

Galaxie (1ère série) n°063 – Février 1959

Robert Sheckley à l'honneur de cet antépénultième numéro de Galaxie 1ère série, avec une novella et la deuxième partie d'un roman. Entrée également d'un important écrivain français en la personne de Michel Demuth dans le panthéon du PReFeG, notre 27ème pilier. Et une nouvelle resté inédite depuis du tandem Frederik Pohl - Cyril Kornbluth, en prime !

"Vite, enregistrez-moi sous... !"

Sommaire du Numéro 63 :


NOUVELLES :


1 - Robert SHECKLEY, Tout ou rien  (sous le pseudonyme de Finn O'DONNEVAN) (Join Now / The Humours, 1958), pages 2 à 37, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par GOODMAN

2 - Robert SHECKLEY, Le Temps meurtrier (2ème partie) (Time Killer / Immortality, Inc. (version abrégée sous le titre, 1958/1959), pages 38 à 76, roman, trad. (non mentionné), illustré par Wallace (Wally) WOOD

4 - Michel DEMUTH, Niralia, pages 79 à 91, nouvelle

5 - Arthur C. CLARKE, Coup de soleil (The Stroke of the Sun / A Slight Case of Sunstroke, 1958), pages 93 à 98, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Wallace (Wally) WOOD

7 - Elizabeth R. LEWIS, L'Étrange voisinage (Know thy neighbor, 1953), pages 103 à 110, nouvelle, trad. (non mentionné)

8 - Cyril M. KORNBLUTH & Frederik POHL, Entre deux raids (Nightmare with Zeppelins, 1958), pages 111 à 118, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS *

9 - Jacques RAMEAU, Le Commencement de la fin, pages 119 à 128, nouvelle *

11 - John W. ASHTON, Les Secrets de la Mer Morte, pages 131 à 138, nouvelle *

12 - J.R. TEYSSOU, A. 690, pages 139 à 142, nouvelle *

CHRONIQUES


3 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 77 à 78, courrier

6 - Willy LEY, Créateurs d'astronefs, pages 99 à 102, article, trad. (non mentionné)

10 - Jimmy GUIEU, La Rubrique de l'étrange, pages 129 à 130, chronique

13 - Claude VAUZIÈRE, Livres d'aujourd'hui et de demain, pages 143 à 144, notes


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


On commence avec Tout ou rien, une bonne novella de Robert Sheckley à l'honneur dans cet antepénultième numéro de Galaxie. Sturgeon imaginait l'homo gestalt, avec ses mutants formant en symbiose un être nouveau dans "Les plus qu'humain" ; Sheckley imagine ici le processus inverse avec l'invention de la fragmentation de l'esprit d'un seul homme dans plusieurs robots. Mais si dissoudre parait simple, rassembler est une autre affaire quand une partie est sur Mars et l'autre sur Vénus…
"... les tribunaux ne reconnaissent pas la mort physique comme décès per se, si ladite mort n’implique pas la destruction de l’esprit. Procurant la survie de l’esprit, la mort du corps n’offre pas plus d’importance, légalement, que la chute d’un ongle. Le corps, par la plus récente décision de la Cour Suprême, est considéré comme un apanage de l’esprit, sa créature, dont il dispose pleinement."
Illustration de Loro parue dans l'édition de 1974 du "Temps meurtrier" (CLA OPTA)
Deuxième partie de Le temps meurtrier, roman trépidant où Robert Sheckley explore une société humaine qui ne craint plus la mort. Ici, c'est la chasse à l'homme, thème récurrent chez Sheckley, qui est décrite. La citation qui précède rappelle que c'est un contexte de loi équivalent dans "Le prix du danger" qui permet cette chasse à l'homme. Et toujours de l'adversité et une pointe de romance.
 
Entrée de Michel Demuth au panthéon du PReFeG. Nous vous invitons à consulter sans attendre une très belle interview menée par Richard Comballot en 2001, qui nous renseigne énormément sur ces années Fiction et Galaxie (1953-1959). Michel Demuth ici débute, avec deux nouvelles déjà parues en 1958 dans la revue Satellite, ainsi qu'une troisième dans cette même revue en ce même mois de Février 1959. Etre publié dans Galaxie sera le déclencheur pour Demuth de sa carrière dans l'édition, principalement chez OPTA, pour qui il sera chef de toutes les collections de science-fiction. ("il est certainement l’éditeur le plus “pro” (sinon le seul) de toute la science-fiction en France." - dixit Gérard Klein).

Quand, un an plus tard, Michel Demuth publiera sa première nouvelle dans le n°77 de Fiction, avec "La ville entrevue", il sera présenté en ces termes très élogieux :

" Voici le premier récit dans « Fiction » d'un jeune auteur sur lequel nous attirons votre attention. Âgé seulement de vingt ans, Michel Demuth écrit déjà depuis cinq ans. Il a une cinquantaine de nouvelles de SF à son actif et a collaboré fréquemment dans le passé aux magazines « Galaxie » et « Satellite ». Il est en outre l'auteur de romans édités régulièrement… au Portugal. 

Cette précocité littéraire ne serait rien si Michel Demuth n'y joignait des dons certains. Depuis ses débuts, il a fait beaucoup de progrès, et il témoigne aujourd'hui d'une maturité et d'un métier assez impressionnants pour son âge. Vous en jugerez par ce tableau d'une société à venir, où ce qui frappe le plus est l'envergure des thèmes et l'habileté avec laquelle ils sont échafaudés.

Depuis quelques mois, Michel Demuth est sous les drapeaux, ce qui va amener un « trou » dans sa carrière. Mais plus tard, s'il continue sur sa lancée, il pourrait s'affirmer comme un concurrent dangereux pour les meilleurs auteurs de SF français."

Michel Demuth débutant au Portugal !  L'interview déjà citée nous en apprend davantage :

" À cette époque, j'ai également écrit un roman intitulé Hal et les magiciens. Mon oncle s'était remarié avec une jeune aristocrate portugaise qui était agent littéraire. Elle avait lu mon roman, l'avait trouvé pas mal et avait décidé de s'en occuper. Trois mois après, elle m'écrivait pour me dire qu'elle l'avait vendu à un éditeur portugais de Lisbonne qui s'appelait Gomes & Rodrigues. J'ai été payé, mais la maison a fait faillite et il n'est jamais paru. Mes toutes premières publications ont donc eu lieu dans Satellite. 

Pour ce numéro de Galaxie, Niralia est une romance située dans une flopée de mondes parallèles. Le sujet est un peu galvaudé, mais il y a déjà du style et du panache dans l'écriture du jeune Demuth.
 
Sport et politique pour ce Coup de soleil signé Arthur C. Clarke. L'auteur britannique a bien pressenti les dérives rendues possibles par un pouvoir illégitime gouvernant une population dépolitisée.
 
Jeu trompeur des apparence et névrose de la solitude pesante ressentie dans les agglomérations anonymes (ici celle de Tenderloin, un quartier de San Francisco devenu depuis l'un des plus pauvres, jouxtant les quartiers huppés des grosses entreprises)… L'étrange voisinage est une bonne nouvelle au suspens renouvelé, signé Elisabeth R. Lewis.

Entre deux raids est un récit "pre-steampunk" audacieux et un rien uchronique sur la découverte secrète de l'uranium, par l'heureux tandem Frederik Pohl et Cyril M. Kornbluth. Etonnant qu'il ne fut pas réédité depuis…

"HUGH fut ravi de ne pas trouver de trottoirs roulants dans cette partie de la ville : il allait pouvoir un peu marcher. Les commodités du « modernisme » lui faisaient horreur. Tout lui faisait horreur, et, au rythme de quelques enjambées, la nausée le prit d’être un homme, un de ces hommes qui enserrent l’humanité dans le corset du progrès, en le poursuivant, en le dépistant systématiquement avec une sorte de joie masochiste. Tout, pour lui, sonnait faux dans cet univers ; faux, ce décor où les hommes semblaient heureux de vivre. Allons donc ! Heureux de vivre dans un esclavage de la machine dont ils dépendaient entièrement ! Il lui revenait à l’esprit cette ancienne théorie que l’homme n’est pas fait pour le progrès, mais qu’il doit être fait par le progrès. Et lui, une créature humaine, il croyait ses semblables indignes d’apprécier, de comprendre, et surtout de s’allier ce « modernisme », alors qu’ils ne faisaient que le subir…"
Telle est l'humeur un peu grognonne pour Le commencement de la fin. La problématique du mutant, qui fait un saut évolutif individuel et spontané, face à l'évolution naturelle graduelle et tâtonnante, est ici clairement exposée dans une très bonne et simple nouvelle, par un mystérieux Jacques Rameau.
  
Les secrets de la Mer Morte, pourrait rappeler la fin des "Chroniques Martiennes" de Ray Bradbury. John W. Ashton nous propose une petite nouvelle sur l'aboutissement des civilisations et des espèces, d'assez bonne facture.
 
A. 690 est une petite nouvelle du type de celles que devaient recevoir par dizaine de courriers les rédactions des revues. Une fin attendue et des effets de style un peu mésusés. On ne parlera plus par la suite de J.R. Teyssou.


Dans la rubrique Votre courrier, on pourra lire :
… Comment espère-t-on réellement agir sur les climats ? (M.R. Démarquet, DRAGUIGNAN.)
 
ON peut citer déjà deux techniques nouvelles, mises au point ces dernières années, pour modifier les climats :
1°) La formation de nuages à volonté, en répandant dans l’atmosphère des cristaux microscopiques d’iodure d’argent. Grâce à ce procédé, utilisé en hiver, on a pu enregistrer une augmentation de précipitations pluviales variant de 10 à 15 % sur des régions montagneuses de l’ouest des États-Unis.
2°) La fonte de la neige et de la glace sur de vastes étendues, en les saupoudrant d’une mince couche de noir de fumée, de poussière de charbon, ou d’autres pigments colorés. En Alaska, on a gagné ainsi, à la fin de l’automne et au début du printemps, plusieurs semaines sur la période d’enneigement.
Par la même méthode, les Russes ont réussi à faire pousser des fleurs, des légumes et du gazon dans les fermes expérimentales situées au nord du cercle arctique.
D’autres moyens sont envisagés :
1°) Le repérage, dès leur formation, des ouragans, tornades et orages dévastateurs, au moyen de satellites artificiels munis de caméras de télévision ; ce qui permettrait de disperser ces météores ou de modifier leur course en provoquant des pluies artificielles sur leur trajectoire.
2°) L’utilisation de fusées intercontinentales, lancées du sol, afin de répandre dans les zones atmosphériques supérieures des produits destinés à en modifier la composition. On atténuerait ainsi la sécheresse de certaines contrées.
3°) La concentration des rayons solaires sur une zone délimitée de la surface terrestre par une série d’immenses réflecteurs en matière plastique lancés dans l’espace et tournant autour de la Terre à la manière de satellites artificiels. Leur effet serait d’améliorer les conditions de culture du sol ; ils serviraient aussi à faire fondre la glace à la surface des grands lacs américains, ou les icebergs sillonnant l’océan.
4°) L’augmentation de la luminosité de l’air atmosphérique pendant la nuit, par des satellites artificiels capables de produire des rayons ultraviolets.
On peut citer encore deux projets russes tendant à créer des mers intérieures artificielles dans les régions septentrionales.
On notera bien qu'il ne s'agit que de techniques de réchauffement. Lutter contre le réchauffement climatique est une autre paire de manches…

15 mai, 2024

Galaxie (1ère série) n°062 – Janvier 1959

Première partie sur quatre d'un roman de Robert Sheckley, "Le temps meurtrier", qui fera office de chant du cygne pour la revue. Mais la relève montre déjà sa mobilisation, avec de jeunes talents comme Robert Silverberg, parrainé ici par le déjà classique Isaac Asimov ou les méconnus et pourtant productifs Richard Wilson ou Jim Harmon.

 

Un clic droit pour faire tourner court la chasse aux spécimens !

Sommaire du Numéro 62 :


NOUVELLES

 

1 - Isaac ASIMOV, Le Correcteur (Galley Slave, 1957), pages 2 à 28, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

2 - Horace L. GOLD, Il fallait un calculateur... (Personnel problem, 1958), pages 29 à 37, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Wallace (Wally) WOOD *

3 - Robert SILVERBERG, Spécimens de galaxies (Birds of a Feather, 1958), pages 38 à 60, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Wallace (Wally) WOOD

5 - D. Walter CURLING, Dérive dans l'espace, pages 67 à 77, nouvelle *

6 - Robert SHECKLEY, Le Temps meurtrier (1ère partie) (Time Killer / Immortality, Inc. (version abrégée sous le titre, 1958/1959), pages 78 à 110, roman, trad. (non mentionné), illustré par Wallace (Wally) WOOD

8 - Sélen SILVER, Sous un autre soleil, pages 113 à 122, nouvelle

9 - Jim HARMON, Pas de substitutions (No substitutions, 1958), pages 123 à 134, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par JOHNSON *

11 - Richard WILSON, Mes deux conquêtes (Back to Julie, 1954), pages 139 à 142, nouvelle, trad. (non mentionné)

CHRONIQUES


4 - Willy LEY, Cette planète insolite, pages 61 à 66, article, trad. (non mentionné)

7 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 111 à 112, courrier

10 - Jimmy GUIEU, La Rubrique de l'étrange, pages 135 à 138, chronique

12 - Maurice-Bernard ENDRÈBE, Livres d'aujourd'hui et de demain, pages 143 à 144, notes 


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.

 

" Finalement, le robot tourna la dernière page. Lancing demanda :

— Eh bien, Bébé ?

Le robot répondit :

— C’est un livre très exact et je ne trouve que peu de choses à reprendre. À la ligne 22 de la page 27, le mot « positif » est épelé p-o-i-s-t-i-f. La virgule de la ligne 6, de la page 32, est superflue, alors qu’il devrait y en avoir une à la ligne 13 de la page 54. Le signe plus de l’équation XIV-2, à la page 337, devrait être un signe moins pour correspondre aux équations précédentes…

— Attendez ! Attendez ! s’écria le professeur. Que fait-il ?

— Hein ? fit Lancing, soudain en colère. Mais il a déjà fini ! Il a corrigé les épreuves du livre.

— Corrigé ?

— Oui. Dans le peu de temps qu’il a mis à en tourner les pages, il a relevé toutes les fautes d’orthographe, de grammaire et de ponctuation. Et il conservera indéfiniment le souvenir de ces renseignements, au pied de la lettre.

Le professeur était bouche bée."

A cette époque où les robots étaient imaginés comme des androïdes anthropomorphiques, Isaac Asimov appréhendait la résistance qu'ils pourraient soulever de la part d'une humanité qui pourrait se sentir spoliée. Nous savons qu'il n'en fut rien, et que c'est la fascination technologique qui l'a emporté. Pour ce qui est de cette nouvelle, Le Correcteur, le PReFeG est bien placé pour affirmer qu'une relecture humaine demeure irremplaçable… 

On ne peut pas dire que Il fallait un calculateur soit une nouvelle inintéressante. Mais cette histoire de mineurs sur un astéroïde, signée Horace L. Gold,  n'emporte pas vraiment le morceau.

Par contre, on reconnait bien l'imagination débridée de Robert Silverberg et sa bonne connaissance de la psychologie humaine dans cette très sympathique histoire de zoo galactique, Spécimens de galaxies.

Dérive dans l'espace est une enquête policière qui rebrousse chemin, par D. Walter Curling, un auteur sous pseudonyme, vieillot et franchouillard. On passera.

" Les cadavres ne devaient pas être forcés de répondre aux questions. La mort constituait un ancien privilège de l’homme, accordé à l’esclave aussi bien qu’à l’aristocrate. C’était la suprême consolation de chaque individu, son seul droit. Lui aurait-on retiré ce droit et la possibilité de s’évader de ses responsabilités en mourant ? "
Un démarrage sur des chapeaux de roues pour cette première partie d'un roman prometteur, habile et fort bien mené, Le temps meurtrier, que Robert Sheckley étoffera encore par la suite. Il y est question de la transmigration de l'esprit d'un corps vers un autre, scientifiquement et techniquement assistée - ce qui change le rapport à la mort de toute cette société humaine du futur. Le tout vécu par un contemporain de nos années 50. On y retrouve aussi un concept déjà décrit par Robert Chambers dans son célèbre recueil "Le roi en jaune" :
" Il remarqua une file de gens pauvrement vêtus, sales, pas rasés, ayant tous le même air de sombre désespoir.

Qu’attendaient-ils, ces mendiants ?

— Ils vont aux cabanes du suicide, lui apprit sa compagne en l’entraînant.

Blaine jugea le spectacle diablement désagréable pour son premier jour dans le futur. Les cabanes de suicide ! Il se jurait bien de ne jamais y pénétrer volontairement. Que penser d’un monde qui possédait une telle institution ? Et certainement gratuite, si l’on considérait la clientèle… "

Encore un pseudonyme d'auteur qui signera aussi dans la revue Satellite, en la personne de Sélen Silver. Sous un autre Soleil n'est pas d'un très haut niveau cependant, plutôt celui d'un Maurice Limat que d'un Philippe Curval que cette nouvelle sur une planète végétale pourra rappeler. On notera aussi que le trio "le savant, sa femme et son associé félon", rappellera celui - de meilleur cru - de "Une porte sur l'été" de Robert Heinlein (qui a été publiée à partir de Décembre 1958 dans la revue Fiction, soit un mois auparavant).

" Il m’annonçait à moi, superintendant du pays du Rêve, que ma propre vie en ce lieu n’était qu’une illusion pareille à celle dans laquelle j’entretenais mes prisonniers. "

Bien avant le film "Inception" (qui aura fait croire à un sujet original quand il n'était que rebattu depuis ces années 50), Jim Harmon  signe Pas de substitution ; la prison y devient psychique, soit une autre réalité conçue non pas comme châtiment mais comme lieu de détention. Ce sera l'un des concepts majeurs de Philip K. Dick. Une nouvelle fort intéressante, qui pourra aussi faire penser, par son jeu présumé de réalités gigognes, à "Simulacron 3" de Daniel F. Galouye.

On avait déjà remarqué, tant dans Fiction que dans Galaxie, la finesse et l'inventivité de Richard Wilson. Mes deux conquêtes est une petite histoire proche du synopsis sur les mondes parallèles et les talents que donnent la faculté d'y voyager. Une petite pique à la classe politique au passage.

Côté rubrique, dans la Rubrique de l'étrange, ce sacré Jimmy Guieu nous vide ses derniers cartons de fiches dans une interprétation pseudo ésotérique et embrouillée des statues de l'Île de Pâques. Bon sang de bois, Jimmy, fait donc plutôt voler les cailloux de ton imagination !

Dans la rubrique "Votre courrier", un lecteur interroge :

Qu’appelle-t-on exactement « astrométrie » ? (M.R. GÉNAIN, Port-Gentil.)


C’EST une branche de l’astronomie qui étudie systématiquement les variations périodiques de la position des étoiles par l’examen et la comparaison des « plaques de parallaxe » ou relevés photographiques exécutés à différentes époques de l’année.


Pour imaginer les difficultés d’une telle opération et la minutie qu’elle exige, il faut se rappeler que mesurer la parallaxe de Proxima Centauri, étoile la plus proche de la Terre, par exemple, revient à mesurer l’épaisseur d’un cheveu observé à la distance de 27 mètres. Pour Altaïr, autre étoile proche, le cheveu s’éloigne à 100 mètres. L’Américain Schlesinger, l’un des plus éminents spécialistes de ce genre d’investigations, est parvenu à calculer la parallaxe des 6.000 étoiles les plus proches, mesurant l’épaisseur du cheveu à 2.500 mètres !


L’astrométrie se propose, en outre, de rechercher si les déplacements relevés sont uniquement dus au mouvement de la Terre dans l’espace et s’ils ne révèlent pas des perturbations provoquées par des compagnons invisibles de l’étoile considérée. L’amplitude du tremblement, observé est souvent très inférieure à l’épaisseur du tracé, et sa périodicité peut s’étaler sur un an ou dix ans, ou même davantage.


C’est l’astronome suédois Holmberg qui donna, en 1938, la première impulsion à cette nouvelle forme de recherches.


En 1949, l’astronome français P. Baize dressait un premier bilan constatant que, sur les trente-huit étoiles les plus proches du soleil, on en connaissait déjà six ayant certainement des compagnons obscurs, dont trois de dimensions planétaires ou mégaplanétaires. Depuis, le nombre des découvertes du même genre a si bien augmenté qu’un autre astronome français, M. Jean-Claude Pecker, affirme que le compagnonnage planétaire doit être désormais tenu comme la règle générale en ce qui concerne les étoiles.


Ce procédé sera affiné à l'Observatoire de Genève et aboutira à la confirmation de l'existence des exoplanètes, en 1995.

Bien des jours (habituellement fêtés par des ouvrages bonus dans notre collection) sont "tombés" des mercredis. Ce fut le cas cette année du 14 février, du 1er mai et du 08 mai. Nous avons opté pour nos publications habituelles ces jours-ci.

Mais pour récompenser votre patience, votre lecture jusqu'à ce point de l'article, et pour illustrer l'extrait suivant de la rubrique "Livres d'aujourd'hui et de demain", nous vous proposons, en cliquant sur sa couverture comme à l'accoutumée, de télécharger une version au format pdf de l'anthologie présentée dans ce numéro 62 de Galaxie par Maurice-Bernard Endrèbe.

Nous tenons à préciser que cet exemplaire numérique n'a pas été numérisé par nos soins, ni corrigé. Nous remercions grandement le "scanneur" d'origine et détenteur de cet exemplaire n°1623.

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UNIVERS DE LA SCIENCE-FICTION (Club des Libraires de France). – Il s’agit d’une anthologie luxueusement présentée, avec des reproductions de Max Ernst, Miro, Henri Michaux, etc., en guise d’illustrations. Hubert Juin, qui l’a composée et dotée d’une très pertinente préface, ne s’est pas contenté de choisir seize nouvelles qu’il aimait : il a fait en sorte qu’elles englobent tous les grands thèmes de la science-fiction, lesquels composent les cinq parties de ce monde insolite : le temps, les éléments, les univers parallèles, les mutants, les ombres, monstres et robots.

La première partie est fortement illustrée par La patrouille du temps, de Poul Anderson. La seconde n’a pas grand éclat. La troisième est efficacement défendue par Ray Bradbury, Fredric Brown, et par deux auteurs français : Henneberg et Sternberg. Mais, en ce qui concerne Fredric Brown, pourquoi avoir détaché un chapitre de son roman l’Univers en folie, alors qu’il a écrit tant d’excellentes nouvelles ? Dans la quatrième partie, figure, notamment, Tout smouales étaient les borogoves, le célèbre texte de Lewis Padgett, qui eût gagné, peut-être, à ce que Boris Vian le traduise avec moins de laisser-aller. La dernière partie est la mieux fournie. On y trouve, notamment, l’obsédant Ruum, d’Arthur Porges ; la fameuse Couleur tombée du ciel, de Lovecraft, et ce Père truqué de Philip K. Dick, remarquablement traduit par Alain Dorémieux et que je considère, personnellement, comme un chef-d’œuvre de l’horrible.

08 mai, 2024

Galaxie (1ère série) n°061 – Décembre 1958

Dernière fournée de cinq numéros pour Galaxie (qu'on nommera par la suite 1ère série après la parution de sa reprise par les éditions OPTA en 1964). De beaux morceaux, par Robert Bloch et Damon Knight notamment, et les français ne sont pas en reste grâce à la prose sensible de Jeannine Raylambert.

Clic droit vers l'infini !

Sommaire du Numéro 61 :

NOUVELLES

 

1 - Damon KNIGHT, Une belle invention (Thing of Beauty, 1958), pages 2 à 28, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Wallace (Wally) WOOD

2 - Robert BLOCH, Vœu tragique (Block That Metaphor, 1958), pages 29 à 39, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par MARTINEZ

3 - Clifford Donald SIMAK, Pour sauver la guerre (The Civilization Game, 1958), pages 40 à 59, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Dick FRANCIS

4 - Frederik POHL, Les Magiciens de Pung (The Wizards of Pung's Corners, 1958), pages 60 à 83, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Wallace (Wally) WOOD

5 - Jeannine RAYLAMBERT, Demain, il fera jour, pages 84 à 105, nouvelle *

6 - William TENN, Conflits interplanétaires (Lisbon Cubed, 1958), pages 106 à 134, nouvelle, trad. (non mentionné), illustré par Wallace (Wally) WOOD *

8 - Maurice LIMAT, Planètes à vendre, pages 137 à 140, nouvelle *

 

CHRONIQUES


7 - COLLECTIF, Votre courrier, pages 135 à 136, courrier

9 - Jimmy GUIEU, La Rubrique de l'étrange, pages 141 à 142, chronique

10 - Claude VAUZIÈRE, Livres d'aujourd'hui et de demain, pages 143 à 144, notes.


* Nouvelle restée sans publication ultérieure à ce numéro.


" VERS 1 heure de l’après-midi, il y eut un décalage temporel en Californie du sud. M. Gordon Fish crut qu’il était dû à un tremblement de terre."

Dès l'incipit de Une belle invention, on repensera à "Tremblement de temps" de Kurt Vonnegut. Mais ici l'idée en reste là. Damon Knight part d'un accident temporel non expliqué pour développer l'idée de sa machine à dessiner. 

" Je présume que vous pensez à une machine qui créerait les dessins, qui ne se contenterait pas d’exécuter ce qu’on lui inculquerait d’avance. En premier lieu, il faudrait lui donner une « mémoire », une réserve extraordinairement riche. Par exemple, si on voulait que la machine dessinât un cheval, il faudrait qu’elle sût comment est fait un cheval, sous tous les angles et dans toutes les positions. Il faudrait ensuite qu’elle choisît celui qui conviendrait le mieux ; puis qu’elle le dessinât en proportion avec le reste du dessin, et ainsi de suite. Alors, bon sang ! s’il vous faut la beauté en plus, j’imagine que la machine devrait étudier les rapports entre les diverses parties, selon un principe esthétique quelconque.(…) Je pense que les physiciens resteront en dehors de l’art pendant encore un ou deux siècles."

Si cela prête à sourire (à considérer surtout que des progrès techniques n'aient pas été accompagnés par un souci de miniaturisation), cette nouvelle nous emporte toutefois dans une histoire du type "peau de chagrin". Efficace.

Avec Vœu tragique, et dans une situation unique, Robert Bloch parvient à évoquer et articuler ensemble les thèmes des extraterrestres, des robots, de la subtilité non mécanique de la pensée, de la pantropie, ou du vœu fait à un génie, avec une chute sinistre à souhait.

Puisque "La guerre constituait, elle aussi, une partie de la culture humaine, il convenait donc de l’entretenir, comme toutes les autres institutions, en vue d’une utilisation future." Ce prétendu jeu des traditions humaines, sauvegardé en temps de diaspora sur d'autres planètes de la galaxie, s'appelle , dans Pour sauver la guerre, chez Clifford D. Simak  : "Continuité". Une nouvelle un peu bavarde mais aux concepts fort intéressants.

" c’était un des triomphes de l’époque que la désuétude voulue ; le constant renouvellement des T.V. ou des voitures de Détroit s’étendit aux carabines et aux bazookas. C’était à la fois surprenant et inquiétant."

Les magiciens de Pung est un récit un peu embrouillé par une traduction sans grande inventivité, qui reprend les poncifs de Frederik Pohl déjà déployés dans "Planète à gogos" : les ravages de la publicité et de l'autopersuasion de son bien-fondé.

Demain, il fera jour ! est une belle nouvelle sur la toute puissance scientifique et l'orgueil qui l'accompagne. Jeannine Raylambert analyse avec doigté le chapelet de sentiments qui se succèdent chez un homme qui se ferait l'égal d'un dieu.

On attendrait un William Tenn plus inspiré dans Conflits interplanétaires, embrouillamini d'espionnage, bavard, et qui perd en force par des circonvolutions évitables.

On savait Maurice Limat loin de la qualité de bien des auteurs français. Planètes à vendre est une nouvelle simpliste et de peu d'intérêt, dont le titre n'évoque même pas le contenu.

Quant à la Rubrique de l'étrange, ce sacré Jimmy Guieu n'ayant plus rien à dévoiler se rabat sur les classiques et paraphrase Charles Fort. Allez ! Raccroche, Jimmy !


Dans la série : "Alors là, mon cher, vous êtes en pleine science-fiction !", la rubrique SAVIEZ-VOUS QUE… nous demande si nous savions que :

… une fusée-capsule mise au point par la Thiokol Chemical Corporation de Denville, et déclenchée par la pression du doigt, permettrait au fantassin des guerres futures d’accomplir des bonds de plusieurs mètres ?

LES premiers soldats ayant essayé cette invention (qui n’en est encore qu’à son stade expérimental) en sont enthousiasmés. Ils proclament que l’usage de cet engin leur donne l’impression de devenir des oiseaux. Plusieurs fusées, successivement mises en action, permettraient de franchir en quelques bonds des distances appréciables.

 Dans Votre courier, Galaxie nous amuse beaucoup par la non-pertinence de sa réponse. Voyez plutôt :

Pourriez vous me préciser les caractéristiques et l’adresse du fabricant du cérébrogramme 7 ? (M. PITOL.)

LES caractéristiques de ce genre d’appareil ont déjà été exposées dans une réponse donnée à un autre de nos lecteurs dans notre numéro de mai 1957. Pour obtenir d’autres précisions, notamment en ce qui concerne le cérébrogramme 7, vous pourriez vous adresser au Secrétariat permanent de l’Association Internationale de Cybernétique, 13, rue Basse-Marcelle, à Namur (Belgique), dont le président est M. Georges R. Boulanger, professeur à la Faculté Polytechnique de Mons et à l’Université de Bruxelles.

Vérifications faites, nulle trace de ce cérébrogramme dans ce numéro là, bien qu'on y évoque plutôt l'électrostyl.

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